TENDEUR DE M. ROBERT DE CHENNEYIÈRE
M. Robert de Chennevière a imaginé d’appliquer à notre propre châssis, celui qui accompagne Yen-cas photographique, un système de tension des cartons ou papiers pelliculaires qui nous paraît marcher très bien. La planchette intérieure du châssis est remplacée par deux petits cadres lais-
sant entre eux un vide de 2mm à 3mm. On introduit entre ces deux cadres une pellicule avec émulsion à droite, une autre avec émulsion à gauche puis, entre les deux pellicules, papiers ou cartons pelliculaires, une lame de bristol d’une épaisseur convenable pour remplir tout le vide qui reste entre les deux feuilles sensibles, même avec un peu de pression. C’est une sorte de coin que l’on enfonce entre les deux cadres, et qui maintient les deux surfaces sensibles bien planes.
Nous trouvons ce moyen fort ingénieux et d’une application très facile à nos châssis, qu’il sera aisé de compléter à l’aide de quelques intérieurs à cadres tendeurs.
De cette façon, suivant les cas, on usera soit du châssis tel qu’il a été construit pour recevoir des plaques de verre, soit de la partie intérieure spéciale aux pellicules.
D’ailleurs rien ne s’opposerait à l’adaptation de cet intérieur à la plaque de verre comme à la pellicule.
ÉCHELLE SENSITOMÉTRIQÜE ÉTALON.
Le sensitomètre Warnerke, décrit dans la première partie de ce Manuel, a constitué jusqu’ici l’un des meilleurs moyens de comparer entre elles les sensibilités des plaques diverses; cet appareil, sans être d’un prix inabordable, coûte pourtant
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assez cher, d’où il résulte que peu de personnes en font usage.
Il a paru nécessaire de créer une échelle d’un prix peu élevé qui pourrait être entre les mains de tous et servir à indiquer, avec toute la précision désirable, le degré de sensibilité des plaques de diverses marques. Cette échelle, pour rendre les services qu’on en attend, devrait être tirée à un très grand nombre d’exemplaires identiques entre eux et vérifiés , puis poinçonnés par une commission de contrôle, après qu’elle aurait constaté l’identité de chacune des échelles avec une échelle-étalon.
Il semblerait de prime abord que tout cela est bien simple à organiser; mais, quand on entre dans l’examen complet de la question, l’on s’aperçoit que l’on ne peut la résoudre pratiquement sans avoir à surmonter quelques difficultés assez sérieuses.
Quoi qu'il en soit, la chose est possible, et d’ailleurs les bases de la méthode sensitométrique que l’on doit adopter ont été établies ainsi qu’il suit :
L’échelle, une fois créée, vérifiée, poinçonnée, etc., sera livrée à quiconque le désirera à des conditions très peu onéreuses, et voici comment on devra en faire usage.
La plaque à essayer sera placée dans un châssis-presse en arrière de l’échelle graduée, et on l’exposera à la lumière d’une bougie stéarique de
bonne qualité, à la distance de lm de la flamme et pendant une minute.
Avant de procéder à l’impression, l’on devra, si la mèche de la bougie est charbonneuse, supprimer le bout charbonneux, et d’ailleurs ne jamais faire l’opération qu’après que la combustion aura duré environ cinq minutes.
La hauteur de la flamme devra correspondre, autant que possible, sur une ligne horizontale, à la partie centrale de l’échelle graduée.
Le dernier muméro apparent sur la plaque, après le développement à l’oxalate ferreux pur (4 parties d’une solution saturée d’oxalate neutre de potasse et 1 partie d’une solution saturée de sulfate de fer), donnera l’indication du degré.
Pour comparer les plaques entre elles, on dira : avec telle marque, j’ai eu tel numéro à l’échelle sensitométrique, et tel autre numéro avec une autre marque.
Seulement, on n’aura pas ainsi la sensibilité comparée au point de vue de la durée de l’exposition, exigée par l’une et l’autre marque.
Nous renvoyons à cet égard aux disques gradués de M. Warnerke à l’aide desquels on détermine la durée de la pose suivant le numéro de l’échelle.
Le problème de ce côté-là est assez complexe, car il faut savoir que la lumière ne traverse pas l’échelle graduée dans un rapport immédiatement proportionnel.
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Si, par exemple, notre échelle-type est formée de 20 cases ou écrans, dont l’un, le premier, consiste en une simple feuille de papier mince, l’autre en deux feuilles superposées, et l’autre, le troisième, en trois feuilles superposées, et ainsi de suite jusqu’à l’écran n° 20, qui contiendra dans son épaisseur 20 feuilles superposées ; il ne faut pas croire que la lumière, au bout de 20m, par exemple, produira à travers l’écran n° 20 un effet identique à celui qu’elle aura produit à travers l’écran n°.l. Il faudra beaucoup plus de temps pour obtenir un résultat semblable, et c’est pour ce motif que M. Warnerke a dû établir un moyen de déterminer la durée des expositions par rapport au degré indiqué par son échelle graduée.
Il serait certainement possible de créer une échelle, dont chaque case ou écran aurait une translucidité proportionnelle à la durée nécessaire de l’exposition; mais cette échelle aurait un défaut grave. La différence des opacités entre chaque écran successif serait tellement peu marquée qu’on aurait plus de peine encore qu’avec les échelles actuelles à transition plus nette, à déterminer exactement le degré auquel on devrait s’arrêter. Dès les premiers moments de l’impression, l’échelle entière serait marquée, et il serait indispensable de recourir à un chercheur formé d’une teinte normale pour adopter , comme étant le degré donné, celles des cases dont la teinte se con-
fondrait avec celle du chercheur ou s’en rapprocherait le plus.
A notre avis, ce chercheur est indispensable, meme avec l’échelle à transition régulière, car il arrive souvent qu’on voit, à la suite, 2 à 3 numéros ayant une teinte à peu près identique, et l’on est fort embarrassé. Il est vrai que l’on doit s’arrêter au dernier numéro visible. Mais, si l’on voit tous les 20 numéros, cela signifie-t-il que cette couche sensible donne 20 seulement? N’est-il pas admissible que, si l’échelle avait eu 4 ou 5 autres cases, elles eussent aussi été traversées par la lumière?
C’est pourquoi un chercheur nous semble indispensable; il est d’ailleurs facile de l’établir, en adoptant pour teinte normale celle du n° 3 ou du n° 4 de l’échelle-étalon.
Ce chercheur peut être exécuté à l’aide de feuilles de papier teinté gris qu’on trouve dans le commerce. On pratique dans un fragment de ce papier un trou carré de la dimension d’une des cases de l’échelle, puis on applique le papier sur du verre, le côté teinté portant contre le verre.
Quand on veut vérifier le degré obtenu après développement, on laisse sécher la plaque d’essai, et l’on présente le chercheur sur les dernières teintes , les plus faibles. Il en est une, parmi celles-ci, dont la valeur (et non la couleur) se rapprochera le plus de celle du chercheur, et le numéro porté par cette case sera celui auquel on devra s’arrêter.
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Nous donnons, dès maintenant, tous ces détails, parce qu’il nous paraît démontré que l’échelleétalon, dont il s’agit, ne peut manquer d’être établie dans les conditions ci-dessus indiquées. Il convient donc d’en expliquer le mécanisme et de décrire approximativement au moins la manière de s’en servir.
Cela n’empêchera pas de faire usage des échelles de M. Warnerke, mais alors en les employant à des essais plutôt personnels. Il a été publié récemment que des échelles Warnerke avaient été établies de façon que tous les exemples fussent identiques entre eux. Nous voulons bien l’admettre ; seulement, il manque à cette affirmation le contrôle immédiat d’une commission autorisée, et la preuve de ce contrôle.
POSITIFS PAR DÉVELOPPEMENT AU GÉLATINOCHLORUR-E d’argent.
Dans le chapitre premier de cette deuxième partie du Manuel, nous avons dit un mot du procédé d’impression des positifs par développement ; mais on a depuis perfectionné ce procédé en employant le gélatinochlorure d'argent au lieu du gélatinobromure d’argent. Avec cette dernière préparation, il était impossible d’obtenir des épreuves convena blement virées ayant le beau ton chaud et brillant des épreuves sur papier albuminé.
Actuellement, le problème de l’impression des
épreuves positives par développement est complètement résolu, et l’on trouve dans le commerce des papiers tout préparés au gélatinochlorure. Les maisons Morgan et C1e, et Marion fils et Cie, livrent de ces papiers depuis la dimension carte de visite jusqu’à la dimension 3m,25 x 0m62 (en rouleaux alors), en passant par tous les formats intermédiaires.
1,000 feuilles, grandeur carte de visite, coûtent 25fr, ce qui met la feuille à 0fr, 025.
La carte-album coûte 25fr pour une quantité de 360, ce qui met la feuille à 0fr, 07 environ.
D’après ces données, on voit que le prix de ce papier est un peu plus élevé que celui du papier albuminé sensibilisé.
D’ailleurs, pour comparer ces prix entre eux, nous dirons qu’une main de papier albuminé sensibilisé revient au plus à 15fl', tandis que la main de papier au gélatinochlorure d’argent coûte 25fr.
Il est vrai que l’on fait avec cette dernière sorte de papier ce que l’on ne pourrait obtenir avec l’autre. Time is money , disent les Anglais, et ils ont raison, car avec le papier albuminé il faut quelquefois des journées entières pour obtenir une seule épreuve de certains négatifs, tandis qu’avec le gélatinochlorure on peut, par tous les temps et à toute heure, obtenir d'une façon très régulière un très grand nombre de belles épreuves d’un ton aussi
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beau qu’on le voudra et d’une stabilité peut-être plus assurée que celle des épreuves sur papier albuminé.
Ceci est à considérer.
Un grand avantage qu’offre ce papier, c’est de permettre l’impression positive directe et agiandie avec un petit négatif.
Il n’est pas nécessaire de passer par une contreépreuve, ainsi que cela a lieu pour l’obtention des négatifs agrandis. Le petit cliché négatif est tout simplement mis dans le porte-objet de la lanterne à agrandissement (lanterne Molteni ou Laverne); on met au point sur un écran, en usant, c est bien entendu, d’un bon objectif convenablement diaphragmé, puis on substitue la feuille prépaiée au gélatinochlorure, à l’écran; et, après une durée d’exposition que l’on a déterminée par un essai préalable fait sur un fragment de papier, on procède au développement.
On peut ainsi imprimer successivement et dans la durée d’une heure à deux, suivant les dimensions, de douze à quinze épreuves du format adopté. Tout étant réglé : mise au point, durée de l’exposition, etc., il n’y a qu’à marcher, et l’on sera certain d’avoir à la fin de ce tirage toute une série d’épreuves absolument régulières entre elles.
La sensibilité de ce papier est loin d’être égale à celle des plaques au gélatinobromure ; mais nous ne nous en plaignons pas. Les opérateurs ont moins
DEUXIÈME PARTIE, de risques à courir, étant moins pressés, et il leur est plus facile de conduire avec régularité l’œuvre de l’impression.
Il faut, avec un cliché de densité moyenne et avec un beau jour, de ls à 2S, ou avec le gaz d’un bec papillon ordinaire à 0m,25 de distance, de lm à 2m. Avec des brûleurs à gaz carburé et un réflecteur, de 10sà 15s. Ce sont là les durées d’exposition indiquées par MM. Marion fils et Cie.
M. le Dr Just, de Vienne (Autriche) , a publié la description d’un châssis mécanique pour l’impression automatique de ces épreuves, à la lumière artificielle.
MM. P. Morgan et Cie, de leur côté, fournissent, en ce qui concerne leur papier au gélatinochlorure, les indications suivantes : « Pour le temps de » pose toute lumière peut être utilisée, aussi bien « celle du jour que n’importe quel éclairage arti- » ficiel ; mais nous recommandons spécialement le » fil de magnésium, qui fournit une lumière vive, » constante et à bon marché, car il en faut très » peu à chaque exposition. Environ 0m,05 de ma- » gnésium brûlés à 0,n,010 de distance des châssis, « équivalent à l’exposition de 1 minute à peu près à » la flamme d’un fort bec de gaz, et représentent » une moyenne sur laquelle on peut se baser. Si » le temps de pose est correct, l’épreuve se traite » au développement avec la plus grande facilité. » A la lumière du jour on posera de 5S à 10s, en
APPENDICE
» ayant soin de recouvrir le châssis d’une glace » dépolie. »
Voici maintenant les deux modes d’emploi publiés par chacune des maisons ci-dessus désignées.
Après l’exposition , disent les instructions de MM. Marion fils et Cie, l’image peut être légèrement visible s’il y a dans le cliché de grandes oppositions ; mais non autrement.
Développement du Britannia « Alpha » paper de la maison Marion.
Solution n° 1
üxalate neutre de potasse. . . . 260?r
Eau chaude 1000
Bromure d’ammonium 12
Filtrer, à moins qu’on n’ait employé de l’eau distillée, et laisser refroidir.
Solution n° 2
Sulfate de fer pur 64?r
Eau 1000
Au moment de s’en servir, mélanger ces deux solutions par parties égales et en mettant d’abord l’oxalate de potasse, puis le sulfate de fer; ne pas faire l’inverse.
On met les épreuves à développer dans le mélange ci-dessus, en les plongeant d’abord la face en dessous, puis, dès qu’elles sont mouillées, on les retourne avec une pince.
On arrête le développement dès que l’épreuve a
atteint l’intensité voulue, car il n’y pas ici de déperdition de valeur, comme dans le tirage avec le papier nitraté.
Il vaut mieux ne pas développer plus de trois ou quatre épreuves dans la môme cuvette, parce que l’opération marche si vite, surtout à la fin, qu’on ne pourrait les retirer assez prestement; le défaut le plus fréquent dans la pratique de ce procédé étant un développement trop prolongé.
On peut développer plusieurs séries d’épreuves dans le même bain ; mais si l’on a des épreuves dégradées. dans le nombre, il convient de commencer par celles-ci ou de renouveler plus souvent le mélange.
Le mélange se garderait quelque temps si l’on ne s’en servait pas ; mais dès qu’on y a mis une épreuve il se décompose rapidement, et, 15m ou 20m après, on ne peut plus s’en servir avec sécurité. Il ne faut donc pas qu’il s’écoule plus que ce temps entre la première et la dernière épreuve qu’on fait venir avec le même bain.
Après le développement, laver rapidement pendant environ 5m et en changeant d’eau deux ou trois fois; puis mettre les épreuves pendant 10m à 15m dans le bain d’alun composé comme suit :
Alun ordinaire en poudre 85«r
Eau 1000
On lave encore environ 5m en changeant l’eau
APPENDICE. h>3
comme précédemment, ou en employant de l’eau courante.
On procède maintenant au virage, pour lequel on a eu soin de préparer :
Solution cl’or réserve
Eau distillée 50sr
Chlorure d’or 1
Bain de virage à préparer le malin pour la journée, parce que cela ne se garde pas
Eau chaude 1000r
Acétate de soude 7
Chlorure de calcium frais 0 ,05
Solution d’or réserve ci-dessus . . 12cc
Laisser refroidir.
Maintenir dans le virage jusqu’à ce que l’épreuve regardée par transparence ait le ton définitif. A ce point de l’opération, la surface de l’image a une couleur pourpre.
Le virage terminé, on lave environ pendant 5m, en changeant l’eau trois ou quatre fois.
Maintenant, on fixe dans un bain d’hyposullite de soude à 20 pour 100, renouvelé chaque jour.
Si l’on trouve que quelques épreuves n’ont pas viré suffisamment, on peut les laisser dans fhvposulfite jusqu’à ce qu’elles aient atteint le ton désiré.
Quand on les retire du bain de fixage, les épreuves ont des tons de quelques degrés plus chauds que ceux qu’elles auront, une fois séchées.
Après le fixage, il faut laver comme dans le procédé au papier nitraté, c’est-à-dire à fond, pour enlever toute trace d’hyposulfite et en renouvelant l’eau souvent, ou mieux le faisant dans une eau courante et en maintenant les épreuves en mouvement comme dans nos appareils spéciaux.
N- B. Il faut agiter constamment les épreuves dans tous les bains, sinon il se produirait des irrégularités et des taches.
Avoir soin que les doigts soient exempts de tonte trace de produit étranger à chacune des manipulations. Il est bon de se servir de pinces pour manier les épreuves, et d’en avoir une pour le développement et le bain d’alun, une deuxième pour retirer les épreuves du lavage après l’alun pour les mettre dans le virage et dans le lavage qui le suit, et enfin
une troisième pour les retirer de ce lavage pour les mettre dans l’hyposulfite.
La moindre trace des bains de développement ou d’hyposulfite dans le virage rendrait celui-ci impropre à servir.
Il est important de ne pas laisser tremper les épreuves dans les différents bains ou lavages plus de temps qu’il n’est nécessaire. Après le développement , il faut les laver rapidement , puis les passer à l’alun en agitant la cuvette et ensuite laver rapidement et virer, enfin laver encore sans retard et fixer.
Si on les laisse dans l’eau trop longtemps, sur-
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tout après le développement, il est à craindre qu’on ait un mauvais ton et que les blancs ne soient jaunes.
Si les épreuves terminées sont d’un ton trop chaud, pourpres, c’est qu’elles ont été surexposées et pas assez développées; si elles sont d’une couleur verdâtre, c’est qu’elles n’ont pas été assez exposées, et probablement que le développement aura été trop poussé.
Montage des épreuves. — Il y a divers moyens de monter les épreuves obtenues par ce procédé, suivant qu’on désire les avoir avec plus ou moins de brillant.
Première méthode. — Si l’on veut avoir une surface brillante comme celle des épreuves émaillées, on prend une glace bien nettoyée et sur laquelle on a déposé uniformément un peu de talc au moyen d’un tampon ; on y applique, la face contre le verre, les épreuves sortant du dernier bain de lavage ; on met par-dessus une toile caoutchoutée, et, avec une racle, on chasse l’eau et les bulles d’air en rendant ainsi l’adhérence parfaite. Quand cela est à moitié sec, on enduit le dos avec de la colle d’amidon très épaisse et de première qualité: ensuite on applique dessus un morceau de carte en trois de la grandeur de l’épreuve , et on laisse sécher complètement. Alors, détachant l’épreuve de la glace, on l’ébarbe et on la monte comme une épreuve émaillée sur son bristol définitif.
Deuxième méthode. — Si l’on ne désire que le bril-
lant ordinaire d’une épreuve sur beau papier albuminé, on procède comme dans la première méthode, sauf l’emploi de la carte en trois. Après avoir passé la colle d’amidon au dos de l’épreuve à moitié séchée, on laisse ce séchage se terminer, puis on détache l’épreuve de la glace et on l’ébarbe. On humecte au moyen d’une éponge la face du bristol, on y applique l’épreuve et on lamine à froid ; pour cela, il est préférable de se servir d’un laminoir à cylindres nickelés.
Troisième méthode. — On obtient une surface moins brillante encore en n’appliquant pas les épreuves sur la glace talquée, en les séchant entre du papier buvard et les suspendant comme les épreuves sur papier nitraté; on peut les laminer à chaud ou à froid.
Voici, d’autre part, les formules de la maison P. Morgan et Cie.
Dèveloppateur
N° 1. Oxalate neutre de potasse. .
Bromure d’ammonium. . . .
Eau chaude 1600
N° 2. Sulfate de fer -10
Eau chaude 1600
Acide citrique 1°
Filtrer ou laisser déposer et, pour l’usage mélanger par parties égales, ajoutant la solution n° 2 à la solution n° 1 et non vice-versa.
APPENDICE. l‘J7
Bain d'alun
N° 3. Alun ordinaire 125sr
Eau 2500
Bain de virage
JNT° 4. Acétate de soude 160
Chlorure de chaux 8
Eau 2500
N° 5. Chlorure d’or 1
Eau 125
Pour l’usage, mélanger 30cc de la solution n° 4 et 7CC à 8CC de la solution n° 5 ; puis ajouter 325cc d’eau chaude. Le mélange 4 et 5 doit toujours être fait avant l’addition de l’eau chaude. Laisser reposer jusqu’à complet refroidissement.
Bain de fixage
N° 6. Hyposulfite de soude .... 150sr
Eau lut
Développement. — Mélanger les solutions n° 1 et n° 2 par parties égales. Les épreuves doivent être immergées sèches ; on en peut développer plusieurs à la fois ; mais il faut les bouger constamment. L’image apparaît lentement et demande de deux à trois minutes pour être à point. Aussitôt que tous les détails du cliché apparaissent, retirer les épreuves du développateuret les laver immédiatement dans plusieurs eaux. Il n’est pas indispensable, vers la fin du développement, que la lumière soit rigoureusement non actinique; on peut s’éclairer d’un
bec de gaz peu ouvert à condition que la cuvette n’en soit pas trop rapprochée. Ne pas pousser le développement trop loin et s’attacher à obtenir plutôt des détails que de la vigueur. Une épreuve correctement posée et développée paraît faible, grise, et souvent de couleur jaunâtre, au sortir du développateur, mais gagne puissamment en vigueur au virage et au fixage. Une pose trop courte et un développement dépassé fournissent des tons ternes et gris. Un temps de pose suffisant donne des tons chauds. Pour obtenir ceux-ci très accentués, on ajoute au développateur une quantité égale d’eau distillée.
Alun. — Après développement et lavage, laisser les épreuves séjourner environ 5m dans la solution n° 3, sans dépasser ce temps, ce qui diminuerait l’intensité. Ce traitement sert à éliminer toute trace de développateur et à rendre plus consistante la sui'face des épreuves. .Lavées à plusieurs eaux, elles seront alors prêtes pour le virage.
Virage. — L’opération du virage est exactement la même que celle par laquelle on traite le papier albuminé. Les épreuves gagnent en éclat et changent de ton dans ce bain, dont il ne faut pas trop prolonger l’action, l’intensité s’augmentant parla dessiccation ; laver encore soigneusement et fixer.
Fixage. — Placer les épreuves dans la solution n° 6, où elles doivent rester environ 10m. Là encore
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elles gagnent considérablement en brillant; sitôt fixées, les laver dans l’eau courante pendant plusieurs heures
Montage. — Choisir une glace sans défauts, la nettoyer et la polir avec un tampon de talc, la couvrir d'eau, étendre les épreuves la face contre la plaque et passer à la racle pour chasser les bulles et assurer le contact. Si ces épreuves doivent être montées, on les enduira de colle à l’amidon lorsqu’elles seront à moitié sèches et pendant qu’elles sont encore sur les glaces. Les laisser alors sécher spontanément, puis les arracher et les couper au calibre. Il est inutile ensuite de les mouiller pour le collage. Il suffit de passer sur le carton une éponge humide et d’y assujettir l’épreuve, puis passer au cylindre. Ce procédé donne un demi brillant fort agréable. Si l’on désire le brillant de l'émaillage, on colle au verso des épreuves, alors qu’elles sont encore sur les glaces, un bristol très mince bien fixé à la râcle et on laisse sécher. Enfin , après lavage, on peut sécher, monter et cylindrer à froid ou à chaud à la manière ordinaire, ce qui donne le brillant de l’albumine.
Vignettes. — Les vignettes s’impriment à la façon ordinaire. Les dégradateurs doivent seulement être recouverts de papier végétal ou d’un verre dépoli et éloignés du cliché de 0m,04 à 0m,05.
Observations importantes. — Le bain de virage doit être employé le jour même où il est mélangé.
Chaque opération doit se Taire dans une cuvette spéciale. Éviter que la moindre parcelle de développâtes ou d’hyposulfite tombe dans le bain de virage, car l’or serait précipité. Toute trace d’acide pyrogallique ou d’hyposulfite sur les épreuves, pendant qu’elles sont dans le développâtes, cause des taches ineffaçables. Le même développâtes’ ne peut servir pour une grande quantité d’épreuves, parce qu’il se détériore peu à peu, ce qui occasionne des taches. Laver aussi rapidement que possible après chaque opération, surtout après développement, pour éviter les nuances. En sortant du fixage, les épreuves doivent paraître un peu claires, car elles gagnent au séchage beaucoup de vigueur et d’intensité.
Pour compléter nos indications relatives à cet intéressant procédé, nous donnerons encore la formule publiée par M. Warnerke, qui fabrique également un excellent papier au gélatinochlorure d’argent.
Voici son développateur :
A. Oxalate neutre de potasse . . . 25sr
Bromure d’ammonium
Eau 100
B. Sulfate de fer 10
Eau 150
Ajouter un peu d’acide citrique et mélanger par parties égales :
APPENDICE
Dèveloppateur au citrate ferreux
A. Acide citrique 200sr
Carbonate d’ammoniaque. . . . 100
Eau 500
B. Sulfate de fer 100
Eau 500
Acide citrique cristallisé. ... 1