‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 127 sur 185 · ME · texte numérisé non relu

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nulle part sa forme pyramidale et gigantesque d'une manière aussi frappante qu'entre Mullinen et le pont de la Kander. Le Xiesen est renommé par la beauté extraordinaire de la vue dont on jouit sur son sommet. Il sert de baromètre aux habitans des contrées voisines. Ceux du Simmenthal donnent à la cime le nom de AVilder Andrés , et celui de Stalden au revers occidental delà montagne.

Chemin de la cime du Xiesen. — Le meilleur que l'on puisse prendre, part du village de Mùllinen , du côté du sud-est . et mène par des pâturages alpestres en 4 ou 5 heures au sommet du Xiesen. Près du dernier chalet , on voit à gauche un pic fort élevé qu'on nomme la Bettflue ; à droite de ce pic est. situé le sommet du Mes en. Quand on s'y rend en droiture , on trouve une dernière rampe de gazon très-rai de , d'une demi-lieue de longueur et d'une ascension très-pénible : au lieu que l'on parvient sans fatigue jusqu'en haut de la montagne en prenant à gauche au sortir du dernier chalet . du côté de la Bettflue. et en suivant après cela le bord du Xiesen du côté droit dans la direction de la cime. Dans tous les cas , il est bon de prendre un guide et quelques provisions de touche à Mùllinen. Ce n'est qu'au moment où l'on atteint le sommet dont les rochers épais et brisés ont l'apparence singulière des ruines d'un immense bâtiment, qu'on découvre tout à coup la grande et magnifique vallée qui sépare les Alpes du mont Jura. La cime est légèrement arrondie , et assez grande pour que plusieurs personnes puissent s'y as^ seoir et y dîner en face d'une multitude de montagnes neigées et à l'abri de tout danger , quoiqu'au bord d'un affreux précipice.

Vue. — Le voyageur découvre à ses pieds le lac de Thun ; un peu à gauche deux petits lacs situés près d'Amsoldingen , et entre ces derniers , l'ancien lit de la Kander . qui forme une longue ligne entièrement couverte d'arbres. On voit les villes de Berne et de Thun , un grand nombre de villages et de collines , le lac et la ville de Xeuchàtel. Le Jura offre l'aspect d'un mur immense , dans lequel on reconnaît distinctement le Hasenmatt, au-dessus de Soleure ; le Chasserai, entre les vallées de St.-Imier et de Pmz , et le mont de Boudry à l'ouest de Xeuchàtel. Toutes ces montagnes sont de 16 à 2û lieues de distance du Xiesen, en ligne droite. Au nord, s'élèvent celles de l'Emmenthal et de l'Entlibuch , dont les chaînes se terminent par le Ralligflue et le Wandflue , montagnes qui offrent des formes exactement semblables , et s'abaissent parallèlement l'une à l'autre jusqu'au bord du lac.

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Elles laissent entre elles la vallée d'Ueschi , au bas de laquelle on distingue le village de Merlingen , situé sur la rive du lac. Au nord-ouest du Ralligflue , Sigriswyl , aussi sur le rivage. Au nord-est on voit le commencement du lac de Thun, Unterséen , et le lac de Brienz, encaisse' entre des monUgues escarpées; le mont Pilate , et plus bas leBrûnig, et autres sommités du canton d'Unterwald -, à l'ouest, le spectateur voit a ses pieds le Simmenthal , la chaîne du Stockhorn, dans laquelle il a presqu'en face la sommité tronquée du Stockorn , qui a 580 pieds de moins que le Niesen.

x\usud, la vue embrasse tontes les vallées de Frutingen , d;Adell)oden , du Kanderthal et du Kienthal. Au plus haut rang on aperçoit droit vis-à-vis du Niesen la Blûmlis-Alpe , montagne du Kienthal , également remarquable par le nombre de ses glaciers et par la singularité de ses formes ; sa hauteur surpasse de 4,053 pieds celle du Mesen , et Ton en voit descendre le vaste glacier du Gamschi.

Chemin pour descendre du Niesen dans le Simmenthal. — Du sommet de la montagne on retourne du côté de la haute aiguille de la Bettflue , au bas de laquelle on trouve un sentier précisément au bord des rochers déchirés du Niesen; dans l'endroit où ce sentier se perd, on continue de descendre du côté de quelques chalets que l'on voit à l'ouest fort au-dessous de soi, La pente , fort raide et couverte de gazon s est extrêmement pénible lorsqu'on n'est pas pourvu de gros souliers de montagnes garnis de clous. Aux chalets , on trouve un chemin par où l'on descend en deux heures dans la vallée ; du pied de la mon tagne , en prenant à droite , jusqu'à Wimmis, à l'entrée du Simmenthal , 1/2 lieue, et en se dirigeant vers la gauche , jusqu'à Erlenbach , 1 lieue. Pour se rendre dans ce dernier village , on suit un sentier qui garde la Simmen à droite, jusqu'à Laterbach , où on la passe sur un pont ; delà à Erlenbach, 1/4 de lieue. (V. Erlenbach. )

Plantes. — Cette montagne est riche en espèces alpines.

Kugerol, Nerval ( Vallis-Nigra). Tel était le nom que l'on donnait pendant le VIP siècle au district situé entre Bienne, Morat et Soleure.

Nyon, petite ville du canton de Vaud, située en partie sur une colline, et en partie au bord du lac de Genève. C'était ci-devant la résidence d'un bailli ; aujourd'hui elle est cheflieu d'un cercle et d'un district. — Auberges : la Fleur-de-Lis, remise à neuf, bonne maison ; la Couronne.

Points de vue. — Le faubourg de Rive s'étend le long des bords du lac, au pied de la colline sur laquelle la ville est

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bâtie. Les auberges indiquées se trouvent dans la basse ville, et jouissent, surtout la première, d'une belle vue sur le lac. La terrasse des Marroniers, qu'habitaient autrefois les baillis, et l'allée de peupliers qui s'élève au-dessus de la fabrique de porcelaine, offrent de fort beaux points de vue. La situation du château de Prangins , à 1/4 de lieue de Nyon, est magnifique. Près de ce château est situé le village de Promenthou, qui s'étend le long d'une langue de terre fort avant dans le lac , et d'où l'on jouit d'une vue trèsétendue. On voit les restes d'un signal à l'extrémité de la pointe.

Curiosités* — On y remarque une excellente fabrique de porcelaine. — Le district, qui produit les vins estimés connus sous le nom de la Côte , est situé à peu de distance de cette ville. (V. Morges.) — Les environs de Nyon produisent beaucoup de châtaigniers , surtout près de Crens. L'une des plus hautes sommités du Jura, savoir, la Dole ( Dolaz) , est située au-dessus de Nyon : on atteint le pied de la montagne au bout d'une lieue et demie de marche. (V. , sur la superbe vue qu'on y découvre, les art. Dole et Genève.) — On trouve à Nyon divers établissemens pour l'instruction de la jeunesse , entre autres la maison d'éducation dont le respectable M. Snell, mort en 1810, a été pendant 22 ans le chef. Cet institut a été dirigé par le traducteur d'Ebel , lequel , pendant une vingtaine d'années , avait été le principal collaborateur de ce digne ami de la jeunesse.

Chemins. — A Rolle , 2 lieues. ( V. cet article. } A Genève . Il 1. On passe d'abord le ruisseau du Boiron : ensuite on traverse la petite ville de Coppet, 1 lieue 1/2. (Y. cet art.) De Coppet à Versoix, 1/2 lieue. De là à Genève , 2 lieues. (Voyez Genève. ) Au sortir de Versoix , le grand chemin passe à Genthod , qui fut si long-temps le séjour du respectable Bonnet. De Nyon, on peut se rendre en voiture jusque près du sommet de la Dole ï on suit pour cela le chemin de France ; on va d'abord à St-Cergues en 2 lieues 1/2, et de là sur la Dole même, 1 lieue 1/2.

Oberghestelen (prononcez Oberguestelen) ; tel est le nom de l'avant- dernier village du Haut- Valais ; il est situe près du pied du mont Grimsel et k la même hauteur que la vallée

d'Ursern. L'auberge du Cheval-Blanc est bonne , on y trouve des chevaux pour le Grimsel , la Furca, etc. On voit dans ce lieu un grand dépôt de fromages du canton de Berne et du Valais , lesquels sont destinés à être exportés en Italie par le mont Gries. Le grand chemin qui traverse le Valais se partage à Oberghestelen en trois importans passages de montagnes. Le premier conduit , par le Grimsel, au canton de Berne ; le second par le Gries , dans les vallées d'Ossola et de Maggia , et le troisième par le Xufenen , dans la Val- Levantine, à Locarno. et sur les bords du lac Majeur et en Italie. Ce qu'il y a de plus curieux à voir aux environs d'Oberghestelen , c'est le magnifique glacier du Rhône, qui donne naissance au fleuve de ce nom. Pour s'y rendre, on passe par Oberwald, 1/2 lieue , vis-à-vis duquel on voit sortir le ruisseau d'Elmi de la vallée de Gérenthal, contrée habitée, mais où les étrangers n'entrent jamais: elle s'étend du côté du .Ylutthorn et des Xufenen. D'Oberwald on suit le long du Rhône un vallon nu et sauvage qui va aboutir au glacier, 1 lieue 1/2. ( V. de plus amples détails à l'article Furca.) Les habitans du Haut-Valais donnent au Hhône le nom de Rodden ou Rotten. A une lieue 1/2 d'Oberghestelen, l'Egine forme une jolie cascade dans la vallée de même nom: mais pour voir une des plus belles et des plus grandes chutes d'eau qu'il y ait en Suisse, il faut faire une eourse de 6 à 7 lieues. (V. ONts et Pommât. ) — Les maisons d'Oberghestelen et de tous les autres villages situés dans le partie la plus élevée du Valais, sont tout-à-fait noires : cette couleur provient de l'action du soleil sur la résine que protient le bois de mélèze dont elles sont bâties. — Les débordemens du Fthône y causent de fréquentes inondations pendant l'été. (V. à ce sujet Lavangcs.)

Chemins. — D'Oberghestelen par le Gries , à Pommât. 6-7 lieues. (V. Orées:} AAirolo, ensuivant le revers méridional du St-Gothard. après avoir passé les Xufenen, 8 à 9 lieues, dont 5 ou six de montée. (V. Aivolo. ) En passant à côté du glacier duFJiône, on va sur le Furca en h heures et demie; on descend en 2 heures à Réalp , dans le Val dTrsern, et de là en 1 heure 1/2 au village d'Hospital. D'Oberghestelen à l'auberge que l'on trouve sur le mont Grimsel , connue sous le nom d'Hôpital, 3 lieues. Tous ces chemins peuvent se faire à cheval.

Oberh.ilbsteo ( la vallée dT ) en langue ronianique Sur Seissa, c'ést-à-dire supra saxam) est située au canton des Grisons , sur le reverss septentrional des monts Septimer et Ju-

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lier ; elle a 8 lieues de longueur , et elle est parcourue par le Rhin d'Oberhalbstein , qui prend naissance clans un petit lac du mont Septimer , et va se jeter dans l'Albula , à Tiefenkasten, après avoir reçu les eaux du ruisseau du Julier.

Particularités. — Le nom de cette vallée vient de la gorge de rochers qui la sépare de Tiefenkasten ; car ce vilage , ainsi que ceux d'Alvaschein et de Mons , sout situés sur les fcords de l'Albula , au-dessous de ce défilé ( unter demStein ), auquel conduit un chemin escarpé. Les habitans sont grands et bien faits : on trouve parmi eux diverses familles très-anciennes , telles que les Manuels de Marmels , les Catilina et les Prévosti de Bivio , etc. — La plupart des cures sont desservies par des capucins italiens. — Les croupes des hautes montagnes qui entourent la vallée sont couvertes de beaux pâturages, dans lesquels on compte quatre petits lacs ; elles abondent en chamois , en marmottes . en lièvres blancs et gris , en lynx et en renards. — Le chemin connu sous le nom d'Ober-Strasse , qui de Coireva par le Septimer, par la Bragaglia, Chiavenna et par le lac de Côme en Italie , traverse cette vallée, aussi bien que celui que l'on- prend à Coire, pour se rendre par le Julier dans l'Engadine. (V. Tiefenkasten , Ctmters, Bivio, Septimer et Julier. )

Oberland , au canton des Grisons. Cette contrée , que les habitans de Bonadoutz nomment aussi Sur-Selva (sur la forêt ) , comprend la vallée du Pihin antérieur , depuis les confins de la vallée d'Ursern jusqu'à Richenau.

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