‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 100 sur 185 · LEU · texte numérisé non relu

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moyenne et inférieure. Le chemin du Saint - Golhard en Italie descend le long de la Val -Léventine. La principale ressource des habitans est dans les produits de leurs Alpes. Les fromages que l'on y prépare sont connus des Milanais -sous le nom de Brinz : ils sont très-durs, et on les embarque dans les ports de l'Italie pour les porter dans les contrées lointaines. On y trouve une abondance de forêts de châtaigniers , de gibier , d'oiseaux et de chamois ; le sol des vallées inférieures est d'une fertilité remarquable. ( V. Airolo , Dazio . Faido 3 Giornico et Poleggio. )

Leck ou Loeche (les bains de), en allemand Leukerbaden, et dans le pays simplement Baden , au C. du ATalais, sont situés à hJ-iOU p. au-dessus de la mer au S. de la Gemmi qui s'élève presque verticalement au fond de la vallée et au pied de plusieurs autres montagnes qui l'environnent de toutes parts. Le village, bâti dans une contrée couverte de belles prairies et de pâturages bien arrosés et couronnés de bois de sapins et de mélèzes , offre de loin un coup d'œil assez gracieux.

Il y a plusieurs chemins qui mènent à ces bains : celui du canton de Berne traverse la Gemmi et a été entièrement taillé dans le roc du côté du Valais. Ceux de Sierre et de Loeche sont assez pénibles. Ils sont pratiqués le long de la sauvage Dala , sur des précipices horribles, tout héris-és de rochers. La galerie ou corniche que l'on trouve entre les villages d'Inden et de Varone est remarquable. C'est sur cette saillie suspendue au-dessus de l'abîme, qu'en 1799, les Haut-Valaisans résistèrent pendant plusieurs semaines aux attaques des Français. Du bord de la corniche on aperçoit une vue incomparable. Sur une ligne de près de 18 lieues de longueur l'œil suit la vallée du Pihône depuis Viège jusqu'à Martigny , et y distingue une variété d'objets sans exemple. Le cours incertain du Pihône anime tout le tableau : tantôt large, tantôt divisé en divers bras, tantôt rapproché , tantôt vu dans le lointain, il se montre et disparaît tour à tour. Vous empruntons ici quelques traits de l'excellente description qu'en a donnée M. Meissner dans l'Alpenrose ( année 1808, p. 156), « La quantité de bourgs et de villages » dit-il, « que l'on voit dispersés soit dans la vallée, •soit sur la pente des deux chaînes des montagnes , dans une étendue de 11 à 12 1. de longueur, les châteaux, les chapelles et les ruines d'anciens donjons qui couronnent d'innombrables collines, les nuances multipliées des forêts, des prairies, des groupes d'arbres, qui s'élèvent au milieu

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