CHAPITRE QUATRIEME
On peut aussi les imprimer sur des plaques au gélatinochlorure d’argent que fabrique la maison Hutinet.
Du reste, rien de plus aisé, si l’on tient à monter sur verre les pellicules Balagny, que de les appliquer sur un verre mince après le dernier lavage. Après dessiccation, on enlèvera le papier, puis on vernira le dos de l’image pour faire disparaître l’opacité de l’enduit d’amidon qui donne au blanc des images un aspect de verre dépoli.
La lanterne à projection, dont nous donnons ici un dessin, est celle de M. Laverne f1) (fig. 40); M. Molteni (2) s’occupe d’une fabrication spéciale de lanternes du meme genre. Nous recommandons son dernier modèle à une seule mèche.
Cette lanterne est à la portée de tous, car elle est éclairée simplement à l’huile de pétrole à l’aide de trois mèches dont les flammes combinées donnent une clarté assez puissante pour réaliser des projections depuis 0m, 30 jusqu’à 2mq.
Sur une de ces lanternes munie d’un tube à rallonge on peut placer le même objectif qui sert à la chambre noire de poche, de façon que c’est la même combinaison optique employée à l’obtention directe du phototype qui sert à son agrandissement.
Pour obtenir l’agrandissement, on dispose la lanterne en avant d’un appareil à châssis mobile,
(' ) rue de Malte, 10, Paris.
(a) rue du Château-d’Eau, 44.
sorte de chambre noire dont le châssis mesure soit 30 x 40, soit 40 x 50, soit enfin 50 x 60. L’image est mise au point sur la plaque dépolie à telle dimension intermédiaire qui convient, et la
Fig. 41.
plaque dépolie est remplacée par le châssis contenant soit une plaque, soit un papier sensible.
Avec un peu d’habitude d’user d’un ensemble de ce genre, c’est-à-dire composé de l’appareil de poche ci-dessus décrit, de la lanterne et de l’appareil à châssis mobile, il est vraiment inutile pour un amateur de photographie, pour un artiste, pour un savant, de se munir d’autres appareils, puisqu’il pourra à son gré et dans des conditions de
CHAPITRE QUATRIÈME, netteté aussi parfaites que possible, obtenir de tous ses petits négatifs des épreuves assez agrandies et en employant toujours une clarté artificielle dont il connaîtra bien le pouvoir éclairant, ce qui lui permettra d’ailleurs de travailler à toute heure de jour et de nuit n’importe où et quel que soit le temps.
Si l’on veut faire des impressions positives
Fig. 42.
agrandies, rien de plus aisé : on met dans le porteobjet de la lanterne le petit négatif, et dans le châssis de l’appareil à agrandissements une feuille du papier au gélatinobromure brillant de la maison Hutinet (*) ou bien encore du papier Balagny.
On peut ainsi, si l’on est pressé, obtenir directement à toute heure et en toute saison des positifs agrandis, des petits clichés pris avec l’appareil de poche.
Si l’on veut au contraire faire un négatif agrandi
I1) avenue Parmentier, 18, à Paris.
pour en tirer ensuite des épreuves par un des procédés d’impression positive décrits plus loin, on fera d’abord une contre-épreuve positive, celle qui est destinée à la simple projection ordinaire et l’on en usera en l’éclairant à la lanterne pour faire le négatif agrandi soit sur plaque, soit sur papier ou sur pellicule sensible.
Rien de plus simple que cela, et en môme temps rien de plus complet pour un opérateur qui use de la reproduction photographique comme d’un auxiliaire pour son travail, ainsi qu’ont à le faire surtout les artistes et les savants.
Il va sans dire que la lanterne et l’appareil à châssis mobile peuvent servir pour l’agrandissement de n’importe quels petits négatifs, qu’ils proviennent de la jumelle Germeuil-Bonnaud ou de tout autre petit appareil.
Quant aux négatifs du photorevolver, M. Enjalbert a eu la bonne pensée, ainsi que nous l’avons dit plus haut, de le compléter par un appareil d’agrandissement qui lui est propre et dans lequel on use de l’objectif qui sert au photorevolver lui-même.
Les pellicules, pour être soit agrandies, soit projetées, doivent être placées entre deux verres bien propres et entourées d’un encadrement de papier noir pour ne laisser traverser que les rayons nécessaires à l’agrandissement ou à la projection.