‹ Manuel élémentaire d'archéologie nationaleChapitre 22 sur 73 · EJ · texte numérisé non relu

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Poteries sans vernis. — Elles sont d’une pâte grossière, rouge, grise ou jaune, mêlée de sable et de pierrailles. Elles étaient destinées aux usages les plus vulgaires. On trouve aussi quelquefois des poteries sans vernis qui sont d’une pâte dont le grain est excessivement fin.

Poteries noires. — Elles sont d’une pâte assez compacte et légèrement cuite. Leur vernis noir indique assez leur destination funéraire. Ces vases, dont les parois sont minces et qui affectent des formes très-variées, étaient quelquefois recouverts avec des disques ou des carreaux d’un centimètre environ d’épaisseur, de la même pâte que les urnes, et que l’on colorait également en noir après leur avoir fait subir une cuite superficielle. Il est à croire que cette matière colorante était faite avec du charbon pulvérisé plutôt qu’avec un oxyde métallique (1).

Poteries bronzées, -r- Elles sont d’une pâte rouge ou jaunâtre, recouverte d’un vernis qui paraît dû à un oxyde métallique. D’autres sont d’unejpâte grise, et présentent à leur surface extérieure des paillettes de mica qui leur donnent une teinte bronzée.

Poteries rouges. — Les plus belles sont couleur de cire à cacheter , recouvertes d’un brillant vernis, et souvent ornées de figures en relief, représentant des feuillages, des roseaux, des animaux, des scènes mythologiques, etc. Ces poteries affectent surtout la forme de nos bols et de nos coupes à pied : c’était une vaisselle de luxe. Le nom du fabricant ou de l’ouvrier est souvent marqué au fond du vase, avec les abréviations O ou Of. ( Officinâ ), M ou Man. ( Manu ), ou bien encore F ( Fecil ) (2).

Principales espèces de vases. — Parmi les principales

(1) V. une Notice du docteur Ravin insérée dans les Antiquités celtiques de M. Boucher de Perllies.

(2) V. Observations sur des noms de potiers et de verriers romains, par M. Charles Dufour, 1848.

espèces de vases romains, nous citerons le crater , grand vase contenant le vin qu’on versait dans les coupes (poculà ); le rhyton , en forme de corne; V amphore, munie de deux

Amphore. Rhyton. Préféricule. Lacrymatoires. Unguentarium .

anses, et dont la partie inférieure se termine en pointe; le préféricule , dont on se servait dans les sacrifices, et qui ressemble assez à nos aiguières; le lécythe, burette d’huile pour les athlètes; Yunguentaire, contenant les huiles et les parfums destinés à la toilette ; les fioles, improprement appelées lacrymatoires , qui avaient la même destination, etc.

Figurines en terre cuite. — On trouve souvent des lampes, des jouets d’enfants et des figurines en terre cuite blanchâtre sur l’emplacement des établissements romains. Ces dernières représentent le plus ordinairement Mercure, Lucine et surtout Vénus. Une importante fabrique de figurines a été découverte, en 1825, à Baux (Eure).

Fabriques de poteries. — Ces vases et ces figurines étaient formés dans des moules, où étaient gravés en creux les dessins qui devaient paraître en relief. Ces moules étaient composés la plupart de deux ou trois pièces en terre rougeâtre. On faisait cuire les vases dans une espèce de laboratoire pourvu d’une cheminée et communiquant avec un cendrier faisant fonction de foyer. On a découvert des manufactures de poteries à Nîmes, Lyon, Paris, Nancy, Bordeaux, Lezoux (Puy-de-Dôme), etc.

MONUMENTS MEUBLES

Verrerie. — Les vases en verre, beaucoup plus rares que les poteries, étaient employés pour les mêmes usages, par les familles riches. Une des plus précieuses découvertes de ce genre a été faile près d’Amiens il y a quelques années. Les vases en métal sont encore plus rares. Ceux qu’on conserve au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale ont été trouvés à Berthouville (Eure).

Article 3.

Numismatique.

La numismatique (de monnaie) est la science

des médailles ou monnaies. La connaissance des médailles se rattache à l’histoire, à la chronologie, à la géographie, à la mythologie, à l’iconographie, à la paléographie, etc. A ces divers points de vue, elle a droit d’intéresser également l’antiquaire, le littérateur et l’artiste. Nous croyons donc utile de donner ici quelques notions générales de numismatique avant de parler des médailles romaines et gallo-romaines.

Notions générales. — On doit considérer dans une médaille : 1° la matière; 2° la forme ; 3° le type, c’est-àdire les figures et les symboles de la face et du revers;

les inscriptions, c’est-à-dire la légende, ou les mots gravés autour de la tête et du revers ; l’exergue, mots ou signes gravés au bas de la médaille, et l’inscription proprement dite, qui se rencontre quelquefois à la place de la tête ou dans le type du revers.

Matière. — Le fer, l’étain , le plomb, le cuir et même le bois ont quelquefois servi de matière aux monnaies des anciens : mais, à part quelques exceptions, ce furent l’or, l’argent et le bronze qui furent universellement employés

On donne le nom d 'electrum à l’or mélangé d’argent, et le nom de potin à un alliage de cuivre, de plomb, d’étain et d’un cinquième d’argent. Les plus anciennes monnaies des Grecs, les dariques , sont en or, tandis que les plus anciennes monnaies romaines, qui datent de Servius Tuliius, sont en bronze. On appelle médailles saucées les monnaies de cuivre recouvertes d’une feuille d’étain : telles sont la plupart des monnaies, depuis Claude le Gothique jusqu’à Dioclétien. On donne le nom de patine à une espèce de vernis vert ou brun qui recouvre les médailles de bronze qui ont longtemps séjourné dans la terre. %

Forme. — Les médailles étaient coulées ou bien fondues et ensuite Irappées : le premier mode est le plus ancien. On leur donna presque toujours une forme ronde, plus ou moins imparfaite. Les plus anciennes monnaies ont leur revers entièrement occupé par un creux. Quelques médailles des Gaules et du Bas-Empire d’Orient sont convexes d’un côté et concaves de l’autre. On nomme médailles dentelées celles dont les bords sont taillés en forme de dents; non frappées , celles qui servaient à faire des échanges, avant qu’on ait trouvé l’art d’y imprimer des figures; sur frappées , celles qui , après avoir été déjà frappées, ont reçu une seconde empreinte ; incuses , celles dont le type est en relief d’un côté et en creux de l’autre; frustes , celles dont le type ou la légende sont effacés. Le module est la grandeur des médailles. On est convenu d’appeler grand bronze les monnaies de cuivre qui sont à peu près de la grandeur de nos décimes; moyen bronze , celles qui correspondent à nos sols, et petit bronze , celles qui sont plus petites. On fait une classe à part des médaillons , qui sont d’un plus grand module et en général d’un travail plus soigné. On les nomme contorniates quand ils soqt enchâssés dans un entourage du même métal ou de tout autre.

MONUMENTS MEUBLES

Type. — Les types des médailles offrent une trèsgrande variété. Cependant il y eut des villes, des provinces, des rois et des familles qui conservèrent toujours le même type ; en voici quelques exemples :

Athènes. — Une chouette.

Dyrachium. — Un veau qui tette.

Sybaris. — Un veau qui se retourne.

Thèbes. — Un bouclier écbancré.

Rhodes. — Une rose.

Cumes d’Eolide. — Un vase.

Cyrène. — Un silphium.

Métaponte. — Un épi.

Cnosse. — Un labyrinthe.

Sélinonte. — Une feuille d’ache.

L’île Clide. — Une clef.

Cardia. — Un cœur.

Ancône. — Un coude.

Le Péloponnèse. — Une tortue.

La Macédoine. — Un bouclier conique.

La Sicile. — Trois pieds humains.

L’Egypte. — Un crocodile.

La Phénicie. — Un palmier.

Les Ptolémées d’Egypte. — Un aigle.

Alexandre le Grand. — Jupiter debout.

Malléolus — Un marteau.

Florus. — Une fleur.

Musa. — Les muses, etc.

On peut voir, par ces derniers exemples, que l’emploi des types parlants est bien antérieur à l’art héraldique, qui en fit un usage si fréquent. Les principaux types des médailles romaines sont relatifs à la mythologie et à l’histoire. Quand c’est un Dieu qui est représenté sur la face, on voit ordinairement ses attributs sur le revers. Les revers offrent souvent des personnages symboliques: tels sont la Fortune,

tenant un gouvernail et une corne d’abondance; Annona ou l’abondance, ayant à ses pieds un boisseau rempli d’épis; la Sûreté sous l’emblème d’une femme tranquillement assise dans un fauteuil; l’Eternité, portant dans ses mains le soleil ou la lune ou un phénix.

On appelle contremarquées les médailles qui portent une empreinte indépendante du type, et qu’on a marquée au poinçon pour les affecter à un usage temporaire. On croit que ces médailles servaient de billets d’entrée à certains spectacles.

Inscriptions. — Les inscriptions ou légendes des médailles font connaître le nom, le surnom, la charge et quelquefois les actions les plus importantes du personnage représenté ; elles indiquent aussi la ville et l’époque où elles ont été frappées. L’inscription TR. POT (tribunitiâ potestate ), suivie d’un chiffre, indique l’année du règne d’un empereur. On sait que le tribunal des empereurs était renouvelé d’année en année.

Les monnaies des Hébreux portent des caractères samaritains. Les villes de Phénicie, et quelques-unes d’Espagne et de Sicile, employèrent pour leurs médailles la langue phénicienne. La Grèce, et pendant un certain temps, la Lydie, la Phrygie, la Cappadoce, la Syrie et l’Egypte se servirent des caractères grecs. Les colonies soumises aux Romains employèrent, comme ces derniers, la langue latine.

Nous avons déjà donné l’interprétation des principales abréviations latines : nous allons en compléter le tableau en donnant les plus importantes de celles qu’on rencontre dans les légendes monétaires.

MONUMENTS MEUBLES. 125

A. Annus; anno; Augustus.

A. A. A. F. F. Auro, argento, ære, flando, feriendo (1).

A. B. N. Abnepos.

ADVENT. Adventus.

OED. OEdificia.

AUG. I). F. Augustus Divi Filius.

B. R. P. N. Bono reipublicæ uato.

G. Caius; Cæsar; colonia.

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