N^VI DU VISAGE
Ils sont excessivement l'réquents à la naissance, et présentent presque tous une régression progressive qui en fait disparaître le plus grand nombre. Le médecin doit le savoir.
La dimension de ceux qui demeurent varie entre celle d'un chas d'aiguille et la dimension de la main, les uns néghgeables, les autres graves. On doit encore les diviser en deux classes ; il y a ceux dont les dimensions augmentent et ceux dont les dimensions n'augmentent pas. Ou peut réserver le traitement de ces derniers, on doit entreprendre de suite le traitement de ceux qui grandissent.
Ils sont plats ou saillants, frambœsi formes; les nœvi plats sont en nappe dilfuse ou entoin^és de rayons vasculaîres.
Les nœvi framljœsiformes doivent être détruits au galvano-cautère» les rayons vasculaires qui entourent lesnœvi en extension doivent être ponctués au galvano-cautère à line pointe qui, h>rsqu'il est lies bien manié ne laisse aucune cicatrice.
Les nsevi en nappe doivent être traités par les piqùi-es d'électrolyse.
Pour les plus petits, on ntilise l'éleclrolyse unipolaii-e, l'aiguille positive étant i)iquée au centre du nœvus, l'électrode négative tenue à la main par le patient (20-25 milliampères) jusqu'à ce que la zone blanche produite par le courant an tour de l'aiguille atteigne 5-5 millimètres de rayon.
Pour les grands naevi on se sert de l'éleclrolyse bipolaire. L'aiguille positive restant au centre de la lésion, on change la place de l'aiguille négative autour d'elle, en la laissant chaque fois le temps qu'il tant pour obtenir la zone blanche de i millimètres de rayon autour d'elle. Ne la piquei' et la retirer qu'après interruption du courant, pour éviter
fi DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQrE.
(les sensations trop pénibles; 15-20 millianipères an maximnni, sans ([uoi on risque des nécroses et des cicatrices vicieuses.
La vaccination sur les nsevi peut être employée pour les nasvi du corps. La cicatrice qu'elle laisse rend ce moyen d'une assez médiocie esthétique pour les nsevi du visage.
Le traitement des nœvi qui ne grandissent pas sera pratiqué, quand leur dimension l'exigera, lorsque Tenfant aura assez de raison pour s'y soumettre sans se défendre.
ÉPHÉLIDES
On désigne sous le nom d'cpliélidcs des taches colorées, plus ou moins ahondantes, apparaissant au (^ours de la seconde enfance, plus marquées et plus nombreuses en été qu'en hiver et qu'on voit survenir plus souvent chez les roux et les blonds que chez les bruns. Ces taches hyperchi'omiques, toujours symétriques, occupent surtout les paities découvertes, face et mains. Le traitement local en est très décevant, car les taches, atténuées ou disparues, reparaissent. On le pratique avec les exfoliants.
Application le soir (Unna) de :
Oxyde de zine )
Vaseline V jùi .M) gminnies.
Résorciiie )
.... pendant 5 ou 4 jours, après lesquels on recouvre le visage d'un vernis ou d'une colle. Lorsque l'épiderme se détache, on l'enlève tout d'une pièce comme un loup de théâtre.
Darier préfère appliquer au pinceau 5 soirs de suite :
TeinUire de savon de potasse au 1/5. ... . 40 o ranimes.
tiésorcine / ,. .j.
Soufre précipité \ "'
Laisser sécher. Le matin, pulvérisations, crèmes couvrantes. La desquamation est achevée le 8'' jour. Tous ces procédés soni douloureux.
LENTIGO
Les taches de lenligo (signes, grains de beauté) sont des nrevi, plus ou moins nombreux, mais d'ordinaire peu abondants sur chaque sujel.
VISAGE KN GENERAL. 7
disséminés sans règle ni symétrie, caractérisés pai' des taches l'égnlières très foncées, les unes sans relief, les autres iri'égulièrement verruqueuses, pilaires, etc. Sauf exception , on ne s'occupe des lentigines qu'au \isage où elles peuvent, par leur dimension ou leur nombre, être disgracieuses. Leur traitement est celui des nœvi.
XERODERMA PiGM ENTOSU M
Je ne dirai qu"un mot de cette all'ection congénitale familiale, héréditaire, décrite et nommée par Kaposi. Elle occupe le visage, le cou, les mains et les poignets.
En ces régions la peau est couverte de taches pigmentaires de lentigo, de teinte plus ou moins foncée, de dimensions plus ou moins grandes, variant de 5 à (i et 7 millimètres environ.
Ces taches apparaissent et se prononcent de plus en plus au cours de l'enfance ; elles sont rouges d'abord, puis brunes et noires. Ces taches subissent une évolution ultime alrophique et cicatricielle. Le mélange de ces cicatrices aux lésions plus jeunes donne au visage un aspect jaspé caractéristique. Cette maladie qui semble bénigne altère très profondément la peau qui
à la longue s'amincit et se rétracte. Plus tard même cet état se compliquera de tumeurs malignes multiples, sarcomes et épithéliomas, qui pullulent et s'accroissent à ce point d'entraîner la mort du malade dès 15 ans, 20 ans. On peut voir ces épithéliomatoses demeurer bénignes et le malade survivre; cela est rare. Le caractère familial de cette maladie est évident, sa cause inconnue, son traitement nuL
Fit;. 2. — Xerodeniia jiigmcntosum.
MalnJi? de Quijiquaiid. Musée de l'iiôp. St-Louis, n" liOl.)
'^ DEUilATOLOGIE ÏOPOGRAPIIIOIE.
Il est indiqué de protéger le visage et les mains contre l'action du soleil qui est nuisible. Les pommades-pàtes à loxyde de zinc y suffisent, on peut les additionner de chlorate de potasse (1/50) dans le cas où la tendance à répithéliomatose s'accuse.
IMPÉTIGO
La gourme est bien vraiment une aiïection de l'enfant, et une aflection du visage, bien qu'on puisse l'observer à tout âge et en tous
,1, /l°' ^' ~7. l"'l'^''oO contagiosa (slreplococcique) du vis;igo. (Malade de Quinquaud. Musée de l'hôpital Saint-Louis, n» U-2i.)
points du corps. La lésion première est une mince phlvctène claire tôt rompue, et exsudaut alors du sérum à grosses gouttes. Ce sérum concrète en croûtes ambrées recouvre comme un sceau de cire
l"exuk'éi'alion épidermique. Celle-ci s'accroît par une nouvelle phlyctène annulaire, en ourlet autour de la croûte première. A son tour, elle se rompt, se vide, se flétrit. Le sérum touche exsudé s'ajoute à la croûte qui devient rocheuse. Sous la croûte, la lésion est recouverte comme au pinceau d'une mince couenne tibrineuse lilas pâle, carac-
FiG. i. — Iin])r'tiy(i contagiosa (slre]itococciqiie) du visage. iMalade de E. Desnier. Jlusée de l'hôpital Saint-Louis, n° iS7.)
téristique. Elle grandit pendant quelques jours sous la croûte, puis se sèche et guérit, ordinairement en 15 jours, sans cicatrices.
Cette lésion n'est jamais seule, limpétigo procède par poussées {ab impetu). Le visage présente de 5 à 50 lésions successivement nées et à toutes périodes d'évolution. Il existe un impétigo de la conjonctive (kératite phlycténulaire, p. 147), qui s'accompagne de photopliobie intense, et, mal soigné, se termine par une opacité cornéenne détini-
10 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.
tivc (leiicomo). Il y a un impétigo très persistant et même elironiqne des narines (rhinite impétigineuse antérienre), cause de bien des récidives d'impétigo de la face. Il y a un impétigo commissural des lèvres (perlèclie), un impétigo chronique du sillon rétro-auriculaire. I/impétigo de la face s"inocule auxparties découvertes : cou, poignets, mains : aux doigts, c'est la tourniole (périonychose phlycténnlaire) ; il s'inocule fréquemment aux jambes, anx chevilles et aux pieds, où la lésion peut devenir ulcéreuse (ecthyma).
La lésion neuve de rimpéligo contient un liquide séreux, non purulent, qui s'infecte secondairement très vite et passe à la purulence. Même suppuré, ce liquide reste plus liquide que du pus vrai,
La lésion impétigineuse est streptococcique. Le liquide qu'elle contient, recueilli (une goutte) dans l'elTilure d'une pipette contenant du bouillon-sérum, fournit à létuve à 7)1 degrés, en 12 heures, une culture presque pure de streptocoque, qu'on purilie par dilutions et passage dans l'eau de condensation de plusieurs tubes successifs de gélose-urine sur lesquels la séparation défmitive est obtenue. La culture du streptocoque s'obtient de môme de toutes les lésions d'oi'igine impétigineuse. Nous y reviendrons souvent.
La suppuration secondaire des lésions impétigineuses résulte de leur infection par les staphylocoques blancs et dorés, (pii en très peu d'heures y foisonnent. La culture directe surgélose-peptonc les met en évidence. Ils y dissimident toujours et al)solument les colonies streptococciques.
Ces staphylocoques peuvent causer, entre les lésions streptococciques plus haut décrites, des lésions folliculaires orihcielles, pustuleuses d'emblée, qui résultent d'une réinoculation staphylococcique propre, et peuvent être objectivement distinguées des précédentes.
Le traitement de l'impétigo aigu est U)ut entier externe. lUen fait, il donne des résultats excellents.
I" Enlever avec soin toutes les croûtes, soit par raclage immédiat, soit api'ès les avoir ramollies pendant quelques heures pai' des cataplasmes.
2" Aussitôt après — 20 fois le jour — lotiomier toutes les lésions par frictions légères, mais répétées, avec des boulettes d'ouate hydi'ophile mouillées de :
A. Eau dislillée camphrée à saturation ot fillréo. . . ,100 grammes.
Sulfate de zinc '2 —
— (Ii^ cuivre 1 gramme.
ViSAGE EN GÉNÉRAL. 1 1
laisser sécher sans essuyer et recommencer. Ne jamais employer de pansement humide permanent avec ce liquide, sous iiuperméable. La nuit : pâte de zinc.
AxotiL^c fraîche ou vaselino / ~ oa
Oxyde de zinc )
Éviter d'enlever de force les croûtes quand elles sont minces et ne dépassent pas le niveau de la peau.
Ne pas selfrayer de la couleur verte (jue donne aux croûtes le sulfate de cuivre.
Quand une lésion grandit malgré le traitement, récliner soigneusement les bords de la phlyctène grandissante pour bien porter soiis SCS bords le liquide antiseptique par friction un peu appuyée.
On peut employer la solution B au lien et place de la solution A, mais les effets à mon avis en sont moins sins
B. Nitrate d'argent ."> i;rainmes.
Eau distillée : . iO —
('t sou action tinctoriale est plus désagréable.
Voir Œil pour le traitement de la kéiatite phlycténulaire (p. 1 i7).
Voir Narikes, pour le traitement de Timpétigo chronique uarinaire (p. 92).
Voir Lèvres, pour le traitement de rim})étigo commissural (p. 81),
Voir Oreilles, pour le traitement de Timpétigo rétro-auriculaire (p. 121).
Voir Jambes, pour le traitement de limpétigo ulcéreux (ecthyina) (p. 552).
Voir Doigts, pour le traitement de Fimpétigo de ces régions (p. 417).
Voir pour le traitement de la périonychose impétigineuse (toui'niole) (p. i24).