‹ Manuel grammatical à l'usage des compositeurs typographes, ou LesChapitre 21 sur 44 · CONJUGAISON DU VERBE ÉTRB · texte numérisé non relu

CONJUGAISON DU VERBE ÉTRB

Indicatif. Présent, — Je suis; tu es; il ou elle est; nous sommes; vous êtes ; ils ou elles sont.

Imparfait. -^i' étais; tu étais; il était; nous étions; vous étiez; ils étaient.

pMsé défini. — Je fus; tu fus; il fut; nous fûmes; vous fûtes; ils furent.

Passé indé/ini. — J'ai été; tu as été; il a été; nous avons été; vous avez été; ils ont été.

Passé antérieur. — J'eus été; tu eus été; il eut été; nous eûmes été; vous eûtes été ; ils eurent été.

Plus-que-parfait. — J'avais été; tu avais été; il avait été; nous avions été; vous aviez été; ils avaient été.

Futur, — Je serai; tu seras; il sera; nous serons; vous serez; ils seront.

Futur antérieur. — J'aurai été^ tu auras été; il aura été; nous aurons été; vous aurez été; ils auront été.

GoNDiTioiiNBL. Présent. — Je serais; tu serais; il serait; nous serions; vous seriez; ils seraient.

Passé. — J'aurais ou j'eusse été; tu aurais ou tu eusses été; il aurait ou il eût été; nous aurions ou nous eussions été; vous auriez ou vous eussiez été ; ils auraient ou ils eussent été.

iBPéuÀTiF. — Sois; soyons; soyez.

Subjonctif. Présetit ou futur, — Que je sois; que tu sois; qu'il soit; que nous soyons; que vous soyez; qu'ils soient.

Imparfait. — Que je fusse; que tu fusses; qu'il fût; que nous fussions; que vous fussiez ; qu'ils fussent.

Passé. — Que j'aie été; que tu aies été; qu'il ait été; que nous ayons été; que vous ayez été; qu'As aient été.

Plus-que-parfait. — Que j'eusse été; (|ue tu eusses été; qu'il eût été; que nous eussions été; que vous eussiez été; qu'ils eussent été.

iNFiNrrip. Présent.Ètre. — Passé, Avoir été. — Participe présent. Étant. — Participe passé. Été ; ayant été.

DE L'ORTHOGRAPHE DES VERBES

Les verbes en er qui ont un é aigu à ravant-dernière syllabe de rinfinitif , comme les verbes altérer, receler, ctder, gardent cet accent au futur et au conditionnel. Exemples :

Futur.

Je coderai.

Tu coderas.

Il codera.

Nous csderons.

Vous csderez.

Ib coderont.

Ainsi de même pour les verbes suivants :

Conditionnel.

Je coderais.

Tu coderais.

Il coderait.

Nous céderions.

Vous céderiez.

Ils céderaient.

accéder.

décéder.

opérer.

accélérer.

empiéter.

persévérer

concéder.

espérer.

préférer.

considérer.

excéder.

régner.

révéler, succéder, tolérer, etc.

DE L'ORTHOGRAPHE DES VERBES. SI

Mais au lieu d'un é aigu, ou mettra un è grave à toutes les autres personnes du verbe qui se terminent par une syllabe muette {*)-, c'est ce qui a lieu aux trois premières pers. du sing.*, ainsi qu'à la 3"" du plur. ** de rindic. présent et à la 1" pers. de Timj ' '' ~

Indica lif frètent •• Impératif :

Je cède. *** càde.

Tu cÈdes. cédons.

Il cÈde. cédez.

Nous cédons.

Vous cédez.

** Ils cèdent.

Les verbes terminés en er qui ont un e sans accent à Pavantdernière syllabe de Tinfinilif , comme les verbes semer y lever, mener, changent, dans toute la conjugaison, cet « en é grave devant une syllabe muette. Exemples :

Je màne. Je sàmerais.

Tu niîtnes. Tu sîmerais.

Il mine. Il sàroerait.

Nous menons. Nous sÈmerions.

Vous menez. Vous simeriez.

Ils mÈnent. Ils sèmeraient.

On doit orthographier de même les verbes suivants :

Dépecer, enlever, peser, promener, ramener, relever, etc.

Les verbes terminés à l'infinitif en éer, comme créer, gréer, agréer, suppléer, procréer, ragréer, désagréer, recréer, récréer, et les yerbes en éger, comme abréger, protéger, conservent l'accent aigu sur Te dans toute leur conjugaison, et ne prennent jamais un è grave. Exemples : Je crte. J'agréerais, tu supplieras, j'abrège, je protège, nous protégerons.

Les verbes terminés à l'infinitif par éler, eter, comme appeler, jeter, doublent la consonne leit devant un e muet. Exemples :

Appblbk .... J'a]^peLve, ils appehteront, qu'ils appeiA^ent. Jbtxr Jejeme, vou8 jerrerez , iUjemeront,

Mais dans tous les autres cas, les lettres / et f ne se doublent pas : Happera, ils appehèrent; il jetait, ils jeièrent.

Cette règle est applicable aussi aux verbes venir, prendre, et leurs dérivés, qui doublent l'n devant un e muet.

Sont exceptés de cette règle les verbes suivants : acheter, becqueter, décolleter, épousseter, étiqueter, racheter, bourreler, celer, déceler, geler, dégeler, congeler, harceler, modeler, marteler, peler, qui , au lieu de doubler les lettres / et t, prennent un è grave devant Ve muet : J'achtte, je bourrtle, il décile, ilgtle, etc., et non j'achertte , je hourrevLC, il gevte.

Les verbes qui ont à l'infinitif deux t ou deux l, les conservent dans toute leur conjugaison ; tels sont regretter, émietter, er^etter, fouetter, guetter, seller, desseller, sceller, desceller, exceller, erûmieller, flageller, interpeller, libeller, quereller, se rebeller, etc.

(i) On nomme syllabe maette une tyUabe oui a le son tr£s-falble et qui ne se prononct presque pas, comme la dernière syllabe de eeoi, mèst.

DE L'ORTHOGRAPHE DES VERBES

Les verbes en ayer et en eyer, tels que payer, rayer, grasseyer, gardent Vy dans toute leur conjugaison , c'est-à-^ire que dans aucun temps ils ne prennent Yi simple. Exemples :

Je vaye; il raye; ih grasseyeront.

Je baîaye; tu essayes; ils effrayeraient (*).

Mais les verbes terminés à Tinfinitif en oyer et uyer, comme ployer, employer, ennuyer, essuyer, changent y en t chaque fois qu'il est suivi d*un e muet. Exemples :

J'emploie; tu ploies; qu'il ploie.

J'appuie; tu essuies; il s'ennuie.

Tous les verbes qui ont le participe présent terminé en yant, comme dans les verbes payer, employer, appuyer, dont le participe présent est paTANT, emploYkVT, appuY avt^ prennent un i après Vy à la 1" et à la 2^* personne du pluriel de Timparfait de l'indicatif* et du présent du subjonctif**. Exemples (*) :

Imparfait de l'indicatif :

Je payais.

Tu payais.

II payait.

^ c Nous payions, i Vous paytei.

Ils payaient.

Et de même dans les verbes suivants :

aboyer.

balayer.

bayer.

bégayer.

choyer.

côtoyer.

coudfoyer.

croire.

ennuyer.

déblayer.

essayer.

défrayer.

essuyer.

délayer.

fuir.

déployer.

ffrasseyer louvoyer.

effrayer, employer.

nettoyer.

Présent du subjonctif:

Que je paye.

Que tu payes.

Qu'il paye.

^^ j Que nous payions.

I Que vous payiez.

Qu'ils payent.

noyer.

ployer.

rayer.

rudoyer.

tutoyer.

voir.

etc. , etc.

Remarque. — Ne confondez pas avec Yimparfait de l'indicatif le présent de l'indicatif, temps dans lequel Vy des deux personnes du pluriel n'est jamais suivi d'un t ***, comme on peut le voir ici :

Je paye.

To payes.

H paye.

ÎNous payons.

Voat payei.

Ils payent.

Tous les verbes qui ont le participe présent terminé en tant, comme dans les verbes crier, lier, prier, dont le participe présent est crikfrr ,

(<) Quelques personnes, et V Académie semble antoriser cot usng*«, remplacent Vy par un < simple dans ces verbes, aux troisièmes personnes du présent de l'indicatir, du fotur et du conditionnel présent ; cependant il n'est guère possible de prononcer ni d'écrire ces verbes qa'avee l'y avant un e muet. V Académie cUe-méme , tout en autorisant l'emploi de l't, donne constamment la préférence à Vy : elle écrit donc : /« paye, tu payes ; que j0 paye , que tu payée ; etc. . .

(I) Sont exceptés les deux verbes avoir et Are, qui font ayoïu, ayez; ioycnf, $oyex , sans t apr^ l'y.

DE L'ORTHOGRAPHE DES VERBES

liÂVTj priART, prennent deux H à la i'* et à la 2"' personne du pluriel de rimparfait de Tindicatif ^ et du présent du subjonctif^. Exemples :

Imparfait de Vindicatif:

Je priais.

Tu priais.

Il priait.

( Nous priions, î Vous prtïeK.

Us priaient.

De même dans les verbes :

Présent du tubjonetif ••

Que je prie.

Que tu pries.

Qu'il prie.

( Que nous pnïons.

) Que vous priiez.

Qu'ils prient.

allier.

dédier.

apprécier.

délier.

associer.

étudier.

bonifier.

expier.

certifier.

fortifier.

copier.

gratifier.

initier.

manier.

nier.

néffocîer.

oublier.

parier.

plier.

relier.

rire.

scier.

sacrifier.

simplifier.

supplier.

trier.

varier.

vérifier.

vicier.

etc. , etc.

Bemarque. — Gomme pour les verbes en yant, ne pas confondre j'i»!parfait de l'indicatif avec le j^rétent de ce temps, dont les deux premières personnes du pluriel *'* s'écrivent avec un seul t. Exemple :

Je prie.

Ta pries.

II prie.

Nous prions.

Vous pries.

Ils prient.

Ce n'est qu'aux verbes de la \" conjugaison, c'est-à-dire les verbes terminés à Tinfinitif en er^ qu'on met un e devant les terminaisons rai, ras, rais, rait, etc., du futur et du conditionnel. Exemples :

Futur :

Je crÎErai.

Tu crisras.

Il criera.

Nous criBrons.

Vous crifirez.

Us crisront.

Conditionnel :

Je crÎBrais.

Tu eriirais.

Il criBrait.

Nous crisrions.

Vous crinriez.

Us crisraient.

Ainsi on n'écrira pas : J*apercev^ra\, je mndtrai, tu répondfxas, mais j'apercevrai, je vendrai, tu répondras, parce que les verbes apercevoir, vendre, répondre, ne sont pas de la 1" conjugaison.

Le verbe cueillir et ses dérivés, quoique n'étant pas de la 1'* conjugaison , font exception à celte règle et prennent un e au futur et au conditionnel : Je cueillErai, nous cueillErons, etc.

Remarque. — En poésie, on supprime quelquefois la lettre e qui précède les terminaisons rat et raie du futur et du conditionnel des verbes en er, mais alors on met un accent circonflexe sur la voyelle qui précède. Exemples : Je jouirai; je joxirai; je prierai y je prtrai.

Les verbes terminés à l'infinitif en uer, ouer, comme continuer, vouer, et les verbes conclure et exclure, prennent l't tréma aux deux

DE L'ORTHOGRAPHE DES VERBES

premières personnes plurielles de Timparfait de l'indicatif* et du présent du subjonctif **. Exemples ;

Présent du subjonctif :

Que je continue.

Qae tu continues.

Qu'il continue.

( Que nous continuions.

( Que vous contînmes.

Qu'ils continuent.

Même remarque qu'aux deux règles précédentes pour l'indicatif présent.

Les verbes suivants et leurs dérivés prennent deux rr au futur et au conditionnel : courir, envoyer, mourir, pouvoir, voir, ainsi que acquérir, conquérir, déchoir et échoir. Exemples:

Imparfait de Vindicatif:

Je continuais.

Tu continuais.

II continuait.

^ j Nous continuions.

I Vous continuiez.

Ils continuaient.

Futur .' Je courrai.

Tu courras.

Il courra.

Nous courrons.

Vous courrez.

Ils courront.

Conditionnel :

Je courrais.

Tu courrais.

Il courrait.

Nous courrions.

Vous courriez.

Ils courraient.

A tous les autres temps ces verbes ne prennent qu'un r.

Dans les verbes de la t"et de la 3'°* conjugaison terminés par cer et par cevoir, le c prend une cédille (p) devant a, o, u. Exemples :

Avancer .... J'avançais , nous avançons , avançant. Concevoir ... Je conçois , il conçoit.

Les verbes en ger prennent après le ^ un e ^ chaque fois que cette lettre g est suivie d'un a ou d'un o. Exemple :

Manger U mangea, nous mangzons.

Dans les verbes gésir, clore et enclore, paraître et ses analogues, les voyelles i, o, prennent un accent circonflexe devant la consonne t : il gît, il clôt, il enclôt, il parait.

Le verbe hair prend Vï tréma à tous les temps et à toutes les personnes de sa conjugaison : Je haïrais j il hàira, nous hàimes, vous haïtes , qu'il haït; excepté l" aux trois premières personnes du singulier de l'indicatif présent : Je hais, tu hais, il hait; 2° à la seconde personne du singulier de l'impératif : Ifais.

Les participes passés des verbes suivants doivent s'écrire ainsi :

masc. sing. mase. pi. fém. sing. fëm. pi.

Croibb cru, crus,

Croître crû, crus,

Accroître .... accru, accrus,

DiîcRoiTRB .... décru, décrus,

Devoir dû, dus,

Rbdbvoir .... redû, redus,

MovvoiR mû , mus ,

Le verbe /ïewrtr, employé dans le sens (Télre en fleur, fait à l'imparfait

crue,

crues.

crue.

crues.

accrue ,

accrues.

décrue,

décrues

due.

dues.

redue,

redues.

mue.

mues.

DE L'ORTHOGRAPHE DES VERBES

de rindic. fleurissait, et au participe présent fleurissant ; mais quand il signifie prospérer, être en honneur, il fait florissait, florissant.

Le verbe bénir a deux participes passés : 1<* bénit, bénite; S^ béni, bénie. Le 1^'' ne se dit que des choses consacrées par une cérémonie religieuse : arbre bénit, drapeaux bénits; le ^^ a la signification iVétre protégé: Soyez bé^tie entre toutes les femmes; des époux bénis du ciel.

Suivis d'un infinitif, certains verbes veulent après eux le mot à. Exemple : /^aime A faire du bien; d'autres, le mot de : Il évite de se montrer. Voici la liste de la plupart de ces verbes :

abaisser (s*) aboutir, ^ccorder (s').

Ireharner (s').

aimer.

animer, et (s*) appliquer (s').

apprendre, apprêter (s').

aspirer, assigner, assujettir et (s'j.

attacher (s').

attendre, et (s'), autoriser, avoir.

avoir peine, balancer.

Verbes suivis d'un infinitif qui exigent À.

borner, et (se).

chercher.

concourir.

condamner, et (se).

consentir.

conspirer.

consumer (se).

contribuer.

décider.

déterminer (se).

dévouer.

donner.

employer.

encoarager, et (s*).

engager, enseigner, entendre (s').

exceller.

exciter, et (s').

exhorter, exposer (s').

fatiguer (se).

habituer (s ).

hasarder (se).

hésiter, inviter, mettre, et (se).

montrer, et (se).

obstiner (s').

offrir (s').

parvenir, pencher, penser, persister, plaire (se).

plier.

prendre plaisir.

préparer.

prétendre.

provoquer.

réduire, et (se).

renoncer.

répugner.

résigner (se).

résoudre (se;.

réussir.

servir.

songer.

tendre.

tenir.

travailler.

viser.

vouer, et (se).

etc., etc.

Verbes suivis d'un infinitif qui exigent du.

abstenir (s').

accuser, et (s').

achever, affliger (s').

applaudir (s').

avertir, aviser (s*).

blâmer, brûler.

charger, et (se).

commander.

conjurer.

conseiller.

contenter (se).

convenir.

craindre.

dédaigner.

défendre.

désaccoutumer (se).

désirer.

détester.

différer.

dire.

discontinuer.

dispenser.

douter.

empêcher.

enrager.

entreprendre.

étonner (s').

éviter.

excuser (s').

feindre.

féliciter (se).

flatter (se).

frémir.

garder (se).

viorifier (se).

hâter i^se).

imputer, indigner (s').

ingérer (s'). inspirer, jurer, méditer, mêler (se).

menacer, mériter, négliger, nier.

ordonner, parler.

permettre (se).

persuader, piquer (se).

plaindre (se).

prescrire, presser, et (se).

promettre, et (se).

pro{>oser, et(se),

punir.

rappeler (se).

recommander.

refuser.

regretter.

réjouir (se).

repentir (se).

rire.

rougir.

sommer.

souffrir.

souhaiter.

soupçonner.

souvenir (se).

supplier.

tenter.

trembler.

vanter (se).

etc., etc.

. Remarque. — Les verbes commencer, continuer, contraindre, coûter, demander, forcer, obliger, oublier, s'efforcer, s'empresser, s^ engager, souffrir, tâcher, prier, prennent après eux à ou cfe, selon le cas.

Verbes suivis d'un infinitif qui ne veulent ni À ni db après eux.

aimer mieux.

entendre.

oser.

aller.

espérer.

penser.

compter.

faire.

pouvoir.

croire.

falloir.

prétendre.

daigner

imaginer (s').

savoir.

deyoir.

laisser.

sembler.

sentir.

valoir mieux, venir, voir, vouloir, etc., etc.

Règles pour distinguer la S"* personne du passé défini de l'indicatffEVTj FUT, VIT, CRUT, PUT, AIMA, ctc, d'avec la Z""^ personne de l'imparfait et du plus-que-parfait du subjonctif Etr, fdt, vît, CRÛT, pût, aimAt, etc.

Mettre un accent circonflexe sur les personnes eût, fût, etc., cela s'appelle mettre le verbe au subjonctif, ou employer le subjonctif; or, on emploie le subjonctif :

!<• Après un verbe suivi du mot que, lorsque ce verbe exprime le commandement, le désir, la crainte, le doute, la surprise, le souhait, la défense , le consentement, V admiration , la volonté, etc. Exemples :

Je tremblais qu'il ^

Je craignais qu'il J ne fût venu;

y avais peur qu'il '

Je désirais qu'il m'eût donné ce livre;

Je voulais qu'on connût ma retraite;

Jetais surpris qu'il quittât le pays ;

On voulait qu'il &uf, qu'il mangeât, qu'il partit;

Le roi ordonna qu'il vint à l'armée ;

La pluie empêcha qu'on ne s'allât promener ;

Je souhaitais qu'il vint;

J'étais content qu'il V entendit ;

On a exigé qu'u payât d'avance;

Nous demandions qu'on retirât cette loi ;

Vous avez demande qu'on le punit.

Dans tous ces exemples, les mots fût, ettt, quittât, etc., sont mis au subjonctif, c^est-à-dire qu'ils prennent un accent circonûexe, parce que, conformément à la règle ci-dessus, ils sont précédés , chacoa , d*un verbe qui exprime ou le doute, ou la crainte, etc.

Mais on emploiera le passé défini de Tindicatif , c*est-à-dire qu^on ne mettra pas d^accent circonflexe dans les mots fut, eut, etc. , chaque

fois que le verbe qui précède exprime quelque chose de certain, de positif, comme dans les exemples suivants :

Je sais qu'il fut revenu ;

J'étais certain qu'il fut parti ;

On croit qu'il sut la nouvelle ;

J'étais à peine sorti qu'il vint;

On dit quMl s'enfuit et qu'il ne revint que longtemps

après; J'at appris qu'il eut hier la fièvre; Il est positif i\ue l'on rendit la ville sans se défendre.

Dans les phrases qui précèdent, on voit que les mots fut, sut, etc., ne «ont précédés d'aucun verbe qui exprime le doute, la crainte, etc., mais, au contraire ^ la certitude, V affirmation; par conséquent, il ne faut pas d'accent circonflexe.

2* Après un verbe accompagné d'une négation * {'), ou qui exprime une demande**. Exemples :

(Je W espérais pi« qu'il fut venu ; Je KB savais pas qu'il fût son ami ; Je KB pensais pas qu'il vint; Je NI croyais pas qu'il aimât, ,^ J Voudriez-vous qtx'W vint?

I Êtait-il certain qu'il l'etU dit?

Exception.— On n'emploie pas le subjonctif quand la demande , au lieu de marquer le doute, ne sert qu'à affirmer, comme dans cette phrase : Madame, oubliez-vous qWil fut mon père et quHl fut votre époux? Cette phrase veut dire : Madame, vous savez qu'il fut mon père et qu'il fut votre époux.

3" Après un verbe impersonnel (') :

Il convenait qu'il // fallait qu'il // était juste qu'i

t qu 11 \ // fallait qu'il \ vint.

le qu'il )

Exception. — Les verbes impersonnels, tels quetïy a^ il paraît, il est certain, il est clair, il est vrai, etc., ne veulent pas le subjonctif. Exemples :

// est clair qu'il

Il est vrai qu'il \ vint.

m qu il /

Il est certain qu'

// semble, il me semble, il nous semble, exigent tantôt le subjonctif et tantôt l'indicatif, selon qu'il y a doute ou certitude.

4° Après les pronoms qui, que, dont, précédés de l'un des mots le premier, le seul, Vunique, témoins, personne, rien, aucun, etc.,

{*) On appeUe négaiioni les mot» ne, ni, ptu.

(S) On nomme impersonnel» les verbes dont le pronom U ne représente ni on nom de personne, ni on nom de chose, comme : Il pleut , il neige, il tonne, etc. Ces verbes ne s'emploient qu'à la 8"* personne du singoller. On ne peut pas dire : A'ous pleuvoni; il* ntigentt ete.

et lorsque le fait qu^on énonce a quelque chose de douteux, dUncertain, de contestable, comme dans ces exemples :

C'était le premier d'entre eux qui 8Ût composer correctement; Adolphe était le seul, l'unique qui pût lire ce manuscrit; C'était le moins honnête homme Qc'il y eût; Il n*y a personne qui, en pareil cas, ne négligeât un intérêt si

important ; 11 n'y avait rien qui indiquÀl son passage ; Il n'y a aucun de ses sujets qui ne fît comme lui.

Mais on emploierait Tindicatif si, au contraire , Ton voulait exprimer une chose positive et incontestable. Exemple :

De tous mes amis d'enfance , c'était le seul, l'unique, le dernier, qui vint me rendre visite alors.

Le meilleur, le pire, le moindre, le plus parfait, veulent aussi après eux le verbe au subjonctif. Exemple :

C'était le meilleur, le moindre, le pire, le plus parfait qu'il y eût.

5« Après les pronoms qui, que, dont, et Tadverbe ovi, etc. , lorsque la phrase présente du doute. Exemple :

Je cherchais une femme qui voulût se marier avec moi.

Cette phrase est douteuse y parce que je cherchais une femme sans savoir laquelle, une femme quelconque que je ne connaissais pas encore, que je n^étais pas sûr de trouver.

Mais on dirait sans employer le subjonctif :

Je cherchais une femme qui voulut se marier avec moi.

C'est-à-dire que je cherchais une femme que je connaissais déjà et qui m'avait fait des propositions de mariage , mais que j'avais momentanément perdue de vue.

On voit par ces deux derniers exemples qu'on n'emploie le subjonctif que lorsqu'il y a doute ou incertitude , et qu'au contraire , on emploie l'indicatif lorsqu'il y a certitude.

6» Après les expressions c'est assez que, ce n'est pas que, c'est peu que, c'est bien le moins que. Exemple :

Cesl assez çu'il fût malheureux , pour que je prisse son parti.

7" Après les mots quelque que, quel que, quoi que, qui que,

si. que, et après le mot que, employé pour st. Exemples ;

Quelque riche qui\ fût; Quel que fût son talent; Quoi qu'il en dit, cela était fort incertain; Qui (fue ce fût; Si mince qu'il fût;

S'il était venu me voir et çu'il m'eût raconté son affaire, je lui aurais donné de bons conseils.

Dans ce dernier exemple , le mot que est employé pour le mot Jt.

8" Après certaines conjonctions , telles que afin que, à moins que, bien que, quoique, etc. Exemples :

Je lui écrivis, afin qu'W vint nous voir; A moins qu'il n'eût vu la chose ; Avant qu'i\ partit :

Bien qu'ii fût riche.

D'autres conjonctions demandent l'emploi de Tindicatif, c'est-à-dire que les mots vint, eut, partit, fut, etc., ne prennent pas d'accent circonflexe. Exemples :

Depuis qu'il vint me voir; Aussitôt qu'il eut vu la chose.

- Afin qu'on ne soit pas embarrassé pour distinguer les expressions conjonctives qui régissent l'indicatif de celles qui régissent le sub-

Remarque.ions conjonc jonctif , nous donnerons ici la liste des unes et des autres :

Conjonctions qui régissent le subjonctif, c'est-à-dire après lesquelles les mots eût, fût , etc. , prennent un accent circonflexe.

afin que , à moins que , au cas que , avant que , bien que , de crainte que ,

de peur que , en cas que , encore que ,

i'usqu'à ce que , oin que , malgré que(i),

nonobstant que , non que, posé que , pour que , pourvu que , quoique ,

sans que , si peu que , si tant est que , soit que , supposé que,

et que, mis pour si , à moins que, avant que, soit que, afin que, sans que.

Conjonctions qui régissent l'indicatif, c'est-à-dire après lesquelles les mots eut , fut, etc., ne prennent pas d'accent circonflexe.

à cause que, aussitôt que, dès que, peut-être que ,

à condition que, attendu que, durant que, puisque,

ainsi que, autant que, non plus que, tandis que,

à la charge que, bien entendu que, outre que, tant que,

à mesure que, de même que, parce que, vu que.

aussi bien que , depuis que, pendant que,

On n'emploie pas non plus le subjonctif après les mots toul que.

On écrit : /ou^ aimable gu'il fut, et non pas : Jouf aimable çu'il fût.

Dans les locutions : On eût dit, on eût cru, on eût vu, il eût été, le mot eût prend toujours un accent circonflexe et peut se tourner par aurait.

Remarque. — Les règles qui précèdent s'appliquent non-seulement à la 5me personne de l'imparfait et du plus -que -parfait du subjonctif, que nous avons constamment citée pour exemple , mais aussi à toutes les personnes des divers temps de ce mode. Ainsi au lieu d'écrire : Je doutais qu'il zvr, on écrira, en changeant de temps et de personne : // doute que j'km,que tu aies, qu'il ait; je veux qu'ils viENinsNT; pourvu qu'il soit, que nous soTons, que vous sotez , qu'ils soiert, etc.

(*) On ne l'emploie que dans ce* phrases : Malgré que j'en a», maigri qu'il en ait.

40 DES PARTICIPES

^ TI. — DB« PABTICIPBM.

II y a deux sortes de participes : le partietpe présent et le participe passé.

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