SEL
(AngL, Sait; allem., Salz: espag., Sal; ital., Sale.) Le sel ou chlorure de sodium s'extrait soit de l'eau de mer, soit des sources salines, soit des dépôts où on le rencontre à l'état de cristaux blanchâtres, transparents et plus ou moins purs qui constituent la variété désignée sous le nom de sel gemme.
Les départements qui se livrent à l'extraction du sel marin sont, dans la région du Midi : le Var, les Bouches-du-Khône, le Gard, l'Hérault, l'Aude, les Pyrénées-Orientales et la Corse; dans celle de l'Ouest: la Charente-Inférieure, la Vendée et la Loire-Inférieure.
Les salines ou mines de sel gemme exploitées en 1869 étaient situées dans la Meurthe (Saint-Nicolas, Vie, Moyenvic, Dieuze, Château-Salins), dans la Moselle (Salzbronn, Sarralbe), dans le Doubs (Arc-Senans, Gémonval), dans la
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Haute-Saône (Fallon, Gouhenans), dans le Jura (Grozon, Montmorot, Salins) et dans les Basses-Pyrénées (Salies, Briscous). Les traités de 4 871 nous ont enlevé toutes les salines de la Moselle et toutes celles de la Meurthe, sauf Saint-Nicolas, La production totale s'élevait en 4 875 à 603,000 tonnes, dont 4 96,000 extraites des marais salants du Midi, 478,000 des marais salants de l'Ouest, et 229,000 des salines.
Nous recevons quelques sels étrangers d'Espagne, d'Angleterre et de Portugal.
On distingue dans le commerce les sels bruts plus ou moins impurs et ordinairement colorés en gris ou en jaune par des matières étrangères, et les sels raffinés d'une couleur blanche plus ou moins éclatante suivant le mode et le degré de raffinage. Le sel gris ou sel de cuisine est imparfaitement raffiné et moulu en gros grain; le sel blanc est en poudre fine ou en cristaux plus ou moins épurés.
Le prix moyen du quintal métrique à l'entrepôt (droits non compris) est de 4 fr. à 4 fr. 50 pour le sel marin ou gemme brut et pour les sels gris ou roux; de
2 fr. 50 à 3 fr. pour le sel blanc (commission des valeurs). Les sels bruts circulent en vrac ou en sacs, les sels raffinés en sacs ou en tonneaux; les uns et les autres se vendent aux 4 00 kilogr. poids net. {Cote de Marseille: sels marins pris à Bouc, les 400 kilog., 4 fr.; à Hyères, 0 fr. 90; à Cette, 4 fr.; à Marseille à l'entrepôt, sel blanc, 2 fr. 50; id. à la consommation, 43 fr. 50.)
Régime douanier. — La taxe de consommation sur les sels est fixée depuis le 26 décembre 1876 à 10 fr. par quintal; les sels français employés à la salaison du poisson sont francs de taxe. On accorde 3 % de bonification pour déchet aux sels gemmes et au sel marin, et 5 % pour les sels bruts de l'Ouest, et pour ceux de la Méditerranée à destination de la Manche et de l'Océan. Outre le droit de consommation, les sels étrangers et raffinés, autres que blancs, payent par la frontière belge 2 fr. 40 ; par les autres frontières, 0 fr. 60; par l'Océan et la Manche, 2 fr. 10; par la Méditerranée, 0 fr. 60 les 100 kilogrammes bruts. Les sels raffinés blancs, par la frontière de Belgique,
3 fr. 30; pnr les autres frontières, 0 fr. 60; par la Manche et l'Océan, 3 fr. 30; par la Méditerranée, 0 fr. 60 les 100 kilogrammes.
SELS AMMONIACAUX.
On donne en chimie le nom de sels à tous les composés qui résultent de la combinaison d'un acide et d'une base, et qui dans la nomenclature chimique sont distingués par la terminaison aie (acétate, sulfate, etc.). Nous renvoyons pour les différents sels ordinairement désignés dans le commerce sous leur dénomination scientifique aux articles spéciaux où nous avons traité de ces produits.
L'usage a cependant maintenu pour quelques-unes de ces substances le nom de sels, accompagné d'un mot qui en détermine la nature ou l'origine. Tels sont : le sel d'Epso?n et de Sedlitz (voir Magnésie, Sulfate de magnésie), le sel d oseille (oxalate acide de potasse), le sel de Seignette (voir Tartre, Tartrate de potasse et de feOUDE) , le sel de Saturne (voir Acétate de plomb neutre), les sels de soude (voirALCALis, Carbonate de soude), les sels d'èlain (voir Étain, Protochlorure), le sel de nitre (voir Salpêtre, Nitrate de potasse) et les sels ammoniacaux dont nous allons dire quelques mots.
Les plus importants parmi les sels ammoniacaux au point de vue commercial et industriel sont :
4° Le Sel ammoniac proprement dit ou chlorhydrate d'ammoniaque {angl., Chloride of Ammonium; ail., Salmiak). C'est une substance cristalline, incolore et inodore, volatile, soluble dans l'eau, difficile à pulvériser et qui cir-
cule dans le commerce brute en masses grisâtres et raffinée en pains blancs, coniques, creux en dedans et translucides. On le prépare en traitant les sels ammoniacaux liquides (résidus de la fabrication du gaz) ou solides (carbonates d'ammoniaque, résidus delà distillation sèche des matières animales), soit directement par l'acide chlorhydrique, soit par l'acide sulfurique ou le sulfate de chaux (plâtre) et par le sel marin. Les produits de ce dernier procédé sont du chlorhydrate d'ammoniaque, du carbonate de chaux et du sulfate de soude. On emploie. ce produit en médecine et dans certaines industries ; le sel ammoniac gris ou blanc se vend de 110 à 460 fr. les 100 kilogr. poids net à l'acquitté.
2° Le Sulfate d'ammoniaque {ail., Schwefelsaures ammoniak) est une substance pulvérulente, soluble dans l'eau, blanche, grisâtre ou noire, suivant le degré d'épuration, que l'on obtient comme produit secondaire dans la fabrication du gaz d'éclairage, les fabriques de noir animal et la préparation du borax avec l'acide borique des lagoni de Toscane, et celle du chlorhydrate d'ammoniaque par le carbonate d'ammoniaque et le sulfate de chaux. ïl circule soit en poudre, soit en morceaux de forme irrégulière. On l'emploie à la fabrication de l'alun, de l'alcali volatil, et son usage comme engrais prend chaque jour une plus vaste i extension. Le sulfate d'ammoniaque gris se vend de 38 à 48 fr. les 100 kilogr.; le sulfate blanc de 60 à 90 fr., poids net.
3° Les Carbonates d'ammoniaque, dont le plus connu est le sesquicarbonate ou sel volatil de corne de cerf, s'obtiennent par la calcination en vases clos des matières animales de toute espèce, sauf les graisses. Le sesquicarbonate est une substance cristalline, blanche, à demi transparente, d'odeur fortement ammoniacale, et qui circule soit en poudre, soit en masses irrégulières. On l'obtient en raffinant le carbonate d'ammoniaque brut qui est de couleur brune ou noirâtre, et on l'emploie en médecine comme excitant (4 fr. 20 à 2 francs le kilogr. net). Régime douanier. — Sels ammoniacaux bruts, 2 fr. 50 ; raffines, 6 fr. 25 ; chlorhyl drate d'ammoniaque brut, C fr. 50; raffiné, 9 fr. 75 les 100 kil. (tar. conv. et ta»-, de 1878). SILICATE DE SOUDE.
{Angl, Soluble alkaline Silicate ; allem., Wasserglas.) Le silicate de soude circule soit en masses incolores, verdâtres ou jaunâtres : à cassure vitreuse, soit en dissolution sous la forme d'un liquide jaune foncé', huileux, et de réaction alcaline contenant de 33 à 66 °/° de silicate. On le pré- : pare soit en faisant fondre dans un four des sables siliceux avec de la potasse ou de . la soude, soit en cuisant dans une chaudière hermétiquement fermée et sous une pression de plusieurs atmosphères du silex chauffé au rouge avec une lessive de potasse ou de soude.- Ce produit s'emploie dans l'impression sur étoffes pour fixer certaines couleurs, mais surtout pour conserver et protéger contre les influences atmosphériques les bois ou les pierres à bâtir. Les fabriques les plus importantes sont celles de Lille, de Thann, de Londres et de la Prusse rhénane. (Prix moyen, 25 fr. les 4 00 kilogrammes.)
Régime douanier. — Anhydre, 4 fr. 20 ; hydraté, 3 fr. 85 les 100 kilogrammes.
UngL, Silk ; allem., Seide ; espag., Seda ; ital, Seta.)
La soie, dont tout le monde connaît la nature et l'origine, circule dans le
commerce sous trois formes différentes • 4° en cocons ou à l'état brut; 2" à l'état
de soie écrue ou grége, c'est à-dire dévidée et pliée; 3" à l'état de soie moulinée
ou ouvrée, c'est-à-dire fïlagée, doublée et tordue.
4° Cocons. — Les opérations qui suivent la récolte des cocons et qui pré
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cèdent la filature sont le triage, Télouffage des chrysalides par la vapeur d'eau ou par l'insolation, et la dessiccation. On regarde comme inférieurs les cocons doubles à coque plus résistante et qui ont été filés par deux vers; les cocons satinés dont le tissu est poreux et mou ; les cocons percés qui ont été ouverts par le papillon, et les cocons chiques où le ver est mort avant l'étouffage et qui sont impropres à la filature. La couleur des cocons varie, suivant les races, du blanc à l'orangé; la longueur, de 2 à à centimètres; le diamètre, de 2 centimètres 4/2 à 1 centimètre 1/4 ; le poids, de 340 à 800 cocons par kilogr. Les cocons se vendent au poids net sur tous les marchés du Midi.
2° Soies grèges. — La soie dévidée et filée après que le cocon a été plongé dans l'eau chaude et dépouillé de sa première enveloppe, prend le nom de soie grège (grèze, gresse) ou écrue. On réunit pour former le brin les fils de plusieurs cocons (moins de 8 pour les soies fines, de 8 à 20 pour les grosses soies) que l'on doit choisir aussi semblables que possible. La qualité de la soie grége dépend de celle des cocons employés et du soin apporté au dévidage et à la filature. Les produits inférieurs appartenant à cette catégorie sont le douppion, soie grossière que l'on retire des cocons doubles ou percés, et qui est ordinairement filée à 10 ou 12 brins; le frison, qui provient de la première enveloppe du cocon, et qui, cardé et filé, prend le nom de fantaisie, et le fleuret ou fleur (ilal., filosello) provenant des fils grossiers qui assujettissent le cocon aux ramilles des bruyères.
3° La Soie ouvrée se divise en trame dont le nom indique l'emploi, et qui désigne une soie redévidée et composée de deux ou trois fils tordus à 100 ou 125 tours par mètre sur le moulin de second apprêt, mais qui n'ont pas subi le premier apprêt, c'est-à-dire la torsion de droite à gauche;
Organsin, que l'on emploie comme chaîne, et qui désigne une soie formée de deux ou trois fils ou bouts, redévidée, filagée (tordue de droite à gauche), doublée et tordue de nouveau en sens inverse du premier apprêt, à un plus ou moins grand nombre de tours, suivant la destination qu'elle doit recevoir. Les qualités supérieures d'organsins portent le nom de soie de Sainte-Lucie;
Poil, soie d'un seul bout très-tordue et employée pour la bonneterie, la rubanerie, etc. ;
Ovalée, soie légèrement tordue et composée de 3 à 16 bouts, pour lacets, cordonnet, broderies;
Grenadine (pour effilé;» et dentelles), composée de 2 bouts tordus à 100 ou 150 tours par mètre.
Les déchets du dévidage et autres produits inférieurs du moulinage portent îe nom de bourre de soie et se filent comme fantaisie.
Les soies destinées à la teinture portent le nom de soies cuites quand elles ont été complètement dégagées, par une immersion prolongée dans l'eau de savon, d'une sorte de glu naturelle nommée grès, d'où le nom de soie grége. Quand le grès n'est qu'imparfaitement dissous, la soie est dite souple ou demi-cuite.
Essayage des soies. — La finesse de la soie dépend du nombre de cocons employés à former le fil de grége, ou du nombre de fils qui constituent la soie ouvrée. On s'en rend compte en pesanl: une longueur fixe de soie à essayer. L'épreuve se fait aujourd'hui par 500 mètres au lieu de 476, et. les poids métriques descendant jusqu'à 5 milligrammes ont remplacé l'ancien poids nommé denier et équivalant à 0sr,053115. Le poids de 500 mètres s'appelle le titre de la soie. L'élasticité et la ténacité de la soie se jugent au moyen du sérimèlre ; enfin les propriétés hygrométriques de cette substance lui permettant d'absorber jusqu'à
30 % de son poids de vapeur d'eau, il est de la plus haute importance pour l'acheteur de se rendre compte du degré de siccité de la marchandise. Cet essai s'opère dans des établissements publics nommés conditions des soies, sur une quantité prélevée dans les diverses parties de la balle à éprouver. On admet comme normale l'humidité qui ne dépasse pas 11 % du poids total.
Les soies grèges de qualité médiocre, outre le grès ordinaire et naturel qui représente 17 à 25 % du poids total, sont quelquefois humectées d'huile ou d'eau de savon qui produisent une surcharge assez considérable. Pour la mesurer, on a recours au décreusage,, c'est-à-dire au lavage répété dans une dissolution alcaline, et la bonification 'à réclamer pour l'acheteur s'établit d'après l'excédant que cette opération accuse sur le poids du grès naturel.
Les conditions publiques pour les soies et les bureaux pour le titrage sont ceux de Lyon, de Saint-Étienne, de Marseille, de Paris, de Nîmes, de Privas, d'Avignon et d'Aubenas. Les frais de conditions s'élèvent à 14 centimes par kilogramme payables moitié par l'acheteur, moitié par le vendeur.
Usages commerciaux. — Les soies grèges circulent pliées en écheveaux, droits ou tordus, en moches ou paquets de 3 kilogrammes, longs de 45 à 50 centimètres, et en bottes ou mateaux de 30 à 35 centimètres de long et pesant 1 kilogramme ; la soie ouvrée en matoaux de poids et de longueur divers ou en bobines. On réunit les écheveaux et les mateaux en balles de poids variables, souvent recouvertes de toile cirée, et plus rarement en caisses de 20 à 50 kilogrammes. Les soies de toute espèce se vendent au poids net.
Pour les affaires qui se traitent en dehors de la condition publique, on accorde à Paris une bonification pour humidité.
Les conditions de terme et d'escompte des principaux marchés sont : à Lyon, 90 jours avec escompte de 12 %, ou comptant dans les 10 jours avec 13 1/2 %; à Paris, comptant san-i escompte pour les soies fermes; comptant avec 14 % ou 30 jours et 13 % pour les autres qualités; à Marseille, comptant sans escompte; à Saint-Étienne, 12 1,2 % et 60 jours; à Londres, 3 mois de terme pour les soies de provenance asiatique, 5 mois pour les soies de France et d'Italie.
Nous indiquons dans le tableau qui suit les principales sortes cotées sur les marchés de Lvon et de Marseille.