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EMPIRE DU BRÉSIL

(4° 20' lat. Nord et 33° 35' lat. Sud. 37° et 75' long. Ouest. 8,333,000 kilom. carrés, 10 millions d'habitants.)

Situation et productions. — Le Brésil, borné au nord par lesGuyanes et le Venezuela, à l'ouest par la Nouvelle-Grenade, l'Equateur, les deux Pérous et le Paraguay, au sud par la Confédération argentine et l'Uruguay, à l'est par l'Atlantique, n'a rien à envier aux pays les plus favorisés de l'ancien et du nouveau monde. Le climat, bien que chaud et parfois insalubre sur la côte où règne le vomito negro, est supportable pour les Européens : la température est beaucoup moins étevée dans l'intérieur ; le sol, malgré ses âpres plateaux, ses marécages et ses savanes, produit en abondance le café (200 millions de kilog.), la canne à sucre (150,000 tonnes), le cacao, la vanille, les épices, le riz, le maïs, le manioc, le thé américain,les plantes textiles (coton, lin, chanvre), les boisde teinture, d'ébénisterie et de construction, les indigos, les caoutchoucs, les plantes médicinales; les prairies nourrissent de nombreux troupeaux de bœufs, de chevaux, de moutons, dont les laines et le cuir sont une des richesses du pays ; le fer, l'or et l'argent, les diamants, les pierres précieuses, le cristal de roche, sont exploités avec succès ; la houille et le cuivre se rencontrent dans plusieurs provinces.

Débouchés maritimes. — Sur la côte sont échelonnés des ports sûrs et commodes, bien que mal entretenus, Para ou Belem sur le bras méridional de l'Amazone, marché des cacaos et des caoutchoucs, Saint-Louis de Maragnan , Cêara, Parahyba qui exportent les cacaos, les cafés, les sucres, les cotons, les riz, les bois, etc.; Femambouc (120,000 h.), Bahia ou San-Salvador, entrepôt des cotons, des sucres, des cuirs, des cafés, des tabacs du Brésil oriental ; Rio-Janeiro (275,000 hab.), capitale de l'empire, centre de son commerce, et l'un des plus beaux ports du monde (mouvement de l'intercourse 2 millions de tonneaux), Santos, Sainte-Catherine, Porto- Allègre, Rio-Grande, débouchés du Brésil méridional.

Tous ces ports sont desservis par une ligne de vapeurs brésiliens qui part de Rio-Janeiro par des lignes régulières de vapeurs européens, et l'intercourse avec

l'étranger atteint 3 millions de tonneaux, dont 176,000 pour la France et 90,000 sous pavillon français.

Navigation de l'Amazone. — Si le Brésil manque de routes, et si les chemins de fer n'y comptent encore que2,400kil. exploitéset 1, 000 en construction, il possède un merveilleux réseau de voies navigables, celui du fleuve des Amazones et de ses affluents (Tocantins, Madeira,Chingou, Purus, Rio-Negro) , ouverts aujourd'hui à la navigation de tous les pavillons, et la télégraphie électrique fonctionne sur tout le littoral.

Malheureusement le manque de capitaux et de voies de communications, l'indolence naturelle au climat, même chez les blancs (3,800,000), l'esclavage des noirs aboli en principe depuis 4 867, mais qui existe encore en fait, arrêtent le développement industriel et les progrès de la richesse publique.

Commerce. — Le commerce du Brésil a. cependant doublé en moins de quinze ans et s'élève aujourd'hui à plus d'un milliard. La France, qui passe après l'Angleterre, y figure pour 120 millions consistant en cafés, cacaos, cotons, sucres, peaux brutes, caoutchouc et gutta-percha, bois exotiques (palissandre, etc.), crins, poils et laines, plumes de parure, cornes de bétail, graines, cendres et regrets d'orfèvre, cristal de roche brut, chanvre, tapioca, tabacs, noix de coco, etc., qu'elle tire du Brésil: soieries, lainages, toiles, cotonnades, vêtements et lingerie, chapeaux de feutre et de paille, orfèvrerie, mercerie, bijouterie, ouvrages en peau et en cuir, articles de Paris, armes, outils et ouvrages en métaux, machines, horlogerie, poterie et verrerie, meubles, instruments de musique, livres et papiers, produits chimiques et pharmaceutiques, sucre raffiné, vins et spiritueux, conserves alimentaires, viandes salées, fromages, fruits de table, farines et beurre salé (4 millions), qu'elle y renvoie (exportation totale, 80 millions).

Les habitudes somptueuses des classes supérieures, et le goût qu'elles ont toujours montré pour les produits français, favorisent surtout l'importation de toutes les denrées et articles de luxe, et font du Brésil un des marchés les plus importants pour notre industrie manufacturière ou agricole. La langue du pays est le portugais; mais dans tous les ports, l'anglais, le français et même l'italien sont d'un fréquent usage, et il est peu de grands négociants qui ne comprennent au. moins une de ces langues. L'immigration allemande se porte surtout vers l'intérieur, tandis que les immigrants français et italiens se fixent dans les grandes villes de la côte.

URUGUAY

18,100,000 hectares. — 450,000 habitants.

La république de l'Uruguay, bornée par le Brésil au nord, la Confédération argentine à l'ouest et l'Atlantique au sud et à l'est, est arrosée par le Rio de laPlata.

Les immenses troupeaux de bœufs, de chevaux et de moutons qui paissent dans les savanes de l'intérieur sont sa principale richesse. Le centre du commerce de l'Uruguay est la capitale, Montevideo, à l'embouchure du Rio de la Plata, dont la population est composée en partie d'immigrants français, italiens ou espagnols.

D'après les statistiques nationales, le commerce de l'Uruguay s'élève à près de 140 millions, dont plus de 27 pour les échanges avec la France. Les laines, les peaux brutes, les graisses, les viandes salées, les plumes de parure, figurent presque seules à l'exportation; les objets d'importation sont les mêmes qu'au Brésil.

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