DÉCORATION D’APPARTEMENTS
Depuis que l’industrie des papiers peints a pris un si admirable développement, leur application est devenue générale. On ne peint plus les murs comme on le fait encore en Italie où la peinture en détrempe à la colle est fréquemment pratiquée dans les habitations bourgeoises même les plus modestes. C’est ce qu'on nomme une peinture d'impression, elle se couche à plat avec de larges brosses sur les murs, les menuiseries et les plafonds. Il y en a de deux sortes : en détrempe, et peinture à l’huile.
Les peintures d’impression à l’huile sont d’un bon usage en ce que, de quelque couleur qu’elles soient, elles contribuent beaucoup à la conservation des bois. Les premières couches doivent être nourries en huile, et les secondes en couleur. Il ne faut pas mettre une couche (jue l’autre ne soit bien sèche.
On se sert d’huile de lin et les couleurs doivent être broyées à la molette avec de l’huile d’œillette. Quand on les emploie on y met de l’huile ou essence de térébenthine etunpeudelitharge pour faire sécher plus promptement et empêcher de jaunir.
Détrempe. — Pour faire un bon travail, il faut: 1“ que les fonds soient bien grattés à vif et éviter avec le plus grand soin les fonds à l’huile qu’il faut détremper ; 2® donner un collage général au blanc d’Espagne, reboucher ensuite les trous et fentes avec du mastic, redonner un deuxième encollage, poncer, peau de chienner et passer au papier de verre, redonner une couche de blanc, passer ensuite deux couches de la teinte qu’on a choisi, encoller à la colle de peau, et vernir au vernis à l’esprit de vin.
Dans la peinture faite au vernis, on emploie du blanc de céruse ou toute autre couleur broyée à l’essence et détrempée dans du vernis de Hollande.
L’apprêt de la détrempe ordinaire se fait de même, à l’exception que l’on ne donne qu’un encollage ou deux, selon la nécessité des fonds et une couche de teinte.
ORiVEMEIVTATION, RINCEAUX, ROSACES, BOUQUETS FIGURES ET ATTRIBUTS
TOUS CES GENRES SONT APPLICABLES. — ON TROUVE PARTOUT DES MATÉRIAUX TOUT FAITS EN GRAVURES ET ESTAMPES DE DÉCORATION
Selon la destination de la pièce qu’on veut décorer, on choisit le style et l’époque de décoration architecturale à adopter. On comprend qu’un boudoir de toilette, une salle à manger, un cabinet de travail, une bibliothèque, ne peuvent comporter les mêmes motifs décoratifs.
Nous ne pouvons entrer ici dans les développements étendus que l’art du décorateur comporterait. Nous ne voulons qu’indiquer aux personnes qui voudraient embellir ellesmêmes leurs demeures, (juelques procédés matériels, pour
ainsi dire mécaniques, qu’elles devront employer pour se livrer à ce plaisir. Il faudra tout d’abord se munir d’échelles doubles, de règles longues et plates, d’un mètre, d’un grand compas à tracer en bois à portecrayon, comme celui des écoles de dessin, de quelques grandes équerres en bois, de grands cordeaux pour tringler les grandes lignes, d’un fil à plomb, des crayons blancs et du fusain, et des pinceaux comme pour peindre à l’huile, d’une grande palette avec godets pour les huiles et la colle, et de quelques camions ou pots à couleur. Les couleurs en détrempe à la colle s’emploient à la colle tiède. Comme elles pâlissent en séchant, on a un morceau plat de pierre de terre d’ombre, sur lequel on pose des lèches au pinceau de la couleur qu’on veut essayer, et l’eau encollée de la teinte posée étant immédiatement absorbée, on se rend compte de suite de la valeur qu’aura le mélange.
On devra d’abord compartir les panneaux géométriquement, en trouver les milieux et lignes diagonales de divisions, pour y placer les poncifs des dessins qu’on veut y peindre ; on ponce ces dessins après en avoir piqué les contours, on couche les premiers à plat qu’on laisse sécher, on fait l’ébauche des ombres et des clairs, et, pour les achever, on compose le mordant suivant pour retoucher en détrempe ainsi : une demi-livre d’huile de lin et une demi-livre de térébenthine de Venise qu’on fait bouiliir ensemble ; ce mordant s’applique à chaud et dans les clairs surtout par hachures pour achever les repiqués du modelé.