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IMPRESSION SUR MUR POUR PEINTURE MONUMENTALE

MM. Darcet et Thénard, illustres chimistes, ont composé, pour la décoration de la coupole Sainte-Gteneviève, l’enduit suivant, composé de : une partie de cire, trois parties d’huile de lin cuite avec un dixième de son poids de litharge ; après avoir échauffé le mur avec un réflecteur, on applique la composition chaude et on continue de chauffer jusqu’au refus. Cette composition est bonne aussi pour le plâtre ; elle arrête le progrès du salpêtre.

Les peintures d’impressions pour le bâtiment sont de deux sortes : en détrempe ou en peinture à l’huile; on les couche à plat avec des brosses sur les menuiseries, les murs, les plafonds, etc. Leur usage est excellent en quelque couleur qu’elles soient ; elles contribuent beaucoup à la conservation des bois. Appliquées à l’huile, les premières couches doivent être nourries en huile et les secondes en couleur. 11 ne faut pas appliquer une couche que l’autre ne soit sèche. On se sert d’huile de lin et les couleurs sont broyées à la molette avec l’huile d’œillette. Quand on les emploie on y met de l’huile ou essence de térébenthine et un peu de litharge, pour les faire sécher plus promptement et les empêcher de jaunir.

Si l’on veut laver de vieilles peintures, avant d’en i*emettre de neuves, sur d’anciennes menuiseries ou boiseries, on les lessive avec un apprêt d’eau seconde, composée de potasse, alun et sel. Veut-on lessiver de vieilles peintures pour être revernies, on doit couper l’eau seconde au degré que peut endurer le fond sans l’endommager. On emploie aussi du savon noir quand les fonds sont susceptibles de changer.

COiVSIDÉRATIOiVS GÉNÉRALES SUR LES PAPIERS TOILES, PANNEAUX

En Italie, les anciens ont commencé par faire leurs tableaux sur panneaux fort épais et en bois de peuplier ; en Flandre, on adopta le chêne inattaquable par les vers, toujours redoutables à la peinture sur bois. On imagina de les enduire quelquefois de cire ou de résine pour les préserver de l’humidité. M. Tachet fabrique aujourd’hui des panneaux en bois plaqué, croisé en divers sens, qui présentent toutes les garanties possibles de solidité. On imprimait anciennement les panneaux avec de la craie délayée dans de la colle animale ou bien avec du plâtre éteint. Montabert dit qu’aux dixième et onzième siècles, on collait sur les panneaux une toile qu’on imprimait d’un enduit blanc, analogue au stuc. C’est ainsi que les Chinois procèdent pour les grandes pièces de vieux laque, si remarquablement unies; puis les toiles sont venues, qui les ont remplacées, et maintenant elles sont d’un usage presque général.

Il y a néanmoins quelques artistes qui, pour de petits tableaux de genre, préfèrent les panneaux, leur grain lin étant, selon eux, plus favorable que celui de la toile pour terminer et soigner minutieusement certaines parties délicates, entre autres, les nus. Malgré cela, nous pensons qu’on doit s’abstenir d’employer les toiles de lin, et surtout celles de coton; celles de chanvre, les plus fines, écrues, d’un tissu bien égal et tendues sur châssis, avec clefs aux encoignures, sont les meil-

ieures. Celles dont le tissu serait lâche reprennent de la fermeté, si on les enduit d’une couche de colle de gants tiède qu’on étend avec un couteau à manche coudé, en en promenant le tranchant émoussé droit et comme une règle à la surface de la toile, pour en égaliser l’application. L’encollage une fois sec, on ponce, et on applique deux ou trois couches de blanc de céruse, broyé avec une partie d’huile de noix et une d’essence de térébenthine, à la consistance d’une pommade. Au bout de trois ou quatre jours, l’impression sera bonne; elle adhérera suffisamment à la toile et ne sera pas cassante. Cette préparation est peu coûteuse et très-recommandable dans son emploi.

Les tableaux des Vénitiens étaient généralement imprimés avec du plâtre; aujourd’hui on imprime généralement à l’huile.

Les marchands de Paris les impriment en les tamponnant ou en les ponçant après l’impression. On trouve chez eux des impressions très-variées pour la. grosseur du grain, d’une couleur généralement jaunâtre. La pratique et l’observation démontreront les différents partis qu’on peut tirer du plus ou moins de grain de la toile, pour l’exécution pittoresque. Nous reviendrons sur ce sujet en parlant des procédés d’exécution, et nous dirons, en règle générale : qu’un peintre qui voudra exécuter un tableau de petite dimension devra choisir de préférence une toile lisse, à moins. qu’il ne veuille y jeter une esquisse ou pochade rapide et d’une touche un peu heurtée, n’indiquant que des effets brillants de lumière. L’iaipression lisse stimulera et forcera pour ainsi dire le peintre à un fini précieux, qui est un des mérites des petits tableaux. (Voir les admirables peintures des Terburg, Metzu, Meyris, Ostade, etc.; et, de notre temps, les Meissonnier, Paul Delaroche, Decamps.)

11 n’est pas non plus indifférent de faire le trait d’un tableau avec n’importe quel genre de crayon. Nos jeunes arlistes des académies ont l’habitude de crayonner au fusain le trait d’une figure. 11 est évident que le noir du fusain ne fait que salir les tons de chair ; la craie serait à cet égard plus inoffensive ; mais, après avoir tracé une figure nue avec la craie, on fera bien

d’en chercher plus finement les contours avec la sanguine qui a plus de rapport avec la couleur de la chair. Il vaudrait encore mieux esquisser avec des crayons de pastel rosés, demidurs. La mine de plomb est en tout cas d’un emploi détestable. On fait également usage d’un papier collé sur toile et enduit de vernis gomme copal, préparé de la même façon que les toiles : on s’en sert surtout pour peindre des études, d’abord en raison de l’économie qu’on trouve à s’en servir, ensuite à cause de la facilité qu’il offre à l’artiste voyageur dont les toiles ou panneaux augmenteraient de beaucoup le bagage, tandis que vingt on trente morceaux de papier à peindre peuvent aisément tenir dans sa boîte de campagne. Au reste, si ce qu’on a fait sur papier mérite d’être conservé, on peut le faire rentoiler, c’est-à-dire le faire reporter sur châssis, comme il arrive pour la restauration lorsqu’on fait remettre de vieux tableaux sur toiles neuves.

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