‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 206 sur 360 · EXPANSION EXTÉRIEURE ET CRISE INTÉRIEURE DE L’EMPIRE · texte numérisé non relu

EXPANSION EXTÉRIEURE ET CRISE INTÉRIEURE DE L’EMPIRE

L’année 1810 fut pour ]e pouvoir et la fortune de Napoléon l’époque décisive. Elle accumula contre ses ambitions les obstacles ; elle développa les germes de ruine que son empire démesurément accru renfermait. En Orient, sa politique se heurtait au refus du tsar de démembrer la Turquie et paraissait encourager contre les Russes la reconstitution de la Pologne : double effet de la méfiance que Talleyrand avait inspirée à Alexandre, puis de la guerre à laquelle il avait entraîné Metternich et son maître. En Espagne, les ambitions de Soult avaient fait autant de tort à Napoléon en 1809 que les intrigues de Murat d’abord. Puis Joseph se montrait aussi incapable, après avoir accepté la couronne, qu’il avait été hésitant à la prendre. Toujours prêt à donner sa démission, il tenait à rester roi et espérait y réussir par une politique entièrement opposée à celle de son frère. Traiter les Espagnols en rebelles avec rigueur, faire vivre à leurs dépens l’armée chargée de les réduire, épouvanter et épuisér le pays, tel était le programme de Napoléon contre les insurrections nationales. Joseph se flattait de s’attacher l’Espagne par la douceur, et comptait au besoin sur le contraste de sa clémence avec ce gouvernement de fer pour se faire pardonner, a II s’était persuadé que

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