MÊME, QUELQUE, TOUT
MÊME est tantôt variable, c*est-à-dire qu'il prend un s au pluriel, et tantôt invariable 3 dans ce dernier cas, il ne prend jamais un 5 à la fin.
Il est variable :
1» Lorsqu'il précède un substantif (*);
â" Lorsqu'il est placé après un des mots eux, ceux, etc. {**) ]
S» Lorsqu'il est placé après un seul substantif (***).
Il est invariable :
1» Lorsqu'il est placé après un verbe (a) j
2® Lorsqu'il précède ou suit un adjectif (6) ;
5» Lorsqu'il précède ou suit une des expressions : les plus, les
mieux, etc. (c) ; 4<> Lorsqu'il est placé après plusieurs substantifs (d).
Exemples :
(*) 11 vous donna les mêmes preuves d'amitié.
Yoici les mêmes hommes»
I,**) Les grands ne semblent nés que pour Eux-mêmes.
Le sénat se trouve composé de CEUX mêmes qui s'opposent le plus à la loi.
(***) Ses EHNBMism^es lui rendirent des honneurs.
La passion des conquêtes était enflammée par les conquêtes m^es.
Les Romains ne vainquirent les Grecs que par les Gbbcs mêmes.
Dam touft te» exemples, ih^hw est employé eomme adjectif, et eooaëqaemment il est vuriable.
(a) Nous ne devons pas fréquenter les impies , nous devons méfM les éviter.
(6) Tout citoyen doit obéir aux lois , même injustes.
Nos méthodes savantes nous cachent des vérités connues m^me de simples bergers.
(c) On fait souvent vanité des passions même les plus crtmtnef /e«.
Hélas! à quoi les rois sont-ils exposés ; les plus sages même sont souvent surpris.
{d) Les ANiHAux, les PLANTES même, étaient au nombre des divinités égyptiennes.
Daos les exemples qai prëoèdeot , le !mot même est employé comme adverbe; alors il ne prend jamais ud t.
QUELQUE s'écrit de trois manières différentes :
1<> Suivi d'un substantif, il s'écrit en un seul mot et s'accorde avec ce substantif. Exemple : Quelques plaisirs que vous goûtiez ;
2® Suivi d'un adjectif ou d'un adverbe, quelque s'écrit toujours sans s ; alors il est mis pour si. Exemples : Quelque puissants quHls soient; quelque adroitement (adverbe) qu'ils s'y prennent Cependant si l'adjectif est suivi d'un substantif, quelque prend un s : Quelques grandes richesses que vous' possédiez.
Quelque est encore invariable quand il signifie environ, à peu prèSj etc., comme dans cette phrase : Il y a quelque (environ) soixante ans ;
3° Suivi d'un verbe, il se met toujours en deux mots : quel que, et alors quel s'accorde avec le mot auquel il se rapporte et que reste invariable : Quels que soient (verbe) vos talents; quelles que soient vos vertus.
Remarque. — On remplace Ve final de quelque par une apostrophe dans les mots quelqu'un, çue/^u'une seulement , qui s'écrivent au pluriel quelques-uns, quelques-unes , avec une division. Partout ailleurs, on doit conserver Ve et écrire : quelque écolier, quelque aimable , quelque autre , quelque agréablement.
TOUT est tantôt adjectif et tantôt adverbe. Dans le premier cas , il est variable, et alors il prend le pluriel j dans le second cas, il reste invariable et ne prend jamais le pluriel.
Tout est adjectif ({VLAnà. il est employé dans le sens de tout entier, tout entière , chaque. Exemples : Tout Vhomme ne meurt pas , c'est-à-dire l'homme tout entier ne meurt pasj
Rome n'est plus dans Rome, elle est Umlê où je sois; La liberté de Tinde est foMie entre mes mains;
c'est-à-dire Rome tout entière; l'Inde tout entière.
Toute autre place qu'un trône eût été indigne d^elle, c'est-à-dire chaque autre place.
Tout est adverbe et reste invariable lorsqu'il est mis pour tout à fait, entièrement, quelque. Exemples :
Tout instruite qu'est celte femme; Ils sont tout étonnés; Elles sont tout étonnées; Ils prient tout haut (*) ;
c'est-à-dire quelque instruite, tout à fait étonnés ou entièrement étonnées, tout à fait haut.
Cependant tout est variable quand l'adjectif qui suit est féminin et qu'il commence par une consonne ou un h aspiré : Elles sont totUES stupéfaites j toutES déconcertées; elle est toutz honteuse.
Tout, suivi de l'adjectif awrre^ est encore variable ou invariable; dans
{*) Observes que si l'on voulait dire «fue toutes les personnes sont étonnées, et que
toutes les personnes parlent ha"" — -.— .— >. . ••- — . -t. — ^.. -»i„ —... .
étonnée»; ut parlent tous haut.
toutes les personnes parlent haut, on écrirait : II» »ont tous étonné»; »li»» tout toutes " -^ -j Ua pari *
le premier cas, il signifie différent, autre, comme dans cette phrase : Toute autre vie pour lui est languissante; c'est-à-dire toute vie autre, toute vie différente. Dans le second cas , il signifie tout à fait autre, complètement autre. Exemple : Foici de tout autres affaires ; c'est comme s'il y avait : Des afiàires tout à fait, complètement autres.
Tout, précédé de une, est toujours invariable : On nous a donné uif E TOUT autre occupation.
Tout devant un nom de ville se met toujours au masculin, quoique ce nom de ville soit féminin : Tout Rome est consterné; parce que, dans ce cas, tout se rapporte au mot peuple, qui est sous-entendu.
Il n'en est pas de même lorsque tout est joint à un nom de province,
e royaume, d'une des quatre parties du monde, et même d'une
paroisse, d'une rue; alors l'adjectif tout prend l'accord; il faut donc
écrire : Toute la France, toute la rue, toute la paroisse Va vu,
quoique le mot peuple soit sous-entendu ici comme plus haut.
Tout est encore invariable, c'est-à-dire employé comme adverbe, quand il est suivi d'un substantif mis pour un adjectif. Exemples : Cet homme est tout zèle; cette femme est tout obéissance ; ce chien est tout ardeur; c'est comme s'il y avait : Cet homme est tout zélé; cette femme est tout obéissante; ce chien est tout ardent. C'est d'après cette règle qu'on dit : Cette femme est tout yeux et tout oreilles; voilà du mérinos tout laine.