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CHAPITRE DEUXIEME

DES COMPTES COURANTS RAPPORTANT INTERETS ET DU LIVRE DES COMPTES COURANTS DINTERETS.

315. Dans les affaires de quelque importance, toutes les sommes du compte ouvert à un correspondant rapporlent intérêt à 3, 4, 5 ou 6 %, suivant lescondiventions faites. Quelquefois môme l'intérêt est fixé à un taux qui diffère pour le débit et le crédit; ainsi, par exemple, chez un banquier le débit d'un correspondant peut être calculé à 5 %, et le crédit à 3 % seulement '.

Les comptes susceptibles de rapporter intérêt sont tenus au Grand-Livre de la même manière que les autres comptes, sans qu'on se préoccupe nullement des calculs auxquels ils donneront lieu plus tard. C'est un travail tout à fait distinct, auquel on ne se livre qu'au moment même d'envoyer à chacun des correspondants l'extrait de son compte, ce qui a lieu d'ordinaire chez les banquiers régulièrement chaque trimestre ou semestre et chez les négociants tous les ans, ou bien à toute autre époque de l'année, lorsqu'on veut arrêter un compte.

Alors on fait le calcul des intérêts des sommes du débit et des intérêts de celles du crédit : il en résulte une balance des intérêts à la charge ou en faveur du correspondant, balance dont on passe écriture en partie double sur le Journal au débit ou au crédit de ce correspondant, par Pertes et Profits, à moins qu'il n'y ait un compte spécial ouvert à Intérêts sur le Grand-Livre, ce qui a lieu dans les maisons où ce genre de bénéfice est important.

316. Calculer les intérêts d'un compte, obtenir la balance entre ceux du débit

1. C'est payer à ce banquier 5 % pour l'argent qu'il avance, et n'en recevoir que 3 % pour celui qu'on laisse à intérêt chez lui.

et du crédit, balance dont on passe écriture sur le Journal, c'est là ce qu'on appelle arrêter les intérêts d'un compte courant, et solder ce compte.

Il y a dans le commerce, pour dresser les comptes courants d'intérêts, plusieurs méthodes servant à abréger le long travail auquel on serait obligé de se livrer, si l'on voulait calculer séparément par les règles ordinaires de l'arithmétique les intérêts de chaque somme figurant dans un compte.

Une de ces méthodes consiste à multiplier chaque somme par le nombre de jours qu'elle doit porter intérêt, afin d'obtenir ainsi de nouvelles sommes dont on n'a plus à prendre l'intérêt, pour toutes, que pendant un temps égal, pendant un jour; ce qui permet par conséquent d'additionner les sommes du débit, d'additionner aussi celles du crédit, de déterminer la balance ou solde sur lequel il ne reste plus à prendre, une seule fois, que l'intérêt pendant un jour.

Dans ces méthodes, les comptes reçoivent un arrangement différent et des dispositions particulières. Il y a, par exemple, des colonnes dites de capitaux, des colonnes de nombres, de jours, etc., et même il y figure quelquefois des nombres rouges (voir Arithmétique commerciale (livre V, page 782)).

Ces comptes courants, avec tous leurs calculs d'intérêt et leurs dispositions spéciales, doivent être inscrits sur un livre auxiliaire, nommé le Livre des Comptes courants d'intérêts; c'est d'après lui que sont envoyées des copies textuelles à tous les correspondants.

Pour ces calculs d'intérêt, qui sont plus du domaine de l'arithmétique que de la comptabilité, voir Y Arithmétique commerciale (pages 765 et suivantes).

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