‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 440 sur 1459 · KERMÈS · texte numérisé non relu

KERMÈS

Le kermès végétal, appelé aussi graine d'écarlate ou vermillon de Provence, est un insecte de la même famille que la cochenille et qui vit surtout sur le chêne vert. Le kermès de Provence, d'Espagne, d'Italie et du Levant fournit une teinture cramoisie, et s'emploie quelquefois en médecine comme excitant. Le kermès de Pologne, qui jouit à peu près des mêmes propriétés, est moins estimé. Le kermès en poudre se vend 4 à 6 fi*, le kil. à Marseille. — Exempt de droits (tarifs conventionnels et tarifs de 1878).

LAINES

(Anglais, Wool ; allem., Wolle; esp. etital., Lana; russe, Wolna.)

Le commerce des laines le dispute en importance à celui du coton et de la soie. Bien que la production nationale s'élève à plus de 50' millions de kilogr. (laines en suint), notre importation atteignait en 4 875 le chiffre de 128 millions de kilogrammes représentant une valeur de 326 millions de francs.

Suivant le degré de préparation qu'elles ont subi, les laines portent dans le commerce les noms :

4° De lame de toison ou laine en suint, c'est-à-dire n'ayant été ni triée ni lavée, et telle qu'on l'a coupée sur le corps de l'animal. On distingue dans chaque toison la laine mère ou laine prime, coupée sur le dos et le cou de l'animal; la laine seconde, prise sur les cuisses et la queue ; la laine tierce, provenant de la gorge et du ventre, et la laine crottin, souillée par les excréments de l'animal et qui se sépare au lavage ;

2° Laine lavée soit sur l'animal, soit après la tonte, et débarrassée par le lavage du suint, du crottin et des corps étrangers;

3° Laine peignée ou cardée ;

4° Laine filée.

Les laines provenant de la tonte des animaux vivants sont toujours supérieures à celles que fournissent les peaux d'animaux morts, qui portent le nom de pelures ou pelades, et qui sont généralement altérées par la chaux au moyen de laquelle on les détache. Les meilleures laines mortes sont les écouailles au procédé qui sont coupées sur la peau, et qui par conséquent n'ont pas subi l'action de la chaux.

Les déchets ou bourres de laine se distinguent en bourre lanice, provenant du battage sur la claie et du peignage des étoffes; bourre tonlisse, provenant de la tonte des draps et des châles, et employée dans la sellerie et la fabrication du papier de tenture, et bourre entière, provenant du peignage de la laine brute, du filage de la laine peignée, de l'effilochage des étoffes, etc.

Les caractères qui permettent d'apprécier la qualité des diverses sortes de laines sont :

\ ° La finesse du brin ;

2° L'égalité du brin dans toute sa longueur;

53i) DICTIONNAIRE DES M ARCIIANDISES.

5° La forme des mèches ou groupes de quinze à seize brins parallèles qui sont dites carrées quand les brins sont égaux, et pointues quand ils sont inégaux. On appelle toisons fermées les toisons à mèches carrées, et (oisons ouvertes les toisons à mèches pointues; les premières sont les plus estimées;

4" La longueur du brin non étiré, qui est ordinairement en raison inverse de la qualité, les laines courtes étant les plus fines;

5° L'élasticité que l'on peut constater en tirant le brin jusqu'à le briser ; les fragments, dans les laines fines, reprennent leurs ondulations premières, tandis que dans les laines communes ils conservent une raideur caractéristique;

6° L'extensibilité, toujours plus grande dans la laine supérieure;

7° La flexibilité du brin qui se laisse étirer, plier, etc., sans se rompre;

8° La force de résistance ou nerf de la laine;

9° La douceur que l'on apprécie au toucher;

10° La couleur : les laines blanches sont toujours les plus estimées;

]!\0 Le lustre ou l'éclat;

12° La pureté, c'est-dire l'absence de tout corps étranger;

13° L'aptitude à feutrer, indispensable dans toutes les laines qui servent à la fabrication des draps.

Production et commerce des laines indigènes. — Si l'on prend pour base une tonte de 2 kil. 030 par tête pour les bêtes perfectionnées, et de 1 kil. 400 pour les bêtes communes, la production française s'élèverait à 50 millions de kilogrammes environ.

Les principaux centres du commerce des laines indigènes en gros sont :

1° Pour la région du Nord, Tourcoing, Douai, Fourmies, Comines (Nord), Amiens et Vaire-sous-Corbie (Somme), Hucqueliers (Pas-de-Calais), Beauvais, Mouy (Oise);

2° Pour la région de Paris, Paris, Saint-Denis et Étampes,

3° Pour la région de la Champagne, Reims, Troyes, Châlons-sur-Marne, Bar-le-Duc, Sedan, Soissons, Vervins, Pont-Sainte-Marie (Aube), Montmirail et Suippes (Marne) ;

4° Pour la région du Nord-Est, Nancy;

5° Pour la région de la Bourgogne, Chàtillon-sur-Seine, Créancey (Côte-d'Or), et Seignelay (Yonne);

6° Pour la région du Centre, Orléans, Issoudun, le Blanc, Tours, Romorantin, Blois, Aubigny-Ville (Cher), Chartres, Bourges;

7° Pour la région du Sud-Est, Lyon et Vienne (Isère);

8° Pour la région du Midi, Aix, Gap, Nîmes, Clermont et Lodève (Hérault), Carcassonne, Milhau, Saint -Affrique, Toulouse, Marmande, Tarbes, Bayonne, Oloron, Mazamet (Tarn), Grans (Bouches-du-Rhône), Gujan (Gironde), Saugnaç et Pissos (Landes);

9° Pour la région de l'Ouest et du Nord-Ouest, Poitiers, Angers, Fougères, Écouché (Orne), Lisieux, Vire, Falaise, Elbeuf et Rouen.

Nous indiquons dans le tableau qui suit les principales variétés de laines indigènes; la classification et les caractères distinctifs sont empruntés à XEncyclopedie de l'agriculture et extraits d'un article de M. Magne.

LAINES

PRINCIPAUX

Page 1