‹ Manuel et code d'entretien et de construction, d'administration et de police des routes et des chemins vicinaux résuméChapitre 38 sur 68 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Clauses et conditions imposées à F entrepreneur.

On prend ordinairement sur les routes trois entrepreneurs différens ; l’un est chargé des terxassemens; l’autre, des ragréages et de l’empierrement; le troisième, des travaux d’art.

Ou doit communiquer à chaque entrepreneur la partie du devis relative aux travaux dont il veut se charger; les analyses des prix qui doi- •vertt lui être appliqués; les métrés qui ont été faits par l’ingénieur sur les plans dressés parlai. Enfin , l’entrepreneuF chargé des terrasseraens doit recevoir communication du profil en long et du profil en travers. Celui qui' est chargé dt

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l’exécution des travaux d’art doit prendre connaissance des plans des coupes et des élévations.

Les marchés passés avec les entrepreneurs doivent être réJig^és dans la forme suivante :

1°. On commencera par parler des engagemens réciproques que prennent l’un envers l’autre l’entrepreneur et l’administration qui traite avec lui. ^

2®. Ou expliquera la marche que chaque partie contractante devra suivre pour constater la violation de ces engagemens , lorsqu’elle aura été commise par l’une des parties au détriment de l’autre. ♦

3°. Ou passera ensuite à l’énumération des peines encourues par chacune des parties pour chaque violation.

4o. On désignera les tribunaux devant lesquels les contestations de tout genre devront être portées.

Parlons d’abord des engagemens que l’entrepreneur et l’administration doivent prendre l’un vis-à-vis de l’autre.

Ou commencera par définir les ouvrages ; on désignera nominativement les principaux ateliers de travail , l’époque à laquelle les ouvrages seront commencés sur chacun d’eux, celle à laquelle ils seront livrés; il sera même bon d’indiquer le maximum et le minimum d’ouvriers que l’entreprenenr pourra être obligé de tenir sur ses ateliers.

Celui-ci s’engagera à se conformer à toutes les prescriptions du directeur des travaact, à augmenter et à diminuer le nombre de ses on-

vriers dans les limites comprises entre le maximum et le minimum, toutes les fois qu’il en sera requis; enfin, à subir entre certaines limites fis augmentations et les diminutions de travaux qui lui seront imposées.

D’autre part , l’administration contractante s’engage à verser entre les mains de l’entrepreneur le prix des travaux exécutés à des époques déterminées. Ordinairement on donne à la fin de chaque mois à l’entrepreneur le prix des travaux qu’il a exécutés, moins '/,o de leur valeur, qu’on relient pour garantie de la bonne exécution des ouvrages.

Ouant à la violation des engagcmens, si elle provient du fait de rentrepreneur , on stipule le plus souvent qu’elle sera constatée par un simple procès-verbal de l ingénieur , qui devra être régulièrement signifié à l’entrepreneur, s’il n’aime mieux y adhérer par l’apposition de sa signature, et-si elle provient du fait de l’administration, elle doit être prouvée elconstalée par les moyens généralement suivis en pareille matière.

Viennent ensuite les clauses pénales. Les '•marchés prévoient généralement deux espèces de contraventions. Celles qui ne sont pas trèsgraves donnent lieu à de simples dommagesintérêts exigibles du jour où la contravention a été constatée; les autres emportent la mise des travaux en régie ou la réadjudication à un autre entrepreneur aux risques et périls de celui qui n’a pas tenu ses engagemens. En conséquence, il semble qu’on devrait exig^er de l’entrepreneur, aussitôt après la signature du maf-

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ché, le dépôt d’un cauliorinement sufGsaat pour couvrir tous les frais qui pourraient être mis à sa charge dans le cas où il ne s’exécuterait pas. Mais si on prenait celte mesure à la rigueur, le cautionnement pourrait être assez considérable pour éloigner beaucoup d’entrepreneurs. On peut alors exiger le dépôt d’une somme moindre, et stipuler qu’à chaque paiement il sera fait à l’entrepreneur une retenue égale à la valeur de la dixième partie des travaux exécutés. Cette mesure suffit presque toujours, parce qu’on n’éprouve généralement de dilficullés sérieuses de la part des entrepreneurs que lorsque les travaux sont déjà avancés.

Dans les marchés passés pour le compte de l’administration des ponts et chaussées, il est de droit rigoureux que les difficultés qui peuvent s’élever entre l’adminisiraleur et l’entrepreneur soient portées devant les tribunaux administratifs, et après avoir suivi le cours d’une procédure régulière. Mais lorsqu’une administration - libre contracte , il y a lieu à désigner un tribunal qui prononcera sur les contestations. On stipule ordinairement qu’elles' seront portées devant deux arbitres nommés l’un par une partie, l’autre par l’autre , et qui sont autorisés d’avance à en nommer un troisième, en cas de partage. On se réserve ordinairement pour les cas graves l’appel devant la Cour royale.

Des Métrés.

' Les tableaux de métrés doivent contenir autant de divisions qu’il y a d’ouvrages différens à exécuter. Ainsi , dans un projet de route ou

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222 ROUTES ET GÜEinNSVICIRAUX.— MANUEL.

de obemia ordinaire, on peut adopter les divi» »ions suivantes :

lo. Les terrassemens. Tout ce qui est relatif à

l’extraction et à la distribution des terres doit

être contenu dans le cahier de calcul des ter-

rasses dont nous donnons le modèle plus bas, ainsi que nous l’avons dit au chapitre précédent.

2o. Les propriétés occupées par la route et le chemin. Elles doivent être divisées en autant de classes qu’il y a de propriétaires respectifs. Chaque classe doit contenir autant de subdivisions nommées parcelles, qu’elle renferme dénaturés différentes de terrains. Enfin chaque parcelle doit être évaluée en hectares, ares et centiares. Voici la forme qu’on doit donner à ce tableau :

Les ingénieurs annexent quelquefois aux calculs de terrassemens et de surface un état récapitulatif dont nous avons donné un modèle (Tab. I — n“ 2) , et qui permet de saisir d’un coup-d’œil tout l’ensemble du travail. > .

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' 3®. L’empierrement. Quelquefois l’empierrement dos diverses parties d’une meme route ne doit pas être adjugé au même prix. En ce cas, on. la divise en autant de sections qu’on se propose d’établir de prix différens. Pour avoir le cube de l’empierrement sur chacune d’elles, on prend :

l®. L’épaisseur moyenne de l’empierrement, f 2®. La largeur de la chaussée empierrée.

3®. La longueur de la section.

Le produit de ces trois élémcns exprime I« cube cherché.

4 ®. Les travaux d’art. Cette partie contient autant de divisions qu’on se propose d’exécuter de travaux différens. Dans chaque section, on cube séparément la maçonnerie de moéllon et de pierre de taille en les divisant en autant d’espèces que nous en avons distinguées en parlant de l'exécution de ces sortes de travaux. La maçonnerie de moellon peut être évaluée en bloc. Quant à la maçonnerie de pierre de taille, on est souvent obligé do calculer séparément le volume de chaque pierre.

On évalue ensuite en mètres carres la surface des pareraens ou en pierre taillée ou en moellons piqués.

Pour toutes ces mesures, on se conforme aux règles ordinaires de la géométrie.

Les travaux de charpente s’évaluent au mètre cube comme les travaux en maçonnerie.

Des Analyses de prix ou sous-détails.

Lorsqu’on a mesuré des ouvrages en les rapportant à une unité commune, il faut les évaluer en argent. On est pour cela obligé de commen-

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cer par déterminer le prix d’exécution de chaque unité.

L’ingénieur se rend compte de ces prix en les soumettant à une analyse détaillée.

Supposons, par exemple, qu’il veuille connaître le prix du piochage d’un mètre cube de terre ordinaire; il raisonne ainsi :

Le piochage est exécuté par d&s-hommes , se servant & outils déterminés.

Les hommes travaillent à la journée. De là , une première question : Combien faut-il de journées d’hommes pour exécuter le travail demandé? Il a recours à l’expérience pour en avoir la'solution. Nous supposons qu’un tiers][de journée soit nécessaire.

Il se demande’’, en deuxième lieu, de combien l’outil s’usera-t-il pendant le cours de l’exécution? Nous supposons qu’il perde le '/,oo de sa valeur.

Il cherche ensuite quel est le prix de la journée dans la localité désignée.

Quel est le prix de l’outil dans la meme lo- ' calité.

Il applique à ces élémens les résultats généraux précédemment obtenus , et il en déduit ce qu’on appelle le prix brut de l’ouvrage à exécuter.

Ce n’est pas tout. Lorsque des ouvriers travaillent réunis, on est obligé d’exercer sur eux une surveillance active ,' qui doit être comptée séparément et ajoutée au prix brut. La somme des deux quantités porte le nom de prix de re~ vient.

Enfin', pour qu’un entrepreneur veuille se

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charger de l'exécution des travaux, il est necessaire de lui accorder un bénéûce proportionné à leur importance ; ce bénéfice se calcule pour chaque unité de travail ; ou l’ajoute au prix de revient pour composer le prix de la mise en adjudication.

Les ingénieurs suivent , en général , la méthode suivante.

Ils évaluent les frais de surveillance à '/jo du prix brut, et le bénéfice de renlreprcneur à du prix de revitnl. Souvent ils comprennent le prix des oulils employés dans le ‘/,o de surveillance; c’est la marche que nous avons suivie dans les tableaux annexés à ce chapitre. Celte méthode est cependant très-défectueuse. 11 est, en effet, certain que, sur des travaux étendus, les frais de surveillance sont souvent au-dessous du ‘/îo des prix bruts, et qu’on peut accorder à l’entrepreneur moins du '/,o du prix de revient, et lui laisser néanmoins un bénéfice considérable. Aussi arrive-t-il presque toujours que, lorsque la mise en adjudication a lieu sur des sous-détails composés de cette manière , les entrepreneurs qui se présentent en concurrence pour obtenir l’adjudication font des rabais trèsconsidérables.

Ainsi il faut, pour que les travaux soient exécutés à des prix modérés, laisser aux concurrens le soin de réduire les prix élémentaires à un taux convenable. C’est là un grave inconvénient, et qui est souvent de nature à compro.mettre la bonne exécution des travaux. Il arrive, en, effet, quelquefois que des entrepreneurs ignorans ou de mauvaise foi font sur les

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prix de mise en adjudication des rabais tels , qu’ils ne peuvent se tirer d'affaire qu’en exécu* tant mal. L’ingénieur se trouve alors réduit à l’une des alternatives suivantes :

Ruiner l’entrepreneur.

Lui faire accorder des dédommagemens plus on moins considérables-.

Tolérer une exécution imparfaite.

Ces raisons ont conduit quelques ingénieurs distingués à penser qu’il vaudrait mieux que la rédaction des sous-détails fût plus conforme à la vérité; et qu’au lieu d’adjuger les travaux à l’entrepreneur qui offrirait de faire le rabais le plus considérable, on les livrât à celui qui donnerait le plus de garanties de moralité et de capacité.' Nous exposons cette opinion sans la discuter. Nous dirons cependant qu’une compagnie particulière qui veut faire exécuter de grands tra- ' vaux , et dont les ageiis connaissent bien la localité, a plus d’avantages à traiter de gré à gré avec des entrepreneurs qu’à faire adjuger les travaux au rabais.

Nous allons dire maintenant quel est l’ordre qu’il faut suivre dans la rédaction des sous-détails.

On les distribue en tableaux qui sont divisrâ en six colonnes. La 1™ contient l’indication des' ouvrages et de leurs élémens; la 2«, les prix bruts; la 3®, le ’/jo pour frais de surveillance; la 4®, le prix de revient; la 5«, le ’/,o de bénéfice, ét la 6®, le prix de mise en adjudication. Nous avons dit qu’on tenait toujours compte des frais de surveillance pour le ’/jo du prrix brut. On déroge cependant quelquefois à cette

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règle, et alors, entre la 2e et la 3® colonne du ta* bieau , on en dispose une autre dans laquelle on indique par un nombre la partie du prix brut qu’on prendra pour les frais de surveillance. C’est ce que nous avons fait dans nos tableaux modèles.

En tête des collections de sous-détails pour l’exécution d’une route ou d’un chemin, on doit mettre l’énumération des diverses esj èces d’ouvriers et de voitures qu’on se propose d’employer. En regard, ou écrit le prix brut du travail pour chacun d’eux, le prix de revient et celui de mise en adjudication. Lorsque, pendant le cours de l’exécution des travaux, on charge l’entrepreneur de trouver des ouvriers pour les employer en régie, l’usage est de lui compter les journées augmentées du '/,o de surveillance et du '/,o de bénéfice; mais, en revanche, il doit leur fournir tous les outils nécessaires à l’exécution du travail, et supporter les frais de recherches d’ouvriers , quels qu’ils soient.

Les prix des journées^ clan l fixés, on procède aux analyses proprement dites. On établit entre les ouvrages quelques divisions générales qui correspondent aux principaux chapitres du devis. Chaque division se subdivise en autant d’articles qu’il y a d’ouvrages différens à évaluer. On commence par les ouvrages simples, c’està-dire par ceux dont les prix se déduisent immédiatement des prix des journées. Tels sont le piochage d’un mètre cube de matériaux, le prix d’un mètre cube de chaux, de sable, etc. Oq passe ensuite aux ouvrages composés, dont

les prix ne peuvent être déduits que de ceux des ouvrages simples.. Tels sont le mortier, la maçonnerie, etc-, et bn procède toujours par ordre de complication.

La lecture attentive des tableaux qui suivent ce chapitre achèvera d’éclaircir ce sujet. Nous terminerons donc ici par unesimple observation.

Nous plaçons immédiatement après ce chapitre une collection de sous-détails. Ce tableau est plutôt un modèle à suivre qu’un bordereau de prix réels. Ainsi nous avons adopté quelquefois des hypothèses qui ne se réalisent jamais. Nous avons, par exemple, supposé, en établissant les prix de maçonnerie , que tous les matériaux se trouvent sur les lieux où on les emploie. En réalité, ils en sont toujours plus ou moins éloignés, et on doit faire entrer les transports en ligne de compte. ( Voyez les tableaux ci- joints. )

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