EMPIRE
1804» Cette année fait époque pour le commerce de Saint- Qi^entin. Les manufactures en laine avaient fait place à la fabrication en lin, que remplace maintenant celle en coton ;rexemple de cette dernière révolution est donné dans la filature deRoupy. L'industrie manufacturière de Saint^Quentin , par la dextérité des mains qu'elle emploie 9 triomphe toujours de l'inconstance de. la mode. Le i4 novembre » le précieux vase de Pt<démée qui , le 17 février précédent» avait disparu du cabinet des ' médailles de Paris i se retrouve dans un jardin du bourg de Rosoy » où le voleur^ était venu l'enfouir.
1 8o5. ' Décret du 8 mars qui ordonne que le canal de l'Ourcq sera rendu navigable ; et qu'il sera ouvert des communications de ce canal , d'abord Bveo T Aisne à Soîssons ,
et entuHe à. partir de cette idlle , avec TOûe près de Chauny^ en convertissant le canal de dériration en un canal narigable , sans faire cesser la navigation de la rivière. Le décret devait procurer au pays le bienfait d^une doable navigation.
Le S avril est inscrit ccmiine un jour de deuil , dans les fastes du Département. C'était un dimanche , jour de la fête de Beautor^ Toute une pension de jeunes personnes en revenait sur une barque qui transportait des boulets à l'arsenal de La Fène» La charge s'étant toutà-coup portée entièrement ,du même côté , la barque cJiavira ; et vingt - cinq vierges , àe» plus boanétes familles du pap , dont plusieurs liaient des filles uniques 9 périrent avec l'institutrice* Ce déplorable événement y sur lequel la poè*sie*et le dessin se sont essayés » répandit la consternatio/i jusque jdans Paris.
Les travaux du canal de Saint-Quentin sont dans la plus grande activité. Une loi du 5 avril établit» sur onze départemens , une taxe dont le produit est destiné tant à faire face à la dépense , qu'à rectifier la navigation de l'Oise entre Chauny et Sampigny.
La Cour de justice criminelle du département de l'Aisne est supprimée » ainsi que toutes les autres » par une loi du do avril. Une Cour d'assises la remplace.
Le canal de Saint-Quentin est livré à la navigation. Si4* Le département de l'Aisne est envahi par les armées des puissances coalisées contre la France. Le g février, le maréchal Macdonald, poursuivi par le prussien* Yorck, fait sauter le pont de Château -Thierri, et essaie de défendre la ville : mais l'ennemi passe la rivière sous le feu dés Français , et les oblige à fee replier. Le 11 ,
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les Russes sont chassés du village de Marchais» et obli^ gés de se jeter dans la forêt de Nogent« Le 1 2 , ils entrent par capitulation dans la ville de Laon laissée sans défense. Combat de Ghâteau-Thierri » où les alliés sont défaits. Le i3, la ville de Saint-Quentin sommée de recevoir garnison ennçmie » s'y refuse. Le i4> Napoléon donnait de Ghâteau-Thierri des ordres pour Faction qu'il devait engager à Vauchamp, dans la journée» contre Blucher» à qui il se flattait de donner, et à qui il donna en effet une bonne leçon. Sa lettre est dans la collection des autographes de la bibliothèque de Laon. Ce même, jour 14 » les Russes enlèvent de vive force Soissons » 0(1 commandait le général Rusca , qui y perd la vie. Ils Tévacuent presque aussitôt. Le a6 , ils entrent à Chauny> et y frappent une forte contribution. Le 27 , La Fère est rendue à une brigade prussienne : l'arsenal est pillé.
Le 2 mars , Soissons ouvre ses pof tes aux alliés. Le 3 , leur arrière - garde, essuie un échec à Neuilly-Saint- Front. Le 4» deux chocs de cavalerie ont lieu entre Braine et Courcelles. Les habitans de Rouci et de quelques villages voisins , à la tête desquels le général Guyot charge avec deux escadrons » enlèvent , auprès de GoncevreuXfUn convoi de trois cents voitures à un gros détachement ennemi. Winzingerode etBulow opèrent leur jonction avec Blucher » qui doit son salut à là capltulatloi) de Soissons. Le 5 » attaque des fauboui^s de cette ville par les Français aux ordres des maréchaux de Raguse et de Trévise : incendie de l'hôtel de ville. Le 6» un gros de cavalerie française enlève le pont de Berryau-Bac qu'une brigade de cavalerie russe défendait; et
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la ferme d'Hurtebûe prise par les Français est reprise par les Russes. Le 7 » bataille de Craonne gagnée sur les Russes , après des prodiges de valeur. Les alliés se concentrent à Laon , au nombre de cent mille combattans. Le 8, 1m Français rentrent dans Soissons'et forcent le passage d'EtonvelIes.* Le 9 et le 10 » bataille de Laon. Après diverses actions , dont les plus remarquables sont la surprise de Patle' droite des Français à Aibies , et la belle défense de Glacy par une division de leur atle gauche» Napoléon se détermine à la retraite» et le sort d^ la France est décidé. Le 1 1 , les Russes occupent Saint-Quentin. Le 18 , le duc de Raguse fait sauter le pont de Berry-au-Bac ,- et ne s'y défend que le temps nécessaire pour assurer sa retraite sur Fismes. Le 17 avril > Soissons qui soutenait depuis trois semaines un quatrième siège , capitiile è des conditions honorables.
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Restauration.
Le 10 mars, un corps de troupes parti de Lille tente de surprendre La Fère , pour Napoléon débarqué de l'tle d'Elbe. Les généraux Lallemant , qui avaient pris part à oettd entreprise» sont arrêtés auprès de La Ferté- Milon » et àlnenés le 18 à Laon : la nouvelle inattendue de rentrée de Napoléon à Paris leur rend la liberté. Le 90 juiAi Tarmée taincue à Waterio vient se rallier à LaoÉI » et Napoléon s'y arrête pour tenir conseil. Le s4» St-Quentin » qui .n'avait aucuns moyens de défense, ou^Nie ées portes aux alliés. Le sS » le château de Guise
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leur eët rendu par câpitulatioB. Ib tentent 4l*enleyer La Fère par un coup de main; n'ayant pu y réussir» ils l'attaquent dans les formes r et ils avaient d^à ouvert la 'tranchée devant un iles faubourgs , quand l'ordre vint tde se borner à un blocus rigoureuic. Le laaoût» ik entrent dans Laon / à la suite d'une capitulation conclue de l'ordre du Roi, par un commissaire «nvoyé de Paris. €ette ville investie depuis quatorze joiK>s , avait tenu contre l'avis du commandant oui voulait la rendre. La conduite ^es habitans obtint les éloges du général prussien Ziethen. Le 1 3 octobre » explosion du magasina poudre deSoissons. Le 5 novembre, levée du blocus de La Fère, après une résistance honorable peur la garnison et les habitans , et que le Roi avait autorisée. D'après une convention diplomatique du so novembre^ les distribts de Saint - Quentin , Ver vins et Laon ne doivent être occupés , ni par les Groupes fran* çaises , ni par les troupes alliées. L'ancien district de Chauny reste sujet à l'occupation étrangère , qui a duré trois ans. La Fère seule en est exceptée : c'est le fruit de sa belle défense.
1817. ^A cherté du blé causç des émeutes. On pille les grains à Ghâteau-Thierri : la force armée y vient de Soissons pour dissiper l'attroupement.
1818. Loi du so mai qui ordonne que le canal de l'Oorcq sera rendu navi^ble^ à partir de Mareuil au-dessus de La Ferté-Milon.
1819. Un dépôt d'étalons est établi, à Braine. En i8b3 et 1824» d^ pi^î^ 6^ des primes d'encouragement ont été distribués aux propriétaires du Département qui ont présenté les plus beaux élèves au chef-lieu dé la préfecture.
HISTORIQUE. l47
Piaçons à côté itot^te instîlution naissante un usage pratiqué de temps immémorial dans un coin de la Thiéracheé^ Le lendemain* dé la St-Jean » à la suite d'une procession , il s'y hit des courses dé chevaux à poil » où ' sont admis tous tes amateurs. Un jambon est décerné' à celai des concurrens » qui le premier arrive au but : delà h» nom àe course du jambon par lequel cette coutu>> me est désignée. La serviette» qui enveloppait le jambon, forma on second prix. De telles récompenses sont le cachet de l*origine la plus antique. Peut-être serait-il bonde les mieux approprier à des mœurs pioins simples. Mais que dire de cet historien qui voMrait qu'on abolit comme ridicule un usage qui tend à exciter une émulation utile? Il serait fâcheux de croire que c'est une critique aussi mal-adroite qui Ta fait cesser depuis peu de temps à Effry. U s'est maintenu à Roquigny et U Landouzy-la-Ville.
Isi. * i**" août Ordonnance par laquelle sont rangées parmi les places fortes de première et seconde classes les villes de La Fère , Laon et Soissons , ainsi que h château de Guise, et parmi les places de troisième classe t la ville de Guise.
« * & aOÛl. Loi qui ordonne la construction du canal des Ardennes r le perfectionnement de la navigation de rAisne, depuis Neufchâtel jusqu'à Semuy, et la jonction de la Meuse à l'Aisne par la vallée de la Bar; Autre loi du m^e jour qui approuve une convention passée, le 24 mai» entreie Ministre de rintérieur et la compagnie Sartoris , pour l'achèvement du canal de navigation dé iaSorame» depuis le canal Crozat jusqu'à Saint-Valery, et pour la construction du canal de Mamcàmp prt^
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Chauny. Celui de la Somme prend le nom du. diw d'Angouiéme.
On ne polissait les glaces qu'à Paris et à Saint- Gobain.. Celles qoi étaient euToyées h Paris pour subir ce procédé , étaient déposées à Chauny dans des bfitimens élevés en 1749 » et en étaient expédiées par eau. En 1800» des machines à polir fiirent placées à Chauny à la chute de moulins que l'administration y possédait. Elle suppléa ainsi à l'iosufiisance du poli à bras qui se faisait ailleurs. En 1821 » l'établissement de Chauoy reçoit une grande eiLtensivHi. On y constmit de nou- Telles machines qui , en exigeant moins d'eau « donnent plus de produit. La &brication de ia soude y est transportée de Charles-Fontaine; et tout se dispose ». pour qu'en 1826 » l'opération du douci s'y fasse ayec celle du poU.
Une jeune princesse vient rendra grâces à Notre- Dame de Liesse de la naissance d'un héritier du trône. L'éclat de ce pieux exemple rend au pèlerinage son ancien lustre.
1 824* Projet d'un canal de Soissons ayant pour but d'opérer la jonction de ceux de l'Ourcq et de Saint-Queptin. Ne désespérons pas » pour la prospérité de Soissons » dç l'applanissement des difficultés que cette entreprise rencontre. En attendant, Saint-Quentin plus heureux, mais aussi plus industrieux, tire de grands avantages de tout ce qui se fait pour le développement de son commerce. Sa population , qui ne comptait que pour huit mille âmes en 1698, a déjà plus que doublé.
1825. Ordonnance du Roi qui établit à Laon une foire aux chevaux , pour avoir lieu tous les ans le i." octobre- ,
époipie fixée auMt pour la dirtributîoii de» réGompeiite» qui »'ai30ordeol aux propriétaires des plus beam élèvM. Ces deux établissemmis né peu?ent manquer» au moyen deleurconcours » de se prêter on a^ui mutuel. Mais la ooncurrenee de Tancienne foire de Reims » dite de la'St-Remi, fidl désirer pour la fréquentation de àMb de Laon, le choix d'un autre )our que le i**' octobre. Notons aussi deux choses qui ne doivent pas peu contribuer à vivifier la Thiérache; il vient de s'établir à Aubenton une manufacture d'étoffes de Reims , qui occupera , dit^n , jusqu'à buit cents*-ouvriers; et les propriétaires de la0ature de Saint-Michel se proposent de lui donner» une grande extension , en.fUant à la fois la laine et le cpton » s'ik parviennejott^ à triompher de la résistance des.douanes« N'oublions pas non plus de dire que Guise et Bohain se sont enrichis de belles manufactures» Mais disons observer pardessus tout les principaux progrès de l'industrie à Saint-Quentin , où l'inti^oduction des mécaniques et l'action de la vapeur ont singulièrement simplifié la fabrication ; oii une heureuse hardiesse a substitué le gaz au cylindre pour le grillage du duvet des étoffes ; où wiq magnifique usine» mue parla vapeur» donne les huiles qu'A fiillaii tirer de Lille ; où le même moteur £iit tourner les moulin%/ii blé » etc. , etc* > etc.
Une fête célébrée daofi une ville du Département vient de vappelcr » que de là est parti un des rayons de la gloire littéraire qui tàii l'orgueil de la France. On a inauguré à Château-Thierry la statue de La Fontaine. Le lieu de $a naissance avait des droits incontestables au don que Jui en a fait le gouvernement. Mais La
l5o CHRONOLOGIE HISTORIQUE.
Fonlaine n'appartient pas moins que* Racine au^ Département entier; et fe buste de l'auleur. df AtbaKe, d^à* envoyé au chef-lieu , y appelle pour .pendant cefui de* l'inimitable fabuliste. Le gouyernement qui les a promis Fun et l'autre , et qui s'est plù à proclamer cette faveur dans la chambre des députés » achèvera sans douto de remplir un engagement ^ussi solenneL
(^elque rapide que soit le coup-d'œil qu'on vient de Jeter avec moi sur l'histoire du département dé TAisne , on a pu se convaincre qu'à tout prendre elle est honorable pour le pays. Sans doute il a payé son tribut aux erreurs qui / comme des maladies épidémiques , régnèrent à différentes époques : c'est le sort do tout'ce qui subit Tinfluence de l'homme. Mais peut-être ces égaremens y ont-ils été moins longs » et leurs effets moins déplorables qu'ailleurs. Le sang n'a point coulé lors delà fatale journée de la.St-Barthelemi. Toujours est-il vrai que la population s'y distingua dans tous les temps par l'éclat de la valeur» parla force des caractères, par. la vivacité des esprits , par la variété des talens ; il n'est , dans la vie civile , aucune carrière , où elle n'ait paru avec avantage i c'est ce que doit présenter dans un grand jour là galerie que je vais faire parcourir au lecteur. Puissent nos neveux ne se montrer jamais indignes de l'héritage de gloire que nous onfe transmis nos pères ! -