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Tore supérieur

Trois plates-bandes surmontées de baguettes sculptées composent 1 architrave. La frise est. souvent ornée de sculptures. On distingue dans la corniche : 1° une cymaise inférieure ; 2° un larmier couvert de denticules ; 3° une cymaise intermédiaire ; 4° un larmier portant des modillons; 5° un autre grand larmier, 6° une cymaise supérieure, surmontée d’un socle, et où l’on voit quelque-

fois des muffles de lion, par où se déversent les eaux pluviales.

Ordre composite.

Dorique romain.

Ordre composite. — Ce n’est point un ordre spécial ; la base et le fût ont les mêmes proportions que dans l’or dre précédent. Le chapiteau est un mélange du chapiteau ionique, dont il emprunte les volutes, et du chapiteau corinthien, dont il conserve la corbeille entourée de feuilles d’acanthe. Quand sa corniche n’a pas de modillons, elle les remplace par des denticules. Oh appelle mètochès l’espace qui sépare ces denticules.

Ordre attiqüe. — C’est un ordre supplémentaire composé de pilastres de la plus courte dimension. On appelle pilastres des colonnes carrées, munies d’un piédestal, d’un

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fût, et d’un chapiteau qui sont en saillie sur un mur. Une corniche architravée sert d’entablement. Cet ordre peut s’associer à tous les autres.

Arcade. — On appelle ainsi l’espace ménagé entre deux colonnes, et couronné par un arc uni ou couronné par une archivolte. Vers la fin de l’époque romaine, l’arcade s’appuie soit sur des colonnes, soit sur des pieds droits. La surface intérieure et concave de l’arc s’appelle mfrados. On nomme extrados la ligne courbe supérieure, et voussoirs les pierres cunéiformes dont se compose l’arc.

Fronton. — C’est une construction triangulaire qui a pour base la corniche de l’entablement. Le champ du fronton entouré par la corniche se nomme tympan , les anciens y sculptaient des figures en ronde bosse.

Portique. — C’est un lieu de circulation couvert, orné d’arcades ou de colonnes. C’était le principal ornement de la partie antérieure des temples. On donne au portique le nom de péristyle quand il forme galerie autour du monument,et on désigne alors l’édifice lui- même sous le nom de périptère.

Porte. — La baie d’une porte rectangulaire est formée de deux montants ou pieds-droits , supportant une traverse ou linteau. On appelle tableau l’intérieur de la baie, et vantaux les panneaux mobiles qui composent la fermeture. L’encadrement de moulures nommé chambranle est quelquefois surmonté d’un petit fronton. Dans les temples romains, les portes intérieures n’étaient fermées que par des portières d’étoffes. L’unique porte extérieure, ouverte au centre de la façade, se fermait par des vantaux de bois ou de bronze ornés de reliefs et d’incrustations.

Briques. — Les briques romaines étaient ordinairement carrées; on les faisait cuire au four ou seulement sécher au soleil. Dans ce dernier cas, on ne pouvait les employer qu’au bout de deux ou trois ans. Elles portent quelquefois des sigles, c’est-à-dire les lettres initiales du nom

du fabricant. Les Romains ont parfois employé uniquement des briques dans certaines constructions ; mais le plus ordinairement les briques n’ont servi qu’à former des zones horizontales, pour régulariser le niveau des maçonneries de pierres. Ces briques ont peu d’épaisseur, et sont toutes longues de cinquante à cinquante-cinq centimètres. On en rencontre parfois de fort grossières, qui sont évidemment l’œuvre des Gaulois, au commencement de la domination romaine. 11 y en a qui pèsent jusqu’à trente-cinq kilogrammes. On s’est servi de briques pour tracer des ornements rectilignes, tels que des losanges et des zigzags, dans les panneaux de maçonnerie.

Tuiles. — Les unes étaient plates et munies de rebords des deux côtés ( tegulœ ). Les autres étaient courbes ou ondulées ( imbrices ). Les premières se plaçaient par rangées et par recouvrement, et leurs jonctions étaient recouvertes par des tuiles concaves. Ce système de toiture est encore usité en Italie. Des antéfixesen tuiles étaient placées sur le devant des toits, au droit des files de tuiles convexes.

Tuiles.

Ciment. — Le ciment romain est un mélange de chaux , de sable argileux et de brique cuite concassée. C’est l’habile combinaison de ces trois ingrédients qui donne au mortier romain la compacité et la solidité de la meilleure pierre. On traçait quelquefois des rainures dans la brique encore molle, pour qu’elle offrît plus de prise à l’action du ciment.

Enduits. — On revêtait les murs intérieurs des appartements de plâtre, de ciment ou de stuc. On appelait tectorium opus un enduit de mortier de huit centimètres

Antefixe.

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paisseur, fait avec de la chaux, du sable et du marbre pulvérisé. On donnait le nom de maltha à celui qui était composé de chaux vive pulvérisée , qu’on broyait dans du vin avec des figues et du saindoux. On s’en servait pour le revêtement intérieur des aqueducs.

Appareils. — L’appareil est la dimension, la forme et rajustement relatif des divers matériaux qui entrent dans une construction. Le mélange des matériaux a été souvent mis à profit pour la décoration extérieure des murailles.

Appareil irrégulier. — C’est une construction faite de pierres inégales , non taillées , posées en remplissage , sans observation d’assises. Cet appareil, qu’on nomme aussi opus insertum , s’employait principalement pour former le pied d’un mur (enceintesde Tours, Poitiers, etc.).

Grand appareil. — Les murs de cet appareil sont composés de pierres de taille juxtaposées sans ciment et par assises égales. Ces pierres, qui ont jusqu’à un mètre soixante centimètres de largeur sur un mètre d’épaisseur, sont jointes intérieurement par des crampons de fer ou par de simples queues d’aronde en métal ou en bois (théâtre d’Orange). On y mettait quelquefois des pierres en bou-

Opus insertum .

Grand appareil en boulisse.

tisse , c’est-à-dire placées sur leur longueur dans l’épaisseur du mur.

Petit appareil. — 11 est formé de petits moellons cubiques de huit à douze centimètres, posés par assises dans un blocage à bain de ciment. La partie engagée dans la couche de mortier est quelquefois moins large que la partie

extérieure. Les constructions de petit appareil sont souvent sillonnées de plusieurs grandes zones de briques, qui ser-

Grand appareil.

Petit appareil .

vent tout à la fois d’ornements et de régulateurs , pom

Emplecton ou petit appareil à Emplecton avec ornements

assises en brique. en briques.

maintenir le niveau des pierres du revêtement. Ces cordons sont composés de deux, trois, et parfois même de six ou sept briques séparées par d’épaisses couches de ciment. Ces briques d’appareil ont été principalement employées dans los Gaules, aux 111e et ive siècles (murs de Clermont, Bourges, etc.). On retrouve des traces de cet usage dans les monuments des premiers siècles du moyen âge. On donne le nom d 'emplecton à ce( appareil.

Petit appareil allongé. — C’est une modification du

Petit appareil allongé.

Opus reticulatum.

précédent. Les moellons, au fieu d’être cubiques, ont la

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forme de briques de vingt-cinq centimètres de long (arènes de Bordeaux).

Moyen appareil. — Cet appareil , peu usité , tient le milieu, comme son nom l’indique assez, entre le grand et le petit. Les pierres, de dimension variable, sont tantôt cimentées, tantôt liées par des queues d’aronde.

Appareil réticulé. — On ne le trouve guère qu’associé au petit appareil. Il présente des pièces de revêtement taillées avec soin, et offrant par leurs dispositions l’appa-

Appareil réticulé en damier.

rence des mailles d’un filet (murailles d’Autun), ou des cases d’un damier.

Appareil polychrome. — C’est l’assortiment de matériaux de diverses couleurs, dont la disposition produit l’effet de grosses mosaïques (Saint-Just, à Lyon).

Appareil en épi ou opus spicatum. — Ce sont des pierres plates, posées à plat l’une sur l’autre, de manière à former entre elles un angle plus ou moins ouvert. Dans nos con-

Opus spicatum en galets. Opus spicatum en briques.

trées maritimes, les Romains ont remplacé les briques par des galets, et ils les ont disposés en forme d’épis ou d’arêtes de poisson.

Pavés. — Les pavés des appartements et des temples étaient en brique, en marbre, en porphyre , en jaspe, etc. Ces pierres étaient carrées, circulaires, hexagones, octogones. etc. Elles étaient souvent coloriées artificiellement.

Mosaïques. — Les mosaïques sont formées de petits fragments cubiques de pierres, de marbre ou de verre , qui , par la diversité de leurs couleurs, dessinent des fleurons, des rosaces, des losanges, et quelquefois même des figures. Les mosaïques galloromaines sont ordinairement en calcaire blanc, en grès rouge, en marbre ou en terre cuite. Les plus belles qu’on ait découvertes sont celles de Lyon, Aix, Garpentras, Nîmes, Orange, etc.

Article 2.

Temples et autels.

Forme des temples. — Les temples romains étaient de forme ronde ou rectangulaire. Les premiers étaient peu communs (temple d’Apollon, à Autun). On les nomme manoptères , lorsqu’ils sont formés d’une enceinte de colonnes posées sur un stylobate continu, et supportant une

Monoptère. Temple à antes.

coupole. Les seconds prennent diverses dénominations,

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d'après la disposition des colonnes. 1° Le temple à antes {in antis) n’a qu’une colonne de chaque côté de la porte; ses encoignures sont munies de pilastres; 2U le temple

prostyle n’a que quatre colonnes à sa façade; 3° le temple amphiprostyle offre quatre colonnes à ses deux faces opposés; 4° le temple pèriptère est entouré d’un rang de colonnes isolées qui forment galerie; 5° le temple pseudopèriptère, dans lequel les colonnes des ailes et de la façade postérieure sont engagées dans les murs de la cella ; 6° le temple diptère était entouré d’un double rang de colonnes; 7° les temples pseudodiptères n’avaient deux rangées de colonnes isolées que sur la façade ; aux trois autres côtés, une seule rangée

T. pseudodiptère.

T. Pseudopériptère.

T. diptère.

restait isolée, et l’autre était engagée dans le mur de la cella . Les entrecolonnements de la façade des temples quadri-

latères étaient en nombre impair, et leur nombre était double sur les ailes.

Cella — C’était dans la cella ou partie close du temple que se trouvaient l’autel et la statue du dieu auquel était consacré le temple; elle était ordinairement deux fois plus longue que large ; ses murs étaient ornés de sculptures et parfois même de peintures. Quelques cella n’avaient point de couvertures ; d’autres avaient des plafonds en bois et des toits en pierre ou en métal, où l’on pratiquait des ouvertures pour éclairer l’intérieur du temple. Quelquefois les temples étaient précédés d’une cour fermée où se trouvaient les logements des prêtres : mais le plus ordinairement ils n’avaient qu’un simple vestibule ou pronaos. La partie postérieure correspondante s’appelait posticum : c’était là qu’on déposait les vases sacrés , les offrandes et quelquefois même le trésor public.

Temples gallo-romains. — La maison carrée à Nîmes est un temple pseudo-périptère, d’ordonnance corinthienne,

Maison carrée, à Nîmes.

dont l’architectureest fort remarquable. On voit des ruines de temples romains à Vienne, Périgueux, Autun , Izernore (Ain), Riez (Basses- Alpes), etc.

Autels. — Les temples contenaient trois sortes d’autels : ceux où on immolait des victimes ; ceux destinées aux libations, et les enclabresy où l’on déposait les vases sacrés et

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les offrandes. Ces autels en bois, en brique, en pierre ou en marbre, étaient de forme circulaire, carrée ou triangulaire; ils étaient tantôt creux et tantôt massifs. Les altaria , consacrés aux dieux célestes étaient les plus élevés ; les arœ, destinées aux dieux terrestres, avaient moins d’élévation. Les autels des dieux infernaux étaient les plus bas. On sculptait ordinairement sur les autels des guirlandes de feuillage, des emblèmes religieux, des vases, des têtes de

victimes, des bas-reliefs, la figure du dieu auquel fils étaient voués, etc. Un seul autel était parfois dédié à plusieurs Dieux : tel est celui d’Esus, dont les quatre 'faces représentent Vulcain (VOLCANVS) , Jupiter (LOVIS), Esus (ESVS), et le taureau aux trois grues (TARVOS, TRl- GARANVS) (1).

On élevait aussi des autels sur les places publiques, dans les carrefours, dans les champs, sur les montagnes et dans l’intérieur des maisons; tel est celui du musée d’Arles, élevé à la bonne déesse par Caienna , affranchi de Prisca et ministre de la déesse.

(1) V. Mém. de la soc. des Antiq. de France , L IV.

Autel d’Esus

Autel de la bonne déesse.

Autel circulaire (Mas d’Agenais).

Autels tauroboliques. — C’est sur ces autels qu’on accomplissait des sacrifices expiatoires en l’honneur de Cybèle, à l’occasion de la consécration des temples et des prêtres. Le prêtre se plaçait sous l’autel, dans une fosse recouverte de planches percées de plusieurs trous, et recevait ainsi le sang du taureau que le victimaire égorgeait sur l’autel. Nous donnons le dessin d’un autel taurobolique

Autel taurobolique de Lyon.

trouvé à Lyon en 1 705 : l’inscription indique qu’il fut offert en l’an de notre ère 160, pour le salut d’Antonin Pie.

Les Romains ont érigé plusieurs autels de dimension colossale : tel est celui qu’on éleva en l’hcnneur d’Auguste au confluent de la Saône et du Rhône, et dont on a retrouvé de précieux débris.

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Article 3.

Tombeau x.

Urnes cinéraires. — L’usage de brûler le corps des défunts fut généralement adopté, dans les Gaules, pendant les deux premiers siècles de notre ère. On déposait les cendres dans une urne ordinairement en terre grise. Ces urnes, de formes diverses, n’ont guère d’autre ornement

que quelques moulures. Pour les personnages de distinction, on se servait d’urnes en verre, en airain ou en cuivre ciselé, et même de coffrets en marbre ornés de bas-reliefs et d’inscriptions. Les cendres du pauvre n’avaient souvent pour abri qu’une tuile ou un plat renversé. Les urnes cinérairescontiennent ordinairement des débris decharbon et d’ossements, et quelquefois une médaille. Leur orifice était fermé par une ardoise, une tuile ou une plaque de métal. Tantôt on les plaçait dans un cercueil de bois ou de pierre, tantôt on les confiait simplement à la terre : dans l’un et l’autre cas , ces urnes sont quelquefois accompagnées de coupes, de fioles lacrymatoires, et de divers objets qui ont

Sépulture de Strasbourg.

appartenu au défunt, tels que miroirs, clefs, style à écrire,

lampes, épingles, etc. On a trouvé des urnes placées sous des tuiles à rebords qui formaient une espèce de toit : telle est la sépulture découverte à Strasbourg.

Les Romains désignaient sous le nom de columbarium des salles sépulcrales dont les murs intérieurs étaient percés de niches cintrées superposées les unes aux autres et destinées à recevoir des urnes funéraires. Celui de Villeneuve, près de Fréjus, a été décrit par Millin. Des cimetières d'urnes ont été découverts à Arles, Bordeaux, Poitiers, Autun, Soinget Neung (Sologne), Tours, Gièvres (Loir-et-Cher), Dieulouard (Meurthe), etc.

Cippes funéraires. — On élevait quelquefois des cippes funéraires sur la cendre des morts. Ces petits monuments en pierre sont ordinairement carrés. La partie supérieure figure souvent une coupe ou bien un petit fronton entre deux oreilles. Une inscription, commençant ordinairement par D. M.

( Diis Manibus), indique le nom, l’âge, la filiation et les litres du défunt, ainsi que le nom de celui qui a fait élever le monument.

Nous indiquerons dans un autre article les principales abréviations qui sont usitées dans ces épigraphes. On voit figurer sur quelques- uns de ces tombeaux un ascia , instrument qui ressemble à un sarcloir. Quelques antiquaires pensent que c’est la pioche des fossoyeurs ; d’autres, que c’est l’instrument avec lequel on ébauchait le tombeau, etc. (1).

(1) Voyez sur cette question fort obscure : Muralori, Sopral’ Ascia sepolcrale (Acad, de Cortone, t. Il) ; Marochius, De Dedicatione

ET - MEMORIAE^ SEPT I CAEACEM1I/

ior.m P05VH

Cippe funéraire.

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Sarcophages. — L’usage d’inhumer les corps remonte au commencement du uie siècle. On ne peut en citer que de rares exemples antérieurs à cette époque. Tantôt on déposait les cadavres dans une fosse, en leur mettant une tuile sous la tête; tantôt on les confiait à un cercueil en plomb, en bois, en terre cuite, en maçonnerie, ou le plus ordinairement en pierre. Ces derniers se composent de deux pierres creusées qui s’ajustent l’une à l’autre, ou bien d’une seule pierre profondément creusée et d’un couvercle plat ou convexe. Ils sont ordinairement de forme parallélipipède et ornés de quelques moulures. Les musées d’Arles et de Marseille possèdent de fort beaux sarcophages. Nous donnons le dessin de celui de Tyrannia , dont les bas-reliefs représentent divers instruments de musique. On voit dans le compartiment gauche une syrinx suspendue, un arbre

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Sarcophage de Tyrannia (Musée d’ Arles; .

et un bélier; à droite, une lyre avec l’archet ( plectrum ), un livre suspendu au mur, et un instrument qui ressemble à la mandoline.

Pyramides. — On considère comme des mausolées les pyramides de Saint-Rémy (Rouches-du- Rhône), de Couhard, près d’Autun, de Vienne (Isère), de Fréjus, etc. Quelques antiquaires donnent également une destination

sub ascia , et un article de Caylus dans les Mêm. de l’Ac. de Toulouse.

funéraire à la Tour-Magne, à Nîmes. D’autres en font un

La Tour-Magne. Pyramide de Vienne. Tombeau de Saint Rémv .

phare, une tour de défense ou une tour d’observation.

Cénotaphes. — - On érigeait des cénotaphes ( tombeaux vides) aux mânes des morts dont on n’avait pu découvrir les restes.

Objets divers trouvés dans les tombeaux. — Les divers objets qu’on trouve le plus ordinairement dans les lombeaux sont des instruments de sacrifice, des couteaux, des cuillers, des candélabres, des lampes en bronze ou en

terre, des morceaux de flûte, des tablettes de cire, des styles pour écrire, des vases, des armes, des jouets, des amulettes, des figurines, des médailles, des bijoux, des bracelets, des fibules, des clefs, etc.

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Article 4.

Villes, fora, murailles et portes de Tille.

Villes. — Les villes gallo-romaines furent bâties presque toutes sur un plan uniforme. Chaque ville importante avait un forum, un théâtre, un amphithéâtre, des thermes et des temples. Quelques-unes eurent un capitole bâti sur le point le plus élevé de la cité : telles furent Toulouse, Besançon, Angers, Saintes, etc. Au ive siècle, les villes empruntèrent le nom des peuples dont elles étaient la capitale. Ainsi Lutetia , chef-lieu des Parisii , prit le nom de Paris • Cœsaromagus , capitale des Bellovaques , fut désignée sous le nom de Beauvais , etc.

Fora. Les fora étaient de vastes places en forme de carré long, où se tenaient les assemblées du peuple. Ils étaient entourés de portiques qui avoisinaient ordinairement les boutiques, les théâtres, les thermes et autres monuments publics. Il y avait des fora entourés de portiques à Besançon, Vienne, Arles, Avignon, etc., et probablement dans toutes les cités importantes.

Enceintes murales. — Les villes étaient entourées de remparts et de murs dont le revêtement est en pierres de petit appareil. Ces murailles sont traversées par des cordons de briques et flanquées de tours rondes ; leur base se compose de gros blocs. On trouve souvent dans les fondations de nombreux débris d’édifices détruits. Ces fortifications furent construites pour défendre les cités romaines contre les fréquentes révoltes des Gaulois. Plusieurs ne remontent qu’au ive ou au ve siècle. Quelques-unes ont été retouchées au xe et à d’autres époques. Nous citerons, parmi les principales enceintes murales, celles de Bordeaux, le Mans, Tours, Orléans, Angers, Beauvais, Auxerre, Langres, etc.

Fortes de ville. — Elles étaient enclavées dans les murs d’enceinte, quelquefois entre deux tours, et n’offraient par conséquent que deux faces dégagées. Outre la large entrée qu’elles donnaient par une ou deux arcades, elles avaient souvent deux petites portes pour les piétons. La porte à'Arroux, à Autun, est la plus remarquable pour la pureté de son style et la beauté de son architecture ; elle date du siècle d’Auguste. Nous devons encore citer les

Porte d’Arroux à Autun.

portes à' Auguste et de France , à Nîmes ; celle de Mars , à Reims et celle de Saint-André , à Autun.

Article 5.

Maisons, palais, villas et jardins.

Maisons. — Comme il n’existe plus sur notre sol de traces de maisons de ville romaines , nous recourrons à Pompéi pour nous en former une idée. Nous choisirons, comme un des types les plus complets, la maison de Pansa, et nous en donnerons une rapide description, d’après notre savant ami, M. Ernest Breton. Cette vaste maison, dont il donne ici le plan, occupe un espace rectangulaire, isolé entre quatre rues Au centre est le logis du maître, et au-

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tour se trouvent des boutiques qui en étaient indépendantes et données à loyer. Les n09 1, 2 et 3 sont des boutiques où l’on a trouvé les couleurs nécessaires à la peinture murale. De 4 à 14 sont autant de boutiques, parmi lesquelles le n° 5 avait un arrière-magasin ; le n°6, seul, communiquait avec l’intérieur. Les nos 15 à 19 formaient la boutique d’un boulanger. Le n° 15 éiait la salle où se vendait le pain. Le n° 16 était le pistrinum (pétrin), où se trouvent l’entrée du four, 18, et celle d’un

bûcher, 17. Les n°8 21 et 51 semblent avoir formé des appariements à part, n’ayant aucune communication avec l’intérieur, et qui sans doute étaient loués à quelques familles. Au n° 22 est l’entrée principale de la maison, que suit un vestibule, 23, et Y atrium, petite cour rectangulaire entourée de portiques. Au centre de l 'atrium se trouve Y impluvium, 30, bassin destiné à recevoir les eaux pluviales, qui allaient ensuite s’écouler dans une citerne; en avant, un petit piédestal, 31, dut porter une statue. Autour de la cour sont plusieurs chambres, 26 à 29, qui n’étaient éclairées que par la porte; elles étaient destinées aux esclaves. Vient ensuite le tablinum , 32, qui sépare Y atrium des appartements intérieurs. En été, il servait de table à manger. C’était là qu’on conservait les images des ancêtres et les archives de la famille. A gauche était la bibliothèque, 33; à droite une chambre à coucher, 39, et un passage ( fauces ), 36, permettant d’arriver aux ap-

parlements intimes sans traverser le tablinum. En avant de celui-ci étaient les alœ , 34, 35, galerie avec des sièges, où le patron donnait audience à ses clients. Entrons maintenant dans la partie privée : d’abord se présente une cour avec un péristyle soutenu par des colonnes ; au centre est un bassin, 37 ; aux côtés sont deux petites citernes, 38. Dans beaucoup de maisons, l’entrecolonnement du péristyle était rempli par un petit mur à hauteur d’appui, appelé pluteurn , sur lequel on posait des vases de fleurs. Auxnos 42 et 44, étaient des chambres à coucher (cubiculà), dont une avait une sorte d’antichambre, 43. Au fond de la cour est la principale pièce (œci), qui répond à notre salon, et qui parfois servait en même temps de salle à manger ( triclinium ). A gauche est la cuisine, 49, avec une petite cour, 48, ayant une sortie sur la rue. A droite est le lararium, où l’on conservait les images des dieux pénates. Un corridor ( fauces ), 46, conduisait au jardin A, sur lequel donnait un petit cabinet, 47, où le maître pouvait se retirer pour jouir de la fraîcheur et de la vue des fleurs qui garnissaient ses parterres. Enfin, dans toute la largeur de la maison, régnait un large portique, 52, sous lequel on trouvait un abri contre le soleil et la pluie. Les maisons romaines offraient presque toutes les mêmes dispositions, mais elles n’avaient point la même étendue et le même nombre de pièces. Rarement les maisons antiques avaient un étage au-dessus du rez-de-chaussée. Elles étaient chauffées par des hypocaustes et des lourneaux (1).

Palais. — Les palais qui servirent de résidence temporaire aux empereurs ne devaient différer des maisons de ville que par la magnificence et l’étendue. Trajan et Antonin eurent un palais à Lyon. D’autres empereurs en eurent à Vienne, à Poitiers, à Arles, à Metz, etc.

I ) Monuments de tous tes peuples , I. II.

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Villæ. — Les villœ , ou maisons de campagne, ne différaient guère des maisons de ville que par une autre disposition des mêmes parties. Elles étaient souvent fort considérables; car, outre Habitation du maître [villa urbana ), elles comprenaient encore le logis des laboureurs (i agraria ), la métairie ( villa rustica ), et les magasins de récolte ( villa frur.luaria). Ces maisons de plaisance étaient entourées de jardins, de parcs, de prairies, de champs et d’étangs. M. de Caumont a donné d’intéressantes descriptions des ruines de villœ découvertes à Mienne (Eure-et-Loir), Thésée-sur-Cher (Loir-et-Cher), Clinchamps etHérouville (Calvados), Pérennou (Finistère), etc.

Jardins. — Les jardins des villœ étaient entourés de murailles sèches ; les allées, plantées de buis, figuraient d’agréables dessins. Les Romains excellaient dans l’art de tailler le buis sous mille formes diverses. Des statues de dieux et de faunes ornaient les parterres, et des sièges de marbre étaient espacés le long des charmilles.

Article 6.

Théâtres, amphithéâtres, cirques et naumacliies.

Théâtres. — Les théâtres romains affectent une forme semi-circulaire , et se divisent en trois parties principales : 1° la scène, 2° l’orchestre, 3° la cavea.

Scène. — La scène comprenait trois parties : 1° l’avantscène ( proscenium ), ordinairement en bois, correspondait à l’espace qui, dans nos théâtres modernes , est compris entre la rampe et le rideau. On nommait pulpitum l’endroit où les acteurs déclamaient. 2° La scène proprement dite était une construction architecturale , présentant une grande face de bâtiments percée de (rois portes, et deux petites ailes en retour percées chacune d’une porte. La

grande porte centrale était censée conduire dans l’intérieur du palais : on l’appelait porte royale. Les deux autres portes du fond ( hospitalia ) donnaient entrée aux hôtes du palais et aux personnages secondaires. Les deux portes des ailes étaient supposées conduire au port et à la campagne. 3° L’arrière-scène ( proscenium ) était l’endroit où s’habil-

laient les acteurs et où l’on conservait les machines et les décorations ; ces décorations (siparia) étaient en tapisseries. La toile se baissait jusqu’à terre durant la représentation, et on la levait pendant les entractes. C’était donc précisément le contraire de l’usage moderne.

Orchestre. — L’orchestre, situé entre le proscenium et la cavea , était d’environ trois mètres plus bas que le théâtre. C’était la place réservée aux sénateurs, aux chevaliers, aux vestales et aux personnages de distinction.

Cavea. — La cavea ou théâtre proprement dit était l’enceinte garnie de gradins où se plaçaient les autres spectaieurs. Elle était ordinairement partagée en trois divisions (ima, media et summa cavea ) par des galeries semi-circulaires. Le dernier ordre de gradins (summa) était surmonté d’un portique où les spectateurs pouvaient se réfugier en cas de pluie. C’était aussi la place réservée aux femmes. Les autres spectateurs étaient protégés contre le soleil et la pluie par un immense voile ( velarium ) soutenu par des poutres; ces poutres s’appuyaient sur les modillons d’un portique placé derrière la scène. On n’a que de simples conjectures sur la manière dont on

Plan d’un théâtre romain

Théâtre de Lillebonne.

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pouvait étendre et replier des voiles d’une si grande dimension (1).

Poutres de Velarium. Tessère.

Escaliers. — Les gradins étaient coupés par des escaliers qui formaient des divisions cunéiformes, nommés pour celte raison coins [cuneï). Dans les grands théâtres, sept escaliers rayonnaient de l’orchestre et correspondaient à de grandes issues nommées vomitoires (vomitoria). Il n’y avait parfois qu’un seul vomitoire aboutissant soit à l’orchestre, soit au portique. Ces deux derniers modes d’entrée se trouvent réunis au théâtre d’Orange. Les spectateurs étaient admis sur la présentation d’un billet, nommé tessère, qui indiquait la place qu’ils devaient occuper. Celui dont nous donnons le dessin doit se traduire ainsi : deuxième travée, troisième coin, huitième gradin ; la Maisonnette, comédie d^ Plaute.

Ecrea. — On plaçait sous les degrés du théâtre des vases d’airain ou de terre ( echea ) dont l’ouverture regardait la scène, et qui avaient pour destination de rendre plus sonore la voix des acteurs. Ils ont en général la forme d’une cloche.

Jeux scéniques — On jouait sur les théâtres la tragédie, la comédie et la pantomime. Ces jeux scéniques faisaient

(1) Cf. M. Tîorgnis, Traité de Mécanique appliquée aux arts.

ÉPOQUE GAELO ROMAINE.

partie du culte des Romains ; on les célébrait en l'honneur de Cérès, de Mars, de Neptune, de Jupiter, etc.

Théâtres gallo-romains. — Le plus remarquable et le plus vaste est celui d’Orange. Les mieux conservés, après lui, sont ceux d’Arles et de Lillebonne. Il existe des restes de théâtre à Lyon, Autun, Vaison ( Vaucluse), Vienne, Tentignac (Corrèze), Antibes et Fréjus (Var), Drevant (Cher), Valognes, Lisieux.

Amphithéâtres. — Lesamphithéâtres, qui furentinconnus des Grecs, étaient destinésaux combats de gladiateurs et de bêtes féroces. Leur plan elliptique offre la réunion de deux théâtres placés en face l’un de l’autre, et dont les deux orchestres formeraient l’arène : c’est le nom qu’on donne au sol couvert de sable (< arena ), où combattaient les animaux. Les grands amphithéâtres pouvaient contenir jusqu’à quatre-vingt mille personnes; ils étaient divisés à l’extérieur en plusieurs étages, et entourés de portiques. Ils étaient découverts comme les théâtres, et c’était sous un voile mobile ( velarium ) que s’abritaient les spectateurs. Les animaux étaient renfermés dans des loges voûtées et grillées ( carceres ), qu’on ouvrait au moment du combat.

Les places les plus recherchées étaient situées au-dessus des carceres. L’arène était entourée d’une plate-forme en forme de quai ( podium ), élevée de quatre à cinq mètres

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des gradins en amphithéâtre qui servaient de sièges. Ces degrés avaient quarante et un centimètres de hauteur sur quatre-vingt deux centimètres de largeur. Ils étaient coupés par des escaliers ( scalaria ) conduisant du podium aux vomitoires; outre ces escaliers, ily avait encore des ceintures de pierre de distance en distance. L’espace compris entre ces prècinctions se nommait cunei , coins, parce qu’il était plus large dans le haut que dans le bas. Des ofticiers nommés designatores étaient chargés de distribuer les places aux spectateurs.

Jeux de l’amphithéâtre. — On distinguait chez les

Vue intérieure des arènes d’Arles.

Arènes de Nîmes.

où se plaçaient les magistrats et les vestales. Le podium était garni de filets et de treillis pour prémunir les spectateurs contre les animaux. Quelquefois même, par surcroît de précaution, le podium, était séparé de l’arène par un canal nommé euripe. Au-dessus du podium s’élevaient

Romains diverses espèces de gladiateurs. Les seculores avaient pour armes un casque, un bouclier et une épée, ou une massue de plomb. Ils combattaient avec les retiarii , armés d’un filet et d’une fourche. Les Thraces avaient une armure semblable à celle de ces peuples , c’est-à-dire une dague, un poignard et une espèce de rondache. Les Samniles portaient un casque, un bouclier et un baudrier. Les laquéaires se servaient d’un cordon pour saisir leur, adversaire dans un nœud coulant. Les mirmillons étaient armés à la gauloise; leur casque était surmonté d’un poisson. Le prix des vainqueurs était une palme, de l’argent et une épée de bois, symbole de la liberté rendue. Les jeux de l’amphithéâtre furent prohibés dans tout l’empire romain par Honorius : mais ils ne cessèrent complètement dans les Gaules que dans la seconde moitié du ve siècle.

Amphithéâtres gallo-romains. Nous donnons le plan et la vue intérieure des arènes d’Arles, et une vue des amphithéâtres de Nîmes et de Cran (Loiret). Ce dernier,

Amphithéâtre de Cran (Loiret).

appartenant à une ville peu importante [Aquœ segestœ),e t ne devant par conséquent recevoir qu’un petit nombre de spectaleurs, n’avait de gradins que d’un seul côté. Les amphithéâtres les plus importants de France sont ceux de Nîmes et d’Arles. On peut citer, après eux, les ruines qui se trouvent à Bordeaux, Fréjus, Saintes, Limoges, Périgueux, Poitiers, Béziers, Auxerre, Angers, Néris (Allier), Langres, Blagnac (Haute-Garonne), etc.

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Cirques. — Les cirques étaient des monuments de figure oblongue ou ovale, destinés aux courses de chars, aux courses de chevaux et à divers exercices gymnastiques. L’arène était entourée d’un mur en forme de quai, et quelquefois d’un fossé rempli d’eau (euripe). Les gradins étaient disposés comme dans les amphithéâtres. Au milieu de l’arène s’élevait un massif de pierres assez étroit, et s’étendait dans une grande partie de la longueur de l’arène. On plaçait sur cette construction, nommée spina, des obélisques , de petits temples, des statues, des colonnes ,

Grand cirque.

l'autel des lares, et des piédestaux qui supportaient sept boules ( ova ) et sept dauphins, au moyen desquels on constatait le nombre des tours accomplis par les chars autour de la spina. A une de ses extrémités se trouvait une horne {mêla), composée de trois cônes placés sur le même piédestal et terminés en forme d’œuf. Cette borne était placée en face de la porte triomphale. A l’extrémité opposée se trouvaient les loges des chars ( carceres ). De là le proverbe : A carceribus ad metas , pour signifier : depuis le commencement jusqu’à la fin.

Jeux du cirque. — Les cirques étaient surtout consacrés aux courses de chars; ceux qui les conduisaient se partageaient en quatre troupes ou factions qui se distinguaient par la couleur des habits. Ces couleurs étaient au nombre de six : le vert, le bleu, le blanc, le rouge, Je pourpré et le doré: ces deux dernières furent ajoutées par Domitien. Les spectateurs prenaient parti pour l’une des factions et engageaient des paris. Le vainqueur était celui qui le pre-

mier avait fait sept fois le tour de la borne. L’adresse des conducteurs consistait surtout à décrire le plus petit cercle possible, en passant près de la borne, sans la heurter. Les cirques étaient encore consacrés à divers autres jeux, tels que la course à cheval, la course à pied, le pugilat, la chasse, le jeu troyen, etc. Le pugilat se pratiquait au moyen d’un gantelet de cuir, garni de plomb et attaché au bras par des courroies. La chasse consistait en un combat de bêtes entre elles ou d’hommes et de bêtes. Le jeu troyen était un combat simulé à cheval. On comptait quinze cirques à Rome. Quelques restes de cirques mal conservés se voient à Orange, à Fréjus, etc.

Naumachies. — On appelait ainsi des combats simulés de vaisseaux. Il y avait des établissements spéciaux pour les naumachies ; l’eau y arrivait par de grands aqueducs et se perdait par des égouts. Mais ces sortes de spectacles se donnaient le plus souvent dans les cirques et les amphithéâtres. En quelques minutes, on les remplissait d’eau, au moyen de canaux souterrains.. Le fond de l’arène était ordinairement pavé, pour mieux retenir l’eau. On a découvert des vestiges de naumachies h Metz , à Saintes, à Lyon, etc.

Article 7.

Thermes et hypocaustes.

Thermes. — Chez les Romains, les thermes étaient de vastes édifices qui contenaient non-seulement des bains (i balnea ), mais des portiques, des bibliothèques, des gymnases, des boutiques, etc. On en comptait plus de huit cents à Rome. Quelques-uns étaient si vastes, que trois mille personnes pouvaient s’y baigner à la fois : tels étaient les thermes de Titus, de Caracalla, de Domitien, etc. A l’exception des thermes de Julien, à Paris, qui servirent nie palais à cet empereur, nous n’avons guère en France

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que de simples bains, de beaucoup plus modeste proportion.

Bains. — Le plan ci-joint indique les diverses parties d’un balneum complet. Le n° 1 représente une cour entourée de portiques , où se trouve le baptistère, bassin dominé par un toit, et où l’on se baignait en commun. 2, apodyptère ou spoliatorium.oii l’on déposait ses habits entre les mains de gardiens nommés capsarii. 3, salles de service. 4, frigidarium , où Ton prenait des bains froids. 5, diverses salles de service. 6, cabinets de bains particuliers. 7, tepidarium , ou étuve tiède; on y voit deux bassins et une école (. schota ), c’est-à- dire une galerie où les gens

Plan de thermes, d’après Mazois.

qui ne se baignaient pas venaient s’asseoir et causer.

8, eleotherium ou onctuaire, où l’on conservait les huiles et les essences dont on se parfumait avant et après le bain.

9, sudatorium ou étuve chaude, avec des gradins pour s’asseoir. Un bassin d’eau bouillante remplissait cette salle de vapeur; quelquefois l’air chaud y était amené par les tuyaux d’un hypocauste. 10, officine pour chauffer les bains. 1 1, officine pour chauffer l’étuve. 12, aquarium ou réservoir alimenté par un aqueduc; c’est près de là que se trouvait le vasarium , ainsi nommé parce qu’il y avait dans cette pièce trois grands vases remplis d’eau froide, d’eau tiède et d’eau chaude et communiquant ensemble.

Un nombreux personnel d’employés était attaché à l’administration des bains publics. Les principaux étaient le balneator , chargé des détails du bain ; le fornicator , ou chauffeur de l’hypocauste; les unctores, qui essuyaient le corps du baigneur et l’oignaient de parfums; les alyptœ ,

qui raclaient la peau des baigneurs avec une espèce d’étrille en corne ou en métal nommée strigil.

Strigil .

Celui qui voulait se baigner allait d’abord déposer ses habits dans le spolatorium ; il passait dans l’onctuaire pour se faire parfumer, et après s’être livré à divers jeux gym- I nastiques, il se rendait au bain chaud ( caldarium ); après avoir passé par le tépidaire, il allait au frigidaire, où il pouvait encore se baigner dans la piscine; il se faisait ensuite oindre d’essences, et allait reprendre ses vêtements dans le spolatorium.

Bains gallo-romains. — Outre les thermes de Julien, à Paris, nous possédons des ruines de bains romains à Langres, Perennou (Finistère), Bagneux, Lillebonne, Valognes, Saintes, Drevant (Cher), Cahors, Metz, etc.

Hypocaustes — Les hypocaustes, dont nous avons parlé plus haut, étaient des espèces de chambres voûtées où l’on faisait du feu pour distribuer la chaleur dans les thermes,

au moyen de tuyaux en terre cuite ou en plomb. On a trouvé de ces fourneaux souterrains, en bon état de conservation, à Saintes, Lillebonne, etc.

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Article 8.

Votes publiques et eolonnes itiuéraires.

César et, plus tard, Auguste et Agrippa firent construire dans les Gaules un grand nombre de voies qui excitent encore aujourd’hui l’admiration par la solidité de leur construction. Elles suivent presque toujours une direction rectiligne, en évitant toujours les terrains marécageux. Les voies les plus parfaites comprennent quatre couches : la première (stratumeri) est composée de moellons plats,

tantôt non cimentés et tantôt noyés dans le mortier ; la seconde ( ruderatio ), de pierres concassées de moins grande dimension; la troisième (nucléus), de chaux remplie de tuileaux pulvérisés, ou bien d’un mélange de chaux, de craie et de terre franche, battues et corroyées ensemble; la quatrième couche ( summa crusta) était formée de pierres plates, taillées en polygones irréguliers. Quelquefois c’était un simple lit de gros sable ou de cailloux étroitement tassés les uns sur les autres. Les premières couches étaient encaissées par des pieux ou par des murs de revêtement ( margines ) composés de grosses pierres. Quelques-unes des voies gallo-romaines étaient élevées de six mètres audessus du sol; elles avaient depuis trois jusqu’à vingt mètres de largeur. La chaussée était bombée et bordée de deux trottoirs plus élevés, en gravièr. Toutes les routes gallo-romaines ne présentent pas tous les caractères que nous venons de leur assigner; le caprice, la nécessité, le manque de matériaux ont souvent modifié leur construction ; plusieurs n’ont que deux ou trois couches de matériaux divers ; quelques-unes, réparées au vie siècle par la reine Brunehaut, ont perdu leur caractère primitif.

Voies gallo-romaines. — Nous citerons, parmi les voies romaines les mieux conservées, celles du département de la Moselle, celles qui conduisent de Bruyères à Bourges et d’Arles à Nîmes. Les voies les plus importantes étaient celles qui, partant de Lyon, conduisaient la première à Marseille , la seconde à Boulogne-sur-mer, par la Bourgogne et la Picardie ; la troisième au Bhin, près de l’embouchure de la Meuse, et la quatrième dans l’Aquitaine, par l’Auvergne.

Colonnes itinéraires. — Auguste fit ériger dans le Forum une colonne dorée ( milliarium aureum ), à laquelle aboutissaient toutes les routes militaires. C’est de là qu’on comptait les distances, au moyen de bornes milliaires (lapides) plantées le long des chemins. On en érigea aussi une à Lyon, qui était devenue, pour ainsi dire, la Rome des Gaules. Les villes principales servaient également de point central, dans les autres provinces, pour la mesure des distances. Elles étaient désignées par des colonnes en pierre, sans chapiteau, cylindriques ou carrées, hautes de deux à trois mètres. Il paraît démontré que, jusqu’au me siècle, on compta chez nous par milles romains (sept cent cinquantesix toises, d’après Danville), et que ce n’est qu’à partir du règne de Septime-Sévère qu’on compta par lieues gauloises, leucœ (onze cent trente-quatre toises d’après Danville). Ces colonnes, auxquelles on donne ordinairement le nom de bornes milliaires , portent une inscription qui indique non-seulement les distances évaluées en milles ou en lieues, mais aussi le nom et quelquefois les titres de l’empereur qui a fait construire ou réparer la route. Il est probable que, sur les voies de second ordre, les bornes n’étaient point espacées de lieues en lieues, et qu’elles étaient le plus souvent remplacées par de simples pierres brutes.

Borne milliaire.

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Article 9.

Aqueducs, cloaques, conserves, ponts et quais.

Aqueducs. — On appelle aqueduc ( aqnœ duclus) une construction en pierre, faite dans un terrain inégal, pour conserver le niveau de l’eau et la conduire par un canal d’un endroit à un autre. Ils peuvent être tantôt souterrains et tantôt apparents, selon qu’ils passent par des vallées ou par des collines. Les aqueducs souterrains sont des canaux en maçonnerie, bâtis de pierres de taille ou de moellons, recouverls d’une voûte cintrée ou de dalles juxtaposées sans ciment. Dans l’intérieur de ces conduits se trouvent des tuyaux en plomb ou en terre cuite. Ces derniers sont ronds ou demi-cylindriques, et sont disposés de manière à s’emboîler les uns dans les autres ; les aqueducs apparents sont ceux qui, traversant les vallées, sont supportés par des piliers et des arcades. Ces arcades se divisent

Pont du Gard.

quelquefois en deux ou trois étages pour rendre la construction plus solide. Le canal qu’elles supportent est enduit de ciment et recouvert de dalles qui, d’espace en espace, ménagent une ouverture pour laisser pénétrer l’air.

Aqueducs gallo-romains. — Le plus remarquable est le pont du Gard, près de Nîmes ; il se compose de trois étages d’arcades. Les plus grandes ont treize mètres d’ouverture. Ce magnifique monument, dont on attribue l’érection à

Agrippa ou à Adrien, est long de deux cent soixante-huit mètres et haut de soixante. 11 nous reste des ruines d’aqueducs à. Jouy (Moselle), Cahors, Lyon, Fçéjus, Antibes, Luvnes (Indre-et-Loire), Saintes, Vienne, Gennes (Maineet-Loire), etc.

Cloaques. — Ce sont des espèces d’aqueducs souterrains destinés à recevoir les eaux sales et les immondices, pour les conduire par des canaux dans une rivière voisine ou dans des puisards ; ceux de Rome étaient justement célèbres. On a découvert des restes de cloaques à Nîmes, Arles, Vaison, Reims, Périgueux, Metz, etc.

Conserves. — La plus belle conserve d’eau qui soit en France est celle où se réunissaient, à Lyon, les eaux de l’aqueduc du mont Pila Elle est située sur la colline de

Fourvières; c’est un édifice souterrain dont la voûte est soutenue par des piliers. Des réservoirs du même genre se voient à Fréjus et à Antibes.

Ponts. — Les ponts romains sont ordinairement construits en pierrede grand appareil. Lesarches sont rarement égales en largeur et en hauteur ; elles offrent quelquefois une saillie triangulaire du côté du courant du fleuve, pour en atténuer la force. Quelques ponts sont surmontés de portes et d’arcs de triomphe : tel est celui de Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône), dont nous donnerons le dessin dans l’article suivant. On voit des ponts romains plus ou moins

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bien conservés à Bredy et Cellas (Cher), à Dordives (Loiret), à Verneuil, sur la Vienne, à Saintes, etc.

Quais. — Des murs de quai étaient construits dans les villes , le long des rivières, pour régulariser le cours des eaux. Ceux de Vaison, sur l’Oueze, dont on voit encore les ruines, avaient trois cents mètres de longueur.

Article 10.

Arcs de triomphe et colonnes monumentales.

Arcs de triomphe. — Ce sont des portiques élevés, à l’entrée des villes, ou sur des passages publics, ou en tête des ponts, pour consacrer le souvenir d’une victoire, d’un fait mémorable ou d’un homme illustre. Quelques-uns n’avaient d’autre destination que l’embellissement de la cité. Les plus complets présentent une grande ouverture cintrée , accompagnée de deux arcades plus petites (Orange); d’autres n’avaient qu’une seule arcade (Besançon, Carpentras) ; d’autres enfin offraient deux portes d’un égal diamètre (Saintes, Langres). Les arcs de triomphe sont ordinairement surmontés d’un attique et ont les tympans ornés de bas-reliefs, de figures symboliques et de divers ornements.

Pont de Saint-Chamas.

L’arc de triomphe le plus remarquable est celui d’O

range, dont nous avons donné le dessin à la page 52. Outre les arcs que nous venons d’indiquer, nous citerons encore ceux de Saint-Chamas et Saint- Remy (Bouchesdu-Rhône), Cavaillon (Vaucluse) et Reims.

Colonnes monumentales. — Nous avons déjà parlé des colonnes itinéraires , des cippes et des pyramides funéraires : nous nous bornerons donc ici à signaler quelques colonnes isolées, rondes ou carrées, qui paraissent avoir eu la même destination que les arcs de triomphe. Mais les antiquaires ne sont point d’accord sur ce point : aussi, la colonne de Cussy (Côte-d’Or), les pyramides de Pirelonge et d’Ebéon (Charente-Inférieure), la grande cheminée de

Quineville (Manche), la pile de Cinq-Mars (Indre-et-Loire), ont-elles donné lieu à diverses interprétations. D’après Dulaure et M. de Caumont, ce dernier monument n’aurait été qu’une pierre terminale qui marquait les confins d’une province. Selon M. de la Saussaye, ce serait une colonne triomphale élevée à Mars en souvenir de quelque fait d’armes important. Piganiol de la Force y voit un lom-

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beau. Nous n’avons, en France, qu’un seul obélisque romain : c’esl celui d’Arles, qui n’a que seize mètres de hauteur.

Article 1 1 .

Camps.

Les Romains avaient trois espèces de camps : 1° les castra œstiva , qu’on construisait principalement l’été, pendant les campagnes, n’étaient que des levées de terre bien palissadées et entourées d’un fossé. On les nommait encore subita , temporanea , tumultuaria, parce qu’on les improvisait pour fort peu de temps. 2° Les castra hiberna étaient construits avec plus de soin, parce que les troupes devaient y passer leur quartier d’hiver 3°Les castra stativa, destinés à protéger un passage ou à maintenir un pays dans la subordination, affectaient souvent la forme d’un carré long, quand la disposition du terrain le permettait. Ils étaient parfois entourés de murailles flanquées de tours rondes ou carrées. Les grands camps étaient divisés en deux parties par une rue nommée via principalis. Des tentes larges de 15 décimètres carrés logeaient dix soldats commandés par un decanus. Des tentes particulières étaient réservées au général ( prœtorium ), aux tribuns, aux préfets et aux centurions. Beaucoup de nos camps romains n’avaient point ces vastes proportions, et ne pouvaient contenir qu’un très-petit corps de troupes. Quelques-uns remontent aux premiers temps de la domination romaine : mais la plupart ne sont pas antérieurs à la fin du 111e siècle, époque où les Romains eurent à se prémunir contre les irruptions des barbares.

Au nombre des camps romains les mieux conservés, nous citerons ceux de Tirancourt, l’Étoile et Villers-les- Roye (Somme), Clermont (Oise), Arras, Fains (Meuse),

Conliège (Jura), Flogny (Yonne), Titelberg (Moselle); le camp du Castellier, à Saint-Désir (Calvados); celui du Chatellier, à Chenehutte ( Maine-et Loire ) ; la cité de Limes, près Dieppe, etc.

Inscriptions.

Divers monuments gallo-romains, tels que les autels, les arcs de triomphes, les cippes funéraires, les colonnes itinéraires, etc., portent des inscriptions dont les abréviations peuvent offrir quelques difficultés. Nous allons mentionner les principales, d’après M. Champollion-Figeac(l). Ce tableau pourra également servir pour l’interprétation légendaire des médailles dont nous parlerons dans le chapitre suivant.

PRINCIPALES ABREVIATIONS ROMAINES.

A. Ager; annis; auguslales; augustalis.

A. A. Apud agrum.

AB. AC. SEN. Ab actis senatûs.

AE. CVR. Ædilis curulis.

A. FRVM. A frumento.

A. H. D. M. Amico hoc dédit monumentum.

A. K. Ante kalendas.

A. 0. F. C. Amico opt'.mo faciendum curavit.

Æ. P. A. P. Ædilitiâ potestate amico posuit.

A. S. L. Animam sol vit libens, ou à signis legionis.

A. T. V. Aram lestamenlo vovit.

A. XX. H. EST. Annorum viginli hic est.

B. A. Bixit pro vixit annis.

B. DE. SE. M. Benè de se meritæ ou merito.

B. M. D. S. Benè merenti, ou benè merito de se.

B. P. D. Bono publico datum.

B. Q. Benè quiescal.

B. V. Benè vale.

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