‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 34 sur 185 · ART · texte numérisé non relu

ART

Sattel. et de là par Schorn et Morgarten à Egeri, 5 lieues. Un chemin plus court, qui passe sur le Rufïiberg. mène en 5 heures à Egeri : mais il est pénible à cause des montées.— Le chemin qui conduit d'Art sur le Rigi est assez bon , môme pour les voyageurs à cheval ; on arrive en 3 ou 4 heures aux auberges près du couvent de Ste.-Marie-des-Xeiges, et enli ou 5 heures sur le sommet de la montagne (V. Rigi)»

Plantes. — On cueille aux environs d'Art Yasperula taurina et le superbe lilium bulbiferum.

Gcologic. — Ce qui rend la vallée d'Art si intéressante pour le naturaliste-géologue, c'est sa situation au milieu des plus hautes montagnes de brèche [Sagelfliie) qu'il y ait en Suisse. Le Rigi, le mont Rufïï et le Steinerberg sont entièrement composés de ce genre de pierre.

Chutes de montagnes. — Ceux qui veulent prendre connaissance des résultats terribles de la dernière chute de montagnes dans la vallée de Goldau, ne sauraient être plus avantageusement placés pour cela qu'à Art. qui n'est qu'à 25 minutes de la limite occidentale de ces bouleversemens. La dernière et la plus terrible de toutes ces catastrophes, c'est celle qui eut lieu en 1806, le 2 septembre, à 5 heures du soir. Il était tombé pendant l'hiver une énorme quantité de neige, et les mois de juillet et d'août avaient été extraordinairement pluvieux : le 1 et le 2 septembre , il avait plu sans interruption et en abondance; déjà, dans la matinée, les personnes qui demeuraient dans le voisinage du Gnipenspitz entendirent du bruit et un craquement dans la montagne; enfin, à 5 heures du soir, des couches de brèche, qui s'étendaient entre le Spitzbùel et le Steinbergerflue , se détachèrent de la montagne , et se précipitèrent avec le fracas du tonnerre dans la vallée de Goldau et de Busingen, d'où leurs débris remontèrent le long de la base du Rigi. La largeur de ces couches était de 1.000 pieds, leur hauteur de 100 pieds, et leur longueur de près d'une lieue. En cinq minutes, ces contrées furent changées en un désert affreux : les deux vallons couverts, sur un espace d une lieue en carré, d'un chaos de collines de 100 à 200 pieds de hauteur, les villages de Goldau, de Busingen , d'Ober-Rœthen, d'Unter-Rœthen. et le Lowertz, ensevelis sous les décombres, la partie occidentale du lac comblée , et les habitans de ces vallées , si intéressans par la beauté de leur taille, écrasés sous les ruines de la montagne ou plongés dans la plus affreuse misère : ces derniers sont au nombre de 350. IipéritZi33 individus, tous habitans de la vallée, indépendamment de 16 personnes du pays de Schwytz , et de 8 voyageurs

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