‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 40 sur 185 · BAG · texte numérisé non relu

BAG

daus la vallée d'Entremont à Saint-Branchier. Le sentier qui y conduit traverse , au sortir de ce village, une gorge qui n'a pas plus de 2!t pas de largeur, et qui se prolonge pendant plusieurs lieues; la Dranse l'occupe presque en entier. — Le chemin qui mène aux grands glaciers passe par Luttier sur la Dranse. que Ton traverse sur le pont de ?Jalvoisin:puis dans une contrée couverte de prairies : de là au travers d'un désert aride, nommé Plan-du-Rain , dans la proximité duquel on observe les deux belles cascades de la montagne de Pleureuse: enfin, après avoir laissé en arrière le pont Lencet , on arrive aux cabanes éparses sur la montagne de Tzermontane ou de Chaurion (8 lieues de marche ). On passe la nuit dans ces chalets , d'où Ton aperçoit un glacier magnifique dont l'écoulement forme un petit lac. Le lendemain matin on arrive., au bout de deux heures, au glacier de Bagnes ou de Tzermontane . qui a 8 à 10 lieues de longueur , et dans lequel la Dranse prend sa source. Ce glacier se dirige au sud vers le Combin, montagne dont la hauteur est de 13,252 p. au-dessus delà mer» A côté du Combin, mais un peu plus à l'ouest, on aperçoit le Mont-A'elan. qui forme la plus haute sommité du grand St.- Bernard. Sa hauteur absolue est de 10.327 pieds. Il existe un passage au moyen duquel cette vallée communique avec celle de Valpeline en Piémont: mais il n'est guère praticable que pendant une quinzaine de jours par an.

A six lieues de Martigny , elle se trouve très-resserrée entre deux montagnes, au pied desquelles la Dranse s'échappe par une gorge fort étroite. Depuis cinq ans les débris qui y tombaient sans cesse du glacier de Gétroz avaient établi sur le torrent une espèce de pont qui s'élevait de plus en plus audessus du fond de la vallée. Pendant le printemps de 1818 , l'arche naturelle qui laissait un passage à la Dranse s'est trouvée entièrement obstruée, et l'eau, retenue dans la partie supérieure de la vallée , a fini par y former un lac de 10 à 12 mille pieds de longueur, et de 100 jusqu'à 700 pieds de largeur. La profondeur moyenne était de 600 pieds, et l'on estime que la masse totale de l'eau de ce lac devait s'élever à 800 millions de pieds cubes. Une galerie pratiquée dans la barrière de glace pour l'écoulement des eaux avait déjà nonseulement prévenu leur élévation ultérieure , mais encore abaissé de 45 pieds le niveau du lac, et diminué sa masse d'environ 230 millions de pieds cubes : sans cette diminution de forces destructrices , les ravages de l'inondation auraient été incomparablement plus terribles. Le 17 juin 1818 . après plusieurs semaines de travaux . les eaux brisèrent enfin la

ioo BAX

partie inférieure de la barrière qui les arrêtait, et se précipitèrent au bas de la vallée avec une telle fureur , que dans l'intervalle d'une heure elles franchirent l'espace de 6 lieues qui les séparait de Martigny. Cinquante-deux maisons du village de Champsee furent détruites , une forêt fut déracinée , et les campagnes voisines, jusqu'alors si bien cultivées, devinrent semblables aux glaciers d'un torrent. Bagnes et Saint-Branchier perdirent aussi quelques maisons : mais les ravages furent bien plus considérables à Martigny, où quantité de bàtimens furent renversés et les campagnes cruellement dévastées.

Bale (le canton de), onzième en rang dans la Confédération suisse. Situé au HT. O. de la Suisse , il est bordé au X. sur la rive droite du Rhin par le grand-duché de Bade . et sur la rive gauche de ce fleuve par la France: à l'O. par les cantons de Berne et de Soleure , au S. par celui de Soleure . et à FE. par le canton d'Argovie et par le grand-duché de Bade. Son territoire arrondi dans sa partie méridionale est fort irrégulier vers le nord : sa plus grande lougueur est de 8 à 10 lieues, sur 6 à 8 de largeur. Il peut avoir 12 milles géographiques carrés. C'est un pays composé de montagnes de moyenne hauteur, de vallées et de quelques plaines, qui s'étendent autour de la capitale. Le Jura, riche en pétrification, en plantes curieuses et en excellens pâturages , le traverse dans la direction du S. E. auX. O., et s'abaisse au N. en s'approchant du Rhin ; il en descend plusieurs ruisseaux , dont l'Ergeltz seule mérite d'être nommée. C'est à Baie que le Rhin, qui jusqu'alors avait coulé de l'E. à l'O., change de direction après avoir reçu les eaux de la Birse , et prend son cours vers le nord.

Les habitans, dont le nombre s'élève à 50,000. professent la religion réformée , à l'exception de 6.000 catholiques; c'est un peuple de race allemande, plein d'industrie et d'activité. Dans les contrées montueuses , l'on s'occupe essentiellement de l'éducation des bestiaux , et l'on fabrique de bons fromages. Sur les bords du Rhin et de la Birse , la culture des vignes . des champs et des arbres fruitiers prédomine. Cependant il y a aussi dans les campagnes beaucoup de gens qui travaillent pour les manufactures,, et surtout pour celles de la ville , ce qui a répandu une grande aisance dans le pays. Les plus considérables de ces fabriques sont celles de papier, d'étoffes de soie et de coton, de cuir, de chandelles et d'ust ensiles en fer.

Le canton , agrandi par le congrès de Vienae, en 1815,

BAL loi

d'une partie de l'ancien évêché de Bàle, se divise en six dis* tricts , composés chacun de plusieurs tribus. Bàle en est la capitale. La diète a reconnu en 1833 la séparation ope'rée entre Bàle-ville et Bâle-carnpagne. Liestall est le chef-lieu de ce dernier.

Bale. — Situation. — Bàle est situé sur les bords du Rhin. Ce fleuve la divise en deux parties, dont la plus grande est du côté de la Suisse , et la plus petite du côté de l'Allemagne. Le nombre des maisons se monte à 2,150; la population à 16,500 âmes.

Auberges. — Les Trois-Rois ; on y découvre d'une fort belle salle qui , en été , sert de salie à manger, la vue du Rhin, du grand-duché de Bade, et du département du Haut-Rhin* Cette maison doit le nom ou l'enseigne qu'elle porte à l'entrevue qu'y eurent en 1027 , l'empereur Conrad II , son fils, Henri III , roi des Romains , et Rodolphe III , dernier roi de Bourgogne: entrevue dans laquelle celui-ci céda son royaume à Henri III : la Cigogne ; le Sauvage , dans ]a rue Franche.

Édifiées. —1° La cathédrale , élevée sur une terrasse qui offre une très-belle vue , du 11e siècle. On voit dans cette église , dont la nef se fait remarquer , les tombeaux de l'impératrice Anne , épouse de l'empereur Rodolphe de Habsbourg ; celui du célèbre Erasme, de Rotterdam , avec un monument de marbre noir élevé par son héritier. Un escalier conduit de cette église dans la salle où depuis 1431 jusqu'en lUhU , s'est tenu le concile mémorable de Bàle.

2°. L'arsenal. Il ne contient pas une grande quantité d'armes, mais il se distingue par un bel arrangement : on y trouve l'armure de Charles-le-Téméraire.

3e. L'hôtel-de-ville, remarquable par sa peinture extérieure.dans la cour quelques tableaux et la statue de Munatius Plancus.

Û°. La maison dite.le Kirschgarten. 5° La maison dite Weise et Blaue , où logèrent François 1er et Marie-Louise. 6° La maison de M. Bourcard , au faubourg neuf, remarquable par la paix qui y a été conclue en 1795 entre la France , l'Espagne et la Prusse. 7° Le Seiderhof, qu'habitèrent Rodolphe Ier : sa statue est dans la cour, et Alexandre Ier, empereur de Russie. La maison allemande , Deutsche.

Jardins. — 1° Le jardin botanique, où les curieux trouveront un herbier fort intéressant , et une bibliothèque de botanique des plus complètes. 2° Le beau jardin Forcard, ouvert aux étrangers : il renferme la tombe de madame Forcard et quelques antiquités trouvées àAugst : le jardin de M. Fischer

Page 1