Villelongue-Laceeda ( le comte de ) , lieute
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nant-général des armées de Suède , appartenait à une ancienne famille de Thiérache , qui a servi utilement la religion et Tétat. Puisque Foccasion s'en présente , ne refusons pas un souvenir honorable à deux abbés qu'elle a donnés à la maison de Bucilly. Tristan (U yUUlonguc , qui avait perdu la vue à Tâge de six ans» fut docteur en théologie » conseiller d'état , prédicateur du roi Henri IV ^ et député de son ordre , en 1 6o5 , pour en aller défendre les privilèges en cour de Rome. Il publia la même année et dédia au Roi un ouvrage où il combattait la doctrine de Tilen , ministre protestant. II mourut en i63i , et eut pour successeur Roger de Fillelonguôs son neveu. Celui-ci fit aussi la guerre, non pas comme son oncle en controversiste , mais l'épée à la main. II s'était chargé de la défense de la Thiérache pendant les troubles de la fronde » et il y commandait un camp volant , lorsqu'il mourut en 1649. Venons à celui de qui le nom de Villelongue a reçu son plus beau lustre. Un célèbre historien va me servir de guide pour ce qu'il a fait de plus glorieux.
La France était en paix : la guerre de la succession d'Espagne n'était pas encore commencée ; et il n'était bruit en Europe i que de la manière brillante dont un prince de dix:huit ans tenait tête dans le nord à la ligue des souverains de la Russie , de la Pologne et du Danemarck , qui , méprisant sa jeunesse et son inexpérience 9 s'étaient promis de l'accabler. Le comte de Villelongue était de l'âge du héros Suédois. Il aimait aussi la gloire; et il était impatient de trouver l'occasion d'en acquérir. Transporté d'admiration pour Charles XII 9 il courut se ranger sous ses drapeaux ^ et il
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arriva assez à temps pour être de ces huit mille braves qui défirent quatre-vingts mille Russes à Nerva. Son attachement pour Charles devint une véritable passion. Il avait été le compagnon de ses succès t il ne le quitta point dans ses malheurs. Quand Charles eut été arraché de Bender après une résistance romanesque, ses amis songèrent à éclairer le sultan Achmet , sur rinhumanité du grand visir. Mais comment lui faire parvenir un mémoire, quand toutes les avenues du trône étaient fermées? l'idée seule avait de quoi faire reculer l'homme le moins timide et le plus adroit. Elle n'effraya point Villelongue , quoiqu'il ne sut pas même la langue du pays. C'est dans Voltaire qu'il faut voir les stratagèmes dont il usa , les périls dont il fut assailli, son entrevue avec le Sultan dans un cachot , la révolution dont elle fut suivie à la cour de Constantinople , enfin les honneurs accordés à l'illustre fugitif, quand il quitta la Turiquie. Villelongue dut se retrouver partout où son héros eut à lutter contre la fortune. Il reparait dans l'histoire pendant le siège de Stralsund. Il commandait alors dans l'île de Rugen ; et il y avait sous ses ordres cette valeureuse garnison de deux mille hommes , à la tête de laquelle Charles XII vint faire d'héroïques et inutiles efforts pour chasser un corps de douze mille Danois. Villelongue y fut fait prisonnier. Suivant Voltaire , il fut mal récompensé de tant de services , de fatigues et de malheurs. Je ne sais s'il a été bien instruit sur ce point : en tout cas la fidélité de Villelongue n'en sera que plus admirable. Car il est certain qu'il ne quitta jamais le service de Suède , où , du vivant même de Charles XII , il avait été élevé au
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grade de lieutetiant-général : il avait l'intention de retourner dans ce royaume , lorsqu'on 1746» il vint en France visiter sa famille , qui » depuis deux siècles , habite le village de YigneuK. La mort> à laquelle il avait échappé tant de fois loin de sa patrie , semblait Vj attendre. Elle le surprit dans une auberge des environs de Reims; et , par un singulier hasard » c'était, au dire de ses parens , dans cettq même auberge y que sa mère , arrêtée en voyage par les douleurs de l'enfimtement^ lui avait donné le jour. Ne semblerait-il pas qu'il dut y avoir quelque chose de bizarre dans la destinée d'un homme qui avait uni son sort à celui du plus avantureux des princes ? Figneux.
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