‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 175 sur 185 · VIS · texte numérisé non relu

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der F lue) et de ses vingt-trois enfans. Enfin, aorès avoir passé le ruisseau de Saltinen , on arrive à Brieg. (V. cet article. )

Visp, ou Vispach (la vallée de], débouche près de Visp , dans le Haut-Valais : elle a 9 ou 10 lieues de longueur, et s'étend, dans la direction du sud et de Test, au milieu des énormes montagnes qui séparent le Valais du Piémont. La Visp . ou Vispach . traverse cette vallée . au fond de laquelle s'élèvent le mont Rose [ ou Mittagshorn), le mont Cervin [on Ojatterfiorn), et le mont Moro (ou Montémor]. La vallée de Visp offre une nature sauvage , romantique et sublime ; on y trouve une grande variété d'espèce de plantes et de pierres des plus rares et des plus curieuses : la peuplade alpine qui l'habite retrace /antique simplicité des mœurs de l'âge des patriarches.

Description des vallées de Saas et de Saint-Mcolas. — A une lieue trois quarts de Visp. la vallée ?e divise en deux branches. Celle qui monte à l'est, sur la gauche, prend le nom de vallée de Sass ou de Val-Rosa, parce qu'elle est fermée parle mont Rose. Le chef-lieu de ce vallon est Sass. village situé à h lieues et demie de Stalden. La branche orientale de la rivière de Visp sort du lac de Sass. et reçoit les eaux qui s'écoulent de plusieurs glaciers des environs. Les énormes glaciers du Montémor s'étendent au-dessus du hameau d'Allmogbell [ Sta Barara. Sur le col du Montémor . on découvre au nord-ouest une vue ravissante sur tout le profil oriental du ment Rose , qui se montre depuis sa base jusqu'en ses sommités. Au sudest s'étendent les plaines de la Lombardie, où l'on reconnaît des groupes d'habitations h la blancheur des édifices. Au nord s'élèvent les magnifiques cimes neigées du canton de Berne , que Ton aperçoit au travers de la vallée de Sass. Avant d'atteindre le haut du passage, on a près d'une lieue de marche à Faire sur le revers méridional, par une pente escarpée entièrement couverte de neige: et, en redescendant du nord , on trouve un trajet encore plus long sur les neiges ou glaciers recouverts de neige, dont la pente est aussi fort raide. Cependant, aux mois d'août et de septembre, ce passage n'offre aucun danger quand le temps est beau. Au bout de 2 heures de descente . on arrive sur les bords du lac de Sass. ou Mat-Mar, qui a environ 1 lieue de circuit. Il est formé par les torrens qui descendent de trois des glaciers du mont Rose, lesquels s'abaissent jusque dans le petit vallon qui forme le bassin du lac, et dont les moraines offrent de superbes terrasses sur la rive occidentale. Une longue cascade qu'on aperçoit sur ces

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moraines réfléchit avec la plus grande netteté dans les eaux du lac, et présente une paitie très-piltoresque. Au bout du lac , un quatrième glacier plus grand que les autres descend jusqu'au fond de la vallée, et s'appuie contre la montagne qui la borne à l'est , de sorte que les eaux du lac n'ont d'autre issue que celle qu'elles s'ouvrent au travers du glacier même sous lequel elles demeurent long-temps cachées. Le glacier offre denx voûtes très-remarquables , tant à l'entrée qu'à la sortie de la Visp. Du lac à Allmoghell, 2 lieues. D' Allmoghell à SasSj 2 lieues. Dans ce trajet , on voitune fort jolie cascade. Le mont Piose , est situé sur les confins du Valais et du Piémont , et sépare la vallée de Sass de celle d'Anzasca (Voy. des détails sur le mont Rose à Fart. Anzasca. ) — La seconde vallée latérale s'étend du côté droit vers le sud, porte indistinctement les noms de vallée de Saint-Xieolas ou de Aîatterthal; le second de ces noms est emprunté de celui de niait , ou Zermatt , que l'on donne au village situé à l'extrémité supérieure de cette vallée, àû lieues trois quarts de Saint-Xicolas. Ce dernier endroit est à 2 lieues 1/2 de Stalden.

Saint-Xicolas est un grand village silué à 3,396 pieds audessus delà mer. Celui de Zermatt (Malt, ZurMatt, en français Praborgne), le dernier de la vallée, est du nombre des plus élevés qu'il y ait en Suisse. Grenchen , ou Grœchen, hameau qu'on laisse à gauche sur les hauteurs , en allant de Stalden à Saint-Xicolas . est le lieu natal de Thomas Platter , zélé réformateur, professeur et médecin célèbre de Bàle. L'on montre encore à Groechen la maison dans laquelle naquit cet homme célèbre.

Le mont Cervin.— Au-dessus de Zermatt. s'élève un des obélisques les plus superbes et les plus prodigieux de toute la chaîne des Alpes, savoir, le mont Cervin ou Silvio, ainsi nommé par les Piémontais. Les Valaisans l'appelleut Matterhorn. Au pied de cette aiguille passe un chemin qui va aboutir en Italie sur le revers méridional des Alpes. Ce passage est remarquable en ce que c'est la route de montagne la plus élevée qu'on trouve dans toute l'Europe ; car la hauteur du col est de 10,284 pieds au-dessus de la mer.

L'aiguille du Cervin s'élève à 3,570 pieds au-dessus du col, de sorte que sa hauteur au-des;us de la mer est de 13,854 pieds. Au haut du col le baromètre indique 19° 3' 0". L'aspect deTobélisque triangulaire que forme l'aiguille est d'une grande magnificence. On aperçoit les Cimes blanches au sudouest, et le Breithorn au sud-est. Cetie dernière montagne, dont M. Saussure gravit le sommet le 13 août de la même

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année , a 12,012 pieds d'élévation au-dessus de la mer. La chaîne duBreithorn s'étend d'abord vers le sud-est et ensuite vers le sud. Elle est séparée du mont Rose par un glacier qui se réunit à celui de l'aiguille de Cervin sur le revers septentrional du côté de Zermalt. L'aiguille et le col du Cervin sont sur le territoire du Piémont. D'énormes glaciers reposent au nord et au sud sur les flancs de ces» montagnes, d'où ils se prolongent de toutes parts jusque dans les vallées. Le long du revers méridional du Matjtcrhorn s'étendent le val de Cervin ou de Tornanche , dont la longueur est de 8 lieues, et celui d'Ayas ou de Chaliant qui en a 7. Ces deux vallées débouchent dans le val d'Aoste , la première à Cbâtillon, et la seconde à Yerrex.

Chemins. — On ne peut passer le col du mont Cervin non plus que celui du mont Moro dans aucune autre saison que pendant le fort de Tété. On a 4 lieues pour se lendre depuis le dernier village 4e la vallée [Zermatt] jusqu'au commencement du glacier. Ensuite on marche pendant 2 heures sur îe glacier même jusqu'au haut du col, lequel par conséquent est à 15 lieues du bourg de Visp , situé à l'entrée de la vallée. Au point le plus élevé du passage, on rencontre une petite place entièrement dégarnie de neige et couverte de blocs de rochers. Là végètent tristement quelques chétifs pieds de la renoncule glaciale au milieu des immenses champs de glace dont cette espèce d'île est environnée de toutes parts. On y remarque les restes de la redoute de St-Thcodule, construite il y a deux ou trois siècles parles habitons delà Val-d'Aoste, et la cabane qu'habita pendant quelques jours if. de Saussure, en 1792. On continue à marcher sur le glacier pendant une heure en descendant le long du revers méridional, après quoi, au bout de 3 heures, en arrive au Breuil , village d'été , situé dans le Val- Cervin, à 6,162 pieds au-dessus de la mer. De là on se rend en 8 heures à Cbâtillon , on bien on traverse un glacier d'une lieue et demie de largeur pour entrer dans la vallée d'Ayas ; ensuite on gagne au bout d'une heure le ce 1 des Cimes-Blanches, ou Fenêtre - d'Avantine. De là à St-Jacques , 3 ou û lieues ; enfin , à Verrex , à l'entrée de la vallée d'Ayas, 7 lieues. En partant de St-Jacques on peut aussi se rendre par la Furca di Betta à Gressoney , dans le val de Lys, 7-8 lieues. Cette vallée, qui débouche près de St-Martin , dans la Val-d'Aoste , est habitée par des Allemands. (V. Ânzasca. } Le passage du col de Cervin est praticable pour les mulets et les chevaux de montagne; cependant la.

rareté de l'air incommode tellement ces animaux à cette grande hauteur, qu'en y passant ils font entendre une sorte de gémissement plaintif. — De Zermatt par l'Arète-Blanche à Macugnaga, dans la Val-Anzasca, 11 lieues. Ce chemin est excessivement dangereux ; il faut monter d'environ un millier de pieds plus haut que sur le col de Gervin , et cheminer pendant II heures sur des glaciers dont la pente est très-raide. De Visp à Sass par le mont Moro à Macugnaga , dans la vallée d'Anzasca , 8 lieues. (V. Ànzasca et Moro.) — Les botanistes qui. de la vallée de Sass veulent passer dans celle de St-Nicolas , prendront un guide à Sass pour s'y rendre parla forêt et le village de Graechen. Tout ce trajet est extrêmement intéressant , et l'on y découvre quantité de points de vue d'une beauté peu commune. Voglïseck. V. Speicher.

WAASES , village du canton d'Uri, situé sur le chemin qui mène dans la vallée d'Ursern et dans le Mayenlhal. — Auberges : îc Cerf, le Péage. Pop. GOÛ habitans. (V. Amsteg et May eut liai. )

W.edexschwyl, grand et beau village du C. de Zurich; on y compte 3,350 h. — Auberges : la Couronne , l'Ange.

Ce village , délicieusement situé, offre l'apparence d'une ville. ïl s'élève en pente douce sur la rive occidentale du lac, lequel, ainsi que toutes les contrées voisines , présente un point de vue magnifique. On y voit plusieurs bâtimens de belle apparence, et les habitans se distinguent par leur habileté dans le commerce, et par la diversité de leurs lumières» Indépendamment des écoles, qui sont très-bien organisées , on y remarque un institut où un grand nombre de jeunes gens vont recevofr leur première éducation. Il y a aussi plusieurs bibliothèques de louage , ei pendant l'hiver les amateurs donnent des bals et des concerts. Une grande machine de filature, des tanneries et plusieurs fabriques contribuent à la prospérité des habitans. Non loin de Waedenschjyyl on trouve des pâturages de montagne avec des chalets.

WiEGGis, village du canton deLucerne , situé au pied sud» ouest du Rigi , sur le lac de Lucerne; le climat en est extrêmement doux, le sol fertile et la position admirable. Les

vents du nord n'y ont aucun accès, de sorte qu'on y voit mûrir les châtaignes, les amandes et les figues.

Tolèrent de fange. — Une partie de ce beau village a été inondée et entraînée dans le lac par un torrent de fange qui descendit du Rigi au mois de juillet de l'an 1795. La nuit du 15 juillet , le torrent s'annonça par un bruit dont on ignorait la cause ; il fut arrêté quelque temps dans son cours par une espèce de ravin. Au point du jour, les babitans virent avancer contre le village un fleuve de fange rouge et épaisse, de plusieurs toises de hauteur, et dont la largeur occupait un quart de lieue de terrain. Ce torrent charia pendant quinze jours ses flots bourbeux jusqu'au lac; sa marche était si lente , qu'on eut le temps de sauver tous les biens-meubles des habitons: mais une quantité de maisons et d'excellens fonds de terre furent ensevelis sous les fanges et sous les débris de la montagne. Au-dessus de Fitznau sont situées les cavernes de Bruderbalm, de Waldisbalin et de Dreckbalm.

Chemins. — Celui qui de Waeggis va sur le mont Rigi7 3 lieues, en passant à côté du Schwesterborn , est bon. ( Voyez Rigi, ) De Waeggis on peut se rendre en bateau dans tous les endroits situés au bord du lac. Voyez Lucerne [ lac de).

WiEGGiTHAL ou W^GGISTHIL (prononcez Weggliitlial). Cette vallée du canton de Schwytz débouche non loin de Lachen, sur le lac de Zurich; elle est arrosée par l'Aa, et s'étend entre de hautes montagnes vers le canton de Glaris, sur une ligne de lx lieues de longueur. Il y a deux communes dans cette vallée, qui est couverte de pâturages alpins. On y remarque plusieurs montagnes connues sous le nom de Weggi-Stœke , qui sont coupées presque à pic du côté du nord, et qu'on distingue très-aisément dans la Suisse septentrionale. LeWaeggi,ou Wiggis , montagne de 6,lj85 pieds de hauteur au-dessus de la mer, située dans le voisinage du Glaernisch, ferme cette vallée. Du chalet de Satteleck, que l'on trouve au Lang-Rainbach, sur le petit Aubrig, on aperçoit de l'est au sud le Kœpfiberg, le grand Aubrig , le Niesseck , les Zindeln , le Kéderlen et le S ch arien.

Chemins. — On sort de cette vallée par des sentiers qui mènent à Nœfels, au canton de Glaris. et par le petit Aubrig et Schœnenbûhl à Notre-Dame-des-Ermites, dans le Silhthal. Un autre chemin de montagnes , qui part de l'extrémité de la vallée, va aboutir à celle de Klœnthal. Du point le plus éle\é

passage, on jouit d'une vue remarquable sur le Glaernisch et sur les sommités voisines.

Wallexblrg, petite Tille du canton de Bàle , située au pied de l'Oberhauestein, sur la Frenke, à 1,290 pieds au-dessus de la ville de Bàle, ou 2,230 pieds au-dessus de la mer. — Au sortir de la ville, du côté de Langenbruck, les parois des rochers forment, par leur rapprochement sous un angle aigu, un défilé très-étroit au fond duquel coule la Frenke. Il est facile de se convaincre que la rivière s'est frayée un passage au travers de ces rochers. Pop. 550 hab.

Chemins. — De Wallenburg au village de Langenbruk, sur l'Oberhauenstein, i lieue. Le chemin est fort commode, et l'on trouve une bonne auberge dans le village. (V. Langen- 6rwA:).Dans ce trajet on voit les belles montagnes couvertes d'excellens pâturages; leurs sommités offrent de superbes points de vue. De Wallenburg à Liestall (V. cet article.)

Walleastadt (en langue romanique a la Riva) , petite ville du canton de Saint-G ill, bâtie au pied des monts Sichelkalmm et Ocksenkamm. — Auberges : la Grande-Maison ( Grosshaus ). Wallenstadt est situé à un petit quart de lieue du lac du même nom , dans une contrée marécageuse * mais qui l'est beaucoup moins depuis la canalisation de la Linth. (Voy. l'art. Wésen).— Les cimes du Sichelkamm et de l'Ochsenkamm sont connues sous les noms des VII Kuhfirsten. — On voit au sud le château de Grepplang [Grappa Longa), situé sur le haut d'un rocher. Les habitans de Wallenstadt vivent des produits de leurs alpes et de la pêche ; ils font en outre le métier de bateliers, et retirent de grands profits du passage des marchandises que l'on transporte en grande quantité dans les diverses parties de l'Italie par le pays des Grisons, de l'Allemagne et du nord de la Sui.-se. Un bâtiment sftué sur le rivage sert de dépôt pour les marchandises-, la navigation du lac de Wallenstadt est sous l'inspection d'un employé nommé à cet effet par les cantons de Glaris et de Saint-Gall. — Pop. 800 habitans.

Chemins. — De Wallenstadt à Sargans, 3 lieues. (V. cet article. ) Par eau à Wésen, ville située à l'extrémité occidentale du lac, lx heures , lorsque le vent n'est pas contraire. De Wésen à Terzen, avec deux rameurs^ 3 fr. de France ; à Mùhlihorn, 1 fr. 50 c; à Sehmerikon, 15 àl8fr.; à Zurich, 25 à 30 fr. Un chemin ombragé par de superbes noyers et de beaux bois de hêtres, d'où l'on découvre maints sit s pittoresques, va de Wallenstadt par le Fiiedfeld, plaine située au sud-ouest du lac, par Mels, Terz, Quart et Murg, à Mùlli-

horn, au canton de Glaris, 2 lieues, où l'on trouve toujours des bateaux et des bateliers. De Mûllihorn par le lac à Wésen, 2 lieues. Lorsque le temps est orageux et le vent contraire, on se rend en 2 ou 3 heures de Mûllihorn par Kérenzen à Mollis, et de là à Glaris, etc. Un sentier solitaire s'élève au sortir de Waîlenstadt par une peste fort raide à côté du Sicheikamm jusque sur les montagnes qui forment la chaine des VII Ruhfirsten (dans la Suisse orientale on les nomme aussi les Vil Churrastéu] , et du haut de laquelle on descend à Wildhaus dans le Tockenburg. Un autre sentier mène au sud dans le Sernfthal, au canton de Glaris.

Walleustadt (le lac de) en latin, lacus Ripanus; en langue romanique, lac de Riva ) a û lieues de longueur sur 1 de largeur au plus, et presque partout !\ ou 5C0 pieds de profondeur. Il est situé dans la direction de l'ouest à l'est Ce n'est qu'aux deux extrémités que ses rives sont garnies de montagnes: au sud et au nord, on voit s'élever du sein des ondes des parois de rochers nus et coupés à pic, d'environ C, 000 pieds de hauteur au-dessus de sa surface; ces montagnes ne s'adoucissent que sur la rive méridionale , savoir , dans la partie qui s'étend de "Walleustadt à Mûllihorn , et où Ton voit des prairies et des forêts. Une quantité de ruisseaux, parmi lesquels celui de Séetz, qui sort de la vallée de IVeisstannen , est le plus considérable, amènent à ce lac le tribut des eaux d'une enceinte de montagnes de 12 lieues de longueur sur h à 5 pieds de largeur. La rivière qui en sort à l'ouest se nomme le Mag.

Navigation de ce lac. — Elle passe pour être extrêmement périlleuse : mais cette opinion est tout aussi mal fondée que celle que l'on a des dangers du lac. de Lucerne. Il est vrai qu'à l'exception de Walleustadt , de Wéséb et de Mûllihorn . on ne voit qu'un petit nombre d'endroits sur la rive méridionale où l'on puisse aborder , et que sur la rive opposée il n'y a que le seul village de Quinten où la chose soit praticable. On ne peut donc pas nier que l'on ne soit exposé à un danger extrême lorqu'on est surpris par une violente tempête dans le voisinage des affreux rochers dont les parois descendent à pic dans les ondes. Mais sur ce lac , de même que sur tous ceux que l'on trouve dans les vallées transversales situées au nord et au sud des Alpes, les vents observent une certaine régularité, dont les voyageurs peuvent tirer parti ; car pendant la belle saison, lorsque les tempêtes et les vents du nord ne dérangent pas la marche ordinaire, il souffle avant et

après le lever du soleil des vents qui descendent du haut des montagnes , et forment un vent d'est sur le lac de Wallenstadt. Depuis 9 heures jusqu'à midi , le temps est calme. Apres midi il s'élève un léger vent d'ouest; enfin, avant et après le coucher du soleil, le vent se remet à l'est . comme le matin, etpar les mêmes causes. Ordinairement c'est dans l'après-midi que les orages surviennent , et cela le plus souvent du côté de l'ouest. Ainsi , avant de partir de "Wésen , il faut avoir soin d'observer l'aspect du ciel au-dessus des montagnes du canton de Glaris, et se décider en conséquence h s'embarquer sur-le-champ ou à retarder son départ : en s'y prenant ainsi , on ne sera pas exposé à être troublé dans e plaisir que l'on peut se promettre d'un voyage sur ce superbe lac. Lorsque l'on part de Wallenstadt , il faut s'arranger à partir dès le bon matin ; au reste , si l'on veut faire le trajet dans l'après-midi, on est encore plus à portée à Wallenstadt qu'à Wésen d'observer la partie occidentale du ciel, afin de retarder ou d'accélérer le moment du départ selon l'apparence du temps. Le plus dangereux des vents qui régnent sur ce lac , est celui que les bateliers nomment le Eî«tliser. Ce veut impétueux vient du nord , par-dessus la croupe de la montagne dont on lui a donné le nom -, repoussé par les parois escarpées des rochers du rivage , il tombe presqu'à plomb sur la surface du lac, et y excitedes vagues courtes, irrégulières et d'une hauteur effrayante. Les bateliers sont soumis à une police sévère : ils ont ordre , lorsque le temps est douteux , de rester toujours dans le voisinage de la rive méridionale, de ne jamais partir pendant l'orage , et de ne pas se servir d'un bateau pendant plus de 3 ans.

Rockers et cascades du lac de Wallenstadt. — Une nature extrêmement pittoresque et romantique qui se plaît à réunir sur ses rives une multitude de scènes sauvages, hardies et pleines d'horreurs , fait de ce lac un des plus curieux qu'il y ait en Suisse. Pour en connaître toutes les beautés, il faudrait s'arrêter plusieurs jours à Wésen et à Mûllihorn , parcourir de là les rives méridionales , côtoyer en bateau celles du nord , et débarquer en divers endroits. Au nord on voit s'élever au-delà de Wésen , les monts Oberspitz , au pied duquel cette petite ville est située , Blaetliser , Wattstock, Ammon , Speerkamm , Qukitenberg , Gaach , Joosen , Schwalbiskamm ou Sichelkamm et Ochsenkamm , dont les aiguilles chenues portent le nom des Sepî>K.uhfirsten. On aperçoit sur le rivage de Wésen Fley et Betlis. Au bord des parois rougeâtres , desquelles descend le ruisseau de l'Ammoii , sont

suspendues les ruines du château de Strahleck , et dans la région des nuages on voit se déployer au soleil les croupes verdoyantes et peuplées du superbe Amnion, dont l'aspect est singulièrement gracieux lorsque l'on vient de la rive méridionale. Depuis Betlis , endroit situé à un quart de lieue de Wésen , jusqu'à Wallenstadt , on ne trouve sur la rive septentrionale que le hameau de Quinten et quelques habitations dispersées , soit dans les lacunes des rochers , où le dépôt des torrens a formé quelques collines de terre , soit sur des saillies des montagnes , et sur la pente de quelque coteau fertile couvert de prairies , de treilles et de noyers , dont l'ensemble forme des tableaux très-romantiques. En avant de Quinten , le ruisseau de Sèren descend de la montagne de même nom , qui peut avoir 12 à 1500 pieds de hauteur , et il y forme plusieurs cascades les unes au-dessus des autres. Mais ce ruisseau est à sec lorsqu'il n'a pas plu de long-temps. Tout près de là , le superbe Baierbach précipite avec un grand fracas ses eaux écumantes du haut d'une paroi trèsélevée et tapissée de lierre et de buissons. Pourvoir de près ces cascades , il faut quitter le bateau et pénétrer au travers d'une gorge étroite, encombrée de quartiers de rocs, au fond de la baie où ces deux ruisseaux vont se réunir. On y arrive saus beaucoup de peine et sans courir le moindre danger. Du fond de la baie on aperçoit, au travers de la gorge , le village de Mûllibach , situé sur la rive opposée. Les revers des hautes montagnes, dont les escarpemens chenus hérissent la rive du nord, forment les riches pâturages alpins du Tockenburg , lesquels s'eiendent jusque sur leurs cimes. ( V. Wîcdhads. } Sur la rive méridionale du lac s'élèvent , près de Wésen. les monts Wallenberg , Gofelstalden et la verdoyante montagne de Kérenzen ; plus haut on aperçoit les sommités chauves du Murtschenstock. Sur le rivage on observe une gorge qui s'omre dans les rochers du Gofelstalden, le hameau de Mullihorn , situé au bord du lac , et le Rothhach aux eaux rougeàtres, qui charrient des pierres rouges du haut des montagnes. Au-delà de Mullihorn, les rives prennent un caractère plus gracieux : elles sont couvertes de prairies verdoyantes qu'arrosent quantité de sources et de petites cascades , et dans lesquelles on se promène à l'ombre des érables et des plus beaux noyers ; c'est là qu'on voit les villages de Murg, de Quarten et de Terzen. À lx lieues au-dessus de Murg est situé , sur l'Alpe de même nom , un petit lac nommé le Murgsée inférieur. Il est entouré de rochers et de forêts , et présente au milieu de sa surface une

WEI 647 petite lie couverte d'arbres. On voit une cascade au-delà de ce lac, et plus haut un vallon d'une demi-lieue de longueur, où l'on trouve des chalets et deux petits lacs remplis de truites, quoique couverts de glace jusqu'au mois de juillet. Un sentier qui part de cette vallée mène par les montagnes dans le Sernfthal au canton de Claris. Une des cimes du AJûrtschenstock est percée d'un trou d'une grandeur considérable . au travers duquel le soleil se montre quelquefois sur le lac. Au pied de cette cime on trouve une Alpe qui renferme deux petits lacs poissonneux , connue sous les noms de Thalséeet de Spanecksée. LeSponbach, qui prend sa source dans les Alpes du Mùrtschen , va se jeter dans le ruisseau de Mur g. Un chemin fréquenté qui traverse le Kérenzenberg va de Mùliihorn àMollis et à Glaris. Cette contrée a été le théâtre de plusieurs combats entre les Autrichiens et les Français pendant les années 1799 et 1800.

YVattwyl, grand et beau village du Tockenburg , au canton de St.-Gall, situé sur la Thur , au pied du mont Hemberg. — Auberges-, le Petit-Cheval, le Lion. — Vis-à-vis de Wattwyl est situé le couvent des religieuses de Ste-Marie , et plus haut le château d'Yberg, le seul qui subsiste encore dans le Tockenburg , où il y en avait autrefois dix-neuf.

Chemins. — \ Wildhaus , 6 lieues, au travers d'un beau pays de montagnes, couvert de prairies et de pâturages. (V. VVUdhaus. ) A Lichtensteig , 1 lieue. A Utznach et à Wésen, Û-6 lieues. Le chemin qui y mène est large et commode : on passe par le Hummehvald , et à côté de l'auberge de Bildhaus. (V. cet article. ) Il y a Jes sentiers plus courts pour aller au travers des montagnes à Ammon , et de là descendre à Wésen. Un autre sentier, aussi plus court , mène de Wattj wyl par le Hemberg à Péterzell , 3 lieues, et de là au canton d'Appenzell , en traversant les plus fertiles pâturages s des hauteurs desquels on découvre des vues très-étendues. Celle de Schvseilbrunn , par exemple, est fort belle.

\Vlisse\burg (les bains de) , sont situés à une demi-lieue du village de même nom , du côté de l'ouest , et à 5 lieues de Thun, dans le Bas-Simmenthal , au canton de Berne. Le chemin qui y mène pénètre au travers des montagnes jusque dans la gorge romantique où l'on trouve des bains. Il est trop étroit pour que les voitures puissent arriver jusqu'au bâtiment , lequel a été construit vers la fin du XVIIe siècle. La source des eaux thermales sort à un quart de lieue delà maison des bains, dans une horrible fente de rocher dont le ruisseau de Buntschi occupe toute la largeur. Lorsque ce

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