‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 68 sur 185 · FRA · texte numérisé non relu

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les hauteurs des montagnes situées au-dessus de Fouly et de Branson. Ces villages sont dans l'exposition la plus chaude qu'il y ait dans tout le Valais . et entièrement hors de l'influence des vents du nord et de l'ouest ; il n'y a que ceux du sud et du sud-est auxquels cette contrée soit accessible ; de sorte qu'en été la chaleur y est souvent insupportable ; aussi les moissons y sont mûres trois semaines plus tôt que sur les bords du lac de Genève, qui n'en sont éloignés que d'un petit nombre de lieues. Ce climat brûlant est aussi favorable à la végétation qu'il paraît nuisible aux hommes; car, d'un côté, les A illages de Fouly , Branson et Xasimbre , sont excessivement sujets à la maladie singulière connue sous le nom de crétinisme , et de l'autre, il est impossible de trouver dans tout le reste de la Suisse une contrée dans laquelle un botaniste puisse recueillir une aussi abondante moisson de plantes rares , que dans l'espace compris depuis Branson jusqu'à Saillon et sur le mont Fouly. Hauteur, 1,510 pieds, Pop. 150 h.

P Unîtes. — Telle est dans cette contrée l'abondance des végétaux les plus intéressans , qu'un botaniste qui s'eaTangeà y passer quelques semaines pour herboriser à loisir sur les montagnes et dans les vallées des environs de Bex et du Bas- Val aïs , peut se promettre d'y recueillir presque les deux tiers des plantes rares de la Suisse.

Fraciscio (vallée de ) , vallée latérale qui fait partie (te celle de Saint-Jacques , sur le revers méridional du mont Splûgen. (V. Clilavenna. )

Fralevfeld, capitale du canton de Thurgovie. Elle est située clans un pays où il n'y a que des collines peu élevées, et sur les bords de la I\Iurg , rivière qui prend sa source dans les montagnes de PAllmann. Les confédérés s'emparèrent de cette ville, ainsi que de toute la Thurgovie, en 1460. On y voit des manufactures d'étoffes de soie. Le grand chemin de Zurich à Constance, passe à Frauenfeld. — Auberges: la Couronne, avec chambres nombreuses , jardin; le Cerf, avec vaste emplacement.

Fralbrolvv , hameau composé d'un petit nombre de maisons avec une excellente auberge , au canton de Berne. Ce lieu situé sur la route de Soleure, avait autrefois une riche abbaye de femmes, dont le couvent sert aujoud'hui de résidence à un préfet. Les hautes terres des environs sont fort propres à la culture des grains ; mais les bords de l'Emme sont couverts de marais.

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Deux événemens militaires ont rendu Franbrounn célèbre C'est là qu'en 1375 les bandes de l'aventureux Inguerrand , sire de Coucy, furent dissipées par les Bernois -, l'on se battit avec acharnement dans le château, où l'on voit une inscription qui rappelle le souvenir de cette bataille. C'est aussi à Fraubrounn que commencèrent en 1798 les combats qui eurent lieu entre les milices bernoises et les Français , avant l'affaire du Grauholtz.

Fribourg. Le C. de Fribourg est bornépar le C. de Berne, au S. et à l'O. par celui de Vaud, et au N. par le même C. , par celui de Berne et par le lac de Neuchàtel. Sa longueur est de 10 à 12 i. , sur une largeur assez uniforme de 6 à 8 1. , indépendamment de plusieurs districts plus ou moins considérables, enclavés clans le C. de Vaud. Sa surface est d'environ 35 milles géographiques carrés. La partie méridionale est remplie de montagnes qui appartiennent soit au Jorat, soit à la chaîne des Alpes, et dont plusieurs sont assez élevées* quoiqu'il n'y en ait aucuue qui atteigne la ligne des neiges; elles sont couvertes d'excellens pâturages et de bois de sapins, parmi lesquels on trouve des alviers (Pinus Cembra.) La plus haute est le Moléson , qui s'élève au-dessus de Gruyères , et dont la hauteur absolue est de 6,481 pieds. Ces montagnes vont en s'abaissant vers le IV. , où elles forment des coteaux fertiles qui finissent par se confondre avec les plaines de Morat et des bords du lac de Neuchâtel : elles sont composées de pierres calcaires et de grès recouvert de brèche et entremêlé de belles pétrifications : la roche calcaire contient des pierres à feu , du gypse et des chistes calcaires. Ces montagnes sont peu connues des botanistes. La Sarine traverse presque tout le canton du S. au N. ; la Sensé (Singine ) , forme sur quelques points la limite du côté de Berne, et la Broie entre en divers endroits sur le territoire du canton. La plus grande partie du lac de Morat en dépend, et quelques-uns de ses districts septentrionaux s'étendent le l«mg du lac de ATeuchàtel.

La population consiste en 70,000 âmes. Les divers bàtimens, dont le nombre s'élève à 18,223 , sont assurés sur le pied de 13,929,600 francs de Suisse. A l'exception de 7,300 réformés, qui habitent le district de Morat , les habitans professent la religion catholique; ils parlent pour la plupart le français, l'allemand n'étant usité que vers le N.-E. du canton , ils sont recommandables par leur bon naturel et par l'hospitalité,; mais ils aiment leurs aises et leurs anciens usages. Les femmes se distinguent par leur beauté et par la singularité

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de leur antique costume. L'agriculture et les bestiaux forment les principales richesses du pays; les chevaux et les bêtes à cornes sont du nombre des plus belles et des meilleures races de la Suisse, et les fromages de Gruyères sont connus partout. Le canton produit assez de grains pour sa consommation , et quantité de fruits ; la culture du vin et du tabac est peu considérable. On y compte 65,846 arpens de prés, 59.365 arpens de champs, et 596 arpens de vignes. On exporte quantité de chevaux , de bêtes à cornes, de cuirs bruts et autres, des fromages, des planches, des tissus de paille , des verreries et du tabac. On tient de grandes foires de bestiaux à Piomont , à Paie et à Bulle.

Fribourg (la ville de) , capitale du canton du même nom? contient 1,079 maisons et 6,0C0 habitans. Auberges : aux Merciers, très-bonne maison. Bains en ville : aux Trois-Suisses ; hors des murs : in den Eigcln 3 an der Saane (sur la Sarine.) Pop. 6,500 h.

Rien de plus singulier que la situation de cette ville : l'aspect qu'elle présente de plusieurs côtés est tout à fait pittoresque : elle est bâtie en partie sur le sommet et sur la pente d'une colline de grès , et en partie sur les bords sinueux de la Sarine, au milieu d'une contrée romantique, sauvage et toute hérissée de rochers à pic qui descendent jusque dans la rivière.

Fribourg combattit longtemps contre les confédérés, et n'accéda à leur ligue qu'après la guerre de Bourgogne ; ce ne fut même qu'au commencement du XVIe siècle qu'elle se détacha entièrement de la maison de Savoie. L'évèque de Lausanne y fait sa résidence depuis la réformation. C'est à Fribourg qu'en 1803 la diète suisse se rassembla pour la première fois pendant le régime de l'acte de médiation.

Édifiées publics. L'église cathédrale , cousacrée à St-Mcolas, bât me it gothique , et plusieurs fois restauré ; le clocher, qui est le plus élevé qu'il y ait en Suisse, a conservé sa forme primitive ; il a 353 pieds de hauteur. La sonnerie en est fort belle : l'église possède deux tableaux remarquables ; l'église des jésuites, bâtie comme une citadelle, dans une position magnifique; les maisons du Court-Chemin, auxquelles le pavé de la rue de la Grande-Fontaine sert de toits; la porte de Bourguillon (Bïirglenthor ) 3 qui est bâtie au bord d'un précipice , et semble planer à moitié dans les airs ; le grand pont suspendu , très-curieux ; l'église des jésuites très-bien décorée. Ces pères ont un beau cabinet de physique.

Ètablissemens et Sociétés savantes. — Le lycée et le gymnase, Où 12 professeurs enseignent la théologie, la physique, l*

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philosophie , les mathématiques , le droit et les4 aiignes-anciennes ; le séminaire ; les écoles inférieures dirigées par les Augustins et par les Franciscains (1). Le père Grégoire Girard les avait singulièrement améliorées, et avait introduit l'enseignement mutuel avec le plus brillant succès ; l'école des jeunes filles aux Ursulines ; celle des orphelins ; la société économique ; le grand hôpital , desservi par les sœursgrises ; la maison de travail et de bienfaisance ; l'établissement des bains sulfureux d'après les principes du docteur Galès : c'est le premier qui ait existé en Suisse.

Collections. — La bibliothèque des jésuites, celle de la société économique, celle de M. le chanoine Fontaine , et ses collections d'histoire naturelle et d'objets de l'art : on citait le cabinet de même genre chez M. de Praroman ; la collection de tableaux du peintre Landerset, morts tous deux récemment ; le cabinet d'antiquités de M. Fegeli.

Artistes , ateliers, magasins. — M. Aloys Moser, excellent et célèbre facteur d'orgues et de clavecins. MM. Henri Schalïer, armurier; Charles Dony , ferblantier; François Moosbrugger , qui passe pour le plus habile confiseur et pâtissier de toute la Suisse ; les librairies de MM. Labastrou , Eggendorfer et Schmid; l'imprimerie de M. Piller.

Fabriques , commerce.— Fv\bom'g n'est pas une ville commerçante ; cependant elle possède une fabrique de tabac , des manufactures de cartes et de chapeaux de paille, des teintureries , des tanneries et des brasseries.

Promenades 3 points de vue.— Dans la ville, la place des Tilleuls; hors des murs, la prairie du tir , le palatinat près de la porte de Morat, et la Grande-Croix, d'où l'on découvre les Alpes et le Jura. Du haut du Schonenberg , on jouit d'une très-belle vue sur la ville.

Chemins. — De Fribourg à Berne , 6 lieues. On remarque à moitié chemin le village de Neueneck. ( V. cet article. ) — A Morat, 5 lieues. — A Payerne, li lieues. — A Vevey , par Cormanon , Villars , par le pont de Glan , près Matran , par Posieux, Affry, Gumefens , Wipens , Riaz, Bulle , Vuadens, Sensales et Châtel-Saint-Denis, 12 lieues. — A Gruyères ,par Bulle ( Voyez ces articles) , 7 lieues. — A la Valsainte, cheflieu de l'ordre des Trappistes, par Bulle , Broc , Crezuz et Charmey , 9 lieues. On peut y aller en 5 heures , à pied, par un sentier qui passe sur le mont Berra , d'où l'on découvre

(i) Ces écoles sont, tombées. Les Jésuites possèdent seuls l'enseignement. Leur maison est peuplée d'un grand nombre d'écoliers de Soutes nations. Ils ont dans le même canton d'autres maisons.

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une belle vue ; en prenant ce chemin , on a l'occasion de visiter aussi l'abbaye des religieuses trappistes deRiédéra.

Curiosités des environs. — L'étroite vallée de Gotterou, où l'on se rend en suivant un aqueduc de &00 pieds de longueur, taillé dans le roc , et dont l'eau met en jeu quantité de moulins et une grande forge. Le grand ermitage de Sainte-Magdeleine , entièrement taillée dans le roc , sur les bords de la Sarine , à 1 lieue de Fribourg. Les bains de Garmiswyl et de Bonn , sont aussi dans le voisinage.

Frick , gros bourg de 115 maisons, dans le Frickthal, au canton d'Argovie. Il est situé dans une belle et fertile con> trée près de la jonction des routes d'Arau et de Zurich.

Frickthal, pays situé entre le Jura et le Rhin, faisait ci^ devant partie de l'Autriche antérieure. Il fut cédé, en 1801, à la France par le traité de Lunéville, et réuni à la Suisse l'année suivante. Enfin, l'au 1803, il a été incorporé au canton d'Argovie, en vertu de l'acte de médiation. Ce petit pays, dont la population est d'environ 20,000 âmes, contient à peu près lx 3/Zi milles géographiques, ou 10 lieues 11/16 en carré.

Particularités. — Le Frickthal forme un triangle régulier, auquel le Rhin sert de base depuis le château de Bernau jusqu'à Kaiser- Augst , et dont le sommet aboutit à la Wasserflue. On y compte quelques villes, 25 paroisses, et 70,000 arpens de terre, du nombre desquels il y en a 22,081 de forêts da chênes et de hêtres. — L'agriculture et le filage du coton forment les principales occupations des habitans, qui, du reste ne font d'autre commerce qu'en blé et en vins. C'est un peuple docile, laborieux et d'un bon naturel. — Le gouvernement cantonnai a divisé le Frickthal en deux districts, savoir, celui de Laufenburg et celui de Rhinfelden. (V. ces articles). — Ce petit pays professe la religion catholique.

Chemins. — Le grand chemin suit les bords du Rhin , de Kaiser-Augst jusqu'à Stem , et de là par Eiken, Frick et Hornussen, d'où il mène à Bàle par le Botzberg (Mons-Vocetius)* Ln autre chemin mène de Stein (l'auberge de ce lieu jouit d'une belle vue sur le Rhin) à Laufenburg, où l'on peut passer le pont et se rendre à Waldshut et à Schafïhouse, ou bien suivre la rive gauche pour aller à Schwaderloch, Liebstatt, Leutgern et Dettingen. On va en voiture de Frick, par Benken , à Arau ; mais le gouvernement a fait construire une chaussée plus commode qui passe par le Staffeleck. Les gens à pied abrègent un peu leur chemin en suivant depuis Rhinv felden la vallée que parcourt le Mœhlibach: de là ils vont par Wegenstetten, Weitnau et Wolfliswyl à Arau*

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-Minéralogie,— Toutle Frickthal est riche en sources d* eatrc salées *, il y en a même plusieurs que les hommes et les animaux ne peuvent boire à cause du sel qu'elles contiennent. La plupart de ces sources se trouvent dans la partie inférieure du village de Bùtz ; on en voit trois ou quatre le long de la grande route, et il y en a aussi quelques-unes dans les prairies et f#rèts du voisinage.

Frienisberg , château situé dans le canton de Berne, sur la grande route, entre la capitale, Arberg et Bienne.

Point de vue. — Du haut de la hauteur qui domine le château , on découvre une belle vue sur le lac et la ville de $euchàtel, sur une partie du lac de Bienne, et sur la chaîne du Jura, dans laquelle on aperçoit à l'ouest, derrière Neuchâtel, une gorge située entre Boudri et Tournes , par où Ton entre dans le Val-Travers.

Mine de houille. — A une demi-lieue de Frienisberg , du .côté de "l'ouest, s'étend dans la forêt une couche de houille .qui s'appuie contre une colline de grès, et que l'on -exploite depuis l'an 1770. Depuis la hauteur, située au-dessus de Frienisberg, le chemin va toujours en descendant jusqu'à Berne, •2- lieues. De Frienisberg à Arberg, 1 lieue.

J^risal (la vallée de ), au canton des Grisons. (V. Truns:)

Frutixgek , village du canton de Berne. — Auberges : le -Landhaus supérieur et le Landhaus inférieur. Ce lieu est situé dans la vallée du même nom , à l'angle que forment entre elles , par leur rencontre , celles de la Kander et d'Adel- JîOden qui en dépendent. La vallée est spacieuse, riante, fertile et remplie d'habitations. Frutingen est , de tous les villages des Alpes du canton de Berne , le plus grand, le plus *iche et le plus beau.

Curiosités. — Le château nommé im Tellen , ou Tellenburg , ancien séjour d'un bailli . est située à peu de distance de là. L'Engsteln, qui descend de la vallée d'Adelboden, va -se jeter dans la Kander , entre le village et le château.

ScharnaclithaL— Entre Frutingen et Mûllinen on voit s'ouvrir à l'est les vallées de Scharnachthal et de Kienthal. Du sein de cette dernière s'élève une énorme montagne , nommée la Fennne ( die Frau, ou Blumlis-Alpe) ; elle est couverte de nombreux glaciers, et sa forme singulière se fait très- Jbien remarquer aux environs de Berne.

Il y a dans la vallée de Kienthal d'excellentes Alpes dont l'accès est très commode du côté de Frutingen et de Mttlli- «ien. Non loin de Frutingen, on exploite un banc de houille ■de 15 pieds d'épaisseur, renfermé entre des rochers calcaires.

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