‹ Manuel du tapissier, décorateur, et marchand de meublesChapitre 21 sur 47 · DEUXIÈME QUALITÉ · texte numérisé non relu

DEUXIÈME QUALITÉ

Première sorte superfine...., 46

Première sorte ordinaire. .... 45

Deuxième sorte avantagée..., 44

à Deuxième sorte ordinaire... 42

Deuxième sorte ferme....... 4x

pr: 00

Quatrième sorte...,,........ 39 La livre de 16 onces.

Deuxième sorte fine. ......

Troisième sorte......

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les proportions.

. Première sorte superfine. .... . 47 fr.

fr.

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Les trames d'Italie dans les mêmes sortes et

! qualités peuvent valoir de 30 à 4o sous de moins. : L'organsin étant plus beau et plus cher que la trame, plus une étoffe est chargée en chaîne, plus elle est belle , mais son prix augmente dans

La portée de la chaîne est toujours de 80 fils ; la portée simple se compose de 80 fils simples; la portée double de 8o fils doubles.

Les trames sont ouvrées , pour l'ordinaire , à 2 et 5 bouts ; mais il s’en fait aussi à 4et 5 bouts, et même davantage. Les trames à 4. et 5 bouts, et au-dessus, donnent plus d'égalité à la fabrication , sans être plus chères : seulement la facon de l’ouvrier , pour la fabrication de l’étoffe, augmente suivant le nombre de fils de trame qu’on veut qu il emploie.

Il n’y à point de règle générale et invariable pour connaître la proportion qui existe entre le poids de la chaîne et celui de la trame ; dans les différentes étoffes , où il n'entre que de la soie, dans les satins, gros de Tour, levantines, cannetillés, on compie généralement autant d’organsin que de trame. Dans les velours, environ deux tiers de chaîne et un tiers de trame.

Mais on peut trouver le poids de la chaîne d'une étoffe quelconque , à l’aide du tarif ciaprès, qui fait connaître le poids ordinaire des chaînes en organsin de différens titres , calculées sur dix portées.

Portées simples. Organsins. Deniers pesant l’aune.

10 23 à 24 I % 10 26 28 FT + 10 300 2 D 10 34 36 2 + 10 36 4o 2 + 10 4o 45 2 10 AT, 3 +

Les mêmes portées doubles pèsent le double des poids d’autre part et ci-dessus.

Il est facile d'appliquer ce tarif à toutes les étoffes, quel que soit le nombre des portées qu'elles contiennent. Ainsi, l’on trouvera qu'une étoffe comportant 120 portées simples, faite avec un organsin de 50 à 32 deniers, doit contenir par aune un poids de 24 deniers ou d’une once de chaîne. Si les portées sont doubles , ce poids doit être de 48 deniers ou de deux onces.

Le poids de la chaîne étant connu, il est aisé de trouver celui de la trame, en déduisant le poids de la chaîne du poids total de l’étoffe. Pour trouver ensuite le poids total de la chaîne et celui de la trame employées ou consommées dans la fabrication , il faut tenir compte du déchet. On alloue à l’ouvrier, sur le poids de la pièce de quelque étoffe que ce soit, 12 deniers de soie par livre de 16 onces. Ce déchet est le même pour les velours unis; mais pour les

DU TAPISSLER. 201 velours à cantres, le déchet est d’une once par livre.

Il faut encore calculer le peigne de la chaîne à raison d'une once et demie à trois onces par pièce d'étoffe, de quelque aunage qu'elle soit , suivant le genre , la qualité de l’étoffe, et la plus ou moins forte quantité de portées de chaîne. Dans les étoffes de velours unis , faconnés à un ou plusieurs corps et riches, le poids du peigne est beaucoup plus considérable.

Après avoir trouvé de la sorte le poids total de la chaîne et celui de la trame employées ou consommées dans la fabrication, il faut, pour en connaître la valeur, répartir le prix d'achat d’une livre de 16 onces, soit d'organsin , soit @e trame, sur une livre de onze onces qui est ordinairement le poids net d’une livre de soie après la teinture. Il faut ajouter ensuite au prix de la chaîne les frais de dévidage et d’ourdissage à raison de 25 centimes par once, et de plus, tant au prix de la chaîne qu’au prix de la trame, celui de la teinture suivant la couleur et la nuance.

Les mêmes données et les mêmes calculs s’appliquent aux étoffes en dorure, pour trouver la quantité et la valeur des soies tant de la chaîne que de la trame employées pour leur fabrication.

Des Files et Frises en or pour les Brocards et Brochés.

Les fils d’or avec lesquels on fabrique les filés et frisés, se nomment traits d’or. Le titre de l'or est toujours le même, mais les traits sont plus ou moins dorés, suivant le nombre de feuilles d’or qu'on a couchées sur lé bâton d'argent lorsqu'on l’a doré. Ces différens dorages se désignent par numéros, 36, 42, 48, 56 et 62. Un trait d'or n° 42 ou 56 est doré à 42 ou 56 feuilles d'or.

Les traits or , de tel ou tel numéro , sont ensuite plus ou moins fins. Cette différence est marquée par la lettre Pet P 5; les traits 3 P < sont les plus gros ; 4 P sont moins gros ; 4 P : le sont encore moins. Les traits 6 P sont les plus fins. Dans un numéro quelconque les traits les plus fins sont les plus chers, en raison de la main-d'œuvre; mais les traits les plus gros dans les mêmes numéros, sont les plus dorés, parce qu'ils sont moins dorés ou eflilés.

Le trait d’or est battu en lame, ensuite filé sur soie lisse ou soie frisée, pour former ce qu'on appelle frisés ou filés en or.

Il sera facile de se procurer à Lyon la note des prix des fils d’or de différens traits et nu-

méros. Ces prix peuvent alier, suivant le numéro du dorage, de 79 à 06 fr. le marc , pour les traits 3 P ; ou les plus gros ; et de $4 à rot pour les traits 6 P ou les plus fins.

Au reste, les fils d’or ne pouvant être employés qu'après avoir été filés sur soie , cette connaissance est moins importante que celle des prix de filés et frisés en or.

Il y a quatre espèces de filés or et argent pour les étoffes en dorure ; elles se reconnaissent facilement à la comparaison par la bonne couverture de l'or sur le fil de soie. On les désigne suivant la finesse par les signes 47s — 4s : — 97 — 97 +, — Os et 775.

Les brocards et brochés emploient des frisés et des lamés. Le prix de toutes ces dorures a un cours déterminé qui se règle tous les trois mois.

Voici un de ces cours qui, quoique ancien, pourra donner une idée des divers prix des filés frisés et lamés.

Filés

Frisés.

or et argent.

ee + © + + 7

CE

| Mi-dor

CE [or double. |

| Lamés clinquant. . .

Or triple.

je = ! Re A

Il n’est pas très aisé de déterminer d'avance

la quantité de dorure qui peut entrer dans une étoffe. Le plus souvent le fabricant s'abandonne

avec confiance à l’ouvrier; l'œil clairvoyant et

exercé d’un manufacturier peut, cependant, par

des calculs de réduction, se fixer très approxi-

mativement sur l'emploi fidèle des dorures qu'il

confie à son ouvrier.

Mais lorsque l’on connaît le poids total d’une

étoffe fabriquée en dorure, on peut trouver à

DU TAPISSIER. 205 peu près la quantité de dorures qu'elle contient, en déduisant du poids de l’étoffe celui de la chaîne et de la trame en soie calculé de la ma- À nière indiquée plus haut.

Ce n’est pas tout , il faut encore, dans le calcul du prix d'une étoffe, tenir compte de la valeur des dorures défilées ou perdues dans le travail, : et qui sont comptées pour le fabricant comme 34 dorures employées dans l’étoffe. Il n'y a point (

de règle à cet égard; c’est pourquoi le fabricant A4 Le L: 4 est obligé de se livrer de confiance à son ouvrier : j

toutefois cette quantité doit être peu considérable, et l'expérience d’un manufacturier le met à même de juger de la fidélité de l’ouvrier qu'il emploie.

Des Prix de facon pour la fabrication des étoffes de différentes espèces.

Le prix de la façon pour les étoffes unies est Me réglé par un tarif imprimé qui se publie à Lyon. | 4 Ce prix peut aller de 60 centimes à 2 fr. l’aune, ti: 4 suivant le genre et la largeur de l’étoffe, la qualité et le nombre de portées de la chaîne : le plus : souvent le fabricant accorde quelques sous en plus, lorsqu'il a une fabrication délicate. ‘4

La facon des velours peut aller de 5, 6 et 3 7 f. l'aune ; celle des cannetillés unis, de 2 f. 5o c.

200 MANUEL à 3 fr. ; celle des damas, de 5 à 6 fr., suivant la force et la hauteur des dessins.

Tous ces prix n'étant que pour des étoffes légères et courantes , ne peuvent servir de règle; celles qui sont plus belles , plus fortes et fabriquées avec beaucoup plus de soin, doivent coûter plus cher de façon.

Il faut observer , d’ailleurs , que les prix de fabrication des étoffes tout soie, faconnées , varient à l'infini suivant la force , la hauteur du dessin, l'aunage que l’on donne à l’ouvrier et les circonstances.

À l'égard des étoffes riches , en brocard et broché, il est impossible de fournir aucune donnée pour connaître le prix de la facon, parce qu'on ne peut juger de la main-d'œuvre d’une semblable étoffe, sans l'analyser dans tous ses détails. Pour l'ordinaire la main-d'œuvre se traite de l'ouvrier au fabricant en remettant le dessin. Encore l'ouvrier conserve le droit de demander une augmentation lorsqu'il a fait son essai, et elle lui est ordinairement accordée par les prud'hommes.

Les prix de facon pour ces étoffes vont depuis 32 à 15 fr. jusqu'à 100, 120 et beaucoup plus pour les étoffes extraordinaires. Ces prix varient encore de ro, 15 et 20 pour cent, suivant les circonstances et les ouvriers plus ou moins parfaits, et plus ou moins honnêtes.

On comprend assez souvent dans le prix de la main-d'œuvre les frais de montage du métier et de mettage en carte; mais quelquefois, et principalement pour les étoffes extraordinaires, ces frais se paient à part.

Les frais de montage du métier vont de 200, 600 , à 1000 fr. , suivant le genre de l’étoffe, la quantité des samples et Îes réductions : pour les étoffes extraordinaires, telles que celles que comportent les commandes du gouvernement ou des riches, ces frais sont souvent plus importans.

Les frais de mettage en carte d'un meuble complet peuvent s'évaluer de 400 à 600 francs, suivant son importance.

Des Frais de dessin.

Les frais de dessin dépendent de l'importance du meuble , du talent et des prétentions de l'artiste : on ne peut donner aucune règle de calcul

à cet égard.

Des Teintures.

Tout le secret des bonnes teintures consiste à n’employer que les seules matières colorantes ci-après, qui sont reconnues les meilleures, et à ne point atténuer leur effet pour donner du brillant aux couleurs : voici les conditions qui

208 MANUEL avaient été arrêtées à cet égard pour la commande de la maison du Roi en 1811, et qu'il convient d'imposer aux fabricans.

1°. Les amaranthes, les cramoisis, les ponceaux , et toutes les couleurs rouges , seront teintes exclusivement avec de la cochenille pure, parfaitement grabelée, et ces couleurs ne recevront jamais aucun pied ni avivage.

2°. Tous les jaunes seront faits avec de la gaude de bonne qualité, et à un ou plusieurs bains, suivant l'intensité de la couleur.

3°. Les verts, après avoir recu le pied de gaude, seront passés sur la cuve d’indigo, pour y être achevés.

4°. Les bleus seront faits entièrement à la cuve, qui devra être garnie d'une quantité suffisante d'indigo, pour qu'on puisse en obtenir en une fois seule toute l'intensité de couleur dont on aura besoin ( car lorsqu'on est obligé de les repasser plusieurs fois, ils n’ont jamais ni la même fraicheur ni le même éclat ).

5°. Cette condition sera la même pour les verts.

6°. Les violets recevront d’abord le pied de pure cochenille ; ils seront ensuite passés à la cuve, et ne recevront aucun pied ni avivage.

Le prix des teintures dépend des ingrédiens ou matières colorantes qui entrent dans leur com-

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position. On estime qu'il faut 7 à 8 onces de cochenille noire , grabelée, pour teindre en couleur cramoisi la plus foncée une livre de soie décruée. La cochenille étant supposée à 40 francs environ la livre, le prix de la teinture en cramoisi foncé peut aller à 20 fr. par livre de soie décruée; mais, pour que les teinturiers puissent teindre cette couleur à ce prix, on suppose qu'ils seront chargés de faire, en même temps, la nuance complète ; autrement ils y perdraient. Le prix moyen des trois autres couleurs cramoisi et des violets peut être établi de 12 à 15 fr. la livre.

Quant aux autres couleurs , jaunes, verts. et bleus , les prix des bonnes teintures ne diffèrent pas de ceux que les fabricans sont dans l'usage d'allouer aux teinturiers. Il sera facile d'en savoir

le cours à Lyon.

De l'intérêt et du bénéfice des fonds ; du profit de l'industrieparticulière du fabricant, et des frais généraux quil est nécessaire de faire entrer dans le calcul duprix des étoffes:

On a vu qu'il est facile de calculer assez exactement la somme de toutes les avances qu'exigent de la part du manufacturier , l'achat des maüères , leur préparation , les frais de teinture et

la facon de l'ouvrier pour la fabrication des

étoffes unies, dans lesquelles il n'entre que de la soie.

Pour ce qui est des étoffes façonnées et brochées en or , on a dû remarquer qu'il est possible de trouver , avec la même exactitude, la valeur des soies teintes employées à leur fabrication ; et, à peu de chose près, celle des dorures qui entrent dans les étoffes brochées ; en sorte qu'il n’y à d'incertitude que sur le prix de façon et les frais de dessin , de montage de métier et de mettage en carte. Quoique tous ces frais ne puissent être évalués qu’à l’aide de l'expérience et d'une longue pratique, il n’est cependant pas impossible, en prenant des informations et em les comparant, de parvenir à en connaître l’apercu, et en conséquence d'établir au moins approximativement la somme de toutes les avances qu'occasionne la fabrication des étoffes de ce genre.

Pour déterminer le prix auquel le fabricant peut se charger de fournir les étoffes, soit unies, soit faconnées et brochées, qui lui sont commandées, ou, ce qui est la même chose, le prix qu'il est convenable de lui allouer, il faut ajouter à la somme de toutes les avances qu'il est obligé de faire pour les produire , 1°. L'intérêt du capital émployé ;

ER eme vd 7e

DU TAPFISSIER. a11

2°, Le bénéfice qu'il doit retirer de ses fonds, soit qu'ils lui appartiennent, soit qu'il se les procure par son crédit ;

5°. Le prix de sonindustrie particulière, comme chef de fabrique ;

4°. Enfin les frais généraux de magasin, de commis et d'employés pour diriger et surveiller ses ouvriers , ceux de voyage et de séjour à Paris, ou, à défaut, les frais de commission pour la li- Ë vraison des étoffes , les recouvremens, etc. |

L'intérêt du capital employé doit être calculé | à 6 pour cent par an, à partir du jour de la L commande jusqu'à l’époque fixée pour le paie- | ment. 1

Pour les étoffes unies on peut compter qu'il |: À faut à peu près un an, tant pour la préparation des matières et la fabrication que pour la livraiïson. La vérification et les formalités indispensables qu’exige le paiement; le bénéfice des fonds , le prix de l’industrie du fabricant , et les frais généraux de toute espèce ne peuvent être évalués , pour les mêmes étoffes, à moins de 15 à à 18 pour cent; ce qui fait, en y comprenant } 6 pour cent d'intérêt, 21 à 24 pour cent à ajouter | à la somme des avances. 4

Pour les étoffes faconnées et brochées, l'in- | térêt du capital employé doit être calculé pour un laps de temps plus long et qui peut aîler

depuis un an jusqu'à deux, ou même davantage, selon le genre et la richesse de l’étoffe , la beauté et les difficultés du dessin. Le bénéfice des fonds, de même que le prix de l’industrie du fabricant, doit être aussi plus considérable , soit parce que ce genre de fabrication est sujet à plus de risques et présente plus de chances de perte, soit parce qu’il exige de la part du manufacturier plus de lumières et d'expérience, plus d'activité et plus de soins. J’estime que ces deux articles , réunis à l'intérêt du capital employé et aux frais généraux de tout genre , peuvent être portés de 30 à 40 pour cent suivant l'importance des étoffes.

D'ailleurs, il ne faut pas se dissimuler que plus les étoffes commandées sont importantes par leur richesse, la beauté et la variété du dessin, plus elles exigent d'attention et de sacrifices de la part du fabricant; dès-lors il est indispensable de lui accorder d'autant plus de latitude et de confiance. J'entends, néanmoins , une confiance éclairée qui r’exclut ni les observations, ni aucune des précautions que commande l'intérêt du consommateur. Il n’est pas à craindre que cette confiance soit suivie de regrets toutes les fois que l’on traite avec de bonnes maisons, jalouses de leur réputation, qui savent bien se pénétrer des obligations qu'elles contractent, et

DU TAPISSIER. 213 qui se respectent trop pour se mettre dans le cas

d’encourir des reproches.

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