‹ Manuel géologiqueChapitre 29 sur 121 · LIEU. PROFONDEUR. TEMPERATURE · texte numérisé non relu

LIEU. PROFONDEUR. TEMPERATURE

/'Surface — 1,77

Latitude ) 50 brasses . . . —0,11

76° 16' N. I 123 id +-1,00

V 230 id +0,72 ,

Latitude \ Surface, —1 ,66

79° 4' N. ( 730 brasses. . . . +2,/7

Be plus, à la latitude de 78° 2' N., longitude 0° 10' O., ce savant navigateur a obtenu une température de 3°, 33 à 761 brasses , celle de la surface étant zéro. A la vérité , dans un autre parage , sous le 76° 34' de latitude N. , le même observateur a obtenu une température de 1°,11 à 60 brasses, et de 1°,50 à 100 brasses, après avoir eu 1°,66 à 40 brasses. Mais quand on réfléchit sur les erreurs qui peuvent avoir lieu dans des experiences de cette nature, même quand elles sont faites avec le plus grand soin , ce résultat ne peut infirmer que bien faiblement l’évidence générale, qui (en négligeant beau de la surface , toujours sujette à être influencée par la température de l’air en contact avec elle) semble être constamment dans le même sens, soit qu’elle résulte des observations de Scoresby, Parry, Franklin ou Beechey l.

Le capitaine Kotzebue, à la latitude de 36° 9' N., et à la longitude de 148° O. , a trouvé que l’eau de la surface avait une température de 22°, 16, celle de l’air étant à 22°, 77*,- — à 25 brasses, l’eau n’était plus qu’à 13°, 94 -—h 100 brasses, 11 °, 55 5— et à 300 brasses, 6°, 66: ce qui montre un décroissement graduel de température vers le terme de 3°, 88 à 4°, 44 centig. , ou 39° à 40° Fahrenheit.

1 Les expériences da capitaine Ross sont, à la vérité, opposées à cette même opinion , car elles indiquent un décroissement de température de haut en bas à la latitude de 60Q 44' N., longitude 598 20' O.; après avoir eu , à 100 brasses, — 1°, Il , il a obtenu — 1°,66 à 200, -2°, 28 à 400, et jusqu’à - 3t(,88 à 660 brasses.

Suivant le docteur Marcet , le maximum de densité de l’eau de mer n’est pas à 40° Fahrenheit. Il établit que cette eau diminue de densité à la température de la glace fondante, jusqu’à ce qu’elle soit effectivement gelée. Dans quatre expériences , le docteur Marcet a refroidi de l’eau de mer jusqu’à 19° et 18° Fahr. ( 7°,22 à 79,77 centig.), et il a trouvé qu’elle diminuait de volume jusqu’à 22° (—5°, 55 cent.); après quoi le volume augmentait un peu , et de plus en plus jusqu’à 19 et 18° ( 7°, 22 à — 7 °, 77 cent.). C’est à ce point qu’elle se dilatait brusquement , et se congelait en prenant une température de 28° (— 2°, 22 cent.). Il faut toujours se rappeler qu’une solution saturé? de sel commun ne se solidifie pas, ou ne se convertit pas en glace , à moins d’un abaissement de température jusqu’à 4° Fahr. (—15°, 55 cent.) ; et par conséquent , si la mer était , ainsi qu’on l’a supposé quelquefois , plus salée à de grandes profondeurs , comme cela paraît certain pour la Méditerranée , d’après les expériences du docteur Wollaston , elle ne pourrait se congeler dans le fond à la même température que près de la surface.

A la latitude de 23° 3' N. , et longitude 181° 56' 0. , le capitaine Krusenstern a obtenu, à la surface, 25°, 55} — à 25 brasses, 23°, 88; — à 50 brasses, 21°, 33; et 16°, 38 à 125 brasses.

Dans les latitudes au sud des tropiques, le capitaine Kotzebue a observé une température de 9°, 72 à 35 brasses, la surface de beau étant à 19°, 44 et l’air à 20°, à la latitude de 30° 39' S.; le même navigateur a trouvé que la température, à 196 brasses, était à 3 ü,77, à la latitude de 4 4° 17' S. et longitude de 57° 31' O. , l’eau de la surface étant à 12°, 72, et l’air à 14°, 22.

Les résultats suivants font partie de ceux qu’a obtenus le capitaine Beechey *, sur les températures, à différentes profondeurs et dans différentes localités. A la latitude de 47° 18' S., et longitude 53° 30' O. , la surface de l’eau étant à 9°, 88, il a trouvé 7°, 05 à 270 brasses, 4° à 603 brasses, 4°,50 à 733 brasses, et 4°, 11 à 854 brasses; à la latitude de 55° 58' S., longitude 72° 10' O. , l’eau de la surface étant à 6°, 38, il obtint 5°, 83 à 100 brasses, 5°, 83 à 230 brasses, 5°, 83 à 330 brasses, et 5°, 33 à 430 brasses.

Dans la mer Pacifique il trouva, à la latitude de 28° 40' S. , longitude 96° O,, 21°, 66 de température à 100 brasses, 11°, 66 à 200, 9°, 44 à 300, et 7,22 à 400, l’eau de la surface étant à 23°, 33.

Parmi les observations qu’a faites le même navigateur dans la partie nord de la mer Pacifique, je citerai les suivantes. A la latitude de 61° 10' N., longitude 183<> 28' O., en juillet 1827, il trouva, à 5 brasses 5°, 27, à 10 brasses 3°, 33, à 20 brasses — 1°,39 et aussi — 0°,83 à la même profondeur, probablement par une seconde observation; à 30 brasses — 0°,83; à 52 brasses -J- 0°,27; à 100 brasses + 0°,27 et à 200 brasses encore -f- 0o,27, beau de la surface étant à 6°, 38, et l’air à 7°, 22 ».

Plusieurs observations sur la température de la mer ont été faites à des profondeurs considérables sous les tropiques. Le capitaine Sabine a trouvé, à la latitude de 20° 30' N. , longitude 83° 30' O. , une température de 7°, 50 à 1000 brasses, beau à la surface étant à 28°, 33. Le capitaine Wauchope a obtenu, à la latitude de 10° N., longitude 25° O., une température de 10°, 55 à 966 brasses, beau à la surface étant à 26°, 66; et le même observateur a aussi trouvé ,

1 Beechey, Voyage dans la mer Pacifique.

2 ^ll Premier abord , ces dernières observations pourraient paraître de nature à faire douter de l’exactitude du degré de température auquel on a supposé que la densité de 1 eau atteint son maximum ; mais en faisant attention à la saison de l’année et à la température de l’air au lieu et au moment de chaque observation , on reconnaîtra que l’eau de la surface n’était influencée par la température de l’atmosphère ambiante que jusqu’à la profondeur de quelques brasses , après lesquelles les eaux s’arrangeaient suivant leur accroissement supposé de densiié.

à la latitude de 3o 20' S., longitude 7° 39' E., une température de 5%55 à 1300 brasses, l'eau de la surface étant à 22°, 77. D’autres observations, faites dans les mers entre les tropiques, à de moindres profondeurs, montrent le même décroissement de température en allant de la surface dans la profondeur : ainsi le capitaine Kotzebue, à la latitude de 9°, 21' N. , a obtenu 25° à 250 brasses, l’eau de la surface étant à 28°, 33, et l’air à 28°, 88. Sous l’équateur, à la longitude de 177° 5' O., il a trouvé une température de 12°, 77 à une profondeur de 300 br., l’eau de la surface étant à 28°, 05, et l’air à 28°, 33.

De toutes les expériences qu’on vient de rapporter, il résulte qu’en général les eaux des lacs et de l’Océan s’arrangent naturellement , suivant un certain ordre, dans leurs températures, et que cet ordre, tel qu’il existe, semble prouver que les expériences faites dans le cabinet, d’après lesquelles on a fixé le maximum de densité de l’eau douce entre 39e et 40° Fahr. , ou entre 3°, 88 et 4°, 44 cent. , sont exactes , et que le maximum de densité de l’eau de mer n’est pas très différent.

La probabilité d’une chaleur centrale paraît fondée :

1° Sur les expériences faites dans les mines, lesquelles, nonobstant les diverses causes d’erreurs auxquelles elles sont sujettes , semblent néanmoins prouver, et particulièrement celles qui ont été faites clans les roches elles-mêmes, un accroissement de température en s’enfonçant de la surface dans 1 intérieur;

2n Sur les sources thermales qui se rencontrent très fréquemment, non-seulement parmi les volcans actifs et éteints , mais parmi toutes les variétés de roches, dans diverses parties du monde ;

3° Sur l’existence des volcans eux-mêmes, qui sont distribués sur la surface du globe, et présentent en général entre eux une ressemblance telle, qu’on peut les considérer comme produits par une seule et même cause, existant probablement à de grandes profondeurs-, 4° Enfin sur la température de la masse terrestre à des profondeurs peu considérables en comparaison du rayon du globe, laquelle température ne coïncide pas avec la température moyenne de 1 air sur la surface.

La température du fond des mers et des lacs n’est pas en contradiction avec cette probabilité d’une chaleur centrale eu égard à la loi suivant laquelle, dans les eaux, les différentes parties s’arrangent entre elles selon leur plus grande pesanteur spécifique. La même chose aurait lieu , dans tous les cas , avec ou sans l’existence d’une chaleur centrale terrestre. La température de la terre , à une petite profondeur immédiatement au-dessous de la mer, doit aussi probablement être la même que celle du maximum de densité de

l’eau dont elle éprouve l’impression d’une manière si constante.

Il n’y a pas non plus de discordance entre la probabilité d’une chaleur intérieure et la figure de la terre ou les phénomènes géologiques observés. La figure de notre planète étant celle que prendrait une masse fluide roulant dans l’espace , on peut admettre indifféremment que cette fluidité a été ignée ou aqueuse.

Les observations géologiques attestent qu’il y a eu,, à toutes les époques, des éruptions de matières ignées du sein de la terre, comme aussi des soulèvements de montagnes et de grandes dislocations de la surface du globe, phénomènes tous produits par des forces provenant de l’intérieur, et qu’enfin il y a eu une grande diminution dans la température de la surface. Si nous voulions établir une théorie fondée sur la probabilité d’une chaleur centrale, nous pourrions supposer, comme on l’a fait souvent, que notre globe est une masse de matières ignées qui est en train de se refroidir.

Le baron Fourier considère comme prouvé par la forme de notre sphéroïde , par la disposition des couches internes dont ( comme le montrent les expériences faites avec le pendule ) la densité s’accroît avec la profondeur, et par d’autres considérations, qu’une chaleur très intense a primitivement pénétré toutes les parties de notre globe. Il en a conclu que cette température s’est dissipée dans les espaces planétaires qui nous environnent, dont il considère la température, d’après les lois du rayonnement de la chaleur, comme égale à — 50° centig. ( — 58° Fahr. ). Il a conclu en outre que la terre a presque atteint la limite de son refroidissement. La chaleur primitive contenue dans une masse sphéroïdale égale en grandeur à notre globe, diminuerait plus rapidement à la surface qu’à de grandes profondeurs , où une température élevée se maintiendrait pendant un long espace de temps. Il a déduit de ces circonstances , ainsi que de la température des mines et des sources, qu’il y a une source intérieure de chaleur qui élève la température de la surface audessus de celle que l’action seule du soleil pourrait produire \

i M. Svanberg, pour calculer quelle pourrait être la température des espaces planétaires, part d’un autre principe que celui du rayonnement de la chaleur. Il suppose que les espaces planétaires n’éprouvent aucun changement de température, mais que la capacité pour une élévation de température supérieure à celle qui règne constamment dans les régions éthérées, n’existe que dans les limites de l’atmosphère planétaire. 11 obtient pour le résultat de ces calculs une température de — 49° 85 cent. Voyant que ce résultat était très voisin de celui qu’avait obtenu le baron Fourier, il eut la curiosité de calculer de nouveau la même température, en partant des idées de Lambert relatives à l’absorption que subit un rayon de lumière passant du zénith à travers toute l’épaisseur de l'atmosphère, et il trouva pour résultat — 50°, 85 cent. ; coïncidence remarquable entre les résultats des trois modes de calcul. ( Berzélius , Progrès annuels des Sciences chimiques et physiques ,• Journ. des Sciences d'Edimb., vol. m , nouvelle série.)

Température de V atmosphère.

D’après le pouvoir réfringent du composé gazeux appelé atmosphère qui entoure notre globe, on a calculé qu’il s’élevait au-dessus de la surface jusqu’à la hauteur de 45 milles. Le docteur Wollaston a pensé, d’après les lois de la dilatation des gaz, que l’atmosphere pouvait s’élever au moins à 40 milles, sans que ses propriétés fussent altérées par la raréfaction. A ce sujet le docteur Turner fait observer, que la tension ou l’élasticité d’une matière gazeuse peut être diminuée par deux causes : la diminution de possession et Rabaissement de température. Il remarque en outre que la première seule a été prise en considération par le docteur Wollaston, tandis qu’il lui semble que le froid extrême à de grandes hauteurs suffirait pour limiter l’étendue de l’atmosphère

Quoiqu’il n’y ait aucune partie des continents qui soit assez élevée au-dessus de la surface générale pour être exposée à un abaissement très considérable de température, il y a cependant un giand nombre de montagnes d’une hauteur suffisante pour être couvertes vers leur sommet de ce qu’on a appelé les neiges éternelles , sources fécondes de rivières innombrables, sans lesquelles beaucoup de contrées seraient inhabitables. La ligne des neiges perpétuelles diffère généralement suivant la lattitude , et elle est aussi sujette à de très grande variations par suite de diverses causes locales. On pourra observer quelques-unes de ces variations dans la table suivante, où M. de Humboldt9- indique la hauteur de la ligne des neiges pour plusieurs chaînes de montagnes.

montagnes.

Cordillère de Quito

Cordillère de Bolivia

Cordillère de Mexico

Himalaya, pente septentrionale.

— pente méridionale. .

Pyrénées

Caucase

Alpes

Carpathes

Altaï ...•••

Norwège. intérieur

Idem

Idem

Côtes

latitude.

7 4fl-ï

1 Turner, Eléments de chimie, p. 221.

2 Fragments asiatiques, p. 549.

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