SAVOIE
De
Genève
à Chambéry.
ire route, par Rurnilly, 18 1. 1/6.
Les Philosophes ,
Mionnaz,
Carouge,
Versonnex ,
Bar et ,
Valieres,
Pesay,
Pont de Copet ,
Plan-des-Ouates,
Bumilly,
Arare ,
Bloye ,
St- Julien ,
Albins ,
Eluiset,
lh. 15
La Biolle ,
Vignette,
Grésy,
ZJ
Jonsier,
St-Simond ,
Nessery,
Aix,
Saint-Jean-de-Chau-
Marlioz,
mont ,
Le Vivier,
Collonge ,
Ragé,
Frangy,
Sonnaz,
Clermont,
Pugnet,
Bonneguette ,
Chambe'ry ,
2e route , par Annecy, 18 I.
Les Philosophes ,
Villy-le-Pilloux,
Carouge,
Cuvai,
Grange-Colomb ,
Prigny,
lh. 25
Pont de Dérise .
Pont de Brogny,
Dérise,
Annecy,
Evordes ,
Vieugy,
Limite ,
Balmont,
Moisin,
Alby,
La Chable,
St-FéhX
St-Blaise ,
Albins ,
Siouberg, , •»
D'Albins à Cham-
Cruseilles,
béry,
Pont de la Caille,
Voy. première route.
Alonzier,
Les deux routes n'ont rien de fort remarquable. La chaussée est en général assez belle et bien entretenue. A Saint-Julien, on visite les passeports. Il faut se mettre en règle; car on pourrait éprouver quelques difficultés sans cette précaution. Quelques-uns des villages où l'on passe sont assez jolis. La campagne en général est bien cultivée.
Annecy est une petite ville assez commerçante, qui a de bons marchés. La ville a des arcades comme à Berne; il y a une fort belle promenade , formée de deux lignes parallèles d'arbres , et qui conduit au lac. Elle est très-fréquentée en été. A l'extrémité est un bel et bon hôtel.
Le petit lac d'Année y est charmant. On y fait des promenades délicieuses. De légères montagnes s'élèvent sur la rive droite, et offrent de beaux points de vue. La navigation est sans aucun danger.
Dans la ville, on trouve quelques bons cafés ; un hôtel, où on est fort bien traité, chez madame Il y a quatre libraires.
Rumilly est une ancienne ville située au confluent du Seran et de la Xèphe. Elle avait des fortifications, que Louis XIII fit raser en 1630. Il y a de jolis environs , qu'on ne négligera pas de visiter.
Aix est une fort jolie petite ville, surtout en été. Elle est trèsfréquentée du temps des bains. Les prix pour le logement et la nourriture sont très-modérés; car pour 6 ou 8 francs par jour on est défrayé de tout. Les plus délicieux poissons couvrent toutes les tables; ce sont les lava rets et les ombres chevaliers , qui sont péchés dans le beau lac du Bourget, qui avoisine la ville d'Aix.
Une fois arrivé , on ne doit plus s'occuper que de sa santé et de ses plaisirs. La santé, on la retrou\e promptement par l'efficacité des eaux sulfureuses, etpar celles que l'on nomme improprement d'alun. Les plaisirs se trouvent partout. Dans la ville, les plus beaux salons de réunion, le grand salon public surtout, élevé aux frais des habitans, qui réunit à la fois une salle de spectacle et un salon de musique où la mélodie se fait entendre chaque soir : des musiciens alsaciens viennent tous les ans passer la saison des eaux à Aix.
Hors de la ville , le pays le plus pittoresque, environné de hautes montagnes , on est en plaine ; une admirable allée de peupliers vous conduit au lac du Bourget, qui. a 8 lieues de long sur 3 ou lx de large : là , on peut faire les plus agréables promenades sur l'eau , on peut visiter les anciens manoirs qui bordent le lac, Bon-Port, Haute-Combe, résidence royale,
et plusieurs autres lieux enchantés. Des chars, disponibles à I toutes les heures, vous transportent, à vil prix, dans tous les environs. On doit visiter la cascade de Grésy, qui fut si fatale à la baronne de Broc. Un monument élevé par la reine Hortense, son amie, rappelle que cette belle personne périt le 10 juin 1813, à F âge de vingt-cinq ans , en traversant le torrent sur une planche mal assurée: elle périt sous les yeux de la reine, qui fut inconsolable de cette perte.
Des parties s'arrangent tous les jours pour aller aux Charmettes voir la maison de madame de Warens, la maison où. Rousseau partageait avec Anet les bonnes grâces de cette dame. Chaque semaine, de petites caravanes se mettent en route pour aller visiter la vallée de Chaniouiii et le Mont- Blanc : d'autres partent pour Genève, et vont admirer les brillantes montagnes qui environnent le lac.
Renseigncmens. — 1°. A trois minutes de la ville d'Aix, sur la route de Chambéry , est une fort jolie maison de campagne entourée de jardins et de promenades très-agréables. Les personnes qui se rendent aux eaux, et qui désireraient jouir des agrémens de la campagne, y trouveront un appartement fort commode, avec écurie, remise, et autres dépendances. Sa proximité de la ville , et surtout du cercle de réunion, où le jardin vient aboutir, fait que, tant pour l'usage des eaux que pour la nourriture et toutes les relations de société , l'on y jouit des mêmes facilités qu'au centre de la ville , sans aucune augmentation de prix.
S'adresser , pour la location , au propriétaire, AI. Bertier.
2". Aï. Jacques Dardel, propriétaire de l'hôtel des Trois- Piois, à l'entrée de la ville d'Aix-les-Bains , par la route de Genève, offre à messieurs les voyageurs une vaste maison, remises et écuries, tient pension pour la saison des eaux, et par les soins de sa nombreuse famille , surveille le service de sa maison.
o°. M. Joseph Domenget, à Aix - les -Bains , offre à messieurs les voyageurs une vaste maison, ayant vue sur la place , à l'angle gauche de la rue conduisant aux bains , composée de divers appartemens qu'il loue pour la saison des eaux -, il procure à juste prix un traiteur pour servir les personnes qui logent chez lui. Il fait un peu de banque ; il a magasin assorti en draperie , toilerie et autres articles^ La plus jolie maison , par sa distribution , sa situation au-dessus des bains , dominant la ville et le lac du Bour-
get est celle de madame Chevaley, place'e entre cour et un très -beau jaqdin.
Un bon hôtel est celui de N. Guillaume , maître de poste , propriétaire de trois belles maisons ; on y trouve tout ce qui est à désirer pour la commodité et l'agrément : tables très-bien servies , salons de réunion , jardins , voitures pour les promenades , etc. Le prix des loyers et pensions y est très- modéré.
-Chvmbéry, ville agréablement située sur les petites rivières de l'Aissé et de l'Albane, dont les environs offrent les sites les pins variés et les plus pittoresques, et excitent l'admiration de tous les étrangers rAui ont le loisir de les parcourir. La plupart des maisons sont élevées de trois étages, élégamment couvertes en ardoises. La rue de Boigne, nouvellement construite, dont une partie est en beaux portiques, est digne d'une grande cité. Le théâtre peut rivaliser avec ceux de plusieurs grandes villes. On y remarque la place du marché, avec sa belle fontaine, et la grande place de Saint- Léger. Les cafés sont nombreux, élégans et parfaitement servis. L'église métropolitaine est un beau vase gothique à trois nefs. L'église de Notre -Dame, dont le maître-autel et le chœur sont en marbre, est d'une solide et riche construction. La Sainte-Chapelle , ou chapelle du château , qui a un beau portail, est une espèce de rotonde gothique, d'une construction remarquable: son autel , de marbres précieux, et ses vitraux sont admirés des connaisseurs. Le plus ancien monument religieux est l'église de Lémeuc , sur une hauteur , au nord de la ville. Les autres principaux édifices sont la caserne de l'infanterie, celle delà cavalerie, l'Hôtel-Dieu, l'hôtel de Boigne^ le collège, etc. Les établissemens de bienfaisance sont, l'Hôtel-Dieu, la Charité , les Incurables , l'hospice de St-Benoît, celui des orphelines, le dépôt de mendicité. Il y a une bibliothèque publique et un musée. Au -dehors de la ville sont les promenades agréables du Verney , où est le tir de l'arquebuse, du Champ-de-Mars , du château, des boulevards, el les deux belles routes de Genève et de Lyon.
Libraires, — Puihod , Bergoin , Mme veuve Puthod, etc.
Nombreux et beaux magasins assortis en tout genre. Fabriques de draps de toutes qualités, de gazes, de rubans, de bas et de bonnets, de chapeaux, de papiers peints et indiennes, de liqueurs, de eh an délies ; filatures de coton, tanneries, mégisserie s, passementerie, fonderies , tissage de toiles, orfèvrerie, q lùncaiUerle ^ horlogerie, ete. ; sciure
69O CHAMBKRY.
teurs , doreurs , ébénistes, fabricans de meubles, etc.; pépinières , et notamment le bel établissement en ce genre de M. Charles Martin-Burdin.
Hôtel de la Poste, meublé avec goût, où les voyageurs reçoivent tous les soins qu'ils peuvent désirer.
Outre la poste aux chevaux, on y trouve des voitures pour les promenades et les courses extérieures.
Pop., 13 à 14,000 âmes.
Excursions. — Les hauteurs qui environnent Chambéry , composées de coteaux , de collines et de montagnes couvertes de vignobles , de vergers et de châtaigniers , de pâturages, de forêts de sapins et de rochers vers les cimes, offrent des formes et des points de vue aussi multipliés qu'extraordinaires. La plus remarquable de toutes, quoiqu'elle ne soit pas la plus élevée, est la Dent de tàvolet; elle fait partie de la chaîne des Beauges, qui sépare le bassin de Chambéry de celui d'Annecy. C'est une excursion et un objet de curiosité pour tous les voyageurs. La montée est de quatre heures, et si escarpée à la fin , qu'il faut gravir des pieds et des mains pour arriver au sommet , qui offre un plateau uniforme, élevé de 1,400 mètres au-dessus de la Méditerranée, et une vue admirable sur la ville , le bassin de Chambéry , sur les montagnes des environs et sur le? Alpes , dont on découvre les principales cimes.
A une demi-lieue à l'ouest de Chambéry sont les eaux sulfureuse^ de Boisse , bonnes ai*x estomacs débiles. Plus loin, à l'est, il faut voir )e site appelé Bout - du - Monde, qui plaît au voyageur ami de la nature sauvage. C'est une gorge resserrée entre deux montagnes coupées à pic , et fermée à son extrémité supérieure par une masse énorme de rochers, du haut desquels se précipitent, en cascades, des ruisseaux, qui forment, par leur confluent, une partie de la rivière de l'Aisse ; on y trouve une belle papeterie. A une lieue vers le sud, on découvre les abîmes du Myans , au pied de la montagne de Grenier, où fut engloutie, en 1249 , une ville du nom de Saint-André , avec 16 villages. Les irrégularités du sol attestent la fidélité de l'historien. Mais , de tous les sites voisins de Chambéry, le plus intéressant , tant par lui-même que par les souvenirs qu'il rappelle, c'est celui de Charmettes , maison isolée à un quart de lieue de la ville , célèbre par le séjour de J.-J. Rousseau et de madame Warens.
En sortant de Chambéry, on trouve à droite le parc de Buisson-Rond, appartenant à M. le comte Charles de Boigne,
fils du célèbre général de ce nom: on parcourt , jusqu'à Montmélian, une plaine fraîche, variée et bien cultivée, qui ressemble à une vallée par sa position entre les montagnes de Grenier, qu'on voit à une demi -lieue de distance» et [celles de Beauges et de Montmélian, dont on longe à gauche le pied couvert de vignes. Cette plaine sépare le bassin de Chambéry de celui d'Isère. Les deux chaînes de Beauges et de Grenier diffèrent , dans leur conformation , des Alpes, dont on voit se déployer, au-delà de l'Isère , une première chaîne. Elles offrent des terrasses bordées de corniches qui, séparées les mies des autres par de profondes anfractuosités, sont tantôt horizontales, et tantôt plus ou moins inclinées. En approchant de Montmélian, on voit la citadelle sur une éminence découverte ; c'était autrefois une place importante.