‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 258 sur 1459 · Voir pages 331 et suivantes · texte numérisé non relu

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Séparé du bassin du Mississipi par les montagnes Rocheuses, couvert dans l'intérieur de forêts, de plateaux arides, de steppes et de lacs salés, mais arrosé par de nombreux cours d'eau, XOrégon, le Sacramento, le Rio Colorado, fertile sur la côte qui jouit d'une égale et douce température contrastant avec les chaleurs torrides de l'intérieur et le climat rigoureux des hautes vallées et de la partie septentrionale du pays (Washington), le groupe californien a dû son existence à la découverte des terrains aurifères de la Californie (300 à 400 millions par an, de 1848 à 4 860 ; 425 millions en 1874), de Montana (47 millions en 1867), le Colorado, d'Idaho, du Nouveau-Mexique, de l'Orégon et de Washington {55 millions en 1874). L'argent se trouve avec non moins d'abondance dans l'État de Nevada (300 millions en 4 877), l'Utah et le Colorado. Il faut ajouter à ces richesses des mines de cuivre, de mercure, d'étain, de fer, de lignite, la culture de la vigne (4 millions d'hectolitres), des céréales (froment, avoine, orge), des orangers, des oliviers, des figuiers, de la canne à sucre, d'immenses forêts de cèdres et de sapins, de nombreux troupeaux, dont les peaux et la laine sont déjà un objet de commerce important.

Les principaux débouchés commerciaux sont San-Francisco (300,000 hab.), le centre des relations avec la Chine, le Japon, l'Océanie, l'Amérique et l'Europe (mouvement maritime 1,700,000 tonneaux); Sacramento à 225 kil. de San- Francisco sur le fleuve du même nom; Monterey et San Pedro de los Angeles (Californie), Astoria dans l'Orégon, Olympia dans le territoire de Washington, etc.

Peuplée par des émigrants de toutes les nations, y compris les Chinois qui y gardent avec leur opiniâtreté traditionnelle les usages et les lois de leur patrie, encore parcourue dans l'intérieur par des bandes d'Indiens nomades, la région californienne est sortie cependant de cette période anarchique qui a signalé les premiers temps de la fièvre de l'or ; elle a ses compagnies de commerce et d'exploitation agricole ou minérale, ses grandes industries (forges, manufactures de lainages, raffineries de sucre, distilleries, brasseries, fabriques de savon, etc.), ses banques, ses lignes de navigation à vapeur qui rattachent San-Francisco au Japon, à la Chine, à l'isthme de Panama, ses chemins de fer qui franchissent les montagnes Rocheuses, traversent les prairies et permettent de se rendre en sept jours de New- York à San-Francisco, ses lignes télégraphiques qui communiquent avec New-York et tout le réseau des États-Unis.

Le commerce de cette région s'élève à 500 millions au moins, en y compreaant les relations avec les ports américains de l'Atlantique. La France y figure pour 40 à 50 millions, dont 13 à 44 pour l'importation française, qui consiste surtout en vins, liqueurs, fruits et conserves, chaussures, articles de Paris et tissus. Les bois, les laines, les produits de la pêche, les métaux, les céréales assurent un fret de retour que les navires français vont chercher d'ordinaire au Pérou ou au Chili.

Au groupe californien se rattache une acquisition récente des États-Unis, l'ancienne Amérique russe, aujourd'hui territoire dJ Alaska, vaste région couverte de forêts, de volcans et de neiges (1,495,000 kil. a), arrosée par un des plus grands fleuves de l'Amérique du Nord, le Youkon, baignée à l'ouest par l'océan Pacifique et le détroit de Behring, au nord par l'océan Glacial arctique, et qui n'a d'importance que par ses fourrures, ses bois, et par la station commode qu'offre aux baleiniers américains la Nouvelle- Arkhangel ou Sitka dans l'île de Baranofî.

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