‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 199 sur 1459 · PÊCHES · texte numérisé non relu

PÊCHES

Perles.

Cauries.

Ceylan.

Iles Maldives etLaquedives.

Principaux ports. — L'immense ligne de côtes qui s'étend depuis les bouches de l'Indus jusqu'aux détroits de Malacca et de Singapour est baignée par la mer d'Oman, l'océan Indien, le golfe du Bengale, etc. Les principaux débouchés maritimes sont :

1° Sur la côte occidentale de Vlndoustan (côte de Malabar), Kurrachée (Kouratchi) dans le delta de l'Indus, débouché de la navigation de ce fleuve et des chemins de fer du Pendjaub et du Scinde, rendez-vous des caravanes de Candahar, de Caboul (Afghanistan) et de Kélat (Béloutchistan), marché important pour les laines, les graines oléagineuses, les cachemires, le jute {foires annuelles) ; Cambaye et Surate, ports ruinés par l'ensablement et la concurrence de Bombay.

Bombay (650,000 hab.), chef-lieu de présidence, tête de ligne des chemins de fer de Madras, de Calcutta, de Kurrachée, station de la compagnie péninsu-

laire et orientale, destiné malgré l'insalubrité du climat à devenir le premier port de l'Inde, grâce à sa proximité de la mer Rouge (6 jours d'Aden), est un des principaux entrepôts d'importation européenne et un marché de premier ordre pour les cotons, l'opium, les cafés, les graines oléagineuses, les céréales, les jutes, la laine, le poivre, les peaux brutes, etc. (Mouvement de 4,000,000 tonneaux). Cochin, Calicut, Surate ,Travancore, n'ont qu'une importance secondaire;

2° Dans Vile de Ceylan, Columbo et Trinqaemale, l'un sur la côte occidentale, l'autre sur la côte orientale, débouchés des produits de l'île, et Pointe de Galles à son extrémité méridionale, Tune des stations les plus importantes des Messageries impériales et de la Compagnie péninsulaire et orientale;

3° Sur le golfe du Bengale et la côte de Coromandel (côte orientale de l'Indoustan), Madras (400,000 hab.), chef-lieu de présidence, centre du réseau des chemins de fer du Dékan et marché de premier ordre pour les sucres, les cafés, les indigos, le coton, les graines oléagineuses, les cuirs, les poivres, les épices, les bois, etc. ; Tuticorin et Coconadah, ports de chargement pour les cotons; Calcutta, sur l'Hougly, à 160 kil. de la mer (890,000 hab.), la résidence du gouverneur général et la principale place de commerce de l'Inde, débouché des opiums, des riz, des indigos, des sucres, des soies, des laines, des laques, des chanvres, des cotons, des salpêtres du Bengale et de l'Inde septentrionale (mouvement de 1,950,000 tonneaux); ChiUagong, à l'embouchure du Gange, marché important pour les riz;

4° Au delà des bouches du Gange, dans V Indo-Chine : Akyab, Aracan, Bassein, Rangoun, Pégou (delta de l'Iraouaddy), qui se partagent le commerce des riz, des épices et autres produits de la Birmanie et du littoral anglais ;

Martaban sur le Salouen, Amherstown, Maulmein, centres importants pour le commerce du riz, des arachides, des bois, de l'ivoire et de l'étain ;

Poulo-Pinang , Malacca et surtout Singapour (100,000 hab.), qui commande le détroit de Malacca, sert de station aux grandes lignes de navigation de l'extrême Orient et d'entrepôt non-seulement aux produits de la presqu'île (poivres, cafés, étain, bois, etc.), mais à ceux des Indes néerlandaises, de Siam et de l'hido-Chine orientale. — Le mouvement total de la navigation s'élève à plus de 9 millions de tonneaux.

Voies de communication. — Malgré les efforts de l'Angleterre, les communications intérieures ne répondent pas encore à cette merveilleuse activité du commerce maritime. Dans l'intérieur, les transports se font en partie à dos de bête de somme, ou sur de lourds chariots qui seuls peuvent circuler dans des chemins impraticables pour nos véhicules européens.

Cependant la nature a doté les Indes d'un magnifique réseau de voies navigables : l'Indus avec ses nombreux affluents, tributaire de la mer d'Oman, et navigable en toute saison, de Moullan (Pendjaub) jusqu'à Haiderabad, où commence la navigation maritime; le Gange (golfe du Bengale), navigable sur une longueur de 2500 kilomètres, grâce au canal latéral de Myapour à Caunpour (1432 kil.) ; avec ses ports de Palna, de Bénarès, rendez-vous des caravanes du Népaul et du Thibet, d' Allahabad, etc., et ses affluents la Gograh et la Djemma qui arrose Agrah et Delhi, entrepôts du commerce de l'Inde avec le Cachemire, le Thibet, l'Afghanistan, la Perse, etc.

Le Brahmapoutre, Ylraouaddy, le Salouen, qui arrosent l'Inde transgangétique et le royaume de Birmanie, sont également navigables et déjà sillonnés par des bateaux à vapeur.

Le réseau des chemins de fer de l'Inde compte plus de 4 2,000 kilomètres; les principales lignes sont celles de Calcutta à Delhi et Umritsir (East-India i Railwav) par Bénarès et Allahabad ;

D'Umritsir à Kurrachee par Lahore et Moultan, les deux grands marches du Pendjaub; — De Madras à Calcutta par le littoral du golfe de Bengale;

De Kurrachee à Bombay par Baroda et Surate;

De Bombay à Calcutta par Kalyan, Selgaon, Nagpour et Sambalpour ;

De Bombay à Madras par Pounah et le Dékan.

L'Inde est sillonnée par un vaste réseau de lignes télégraphiques qui se rattachent directement à l'Europe, d'un côté, par Kurrachee, Mascate, le golfe Per- 'sique, Bushir (Perse), Bassorah et la Turquie d'Asie; de l'autre, par la mer d'Oman, Aden, la mer Rouge, Suez, Alexandrie et Malte (télégraphe indien).

Commerce. — Le commerce de l'Inde atteint aujourd'hui 3 milliards, dont près des deux tiers représentent le chiffre des échanges avec la Grande-Bretagne. La France n'y figure que pour 120 à 140 millions à l'exportation directe, et 8 à 40 àl'importation. Sur 140 millions, les cotons (30 millions), les graines oléagineuses, les cafés, l'indigo, le poivre, le cachou, les soies, en absorbent 110.

Nos importations les plus considérables sont les vins, eaux-de-vie et liqueurs, le corail, les soieries; mais une grande partie de nos produits, tels que tissus, vêtements, bijouterie, parfumerie, articles de Paris, cristaux et porcelaines, horlogerie, meubles, papier, etc., parviennent par voie d'Angleterre.

' État social, etc. — L'Inde se pliera difficilement à notre civilisation européenne : le climat, les traditions, la division en castes, la religion, mahométisme, brahmanisme ou boudhisme s'y opposent également; cependant les aptitudes industrielles et commerciales ne manquent pas à la race indoue : il existe dans tous les grands centres des maisons indigènes qui peuvent rivaliser avec les maisons européennes, et les négociants indous, dits Banians, ont des comptoirs florissants en Arabie, en Afrique et même dans les îles Malaises. Presque toutes les grandes entreprises qui se sont multipliées aux Indes comme dans tous les centres de domination britannique, sociétés de commerce ou d'exploitation agricole et minérale, compagnies de navigation, de chemins de fer, d'assurances, banques, etc., ont trouvé des souscripteurs parmi les indigènes, et ce sont des bras indigènes qui exécutent tous les travaux; car les Anglais sont peu nombreux et voués exclusivement aux opérations commerciales et industrielles, ou aux fonctions militaires et politiques (250,000 environ). L'Européen est, du reste, incapable d'un travail manuel sous ce climat dévorant, et le prix excessif de la main-d'œuvre européenne fera toujours préférer le travail moins actif, mais peu rétribué de l'indigène.

L'Inde avec sa nombreuse population, ses richesses, les habitudes de luxe des classes supérieures, est un des marchés les plus importants du monde et l'un de ceux où nos produits français trouveraient le débouché le plus assure, si nous savions consulter le goût des habitants et nous passer de l'intermédiaire de l'Angleterre. L'ouverture du canal de Suez procure au commerce français de nouvelles facilités et lui permet de lutter à forces au moins égales avec les armateurs et les négociants anglais.

Les langues les plus répandues sont l'anglais dans les grands centres commerciaux, le malais dans la presqu'ile de Malacca, et l'indoustant dans le reste de la péninsule. Le système métrique des poids et mesures est le système légal depuis 1 871 .

Colonies portugaises. — Les Portugais possèdent aux Indes, sur la

côte de Malabar, les villes de Goa, Diu et Damao (3722 kil. c, 440,000 hab.), qui n'ont aucune relation avec la France, bien que l'envoi direct d'un certain nombre de marchandises, telles que cotonnades blanches, indiennes, mousselines, draps noirs, gazes de soie, taffetas, etc., pût rapporter d'assez beaux bénéfices. Les droits d'entrée à la douane de Goa sont de 10 °/0.

Colonies françaises. — Les comptoirs français des Indes sont Pondichéry, chef-lieu de nos établissements; Yanaon et Karikal sur la côte de Coromandel, Mahé sur la côte de Malabar et Chandernagor sur l'Hougly (508 kil. c. 270,000 hab.), qui doivent leur importance au commerce du coton, du café, de l'indigo, des guinées, des graines oléagineuses (8 millions exportés en France, 5 millions importés de France) et à l'émigration des coolies indous.

Les marchandises y sont admises en franchise de toute provenance et sous tout pavillon.

Les droits de tonnage sont de 0 fr. 20 par tonneau, à Pondichéry, Mahé et Karikal : le droit de phare (Pondichéry) de Ofr. 15, et le transport par bateau de 4 fr. 88 par tonneau de marchandises.

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