PROFONDEUR. TEMPERATURE
Eaux du puits Vériac • . . .
Eaux du puits Bigorre
Roc au fond de la mine du Ravin
Roc au fond de la mine de Castillan
Littry (Calvados).
Surface extérieure des mines
Roche au fond de la mine de Saint-Charles ; moyenne de deux stations
Eau du puits Polisson. . . .
Eau du puits des Pavillons.
Decize (Nièvre).
Roche au fond de la mine Jacobé.
, , station supérieure.
■" j station inférieure.
Mètres.
Degrés.
Ces observations ont été faites avec un grand soin : le thermomètre était enveloppé d’une manière lâche dans une feuille de papier de soie , formant sept tours entiers. Ce rouleau , ainsi fermé exactement au-dessous de la boule, était serré par un fil un peu au-dessous de l’autre extrémité de l’instrument, en sorte que l’on pouvait en sortir à volonté la portion du tube nécessaire pour observer l’échelle, sans craindre le contact de l’air. Le tout était renfermé dans un étui de fer-blanc.
On introduisait l’appareil dans un trou de 65 centimètres de profondeur et large de 4, plongeant sous une inclinaison de 15°, de telle sorte que l’air une fois entré dans les cavités , ne pouvait se renouveler, parce qu’il devenait plus froid, et par conséquent plus pesant que celui des galeries. Le thermomètre était maintenu le plus possible à la température de la roche , en le plongeant au milieu de fragments de roche ou de houille fraîchement brisés , et en le tenant quelques instants à la bouche du trou, dans lequel on l’introduisait ensuite ; puis on fermait l’ouverture avec un fort bouchon de papier. Le thermomètre séjournait généralement dans la cavité environ pendant une heure ‘.
1 On voit combien il est facile, an moyen de quelques précautions , de faire des recherches sur l’accroissement ou la diminution de la température à des profondeurs qui ne sont plus soumises aux influences atmosphériques; on ne peut donc s’empêcher de s’étonner que dans les mines de houille de la Grande-Bretagne, qui sont si nombreuses, et dont quelques-unes sont si profondes, on ait fait si peu d’expériences sur la température propre des roches. ( Note de T auteur.)
temperature des sources.
Température de l'eau dans les puits artésiens et dans les mines
abandonnées.
On sait que les puits artésiens sont des trous faits avec la sonde , par lesquels l’eau , provenant de différentes profondeurs sous la surface du sol, s’élève jusqu’à cette surface, et même au-dessus, par suite de l’effort qu’elle fait pour s’échapper. D’après les observations de M. Arago, plus ces puits sont profonds , plus la température des eaux qu’ils fournissent est élevée.
Il résulte des expériences que M. Fleuriau de Bellevue a faites dans un puits artésien, foré sur le rivage de la mer, près de La Rochelle, que la température augmente avec la profondeur. Le puits, au moment de la première expérience , avait 3 ~ pouces de diamètre, et 105 j mètres de profondeur; et il renfermait une colonne d’eau stagnante et saumâtre, qui s’était élevée à la hauteur de 98 mètres. Le 14 février 1830, après que le thermomètre fut resté au fond du puits pendant 24 heures , M. de Bellevue trouva que la température y était de 16°, 25 centig. , l’air extérieur étant à 10°, 6. Ail pieds au-dessous de la surface de l’eau, on ne trouva qu’une température de 13°, 12, après que l’instrument y fut resté 17 heures. Des puits ordinaires, d’une profondeur de 22 à 28 pieds, avaient, dans le même moment, une température moyenne de 8U,75.
Le 22 mars suivant, MAL Emy et Gon firent d’autres expériences sur le même puits, qui était alors profond de 123 mètres 16 centim. ; ils trouvèrent que la température du fond, après que le thermomètre y eut séjourné 25 heures, était de 18°, 12 centig. Craignant qu’il n’y eût quelque inexactitude dans cette expérience, ils la répétèrent le lendemain; mais après avoir laissé l’instrument au fond du puits pendant 13 heures, ils obtinrent exactement le même résultat. M. Fleuriau de Bellevue évalue la température moyenne de la contrée à 11°, 87 centig. *.
Ces expériences furent faites avec un très grand soin, et semblent prouver jusqu’à l’évidence que la chaleur va en augmentant de la surface dans l’intérieur de la terre ; car si la colonne d’eau n’était soumise qu’aux lois ordinaires, sa température deviendrait bientôt uniforme dans toute sa hauteur, par suite de la descente du liquide plus froid et de l’ascension du plus chaud : il faut donc qu’il existe au fond du puits une source de chaleur bien autrement puissante.
Dans les eaux des mines abandonnées, on a fait aussi de nom-
i Fleuriau de Bellevue. ( Journal de Géologie, t. \, p. 89.)
breuses observations qui tendent à prouver que les eaux ne suivent pas les lois de leur plus grande densité dans ces localités, mais que les températures augmentent avec leur profondeur. Certainement , dans beaucoup de cas, tel que celui des mines récemment inondées, l’eau peut être échauffée par la galerie où on a travaillé 5 mais cette influence ne peut se prolonger longtemps- et de nombreuses observations montrent que, dans les mines abandonnées , la température augmente avec la profondeur. Toutefois , dans des recherches de ce genre , il est nécessaire de prendre de grandes précautions pour déterminer la véritable température, et il esta désirer que l’on répète plusieurs des expériences qui ont déjà été faites '.
Température des sources .
On a supposé que la température des sources de la surface donnait à peu près, si ce n’est exactement, la température moyenne des pays dans lesquels elles se montrent. Pour apprécier la valeur de cette hypothèse dans l’application , il faut s'assurer, pour chaque cas particulier, si les eaux qui alimentent les sources viennent d’en haut ou d’en bas, c’est-à-dire si elles partent de la surface et filtrent à travers des couches poreuses, jusqu’à ce quelles soient arrêtées par des couches imperméables; ou bien si, provenant de profondeurs plus grandes comparativement, elles sont forcées par quelques causes de s’élever jusqu’à la surface du sol. Nous sommes assurés que beaucoup de sources sont de la première classe; mais nous le sommes également que beaucoup d’autres appartiennent à la seconde; car leurs températures sont beaucoup au-dessus de celle qu’elles auraient acquise par une simple filtration, en descendant à travers les couches supérieures.
A Paris, les oscillations de la température de la terre ne cessent pas complètement à 28 mètres. Le professeur Kupffer a cherché à établir que les sources qui jaillissent à une profondeur plus grande que 25 mètres au-dessous de la surface, se maintiennent à une température uniforme pendant toute l’année, étant suffisamment garanties des influences atmosphériques. En admettant cette détermination, il est évident que si les sources de la surface n’ont qu’un faible volume et sourdent lentement, leur température pourra être un peu modifiée durant leur passage à travers les 25 mètres, tandis que si elles sourdent avec violence, et si leurs eaux sont abondantes,
1 Une source froide qui viendrait rapidement de la surface se joindre à des amas d’eau au fond d’une mine abandonnée , tendrait à les refroidir.
2(5 TEMPERATURE des sources.
elles ne subiront qu un changement inappreciable dans leur passage à travers cette épaisseur de terrain. Néanmoins, la question de savoir de quel point viennent les eaux reste toujours la même.
Le professeur Kupffer a construit la table suivante, principalement d’après le mémoire de M. de Buch sur la température des sources , et celui de M. de Humboldt sur les lignes isothermes. Il a eu pour but de confirmer les observations de M. Walhenberg, qui a établi que la température des sources, dans des latitudes élevées, est plus forte que celle de l’air, et en même temps celles de MM. de Humboldt et de Buch, qui ont reconnu au contraire qu’à des latitudes basses, la température des sources est moindre que celle de l’air • ainsi il a voulu prouver que la température de la terre est quelquefois très différente de la température moyenne de l’air, et que le rapport entre ces deux températures suit des lois très variées 1 .
localités.
Congo • * •
Cumana
St-Yago (îles du cap X er Rock (Fort Jamaïque). .
Havane
INepaul
Ténériffe . . . . • • • •
Le Caire • • •
Cincinnati
Philadelphie
Carmeaux
Genève
Paris
Berlin
Dublin.
Kendal . . .
Keswick • ■
Koenigsberg
Edimbourg
Carlscrone
Upsal • •
Umeo
Grwartenfiall. . . . .