USAGES COMMERCIAUX ET RÉGIME DOUANIER
Tripoli. — Tripoli est une dépendance de la Turquie, et les droits de douane et de navigation y sont les mêmes que dans les ports turcs.
Le régime du commerce est fort irrégulier, et les négociants européens ne peuvent
gj.ère espérer de sécurité que dans les ports de Tripoli et de Benghazi, grâce à la présence des consuls.
L'une des principales marchandises cotées sur le marché de Tripoli est le sel, dont ûi prix de revient est de 21 francs la tonne et qui peut, malgré le monopole, être livré au commerce à raison de 80 francs la tonne, tous frais payés.
Tunis a pour port la Goulette, où les navires déchargent les marchandises qui sont transportées jusqu'à Tunis sur des sandales ou bateaux plats, au prix de 2 à 3 francs le tonneau.
Tout navire au-dessus de 50 tonneaux paye un droit fixe de 33 francs pour ancrage, etc., et de 0 fr. 35 par homme d'équipage pour aiguade.
Les marchandises étrangères sont soumises à un droit de 3 % ad valorem.
Il existe également des droits de sortie assez élevés sur les principaux produits du pays.
Presque toutes les opérations commerciales se font par l'intermédiaire des maisons européennes ou des négociants juifs; les commissions sont en général de 2 1/2 %. Le désordre de l'administration, les variations du titre de la monnaie et le peu de sécurité des routes offrent au commerce de sérieux obstacles.
Maroc. — Droits de navigation. — Le traité conclu avec l'Espagne en 1861, et dont les dispositions s'étendent à la France et à la plupart des puissances maritimes, établit pour tous les ports du Maroc les taxes uniformes qui suivent :
Pour droit d'ancrage, jusqu'à 50 tonneaux, 5 fr. 26; de 50 à 100 tonneaux, 10 fr. 52; de 100 à 150 tonneaux, 15 fr. 78; au-dessus de 150 tonneaux, 21 fr. 04 par navire.
Pour droit de pilotage, 0 fr. 108 par tonneau dans tous les ports ouverts au commerce, sauf Rabat et Larache, où le droit de pilotage en rivière s'élève à 0 fr. 216 par tonneau à l'entrée et à la sortie, et Mogador, où le pilotage à l'entrée est fixé à 0 fr. 216; les autres frais pour droits aux autorités du port sont de 2 fr. 16 par navire.
A Tetouan, les faux frais montent, en outre, à 4 francs par navire.
Les droits de phare et d'embarcations se payent d'après un tarif fixé dans chaque port.
Régime douanier. — Les, monopoles et prohibitions sont abolis sur toute marchandise d'importation, sauf les tabacs, l'opium et les munitions de guerre, comprenant le soufre, le plomb et le salpêtre ; le droit d'importation ne peut excéder 10 % de la valeur en numéraire. A la sortie, tout monopole est aboli, sauf sur les sangsues, le tabac et les écorces; les droits de sortie sont de 18 fr. 46 les 54 kilogrammes sur la cire ; de 6 fr. 15 sur les dattes ; de 3 fr. 08 sur les gommes; de 7 fr. 69 sur les huiles; de 12 fr. 30 sur la laine lavée; de 8 fr. 46 sur la laine en suint; de 5 fr. 54 sur les peaux; de 10 fr. 67 le kilogramme sur les plumes d'autruche; de 3 fr. 08 le mille sur les cornes. Le gouvernement se réserve le droit de prohibition à la sortie.
Régime du commerce. — Le courtage ordinaire des agents juifs ou maures est de 2 à 2 1/2 %; la commission de vente, de 2 à 3 0/°; celle d'achat, de 3 à 5 %; les achats se font au comptant. Les marchandises d'exportation se vendent en général au cantar de 51 kilogrammes; les laines sur les marchés de Mogador, Rabat et Casablanca se livrent avec 6 % de bonification. La monnaie française est reçue au pair.
ALGÉRIE
30° et 37° lat. Nord; 4° 30' long Ouest et 7° 20' long. Est. — 670,000 kilomètres carrés.
Population : 2,500,000 hab., dont 1,600,000 Kabyles ou Berbères, 800,000 Arabes,
12,000 nègres, 33,000 Israélites et 260,000 Européens.
Bornée au nord par la Méditerranée, à l'est par la Tunisie, au sud par le Sahara, à l'ouest par le Maroc, l'Algérie est la plus importante des possessions françaises. L'Atlas, qui la couvre de ses innombrables rameaux, y détermine trois régions distinctes : sur les bords de la mer et sur les pentes du petit Atlas, le Tell, la région des terres noires, le foyer de la colonisation française, le pays des céréales et des cultures diverses que favorise un climat chaud, mais presque partout salubre, malgré les préjugés contraires, et tempéré soit par la brise de
AFRIQUE
ALGERIE
mer, soit par l'élévation du sol : entre le moyen et le grand Atlas la région des plnteaux, des pâturages, des lacs salés, le domaine de la vie nomade et pastorale, avec ses étés brûlants, ses pluies torrentielles et ses neiges qui rappellent le climat de l'Espagne centrale; enfin sur les pentes méridionales du grand Atlas et jusqu'aux confins du Sahara, la région des sables, des oasis, des palmiers, le pays des dattes, comme dit l'Arabe, que transforment aujourd'hui les puits artésiens, en même temps que les barrages, les canaux d'irrigation fertilisent la région du Tell.