‹ Manuel géologiqueChapitre 89 sur 121 · RESTES DE VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

RESTES DE VÉGÉTAUX

L’ile de Sheppey, vers l’embouchure de la Tamise, a été longtemps célèbre par la

?T«e frui,s 61 graines qu'on v a trouvés; on rencontre aiUeursfdans gde de Londres, de peins fragments et des masses de bois, dont les concrétions

pe?ce°s"parTrrcoTidnaOPP7l fréquemment des fragments. Quelques morceaux sont

Lis au rererfo ce qui montre «°* ie

Sables de Bag shot. Ils reposent sur l’argile de Londres, et se

composent, d’après M. Warburton , de sable ocreux maigre

d argile vert feuilleté, alternant avec un sable vert, et d’une

alternative de marnes mouchetées, blanches et jaune de soufre

ont a structure est feuilletée. Ce dépôt contient un grand nombre

de grains verts et de coquilles fossiles des genres Trochus , Crassatella, Pecten \

Formation d’eau douce de l’île TVight et du Hampshire . Nous sommes redevables à M. Webster d’avoir fait la découverte de ces couches , peu de temps après que les travaux de MM. Cuvier et Brongniart sur les terrains supracrétacés de Paris eurent si vive-

i Outlines of geol. of England and TE ales. 3 Warburton, Geol. Trans., vol. 1, 2* série.

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ment excité l’attention des géologues. Les couches d’eau douce de l’île de Wight sont partagées en deux dépôts par un terrain que caractérise la présence des débris marins , et auquel on a donné le nom de formation marine supérieure , vu qu’on le considère comme l’équivalent des sables qui séparent les deux dépôts d’eau douce du bassin de Paris. Le terrain d’eau douce inférieur de Binstead , près Hyde , au nord-est de File de Wight , comprend un calcaire formé de débris de coquilles d’eau douce , des marnes blanches coquillières , un calcaire siliceux et des couches de sables. A Headen, à 1 ouest de l’île , le meme terrain ne présente que des marnes sableuses , calcaires et argileuses. D’après M. Pratt , on a découvert, dans les couches marneuses inférieures des carrières de Binstead, une dent à1 Amp lotherium et deux de Palœotheriumj de plus, ces débris étaient accompagnés , « non - seulement de plusieurs fragments d’ossements de Pachyderme ( la plupart dégradés , et paraissant avoir été roulés ) , mais encore d’une mâchoire d’une nouvelle espèce de Ruminant qui présente les plus grands rapports avec le genre Moschus L »

Le professeur Sedgwick a observé qu’il y a à la partie supérieure de ce dépôt un mélange de coquilles d’eau douce et de coquilles marines particulièrement dans la baie de Colwell, au nord-ouest de l’île, où l’on trouve dans une meme couche les genres suivants : Ostrea , Venus , Cerithium , Planorbis , Lymnœa.

Les fossiles les plus fréquents dans le dépôt d’eau douce inférieur paraissent être des Paludina , Potamides , Melania ( plusieurs espèces), Cyçlas (deux espèces ), Unio , Planorbis , Lymnœa (plusieurs espèces de ces deux derniers genres ) , Mya , Melanopsis 2.

La formation marine supérieure , observée pour la première fois par M. Webster, a été mise en question par M. G. B. Sowerby. Ce dernier a fait voir que tous les fossiles ne sont point marins , et il en a conclu qu’il n’existait point de séparation reelle entre les formations d’eau douce de File de Wight 3. Postérieurement à ces remarques de M. Sowerby, le professeur Sedgwick a présente sur ces terrains un Mémoire, dans lequel il établit que les couches calcaiies inférieures résultent d’un dépôt tranquille formé dans des eaux douces, mais que les marnes argileuses qui reposent immédiatement dessus présentent un changement complet , non-seulement dans les circonstances physiques du dépôt, mais encore dans les fossiles, dont une partie est d’origine marine, tandis qu’un

i Pralt, Proceedings of the Geol. Soc., IB, Hi.

s Sedgwick, Sur la géologie de Pile de Wight; Ann. qf Philos., 1822.

3 G. B. Sowerby, Ann. of Philos., 182! .

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grand nombre présente des caractères douteux , et qu’on trouve

en outre quelques espèces identiques avec celles des couches inférieures \

Quant à la détermination des fossiles de ce terrain , M. Webster indique, dans la baie de Colwell, un banc épais d’huîtres, et le professeur Sedgwick nous fournit la liste des coquilles suivante-

Murex, au moins deux espèces; Buccinum , Ancilla subulata , Voluia (très voisine de la V. Spinosa ); Rostellaria rimosa (ces deux dernieres coquilles sont rares); Murex effossus (Brander)- M. mnexus (Brander); Fusus (des fragments); Natica, Venus \ Nucula, Corbula, Cor b is, Mytilus , Cyclas , Potamides, Melanopsis, A évita (deux espèces, dont l’une se rapproche de la Mérita fluvialis), et d’autres coquilles d’eau douce.

Ces couches paraîtraient avoir été déposées, comme l’observe le professeur Sedgwick, à remboucbure de quelque rivière- mais pour admettre qu’il ait existé en cet endroit une embouchure, et pour y expliquer la présence de coquilles marines, il faut nécessairement supposer que la contrée a éprouvé quelque révolution physique, et un changement dans les niveaux relatifs des rivages et de la mer, ou dans la configuration des côtes; car les dépôts inférieurs ne contiennent pas de coquilles marines.

Formation F eau douce supérieure. Elle est, d’après M. Webster, principalement composée de marnes d’un blanc jaunâtre, mélangées de parties plus endurcies, probablement parce qu’elles sont plus calcaires. Les fossiles sont, ou d’eau douce, ou terrestres. Ainsi, les circonstances, quelles qu’elles soient, qui ont donné lieu a un mélange de coquilles marines dans le terrain au-dessous n’ont pas subsisté plus longtemps, et le nouveau dépôt d’eau douce, qui présente une épaisseur d’environ 100 pieds, paraît s’être formé tranquillement au fond de quelque lac.

M. AVebster a décrit le premier, en 1821, le terrain d’eau douce de la falaise de Hordwell ( Hordwell cliff ), dans le Hampshire.

Cette ialaise présente des couches alternantes d’argile et de marne, dont quelques-unes sont d’une belle couleur vert-bleuâtre, au milieu desquelles sont intercalées des lits d’une marne calcaire dure, qui parait provenir de débris de coquilles des genres Lymnœa et Planorbis. Le tout est recouvert par un gravier de transport qui recouvre également les différents terrains de la contrée. M. Webster a présumé que cette formation était l’équivalent du dépôt d’eau douce inférieur de 1 île de Wight. Depuis , M. Lyell a publié des observa-

1 Sedgwick, Ann. of Philos., 1822.

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lions plus complètes sur ces couches de Hordwell 5 il paraîtrait en résulter qu’il n’y a point, comme on l’avait supposé , un passage des couches supérieures à un dépôt d’origine marine ; que ce terrain ne contient que des fossiles d’eau douce, et estl équivalent du terrain d’eau douce inférieur de l’île de Wight. Yoici, d après M. Lyell, les fossiles découverts à Hordwell.

Des écailles de tortues ; on a trouvé une tortue près de la baie de Chorness, au nord de File de Wight.

Gyrogonites , ou capsules du Chara medicaginula ; une enveloppe de graine nommée Carpolithes thalictroïdes (Ad. Brongniart)} des dents de crocodile et des écailles de poissons ?

Helix lentaÇBrmder), espèce abondante -, Melania conica , Mêla nopsis carinata , brevis , Planorbis lens , P. rotundatus , Lymnea fusiformis , P. longiscata , L . columellaris , Potamides , P . margaritaceus ? Neritina , Ancylus elegans , t/m’o solandri , gregarea , A/, plana , iff. subangulata (c’est peut-être la My a plana dans le jeune âge)-, Cyclas (deux espèces.)

M. Lyell fait remarquer que, quoiqu’il n’y ait qu’un petit nombre d’espèces, les individus sont extrêmement nombreux, caractère que présentent généralement les dépôts d’eau douce *.

Dans File de Wight, et sur la côte voisine du Hampshire, ces dépôts d’eau douce reposent sur une épaisseur considérable de sable. Comme on rencontre un sable pareil dans les terrains d’eau douce de Hordwell, M. Lyell a pensé que l’on pouvait aussi bien admettre la formation de ces amas de sables supérieurs par des eaux douces que par les eaux de la mer. Quoi qu’il en soit , il doit y avoir eu une grande inégalité de force de transport dans les eaux qui ont charrié les sables , et dans celles qui ont donné lieu au dépôt des marnes, lequel paraît s’être effectué dans un milieu tranquille. Bien que le transport des sables n’exige point une vitesse considérable des eaux , il y a cependant eu nécessairement une différence dans les circonstances qui ont accompagné le dépôt des sables et celui des marnes, quoique néanmoins les circonstances qui ont donné lieu au premier de ces dépôts se soient reproduites en partie pendant la formation des marnes.

ïl est essentiel de remarquer que, d’après la différence de composition minéralogique qui existe entre les terrains supracrétacés de l’Angleterre (Londres et l’île de Wight) et ceux de Paris, il doit y avoir eu une différence très notable dans les circonstances qui ont accompagné le dépôt de l’une et de l’autre de ces formations. Le

1 Lyell, Geol . Trans., série, vol. 11.

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terrain de Paris nous présente des dépôts de carbonate de chaux (calcaire grossier), de sulfate de chaux (terrain de gypse) , et de silice (pierres meulières), genres de formations qui ne sont qu’en partie d’origine mécanique 5 tandis qu’en Angleterre, on trouve peu de dépôts qui n’aient évidemment cette même origine. On ne pourrait en excepter peut-être que les marnes d’eau douce et les concrétions calcaires de l’argile de Londres, ces dernières pouvant être dues à une sécrétion chimique qui s’est opérée au sein des marnes argil o-calcaires postérieurement à leur dépôt. Cependant, il y a une telle analogie entre les débris organiques du calcaire grossier de Paris et ceux de l’argile de Londres, malgré le défaut d’identité parfaite, que ces deux terrains peuvent être considérés comme de formation presque contemporaine ; aussi, malgré les différences minéralogiques que nous présentent ces dépôts , nous les rapporterons à la même époque , ou à peu près, attribuant à des circonstances locales et à des accidents les caractères particuliers que chacun d’eux nous présente.

Les limites de cet ouvrage ne nous permettent point de reproduire ici les travaux de MM. Prévost, Boué, Voltz, Parsch, Lill von Lillienbach, Pusch ‘, et de plusieurs autres géologues , sur les terrains de cette époque dans diverses parties de l’Europe ; nous nous bornerons à donner un précis de quelques observations qui sont trop importantes pour être passées sous silence.

Le professeur Pusch, dans sa description des terrains de la Podolie et de la Russie méridionale, nous fait connaître que, près de

1 Ce géologue fait remarquer que quelques-uns des dépôts supraorétacés de la Russie et de la Pologne présentent la texture oolitique, principalement près de Tiraspol, Latyczexv et Kalnez, sur le Dniester, et dans la chaîne des monts Cecin , près de Czernoxvitz. La structure pisolitique de quelques calcaires supracrélacés est surtout remarquable dans certaines parties de la Pologne; les grains sont ou réniformes ou arrondis, et ont généralement la grosseur d’un pois ou d’une fève, quoique parfois ils acquièrent jusqu’à deux ou trois pouces de diamètre. Ceux-ci sont abondants près de Rakoxv. M. Pusch dit s’être convaincu, par des observations réitérées, que ces concrétions sont dues à des coraux, particulièrement à des Nullipora. Il fait remarquer que les grosses concrétions réniformes de Rakow ne sont autre chose que le Nullipora byssoides (Lam.), ou le Nullipora racemosa (Goldf.). En certains points, et surtout à Skotniki, près Busko, ces roches paraissent être des amas de balles de fusil et de boulets de canon.

L’étude comparative que le professeur Pusch a faite des coquilles contenues dans les terrains supracrétacés de la Pologne et de celles qui ont été figurées par différents auteurs, l’a conduit à ce résultat, que les fossiles des terrains tertiaires de la Pologne se rapprochent beaucoup plus de ceux trouvés au pied des Alpes italiennes et dans les collines sub-apennines que des fossiles de l’Angleterre et du nord de la France; qu en outre, un examen approfondi fait toujours reconnaître que les espèces considérées au premier abord comme identiques avec celles de la France et dePIlalie, sont des variétés de ces dernières.

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Krzeminiec, en Volhynie , au-dessus d’une plaine dont le sol est recouvert de sable et de silex de la craie , on voit des montagnes formées de grès supracrétacés supérieurs dont l’épaisseur s’élève à une hauteur de 396 pieds au-dessus de la rivière d’Ikwa, et se continue dans la profondeur jusqu’à 60 pieds au-dessous de ce même niveau. Yoici la coupe qu’il en a donnée.

1. Vingt pieds d’un sable cimenté par un peu de carbonate de chaux, contenant un grand nombre de petites coquilles, et des madrépores qui se rapprochent du M. cervicornis.

2. Quarante pieds d’un grès calcaire, où l’on trouve beaucoup de coquilles des genres Cardium , Venericardia et Area.

3. Soixante pieds d’un grès quarzeux compacte et poreux : ses cavités sont remplies de sable blanc 5 il contient un grand nombre de Venericardia ^ la partie inférieure est très calcaire.

4. Quatre-vingts pieds d'un calcaire marneux , riche en Modiola striées, en Pecten , et autres coquilles.

5. A soixante pieds au-dessous de la surface , on trouve un grès blanc quarzeux et légèrement calcaire, où se rencontrent, en grand nombre, des Venericardia , des Trochus , et des Paludina ou Phasianella.

« D’après M. Jarocki, en perçant un puits, en juin 1829, on trouva, dans cette dernière couche (n° 5), une défense et une dent molaire d’éléphant, que l’on conserve dans le musée de Krzeminiec. On y a aussi observé d’autres ossements qu’on n’a pu détacher de la roche ‘. » M. Pusch dit plus loin que ce terrain présente absolument les mêmes caractères minéralogiques et zoologiques que les grès tertiaires de Szydtow et Chmielnik, en Pologne-, et que le fait qu’on vient de citer est analogue à la présence déjà observée de dents et défenses d’éléphant dans le grès tertiaire de Rzaka et de Wieliczka, qui contient des Pecten polonicus , des Saxicava et autres coquilles marines. Le lecteur reconnaîtra aussi que ce fait coïncide avec la présence simultanée de débris de grands pachydermes et de fossiles d’origine marine en d’autres points de l’Europe.

On aura sans doute remarqué que les détails qui précèdent sur les terrains supracrétacés, quoique peut-être déjà trop étendus pour un manuel de géologie, ne contiennent que des observations faites dans diverses parties de l’Europe. Néanmoins , il est constant que des terrains de même nature sont assez abondants dans d’autres parties du monde , et nous avons même la certitude qu’en certains

1 Pusch, Journal de Géologie, l. 2.

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points, par exemple dans Y Inde , ils couvrent des étendues de pays très considérables; mais nous les connaissons encore trop imparfaitement pour entreprendre de les comparer avec les dépôts connus de l’Europe.

Le docteur Buckland, d’après des renseignements fournis par M. Crawfurd, qui a recueilli sur les bords de l’Irawadi, dans le royaume dCAva , une grande quantité de fossiles, a conclu que probablement il existait dans cette contrée un terrain supracrétacé dont les fossiles lui ont présenté les genres Ancillaria , Murex , Cerithium , Oliva , Astarte , Nucula , Erycina , Tellina , Teredo , ainsi que des dents de Requin et des écailles de poissons. Ces débris organiques sont empâtés dans un calcaire grossier très coquillier et mélangé de sable.

On a encore découvert entre Prome et Ava, dans le voisinage de plusieurs sources de pétrole , un gisement abondant de débris de mammifères et d’autres animaux, mêlés d’une grande quantité de bois silicifié, dans un terrain de sable et de gravier. Les ossements ou dents d’animaux vertébrés qui y ont été trouvés appartiennent aux espèces suivantes: Mastodon latidens (Clift), M. elephantoïdes ( Clift ), Hippopotame , Porc, Rhinocéros , Tapir , Bœuf , Cerf , Antilope , Try onyx , Emys et Crocodile ( deux espèces ) \

M. Scott a observé dans les monts Caribary , sur la rive gauche du Brahma-Putra, un terrain qui appartient probablement à l’époque supracrétacée. En voici la coupe, en commençant par les couches les plus inférieures.

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