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gueur, qui s'étend dans l'intérieur d'une montagne calcaire: elle forme un ruisseau considérable, et ne coule que trois fois par jour, savoir : à 9 heures du matin, à midi et le soir. Schleins ( Tschlin, ou Célin ) est un village agréablement situé sur une hauteur; près de là on observe la vallée de Samniaun ( Samagnam), qui débouche à Tschéra, près de Finstermûnz, et se subdivise en Val-Samniaun et Val-Sampuoir. Cette vallée est presque inconnue, quoique fort populeuse ; elle appartient en partie aux Grisons et en partie au Tyrol. Le moulin de Spiss est situé sur la frontière des deux états» — Le Martinsbrûck , ou Pomartina , dernier le village de la Basse-Engadine , du côté du Tyrol , dépend de la commune de Schleins.
La gorge de Finsiermïinz. — C'est au Martinsbrûcke qu'on voit la gorge remarquable au travers de laquelle l'Inn s'échappe du pays de sa naissance et entre dans le Tyrol, sous les murs du château et du péage de Finstermùnz. Celui de Sarviezel est situé au-dessus du Pont-St-Martin , sur la rive droite de l'Inn , non loin de la Platta-Mala. Cette gorge, par où l'on passe presque de plein-pied de l'Allemagne en Italie, est la seule porte qui s'ouvre dans l'énorme mur des Alpes. [X.Livino, vallée de. )
Chemins. — Au sortir de cette gorge, le chemin qui se présente à droite passe* par Nauders, en traversant la Malser-Heide , et aboutit à la vallée de l'Adige. Celle route, au moyen de laquelle l'Allemagne et l'Italie communiquent par le Tyrol , est pratiquée par les voitures ; le point le plus élevé du passage se trouve entre IVauders et Mais , au-dessus de R.eschen ; on y voit une chapelle d'où l'on découvre le gigantesque mont Orteler. La hauteur absolue de Mais est de 3,074 ou 3.224 pieds, de sorte que celle du col doit être à peu près la même que celle du Brenner , qui a Û,375 pieds au-dessus de la mer. Le chemin à gauche va de Finstermùnz à Landeck et Inspruck, en suivant les bords de l'Inn. — De Rémus en remontant l'Engadine à Schuols, 1 lieue 1/2. (V. cet article. ) Au-delà de Tschanufty on trouve un sentier qui traverse les Alpes de la Verr et va à Ysklen, dans la vallée de Palnaum, laquelle débouche à Landeck.
Minéralogie. — Il y a au-dessus de Rémus une gangue de mine de cuivre que l'on dit être très-riche. L'Alpe de Rusenna, qui dépend de la commune de Rémus. abonde en réalgal rouge.
Reçusses, montagne du canton de Berne, située entre
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le Simmenthal et la vallée de Lauenen; on y trouve un sentier qui mène en 5 heures d'An der Lenk à Lauenen. De Lenk on passe d'abord par la montagne de Wallik, par le Haslerberg et le Lochberg , d'où l'on atteint le Reulissen, qui forme la partie la plus élevée de ees montagnes couvertes de pâturages/ en pente douce; cette sommité a 5,400 pieds au-dessus de la mer. De là on se rend à Lauenen en deux heures de descente continuelle. Du point le plus élevé de ce passage , on aperçoit au sud le Wild-Strubel , le glacier du Raezli , le Wildhorn, le Mittaghorn , le Seltenschœnhorn , le glacier du Thungel, le Gemseritz, le glacier du Gelten, le Sanetsch, le Wispilhorn, l'Oldenhorn et les Diablerets ; à l'est , la blanche sommité du Doldenhôrn et l'Alt-Els; à l'ouest, une quantité de pics calcaires nus et d'un jaune rougeàtre, situés dans le pays de Sanen; au nordouest, le pic de Lauenen, qui domine le Reulissen. Pour ne pas manquer le chemin, il est à propos de prendre un guide à An der Lenk , ou à Lauenen ; car sur les hauteurs le sentier n'est tracé nulle part, et depuis le sommet jusqu'à Lenk, il n'y a qu'un seul chalet que l'on trouve audessous du Reulissen , du côté d'An der Lenk.
Reuss (la) , l'une des plus grandes rivières de la Suisse, (V. les détails sur sa source à l'art. SUGotkard , et sur ses magnifiques chutes , aux articles Amsteg , Andermatt et Hospital. )
Rbletikoui , chaîne de montagnes qui entoure le canton des Grisous , au nord-est. On y voit des pics dont la hauteur absolue est de 9,000 pieds. (V. , pour les particularités, les art. Galanda , Prettigau et Mayenfeld.)
Rhin ( le ) , le plus magnifique de tous les fleuves de l'Europe. Les Romains le désignaient déjà par l'épithète de Superbus ; il prend ses sources dans les Grisons , où elles forment trois rivières qui se réunissent avant de quitter ce payslà. (V. Tavetsc/i . Disentis , Lucmanier et Rhinvvald. ) Il a été dit aux art. Bade et Ragatz que la direction du cours de ce fleuve était différente de celle qu'il suit aujourd'hui. Il emmène en Allemagne les eaux épurées des immenses réservoirs que forment les glaciers et les champs de glace de la plupart des montagnes de la chaîne septentrionale, depuis TAldelberg, sur les confins du Tyrol, jusqu'aux Diablerets et à la dent de Jaman, et la plus grande partie des eaux des montagnes du Jura, qui sont situées en Suisse; de Bâle jusqu'au Bingerloch, il parcourt la plus belle des vallées de l'Europe; il se fait jour au travers de la chaîne du HO-
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henrûck et du Hundsrûck jusqu'à Coblentz, arrose la vallée de Neuwied, coule majestueusement entre de hautes montagnes, depuis Andernach jusqu'à Bonn, et roule ensuite ses eaux limpides et du plus beau vert, dont rien n'altère la transparence, malgré le limon que .charrient les nombreux ruisseaux qui s'y jettent au-dessous de Bàle, de même que les rivières considérables du Necker, du Mayn, de la Nahe , de la Lahn et de la Moselle. Dès-lors il va, toujours en plaine , porter en Hollande le tribut de ses eaux à la mer du Nord. Le Rhin charrie des paillettes d'or que l'on recueillait autrefois à Coire , à Mayenfeld, à Eglisau et à Seckingen. Depuis la frontière de la Suisse jusqu'à Strasbourg , on ne trouve pas beaucoup de paillettes d'or dans le Rhin; en revanche, entre cette viJle et celle de Philisbourg, et surtout entre le Fort-Louis et Germersheim , il y en a tant J que l'évêque , ainsi que la ville de Strasbourg, les princes de Bade, de Nassau - Sarbrùck et de Damstadt, indépendamment de plusieurs gentilshommes, y entretenaient un grand nombre de lavoirs. Ceux des villages de Knielingen, Eckenstein, Schreck et Lînkenheim au pays de Bade, ont livre, depuis 1/an 1735 jusqu'en 1771, environ 70 marcs d'or à 21 karats 1/2, dont la valeur est de 24,000 florins.
Rhin (chute du), la plus célèbre et la plus grande cataracte de l'Europe. ( Y. Schaffhouse. )
Rhin a>térieuu (la vallée de ) , située au canton des Grisons, s'étend du sud-ouest au nord-est. La longueur de Reichenau jusqu'à Camot est de 15 lieues , et l'on en compte 18 jusqu'à Cornera ou Maigels , ou jusque sur le sommet du Crispait. En langne rhétienne , on lui donne le nom de Yal- Surselva , c'est-à-dire au-dessus de la forêt. On l'appelle aussi l'Oberland. ( V. Oberland, Reichenau , Ilanz , Trons , Disent is, Taveiscli et Mêdels. ) L'auteur a préféré la dénomination de vallée du Rhin antérieur à toutes les autres, comme étant la plus exacte, attendu que cette contrée est arrosée par le Rhin antérieur, que les habitans nomment Rhin de Surselva.
Rhinau, petite ville du canton de Zurich, située sur le Rhin, entre Schafïhouse et Eglisau. On y remarque une abbaye de Bénédictins, fondée en 778 parWelf, duquel descendit la première ligne des Guelfes. Cette abbaye possède une bibliothèque riche en manuscrits précieux et en collections d'histoire naturelle. — Le couvent est bâti dans une petite île, entre deux péninsules formées parles sinuosités du
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Rhin , et dans Tune desquelles on trouve la petite ville de Rhinau. On remarque à l'extrémité de l'île une chapelle curieuse : elle est construite en forme de grotte , et toute remplie de coquillages. La situation de l'abbaye est trèsagréable.
Rhineck , jolie petite ville du canton de St. - Gall ; elle est située par les IxT 27' 6" de latitude , et 27° 15' 6" de longitude , dans le Rhinthal , dont elle est le chef-lieu , et sur le Rhin , non loin de l'endroit où ce fleuve tombe dans le lac de Constance. — Auberges: la Couronne, le Cep ( der Reb stock).
Points de vue. Curiosités. — La situation de cette ville , au milieu de la partie inférieure du Rhinthal , est d'une beauté extraordinaire . De Rhineck on se rend au Buchberg en une heure ; c'est une agréable promenade dans laquelle on trouve une vue magnifique au lieu nommé la Table-de-Pierre. Au village de Wolfshalden , dans l'Appenzell, 1 lieue. C'est là que les Autrichiens furent repoussés par les Appenzellois en 1405. On y découvre aussi une fort belle vue. Les promenades que l'on peut faire, soit au-dessous de la ville, à Thaï et à Stade, soit vers le haut de la vallée , à Ste. -Marguerite , à Bernang , a Rebstein , à Marbach, et jusqu'à Alstaetten, en suivant des coteaux enchantés , sont du nombre des plus délicieuses qu'il y ait en Suisse. Les petits vallons et les collines qui s'élèvent en amphithéâtre jusque sur les Alpes de l'Appenzell , sont couverts de vignes, de vergers , de prairies et de champs , et parsemés d'une multitude de villages , de fermes isolées , de coteaux et de belles maisons de campagne , qui en font un ensemble pleh*i de vie. Entre Stade et Ste.- Marguerite , on compte 28 belles campagnes. Au-dessus de ce dernier village, on aperçoit les débris du château de Grimmenstein , détruit en 1405 par les Appenzellois. Le Rhinthal inférieur finit un peu au-delà de Ste. -Mai guérite, et le voyageur qui passe à Sichelstein voit bientôt se déployer devant )ui la partie supérieure de cette vallée. De ià jusqu'à Balgach on rencontre les châteaux de Zwingenstein , Rosenberg et Griïnenstein ; iî y a six maisons de campagne au-dessus de Rebstein et do Marbach. — Celle de la Platte , d'où l'on jouit delà plus belle vue sur le lac de Constance, est située dans la commune de Thaï. — Rhineck a plusieurs beaux bâtimens : on y fait un grand commerce en bois et en expéditions : ses manufactures en toiles de fil et de coton, en mouchoirs de poche et de cou , ses blanchisseries , ateliers de teinture , etc. ? sont très-florissans. On y trouve d'habiles,
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artisans. A Thaï , im Fuchsloch , à Stade et à Ste. -Marguerite , non loin de Rhineck, il y a des carrières d'excellens grès , dans lesquelles on taille des meules de moulin , des pierres à aiguiser , et des bassins de fontaines que Ton transporte bien loin à la ronde. C'est aussi sur le Buchberg , coteau situé dans ce district, que croît le meilleur vin rouge , non-seulement du Rhinthal , mais aussi de toute la Suisse allemande ; les vins blancs les plus estimés du pays sont ceux de Bernang. C'est en 918 que l'on planta pour la première fois des vignes dans ce pays-là. A cette époque , un tonneau de vin passait pour un trésor d'un si grand prix , que les religieux du couvent de St.-Gall , à qui l'évêque de Constance avait fait présent d'un tonneau plein de cette liqueur délectable , ayant eu le malheur de le laisser tomber dans un creux , d'où ils ne pouvaient pas le retirer , se rassemblèrent tous en procession solennelle autour du creux fatal , et en faisant retentir les airs de leurs Kyrie eleison.
Chemins. — A Roschach, 2 lieues. A Lindau , le lac, 1 1. 1/2. A Bregenz, h lieues. Le long du Rhinthal , à Altstetten , û lieues. {V. tous ces articles. )
Rhi\felde\ , petite ville du canton d'Argovie , située sur la rive gauche du Rhin , et sur le grand chemin de Bâle à Zurich. C'est la plus importante des quatre villes qu'on nomme forestières ; les trois autres sont : Waldshut , Laufenburg et Seckingen. Auberges : le Vaisseau , les Trois-Rois. — On a construit un pont sur le fleuve , dans le lieu même où ses ondes écumantes , resserrées entre les rochers , se livrent à toutes leurs fureurs. Le tournant qu'elles forment , nommé le Hœllhaken, a été fatal à bien des bateaux. Le pont passe sur un grand rocher qui s'élève au milieu du Rhiu , et sur lequel il existait autrefois un château-fort , connu sous le nom de la Pierre , ou du Burgstall de Rhinfelden.
Curiosités. — La ville a un hôpital et une infirmerie. — Le couvent d'Olsberg , qui appartient à un chapitre de chanoinesses nobles, est situé dans un vallon étroit, au sud de Rheinfelden, sur le Violenbach, ruisseau qui sépare le Frickthal du canton de Bâle. Ce couvent fut fondé en 1711, sous le nom de Gottes-Garten, ou d'Oelberg , duquel est venu, par corruption, celui d'Olsberg.
Fait géologique» — Le Rhin coule à Rhinfeldenfdans un lit formé par des rochers calcaires et à 1 lieue de là , savoir : à Augst, dans un lit de brèche: vis-à-vis du pont de Rhinfelden , on voit sur la rive droite du fleuve des rochers de grès.
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dont les couches sont rouges, vertes et blanches, et dont le grain atteint quelquefois la grosseur d'un pois.
Rhinthal (le) , vallée de 8 lieues de longueur, qui s'étend sur la rive gauche du Rhin et au pied des Alpes del'Appen=zell, depuis le lac de Constance jusqu'au pays de Sax. C'est la partie la plus étroite de la spacieuse vallée du Rhin, dont la rive droite appartient en entier à l'Allemagne.
Particularités, — Le Rhin thaï a 2 milles géographiques en carré. En 1796, on y comptait environ 11,000 âmes p^ar mille, savoir, en tout, 22,006 habitans, dont 10,091 étaient réformés. (Jusqu'ici l'on a cru que les 2/3 des habitans du Rhinthal professaient la religion protestante. ) D'après des dénomb remens postérieurs , le nombre des habitans est de 30,000 âmes. Les ressources de ce petit pays consistent dans la culture des champs , des prairies , des vergers et de la vigne , dans ses bestiaux, dans les pâturages qu'il possède sur les Alpes du Haut et du Bas-Kamor, dans ses filatures de lin , de chanvre et de coton , dans ses fabriques de toiles, d'indiennes et de mousselines brodées , et dans son commerce de bois et d'expédition. L'on cultive presque partout le maïs, et la culture des arbres à fruits y a été portée à un haut degré de perfection. On y fait du cidre, le plus souvent avec des poires, et quelquefois aussi avec un mélange de poires et de pommes. Il y a bien des familles qui, pour toute propriété , n'ont qu'un certain nombre d'arbres plantés dans les biens communaux. La culture de la vigne est également très-considérable. (V. Bhineck. ) Rien n'a plus contribué à la prospérité dont jouissent actuellement les habitans de ce pays, que le partage du Bauried, ou Eisenried, qui avait plusieurs lieues d'étendues. Au moyen du partage de ces grands communaux, lequel eut lieu en 1770 et 1771, l'homme le plus pauvre reçoit, dès qu'il est marié, une propriété qui augmente peu à peu jusqu'à la concurrence de 7 à 8 arpens de champ et des prairies. Les sages réglemens de J.-H. Grob, de Zurich et de Wurstemberg, de Berne, baillis du Rhinthal , pour le partage de ces biens communs, méritent la reconnaissance éternelle des habitans de ce pays, et les suffrages de tous les amis de l'humanité. — Il y a d'excellentes carrières de grès au Fuchsloch, près de Thaï, à Stade, à Sainte- Marguerite et à Altstetten. Les pierres qu'on en retire, et qu'on y met en œuvre pour divers usages, font un important objet d'exportation. — On observe de vastes tourbières dans: le Rhinthal supérieur. — En plusieurs endroits du pays, les protestans et les catholiques célèbrent tour à tour leur culte:
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dans une seule et même église. Il y a des bains à Thaï, Balgach, Sainte-Marguerite et Kobelwies.
RHiWALD [ la vallée du , Val du Bhin ) est située au canton des Grisons, et environnée de toutes parts de hautes montagnes ; c'est une vallée longitudinale de 3 lieues de longueur. Le seul chemin par lequel on puisse y entrer sans traverser de hautes montagnes, passe au travers d'un défilé qu'on appelle les Rofflen , et qui conduit dans la vallée de Schaihs. A l'est, on voit le Suretta; au sud-est, le Splûgen et le Tambo; au sud, le Kucumil, ou Carnella, qui sert de baromètre aux habit ans de jVufenen, le Mittaghorn, le Schwarzhorn et le Bernardin : au sud ouest, une arête de 2 lieues de longueur, le Muschelhorn, autrement nommé l'Avicula, ou Monte del Uccello; à l'ouest , l'aiguille de Zaport, le Lenta-Horn et le Piz-Val-Rhein (V. Lugnez); au nord, le Fallen-Telli-Horn , la montagne de Vais (Cuolm di Vais ), le Calendari et le Cuvercal. Les plus hautes de ces montagnes, comme l'Avicula , le Piz-Val-Rhein. et les cimes voisines, ont 10,280 pieds audessus de la mer.
Particularités. — Ces montagnes sont couvertes d'énormes glaciers, et la vallée est exposée à d'affreuses lavanges. L'hiver y dure neuf mois de l'année ; à la fin de juin l'herbe ne fait que commencer à poindre, et avant le commencement du mois de septembre il faut que tous les foins soient recueillis.—Le Rhinyvald est habité par des Allemands de la colonie de Souabe, que l'empereur Frédéric Ier y envoya sur la fin du XIIe siècle, pour s'assurer à jamais du passage du Splûgen.— Deux des principaux chemins pour passer les Alpes, et aller en Italie, traversent cette vallée : l'un est celui du Spliigen , et l'autre celui de Bernardin. (V. ces articles.) Quand on entre (le la vallée de Schams par les Roffîen clans celle du Rhmwald, l'on passe par Suvers (c'est-à-dire en haut), Spliigen, chef-lieu (voy. cet article ), Médels (c'est-à-dire au milieu), Eloi, ou Planura ( où les habitans de toute la vallée tiennent, le premier dimanche de mai, leur assemblée générale, qui passe pour la plus brillante et la plus animée de tout le canton des Grisons), IVoveina, ou Xufenen (c'est-à-dire point d'avoine ), et Hinterrhein , dernier village de la vallée , et à 2 lieues de Splûgen. C'est de là que part le chemin qui mène sur le Bernardino. L'église de Hinter-Rhein .est de 0,770 pieds au-dessus delà mer.
Source et glaciers du Rhin postérieur. — Tout au fond de cette vallée , qui se prolonge avec un caractère singulièrement sauvage et affreux , au milieu des horribles rochers de
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r Accula et du Piz-Val-Rhein , on observe le glacier du Rhinwald et la source du Rhin postérieur. Du village de même nom ( Hinter-Rhein } , Ton s'y rend en 3 heures de marche. Le chemin suit pendant une heure le fond de la vallée , qui est assez unie ; puis il se dirige le plus souvent vers le nord , en traversant des terrains couverts de pierres et de bancs de neige au pied de l'Alpe deZaport, laquelle est séparée de l'Alpe du Paradis par un ravin profond, connu sous le nom de l'Enfer (Hœlle). Alors on gagne les cabanes de Tessini ou bergers bergamasques sur l'Alpe de Zaport, et l'on a encore une montée assez longue à faire pour atteindre une station d'où l'on puisse découvrir le bassin formé par les rochers du noir Muschelhorn , et par une arête de montagnes dont la longueur est de 2 lieues , et du haut de laquelle descendent 13 torrens : c'est au fond de ce bassin que repose le glacier du Rhin postérieur. Il faut bien se garder d'y descendre , à moins que d'être pourvu d'excellens guides. Le chemin qui , au sortir de l'Alpe du Paradis , laquelle est en grande partie couverte de débris de rochers , et longe le ravin de l'Enfer , est beaucoup plus court que l'autre ; mais on ne peut s'en tirer qu'avec des conducteurs expérimentés. Vers la fin de l'été, la voûte de glace d'où l'on voit sortir le torrent de glacier , est ordinairement fort grande et d'un aspect magnifique. Ce torrent , joint aux 13 ruisseaux qui se précipitent du haut de l'arête des montagnes , forme la véritable source du Rhin-postérieur. Au sortir de la gorge profonde qui lui sert de berceau , il reçoit 16 torrens avant d'arriver à Splûgen ; de là il parcourt la gorge des Rofïlen , recueille 6 autres ruisseaux dans la vallée de Schams , s'engouffre dans les abîmes du Via-Mala, s'enrichit encore, dans la vallée de Domleschg , du tribut de 10 ruisseaux, et se réunit à Reichenau avec le Rhin antérieur , lequel est moins considérable , quoique grossi par les ondes de près de 30 torrens. De Reichenau jusqu'au lac de Constance , il tombe encore dans le Rhin une trentaine de petites rivières , dont les principales sont la Landquart, la Tamina et l'Ill. Le Weissbach forme une belle cascade à peu de distance du village de Hinter-Rhein.
Chemins. — (V. , pour les routes qui mènent du village de Splûgen à la montagne de même nom , et de celui de Hinter- Rhein au mont Bernardino , les articles Splûgen et Bernardino., et ceux de Lugnez et de Splûgen pour les chemins des vallées de Val et de Saffien.;) A la vallée de Schams , voyez Andeer.