‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 140 sur 1459 · EUROPE. — ESPAGNE · texte numérisé non relu

EUROPE. — ESPAGNE

port de Séville (120,000 hab.), à 1 1 7 kilomètres de la mer; et YÈbre (Méditerranée), canalisé depuis Tudela jusqu'à la mer.

Les routes de terre sont pour la plupart mal entretenues, mais l'Espagne possède aujourd'hui 6,500 kilomètres de chemins de fer qui rayonnent de Madrid vers la frontière française, par Burgos et Bayonne ; vers la frontière portugaise, par Badajoz; et vers les principaux ports de l'Atlantique et de la Méditerranée.

Principaux ports. — Malgré la forme massive de la Péninsule espagnole, la situation de l'Espagne, dominant les deux mers et le vaste développement de ses côtes, donnent au commerce maritime une importance dont n'approchera jamais le commerce extérieur par voie de terre, qui ne dépasse pas 85 millions.

Les bons ports sont assez nombreux :

1° Sur le golfe de Gascogne :

Saint-Sébastien, Bilbao, Santander, Gijon, débouchés des fers, des céréales, des vins et des laines des provinces basques et des Asturies.

5° Sur l'Atlantique :

La Corogne, Vigo, au nord du Portugal ; et en Andalousie, Cadix (80,000 h.], le second port marchand de l'Espagne, l'entrepôt de son commerce avec les Antilles, l'Amérique du Sud, les îles Philippines, etc. (580,000 tonneaux pour la grande navigation).

3° Sur le détroit de Gibraltar :

Gibraltar, possession anglaise à l'entrée de la Méditerranée, importante comme relâche et comme entrepôt du commerce anglais avec le Maroc et de la contrebande avec l'Espagne.

4° Sur la Méditerranée :

Almeria et Malaga (100,000 hab.), débouchés des plombs, des vins, des raisins secs, des huiles de l'Andalousie méridionale; Carthagène et Alicante, qui exportent les plombs et les vins; Valence (110,000 hab.), sur le Guadalaviar, entrepôt des produits de son fertile territoire ; Palma, dans l'île Majorque, chefiieu des îles Baléares; enfin Barcelone, la capitale de la Catalogne, la première ville industrielle et le premier port marchand de la Péninsule (200,000 hab.).

Le mouvement total de la navigation extérieure ne dépasse pas 3 millions de tonneaux, et l'effectif maritime 850,000 tonneaux.

Commerce. — Le commerce extérieur de l'Espagne ne s'élève pas à plus d'un milliard. La France, l'Angleterre, les colonies espagnoles, les États-Unis. l'Amérique du Sud et les États barbaresques y prennent la plus large part. Nous tirons d'Espagne pour environ 120 millions (100, commerce spécial) de plomb, d'huile d'olive, d'oranges, de liège, de safran, de soies, de vins, de laines, de nattes d'écorce, de paille ou de sparte, de cochenille, de zinc, de manganèse de minerais de fer, etc.

Nous expédions pour 210 à 240 millions (440, commerce spécial) de cotons bruts, de tissus ou passementerie de laine, de soie et de coton, d'outils et ouvrages en métaux, de mercerie, d'orfèvrerie et de bijouterie, de mules et de bestiaux, de bois communs, de fils de toute sorte, de machines et mécaniques, de peaux brutes ou préparées, de papier, de livres et de gravures, de poterie et de verrerie, d'huiles de pétrole, de meubles, d'horlogerie, etc,

Les conventions (1865-1877) signées avec la France, les conventions de garantie pour les marques de fabrique, le suppression des droits différentiels de navigation, l'adoption de notre système métrique, la réduction des

monnaies à un titre et à une valeur communs, l'ouverture de nouvelles voies ferrées à travers les Pyrénées-Orientales, ne peuvent que multiplier les échanges entre la France et l'Espagne, mais nous avons à redouter la concurrence de l'Angleterre, pour les étoffes, les ouvrages en métaux, les machines, et à tenir compte du goût et des usages nationaux, si profondément enracinés en Espagne, et dont le commerçant doit s'instruire minutieusement avant de hasarder aucune opération.

Colonies espagnoles. — Afrique : Présides du Maroc [Ceuta, Melilla, etc.), îles Canaries (province assimilée), îles Fernando-Po et Annobon.

Amérique : Cuba et Porto-Rico. — Océanie : îles Philippines, Carolines, Mariannes.

PORTUGAL

Le royaume de Portugal (36°, 60', et 42°,10', latitude Nord, 8°34' et 11°,53'r longitude ouest) est situé entre l'Espagne à l'est et au nord, l'Atlantique à l'ouest et au sud.

Les îles Açores et Madères, situées dans l'Atlantique, importantes par leur position sur la route de l'Amérique méridionale et de l'Afrique occidentale, et par leur production en vins, en sucres, en coton, etc., sont regardées comme partie intégrante du territoire portugais.

La superficie totale est de 92,800 kil. carrés, et la population de 4,700,000 h., y compris les îles.

Le climat du Portugal est chaud, mais tempéré par les vents de mer et par la nature accidentée du sol, hérissé de montagnes volcaniques. La culture des céréales suffit aux besoins du pays, mais la véritable richesse agricole du Portugal consiste dans le produit de ses vignes (4 à 6 millions d'hectolitres), de ses oliviers et de ses arbres fruitiers (orangers, etc.).

Les bestiaux, les moutons, les chèvres et les porcs sont assez nombreux, et l'éducation des abeilles et des vers à soie se répand de plus en plus.

Les mines sont abondantes, mais mal exploitées : la houille, le fer, le cuivre, le plomb, l'étain et l'antimoine se rencontrent en veines puissantes. Les salines de Sétuval peuvent rivaliser avec celles de Xérès, en Espagne (3,500,000 hect.).

L'industrie est fort arriérée et ne suffit pas à la consommation du pays.

Les communications intérieures ont fait de grands progrès. Sans parler de la navigation du Tage et du Douro, et des routes de terre dont l'entretien laisse beaucoup à désirer, le Portugal possède aujourd'hui près de 1,200 kilomètres de chemins de fer, qui se rattachent sans interruption aux lignes espagnoles.

La navigation maritime, dont le mouvement s'élève en moyenne à 2,500,000 t., a pour débouchés principaux Lisbonne (250,000 hab.), à l'embouchure du Tage, capitale du royaume; Porto (90,000 hab.), à l'embouchure du Douro, entrepôt des vins du Portugal, et Sétuval, qui doit son importance au commerce du sel et des oranges.

Le commerce extérieur flotte entre 300 et 340 millions, où l'Angleterre entre pour plus de moitié, suivie de loin par la France, le Brésil, les colonies portugaises, l'Espagne, les États Scandinaves, l'Allemagne, la Russie, les États-Unis.

Les principales marchandises que nous demandons au Portugal (9,250,000 fr. dont 8,000,000 au commerce spécial ) sont les soies, les huiles, les oranges, les

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