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CHOIX DES HUILES POUR PEINTURE

La meilleure et celle de toutes les huiles dont les peintres font le plus d’usage est l’huile de lin ; on doit la choisir claire, fine, ambrée, très-amère au goût, car plus elle l’est, plus elle est siccative, se cuit mieux, et est moins susceptible de gercer, — pour la bien blanchir, il suffit de l’exposer l’été au soleil dans une cuvette de plomb en y jetant du blanc de céruse et du talc calciné, pour précipiter au fond les parties grasses.

Étant plus facile à dégraisser, elle est plus siccative, elle est aussi la moins chère.

A son défaut on doit rechercher l’huile de noix et lorsque ces deux huiles manquent l’huile d’œillette.

L’huile de noix est de toutes les huiles la plus blanche mais la moins siccative, on l’adopte pour le broyage des couleurs claires, telles que le blanc, les gris et que l’huile de lin ternirait un peu.

On évitera de se servir d’huile d’olive ou de navette qui laisseraient les couleurs ou les vernis incapables de sécher et attireraient à elles par-dessus tout la poussière ennemie trèsnuisible aux couleurs.

Dans le cas oùl’on voudrait rebroyer des couleurs (les couleurs en tubes ont toujours besoin d’être plus ou moins rebroyées, on s’aperçoit qu’ellesle sont sulfisamment quand elles sont douces au toucher comme une crème), ou les mêler h de l’essence, esprit ou huile de térébenthine, ce qui est synonyme, il faut broyer du blanc de céruse à l’huile, le détremper dans Tessence ; si cette dernière surnage une demi-heure après, soyez assuré qu’elle est très-employable, si elle ne l’est pas, elle s’incorpore avec le blanc qui épaissit et démontre par là qu’elle n’est pas assez rectifiée. Il faut la choisirlimpide comme de l’eau de roche, et d’une odeur pénétrante. L’huile d’aspic ou de lavande pour broyer et délayer la couleur a l’odeur moins désagréable, est d’un bon emploi.

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