PELLICULES LIBRES EXTENSIBLES
Nous avons omis, lorsqu’il a été question de Yencas photographique dans la première partie de ce Manuel, de parler des pellicules libres extensibles et de la façon de les traiter.
Disons, tout d’abord, qu’il n’existe pas dans le commerce des pellicules de ce genre, mais il est très aisé d’en faire à l’aide des divers moyens qui vont être indiqués.
Les cartons Thiébaut conviennent très bien à la formation de pellicules libres extensibles.
On coupe ces cartons, l’émulsion y attenant, de la dimension voulue, soit par exemple li x 7 ou 8x9. On les place dans les châssis négatifs avec un verre en arrière, de façon à les tenir tendus et bien au point ; puis on développe comme d’habitude, soit en enlevant dès le début la pellicule de son support, soit en l’y laissant adhérer jusqu’à la fin de l’opération, mais à la condition alors de pousser la révélation à une intensité plus grande que celle que doit avoir le négatif terminé.
On se rend compte que, par le fait de l’accroissement de la surface, il y a déperdition d’intensité. Aussi aimons-nous mieux, pour savoir ce que nous faisons, traiter la pellicule àl’étatlibre dès le début.
IGG
On peut encore commander aux fabricants de plaques sensibles des émulsions couchées sur verre talqué. On colle sur la surface extérieure de ces couches du papier fortgommé, on laisse sécher, puis on arrache l’émulsion, qui abandonne le verre. On en use comme dans le cas précédent, puis on immerge dans de l’eau ordinaire (dans le laboratoire sombre) pour amener la séparation du papier gommé d’avec la couche de gélatinobromure, et l’on développe.
Ces couches doivent être assez épaisses pour que, malgré l’extensibilité, il reste encore une pellicule suffisamment maniable. D’ailleurs, les opérations une fois terminées, après les derniers lavages, il est facile de renforcer la pellicule libre, si besoin est, à l’aide d’un doublage avec une feuille de gélatine mince.
Pour que la dessiccation de la pellicule, après développement, fixage et lavages s’effectue régulièrement, il convient de la poser sur une plaque de verre, en veillant à ce que chaque bord de la pellicule soit bien parallèle à un côté correspondant du verre. On colle sur ces bords des bandes de papier albuminé et on laisse sécher; mais, au préalable, on a dû talquer avec soin la surface de verre sur laquelle devra porter la pellicule.
Une fois qu’elle est sèche, on coupe les quatre côtés avec une pointe de canif, le long des bandes de papier, et on la détache du verre en soulevant
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un coin avant d’entailler les bords avec un canif. On peut collodionner la surface extérieure et ne détacher la pellicule qu’après entière dessiccation du collodion ; puis, la pellicule étant posée sur la plaque, du coté collodionné, on l’y maintient, à l’aide de nouvelles bandes de papier gommé ou albuminé et l’on collodionné l’autre surface.
Les pellicules de gélatine ainsi emprisonnées entre deux minces couches de collodion normal à 1,5 pour 100 de pyroxyline sont très solides et d’une conservation assurée.
Il est urgent de laisser s’opérer complètement la dessiccation du collodion sur l’un et l’autre côté avant de détacher la pellicule. De cette façon l’on est certain de l’avoir parfaitement plane.
PRÉPARATION DE DIVERS PAPIERS PELLICüLAIRES.
Nous empruntons au Bulletin de la Société française de photographie la description faite par M. Robert de Chennevière (*) de divers procédés de préparation de papiers pelliculaires.
Cette préparation implique naturellement l’emploi d’une émulsion achetée à l’état solide ou figée, ou bien fabriquée chez soi, à moins, qu’on ne se procure, ainsi qu’il vient d’être dit plus haut, des couches d’émulsions étendues sur des plaques de
(’ ) Séance du 10 Avril 1885.
verre préalablement talqué, ou talqué et collo-
dionné.
Mais laissons la parole à notre habile collègue, M. Robert de Ghennevière.
« Ayant reconnu les inconvénients qu’offraient les plaques, en raison de leur fragilité et surtout de leur poids, je cherchai, dit-il, un procédé qui me permît de supprimer le verre. J’essayai d’abord de fabriquer des pellicules libres à l’aide de vernis divers, mais je n’obtins aucun résultat satisfaisant. Je fus donc forcé de tourner mes recherches vers un procédé où la pellicule eût un rapport qui permît de la manier aisément et la maintînt rigide. Le papier était tout indiqué.
« Je commençai par me rendre compte de l’effet du collodion étendu sur papier et de son adhérence. Je fis un essai sur papier simple; l’adhérence étant un peu trop grande et le collodion entraînant après lui des peluches de papier, je talquai légèrement ce même papier, je le bordai d’une solution de caoutchouc, et le résultat fut tout à fait satisfaisant. Le principe de mon papier pelliculaire était trouvé.
« 1. Premier procédé. — Pellicules sur papier simple. — Prenez du papier écolier fort. Vous le coupez de façon à laisser tout autour 5mm de plus que le format que l’on veut obtenir, par exemple 19 x 25 pour le format 18 x 24.
« Ayez d’autre part un nombre de plaques cor-
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respondant au nombre de feuilles que vous voulez préparer et au moins de 0m,01 plus grandes que les feuilles de papier; par exemple, des plaques 21 x 27 pour le format ci-dessus. Il est bon de les passer à la cire (cire 4gr, benzine ou essence de térébenthine 100ct; on frotte avec un morceau de linge imbibé de la solution), pour éviter l’adhérence du papier à la glace.
« Préparez d’autre part du collodion : tous les collodions sont bons; la formule que j’emploie est la plus simple :
Éther 50cc
Coton lsr
Alcool à 40° 50cc
Huile de ricin 10 gouttes env.
« Coupez des bandes de papier albuminé de 15mm de large. Tout étant préparé, on procède de la façon suivante :
« Vous mettez ramollir, dans une cuvette pleine d’eau ordinaire, les feuilles de papier coupées de dimension ; vous retirez la première et l’appliquez sur la plaque cirée, de telle sorte qu’il reste 0m,01 de verre nu tout autour ; passez dessus une raclette en caoutchouc ou une feuille de buvard pour enlever l’excès d’eau.
« Vous passez vivement dans la cuvette des bandes de papier albuminé et les appliquez à mesure sur chacun des bords du papier, en en cou-
vrant seulement 5mm, faisant adhérer le reste à la plaque. Vous pouvez, si vous voulez, au lieu de tendre avec des feuilles de papier albuminé, couper les feuilles plus grandes et rabattre les bords sous la plaque, que vous prenez alors de la dimension exacte du format que vous voulez obtenir. Mais avec certains papiers, les feuilles ainsi tendues se gondolent lors de l’extension de l’émulsion.
« Faire attention à bien coller le papier sur les angles, sans quoi il se gondolerait dans les coins. En séchant, le papier se tend parfaitement.
« Le papier une fois sec, passez à sa surface une légère couche de talc dont vous enlevez l’excès par un coup de blaireau et, pour plus de sécurité, bordez le papier sur 5mm tout autour avec une solution de caoutchouc, puis collodionnez comme une plaque ordinaire.
« On laisse sécher le collodion et l’on étend la couche d’émulsion en se servant d’un triangle de verre.
« La couche une fois sèche, coupez avec un canif le papier pelliculaire au bord du papier albuminé et vous avez une feuille qui s’enlève de la plaque sans difficulté et que vous conserverez bien plane.
« 2. Inconvénients et avantages du procédé. — L’adhérence du papier-support à la couche est suffisante pour supporter tous les bains et les lavages
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prolongés, mais elle n’est pas toujours assez forte pour permettre de couper absolument, à coup sûr, en des dimensions plus petites, les papiers préparés. De là l’obligation de préparer des papiers de dimensions déterminées à l’avance. Mais si le papier a cet inconvénient, assez rare du reste, il a ses avantages : le papier simple se trouve partout; en outre, et ce peut être un grand avantage, le cliché terminé sèche bien plus rapidement que dans les autres procédés que je vais décrire. L’adhérence étant trop faible, pour permettre de couper et surtout de rouler le papier pelliculaire, je fis divers essais sur papiers albuminés, cirés, gélatinés, ce qui m’a amené aux procédés suivants :
« 3. Second procédé. — Prenez du papier écolier comme ci-dessus, coupez-le de même et passez à sa surface une couche de solution de cire de la formule ci-dessus, en couvrant bien la feuille partout; vous observez par réflexion s’il n’y a pas de places non recouvertes et vous tendez la feuille mouillée comme dans le procédé précédent. Collodionnez et étendez l’émulsion.
« Le papier ciré donne les mêmes résultats que le papier simple, mais il fournit des couches plus brillantes et a assez d’adhérence pour être coupé, sans crainte des soulèvements. Il ne faut cependant pas le rouler.
« Mon troisième procédé étant absolument le
même que celui breveté par M. Thiébaut, sauf une légère modification dans la formule, je ne le décrirai pas.
« 4. Pellicule sur glace enlevée sur papier gélatine collodionné. — On tend du papier gélatiné (le papier gélatiné double transport convient très bien), on le collodionné comme ci-dessus. Une fois la couche de collodion bien sèche, coupez les bords du papier et enlevez les feuilles de dessus les plaques-supports. Prenez alors des plaques propres, passez -les fortement au talc, enlevez légèrement l’excès de talc au blaireau.
« Immergez, dans une cuvette pleine d’eau ordinaire filtrée les feuilles de papier collodionné, et préparez une autre cuvette pleine d’eau filtrée.
« Coulez l’émulsion comme à l’ordinaire sur les plaques talquées. Quand la gélatine a fait prise sans attendre trop longtemps, vous placez la plaque recouverte d’émulsion, la couche en dessus, dans la cuvette d’eau distillée, vous y plongez une des feuilles de papier collodionné, la couche de collodion en dessous, en contact avec la couche d’émulsion; faites attention à chasser toutes les bulles d’air qui pourraient s’interposer. Vous amenez le papier de façon qu’il couvre exactement la plaque et vous relevez lentement cette plaque sur laquelle le papier s’applique à mesure que l’eau s’écoule; vous pincez par le bord supérieur la plaque et le papier et vous passez la raclette de caoutchouc, de
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façon à faire adhérer fortement le papier à la glace. Laissez sécher et incisez le papier avec un canif et une règle à 5mm du bord intérieur, fortement pour bien trancher la pellicule jusqu’à la plaque. Passez le canif à plat pour soulever la pellicule de façon à pouvoir la saisir avec les doigts, etc. Enlevez vivement le tout sans temps d’arrêt. La couche de gélatino adhère au papiersupport et la glace, une fois débarrassée des petites bandes restées sur les bords, peut servir indéfiniment sans nettoyage; elle est même préférable à une plaque qui sert pour la première fois.
« 5. Les mêmes résultats s'obtiennent sur du papier ciré au lieu de papier gélatiné ; mais alors il est nécessaire, une fois le papier passé à la cire, de le dégraisser dans l’eau et de passer à sa surface un blaireau, sans quoi il se forme une quantité de petites bulles entre le papier et la couche de gélatine. Ce procédé supprime l’emploi du collodion, le papier ciré s’appliquant directement sur la couche d’émulsion.
« Ces procédés par couches appliquées sur glaces et enlevées sur papier, qui sont de beaucoup les plus pratiques, demandent une certaine habitude, mais peuvent être pratiqués à coup sur, si l’on suit exactement les instructions que je donne.
a Les principaux points à observer sont :
« 1° Le talquage abondant de la plaque : le blaireau passé sur la plaque doit y laisser une couche de talc qui la salisse ;
« 2° Choisir le moment le plus favorable pour appliquer le papier sur la plaque. Si vous laissiez écouler trop de temps, le papier adhérerait moins bien. Généralement je coule quatre plaques de suite, puis je prends la première dont la gélatine a fait prise et j’applique dessus le papier, puis la deuxième, la troisième et la quatrième. Je coule quatre autres plaques et j’applique quatre nouveaux papiers ;
« 3° Enlevez le papier de dessus les plaques sans hésitation et d’un seul coup; sans quoi, si l’on allait par saccades, on aurait des raies qui paraîtraient dans la couche. Pour séparer le papier des plaques, on passe à plat un canif sous l’un des angles, on le fait suivre le long d’un des bords, de façon à soulever environ 0m, 01 sur toute la longueur, puis l’on prend le papier entre le pouce et l’index et on tire d’un seul coup sur soi.
« Ce procédé a l’avantage aussi de supprimer les taches appelées taches de graisse et donne des couches aussi brillantes que le verre sur lequel on les obtient. Laissez bien sécher les plaques vant d’enlever le papier pelliculaire, ce qui demande une moyenne de 48h, dans une armoire aérée par un courant d’air.
« Exposition et développement des papiers pelliculaires. — Les papiers pelliculaires s’exposent à la chambre noire, soit derrière une plaque bien propre, soit tendus par un moyen quelconque. Ils conservent très bien leur planimétrie, surtout ceux des deux derniers procédés, et il suffit d’assujettir leurs bords.
« Déposez le papier impressionné au fond d’une cuvette, la couche en dessus. Faites couler de 1 eau à sa surface et ramenez l’eau deux à trois lois, comme pour le développement, afin de bien le ramollir. Au bout de deux à trois minutes, le papier, dont les bords avaient tendance à se retourner, devient absolument plan; vous rejetez 1 eau, et la feuille s’applique au fond de la cuvette. Procédez alors au développement, comme pour une glace, en observant que les images des papiers, dont la couche a été obtenue sur verre talqué, sont plus longues à apparaître que les autres; vous suivez la venue de l’image par réflexion et vous arrêtez lorsque l’image a commencé à devenir grise, même dans les blancs; du reste, on peut, si l’on veut, enlever la feuille de la cuvette et l’observer par transparence. Il faut qu’elle paraisse beaucoup plus foncée qu’elle ne doit l’être réellement; lavez quelques instants sous le robinet et fixez.
« Je me sers, pour le fixage, du bain indiqué par M. de la Ferronnays :
Hyposulfite loU°r
Alun. . . - ^
« Vous observez à la couleur du papier, qui perd sa teinte jaunâtre et redevient blanc, si le cliché est fixé partout. J’emploie toujours du papier gélatiné rose, ce qui permet de suivre bien plus facilement le fixage, car la teinte rosée apparaît a mesure que la couche de gélatino se dissout, et, si vous voulez vous servir du papier pour obtenir des épreuves positives, la teinte rose leur donne un ton très agréable.
« Le fixage terminé, mettez les papiers tous ensemble dans une cuvette d’eau que vous renouvelez à plusieurs reprises. Le papier pelliculaire non gélatiné supporte facilement un lavage de trois à quatre heures. Il ne faut pas s effrayei des ampoules qui se forment avec certains papieis pendant le lavage.
« Les papiers cirés, gélatinés, peuvent rester dans l’eau douze et vingt-quatre heures.
« Une fois le cliché bien lavé, on peut, si l’on veut, le sécher entre des buvards, mais il faut le passer au sortir de la dernière eau dans un bain d’eau, d’alcool et de glycérine.
« Je préfère, pour sécher mes papiers, les reporter sur glaces talquées et collodionnées : vous obtenez alors des clichés bien plus plans. Si vous désirez une pellicule plus épaisse ayant la rigidité
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du verre, reportez sur glace collodionnée et gélatinée. La formule la plus simple est :
Eau 500sr
Gélatine 40
On ajoute 5CC d’une solution saturée d’alun de chrome.
« Pour faire une bonne pellicule, il faut au maximum 50cc de la solution de gélatine pour une glace 18 x 24. Ne pas s’effrayer des stries qui se forment à la surface de la plaque gélatinée une fois sèche ; elles disparaissent quand on plonge la plaque dans l’eau pour reporter le papier pelliculaire.
« Le report se fait sous l’eau; appliquez la surface gélatinée du papier contre la gélatine de la plaque, relevez lentement le tout et raclez pour faire adhérer fortement le papier à la plaque.
« Le tout étant bien sec, incisez le papier à 0m,05 à l’intérieur du bord, il se détache seul de la plaque. Passez le canif dans un coin entre le papier et la couche pelliculaire , que vous séparez sans difficulté et sans saccades.
« Ces différents procédés, qui paraissent à première vue assez compliqués, ne le sont pas réellement. En effet, on peut faire les diverses préparations à plusieurs jours de distance : tendez un jour les papiers, un autre jour collodionnez, puis étendez l’émulsion. Ces opérations préliminaires
ne prennent pas beaucoup plus de temps que le nettoyage ordinaire des glaces, qui se trouve par cela même supprimé, car on peut se servir très longtemps des mêmes sans qu’il soit besoin de les nettoyer.
« J’espère que la description un peu compliquée de ces divers procédés n’arrêtera pas les amateurs, qui, en tout cas, seront largement récompensés par les résultats qu’ils obtiendront. En suivant exactement les indications données, on doit forcément réussir.
« Cartons pelliculaires. — On peut préparer par les procédés ci-dessus des cartons pelliculaires qui se maintiennent aussi rigides que les plaques.
« On prend du bristol d’une épaisseur convenable, on le talque et on le collodionne, ou bien on le cire et on le collodionne. On le pose humide sur une plaque et l’on maintient les bords à l’aide de bandes de papier albuminé, on étend ensuite l’émulsion. On obtient ainsi des cartons pelliculaires se maintenant parfaitement plans : ils se révèlent et se fixent comme les papiers, et on les laisse sécher librement : une fois secs, on les collodionne et l’on sépare la pellicule du carton. »
MOYEN DE SÉPARER LA PELLICULE DE GELATINE DU VERRE POUR LE REDRESSEMENT DES NÉGATIFS.
Quand on n’a pas fait usage de plaques à la
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gélatine préparées en vue de la transformation des clichés négatifs pelliculaires, il est difficile d’arriver à séparer la couche de gélatine du verre.
Pourtant il est divers moyens d’y arriver, citons d’abord le procédé de M. Bory (’). Ce procédé consiste dans l’emploi d’acide fluorhydrique fortement étendu d’eau, depuis, par exemple 50 parties d’eau pour 1 partie d’acide, jusqu’à dix fois plus d’eau encore pour la même quantité d’acide, soit ; dans cet état l’emploi de l’acide fluorhydrique est sans danger aucun.
« Pour procéder au décollement, il suffit de plonger un cliché dans une cuvette de verre, en porcelaine ou mieux en gutta-percha qui n’est pas attaqué, contenant de Peau acidulée à environ; presque aussitôt la pellicule se détache seule. Immédiatement, on retire l’acide et on lave la pellicule en changeant l’eau une ou deux fois, et, en dernier lieu, on lave avec de l’eau distillée. Pour retirer la pellicule, on place en dessous, c’est-à-dire au fond de la cuvette, un verre (ou glace) plus grand que la pellicule que l’on étend à la surface de l’eau : il ne reste plus qu’à prendre doucement le verre et à retirer tout à la fois, en faisant égoutter peu à peu et évitant les bulles
( 1 ) Bulletin de la Société française de Photographie, année 1884 . page 183.
d’air; ensuite, on met à sécher à l’ombre, comme pour un cliché ordinaire.
« La retouche au crayon n’est pas altérée par les lavages : il est indispensable que les clichés ne soient pas vernis, sans quoi il se produirait une déformation irrémédiable.
« Pour éviter l’extension de la gélatine, il est nécessaire de passer les clichés dans un bain d’alun ordinaire et d’alun de chrome, pendant au moins une heure ou deux, et même davantage, selon la fabrication des plaques. Celles qui m’ont donné les meilleurs résultats comme inextension, après une heure de séjour dans l’alun, sont celles de M. F. Braun, d’Angoulême.
« Lorsqu’on veut faire subir de l’extension, il faut opérer sur un cliché vigoureux et peu passé ou presque pas au bain d’alun ; on peut facilement obtenir un cliché 18 x 24 avec une plaque 13 x 18; ce moyen est excellent pour baisser un cliché trop développé.
« Pour avoir des pellicules libres, il faut les passer à l’alun, et, lorsqu’elles commencent à sécher sur le verre, on soulève un coin qui se décolle ensuite de lui-même, de plus en plus à mesure que la gélatine sèche.
« La solution d’acide fluorhydrique à jô ou Toô est précieuse pour le nettoyage rapide et complet de cuvettes, éprouvettes, verres, ballons, flacons, etc. Il n’y a aucun agent nettoyant mieux
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et aussi économiquement; l’eau acidulée sert jusqu’à épuisement d’acide.
« Au cas de brûlures occasionnées par l’acide fluorhydrique pur du commerce, le meilleur antidote est l’ammoniaque étendue d’eau ou bien l’eau sédative forte. »