‹ Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliures (volume 2)Chapitre 103 sur 137 · COUVERTURE D'UN LIVRE DE COMPTES DE LA FIN DU XV1 SIECLE · texte numérisé non relu

COUVERTURE D'UN LIVRE DE COMPTES DE LA FIN DU XV1 SIECLE

forts en peau dont je viens de parler, couverts de croisillons en parchemin. L’autre partie, placée du côté de la tranche, nous montre en bas une véritable œuvre de reliure surmontée d’une peinture avec armoiries, dont il nous a été impossible jusqu’ici d’identifier la provenance. Mais l’aigle noir, qui se trouve en haut de l’écu, donne à penser que ce travail est de facture allemande.

J’ajouterai que la majeure partie de ces livres de comptes étaient traités en reliure souple, c’est-à-dire avec des cartons flexibles, et généralement avec des dos plats.

RELIEURS (Libraires ou Imprimeurs). — Afin d’éviter des redites, il me paraît nécessaire de rechercher, dans une étude spéciale, comment et par qui la reliure fut exercée, de la seconde moitié du xvc siècle jusqu’au milieu du xvif, en indiquant surtout les marques ou signatures qui permettent de découvrir les artisans auxquels on peut attribuer les œuvres dont il s’agit. En règle générale, lorsque, au xve siècle, on rencontre dans une reliure estampée à froid, composée de plaques formant miniature, ou de bordures ornementales gravées en médaille, un nom soit seul, soit accompagné d’une légende religieuse, gravée dans le métal de même façon que la décoration, on se trouve en face de professionnels ayant eu des ateliers à eux, fixés dans une ville, ou bien de nomades. Ces derniers étaient ceux que l’on appelait relieurs ambulants; ils s’en allaient de ville en ville, chercher du travail avec tous leurs outils, parmi lesquels se trouvaient les plaques dont je parle et dont ils ornaient toute espèce de livres. C’est pour cela que l’on rencontre souvent une même composition sur des livres tantôt français, tantôt allemands ou italiens.

Dans ce genre de décoration, tous les noms ou légendes posés en caractères mobiles, c’està-dire ne formant pas partie inhérente de la plaque, sont des marques de propriété et non des signatures de relieurs.

Très souvent, on découvre dans ces gravures de plaques, des lettres ou monogrammes, avec ou sans écusson, parfois accompagnés de signes de confréries et de dates : ces initiales sont celles du graveur de la plaque.

Dans la seconde moitié du xvie siècle et au xvif surtout, à part quelques exceptions, les reliures sortent des ateliers que certains libraires ou imprimeurs avaient adjoints à leur profession. C’est ainsi qu’on retrouve des reliures en veau portant comme signature les marques que ces libraires ou imprimeurs étaient obligés de faire figurer à l’intérieur des ouvrages qu’ils imprimaient ou qu’ils publiaient. Dans cet ordre d’idées, nous mentionnerons les reliures faites par les Gryphe, les Angelier, Madeleine Boursette, Jacques du Puys, Plantin, Marner, Jean Bogard, les Juntes, Elzévier, etc., etc.

Généralement, ces marques, identiques comme composition à celles de l’intérieur, étaient quelque peu simplifiées.

Quant aux relieurs proprement dits, ils se faisaient connaître de temps à autre, en faisant imprimer leurs noms au bas des titres des ouvrages que quelques-uns d’entre eux éditaient. Parfois, ils remplaçaient le véritable titre par un autre gravé sur cuivre à leur nom et leur adresse. C’est ainsi qu’on retrouve, mentionnés de cette manière, les noms de Nicolas Eve, Georges Drobet, Clovis Eve, Macé et Antoine Ruette, etc., etc.

Plus tard, c’est-à-dire au xvif et au xviii6 siècle, les relieurs plaçaient leurs noms quelquefois en dorure sur les reliures elles-mêmes, et le plus souvent sur de petites étiquettes de papier blanc, collées sur la garde intérieure du premier plat.

RELIEURS PARISIENS cités par Ph. Renouard (') : 8 Janvier 1465. — Geoffroy Le Roux, libraire et relieur, achète à Henri Berthelin, parcheminier, et à Jeanne, sa femme, leur maison de la rue Saint-Jacques. — Le 7 février 1481, il est condamné à payer à l’église Saint-Benoît un cens de 7 1. par., et les arrérages dus pour la moitié d’une maison rue Saint-Jacques, dont il est propriétaire.

Ier Janvier 1472. — Jean Le Peletier, relieur de livres, achète une maison rue des Juifs.

18 Novembre i486. — Guérin Rohard, relieur, est condamné à payer le cens de 7 1. par. dû pour sa maison de la rue Saint-Jacques.

16 Février 1487. — Geoffroy Le Roux et Guérin Rohart, relieurs, vendent à Jehannin Du Pré, imprimeur une petite maison rue Saint-Jacques.

4 Août 1488. — Robert Daillon, relieur de livres, est écroué au Châtelet sur la plainte de Guillaume Guion, aussi relieur, parce que ledit Robert voulut le frapper d’une épée.

19 Août 1488. — Crespin Daillant, relieur, demeurant près Saint-Etienne-des-Grès, est écroué au Châtelet pour avoir été trouvé rue Beaubourg, près le Lion d’Argent, armé d’une petite épée.

i5 Novembre 1488. — Thomas Croisé, relieur de livres, demeurant au bout du pont Saint-Michel, est écroué au Châtelet à la requête d’Agnès, sa femme.

3i Janvier 1504. — Robin Challot, relieur.

4 Juin i52i. — Geneviève Le Pelletier, veuve de Simon Vostre, l’un des relieurs-jurés de l’Université, fait une donation d’immeubles aux enfants de son frère, maître Jean Le Pelletier.

28 Juin i52I. — Pierre Viart, libraire et relieur-juré, achète les onze vingtièmes de la maison portant l’enseigne du Roi-David, rue Saint-Jacques, et l’enseigne du Paon, rue des Mathurins, pour 187 1. 10 s. t.

20 Novembre 1.522. — Jean Champion, marchand relieur de livres.

3 Juin i528. — Jean Burgyne, relieur en parchemin, rue Saint-Jacques, devant les Mathurins.

9 Décembre 1540. — Pierre Chupin, libraire et relieur, prend à bail des Mathurins la moitié de la cave et quelques logements de la maison de la Croix-Verte, rue du Foin.

25 Mars 1540. — Michel Marchant, libraire et relieur, rue Saint-Étienne-des-Grès, à l’enseigne du Miroir, fait donation à son fils François.

1 . Documents sur les Imprimeurs, Libraires Cartiers, Graveurs, Fondeurs de lettres, Relieurs, Doreurs de [ livres , Faiseurs de fermoirs, Enlumineurs, Parclteminiers et Papetiers ayant exercé à Paris de 1450 à 1600, un vol. in-8“. Paris, 1901.

18 Juin 1042. — Denys Hercent, lieur de livres, demeurant au porche de Cardin Blancot.

20 Juillet 1542. — Christophe Sy, relieur.

Mars 1.543. — Guillaume Oriard, relieur, a été emprisonné à la Conciergerie, pour avoir relié des livres suspects.

i5 Mai 1.543. — Pierre Solin, enfermé à la Conciergerie, pour crime d’hérésie.

28 Mars 1544. — Jean Toustain, maître libraire et doreur sur cuir.

27 Février 1540. — Henri Morice, libraire et relieur, écroué à la Conciergerie, pour avoir été trouvé saisi de livres scandaleux, sera mis à la question.

4 Juin 154.5. — Guyon Thioust. libraire et relieur, rue Saint-Jean-de-Latran.

t5 Juillet 1545. - Mahiet Révérend, faiseur de fermoirs de livres.

23 Octobre i55o. — Etienne Guyot, libraire et relieur de livres, à Paris, achète d’André Le Sueur, aussi libraire et relieur à Paris, et de Jeanne Lunel, sa femme, pour 160 1. t. la cinquième partie de la moitié d’une maison portant l’enseigne de l’Occasion, sise rue des Amandiers, entre l’image Saint-Nicolas et le jardin de la Chicheface et aboutissant par derrière au jardin de l’hôtel d’Albret.

1550, 1 562, 1 563 . — Julien Tremblay, relieur et libraire, paye au collège de Tréguier 40 1. t., pour le loyer de la maison du Cœur-Volant, rue Saint-Jean-de-Latran.

1551. — Forvestu. Le collège de Beauvais paye à Mathurin Forvestu, libraire et relieur, 16 sols t. pour la reliure d’un bréviaire de la chapelle.

23 Janvier 1 554- — Jacques Moutier, relieur, est témoin pour le testament de Jean Sourbron. En 1571, il est taxé au don de 300 000 livres, rue des Sept-Voyes, pour la somme de 40 sols.

23 Janvier i554- — Jean Sourbron, relieur, rue des Carmes, à la Corne-de-Daim, fut inhumé au cimetière Saint-Hilaire.

11 Février i5Ô2. — Nicolas de Saint-Denys, libraire et relieur, au mont Sainte-Geneviève, demeurait, en 1 587, rue Saint-Jean-de-Latran.

8 Juillet 1.562. — • Michel Parcquer, doreur de livres, rue des Carmes, à la Petite-Caille.

8 Juin i563. — Pierre Guérard, libraire et relieur, rue Saint-Jacques.

10 Mai 1564. — Jean Syonneau, marchand libraire, relieur et doreur de livres, rue Neuve-Notre-Dame, prend comme apprenti Claude de Monstreul.

22 Février 1 565. — Contrat d’apprentissage d’Heureux Le Coq, âgé de 17 ans, né à Juif-sur- Morin, chez Richard Le Melays, faiseur d’ais de papier, rue du Bon-Puits.

11 Mars i565. - — Nicolas Journet, relieur et doreur de livres, bourgeois de Paris.

28 Mars i565. — Georges Poly, libraire et relieur, rue du Mont-Sainte-Geneviève.

28 Octobre i566. — Par son testament, François de Genetay, libraire et relieur, demande à être enterré à Saint-Benoît, sous les charniers ; il choisit, comme légataire universel, son cousin germain Guyon Thioust, également libraire et relieur.

27 Juin i567- — Marc Nyon, doreur de livres, et Marguerite Thiboust, sa femme, poursuivent les vente et criée d’une petite maison au faubourg Saint-Marcel, rue des Coippeaux, contiguë à leur maison, pour une année et demie d’arrérages d’une rente de 100 s. t. En 1571, il est taxé au don de Sooooo livres, parmi les habitants de la rue des Carmes, pour 40 sols.

25 Février i568. — Guillaume Rogier, libraire et relieur.

4 Mars i56ç. — Jean I" Ricouard, relieur.

10 Juin 1569. — Jacques Pautonnier, relieur, marguillier de Saint-Hilaire. En 1571, est taxé, rue Chartière, au don de 3oo 000 livres, pour 40 sols.

20 Octobre 1570. — Laurens Heurtelet, libraire et relieur.

20 Octobre 1S70. — François Trépeau, relieur et libraire.

1571. — Étienne Challonneau, relieur rue Chartière, est taxé au don de 3ooooo livres pour 40 s.

1571. — Étienne Fournier, relieur rue du Paon (ou rue Alexandre-Langlois), est taxé au don de Sooooo 1.

1571. — FIubert de Labbaye est taxé au don de 3ooooo livres, rue des Sept-Voyes, pour 40 sols.

1.571. — Claude Mabille, relieur et libraire, rue des Sept-Voyes, au-dessous du collège de Fortet, est taxé au don de 300 000 livres pour 8 livres.

1571. — Julien Maissières (alias Masières), libraire et relieur, rue des Sept-Voyes, est taxé au don de 300 000 livres, pour 40 sols.

1571. ■ — Nicolas Meusnier, doreur sur cuir, demeurant rue du Paon (ou rue Alexandre-Langlois), est taxé au don de Sooooo livres.

1571. — Guillaume Nyon, doreur de livres, rue des Carmes, est taxé au don pour 40 sols.

1571. — Jacques Perdriel, relieur, rue Neuve-Notre-Dame, est taxé au don de 3ooooo 1. pour 40 sols.

1571. — Pierre Planté, libraire relieur, rue des Amandiers, est taxé à 100 s. t. au don de 3ooooo livres.

1571. — Jean Prévost, huissier et relieur de livres de la Chambre des Comptes, rue de la Vieille-Pelleterie, est taxé à 4 livres au don de 3ooooo livres.

1571. — Pierre Turpin, relieur.

16 Octobre 1 573. — François Domasle, relieur, reçoit une donation de Jean Domasle, libraire, et Geneviève Le Bé, ses père et mère. — Le 22 janvier i579, le Collège de Fortet lui donne à bail la moitié de la maison à l’image Saint-Pierre, rue des Sept-Voyes, entre les Collèges de Reims et de Montaigu.

1er Septembre 1574. — Jean FIeuqdeville, libraire et juré-relieur, bourgeois de Paris, achète de Sebastien Lalliseau, aussi libraire et relieur, le quart de la maison de la Rose-Rouge, rue Saint-Jean-de-Latran.

5 Octobre 1574. — Gilles Dubellay, maître doreur sur cuir.

30 Juin i5?6. — Henri Le Bé, relieur libraire, au mont Saint-Hilaire, rue des Sept-Voyes, devant le Collège de Notre -Dame-de-la-Mercy. Le 19 septembre i5 77, le collège de Carembert donne à bail emphytéotique à Henri Le Bé, libraire et relieur, pour 60 ans à partir du Ier octobre, au loyer de 32 1. t., la maison de la rue des Sept- Voyes, dans laquelle il habite. Dans le testament de sa femme, du i3 novembre 1577, ^ est nommé exécuteur testamentaire avec Éstienne Petit, libraire et relieur.

20 Juin 1577. — Nicolas Soullard, libraire et relieur, fait un bail de 36 ans, rue des Sept-Voyes.

27 Janvier i5pg. — Contrat de mariage de Jeanne Breton, veuve de Jacob Gentil, libraire et relieur, avec Guillaume Le Noir. Un des témoins est Timothée Jouan, relieur, beau-frère de la future.

6 Janvier i58o. — Mathurin Régnier, ferreur de livres (faiseur de fermoirs), rue des Poirées, se marie avec Jeanne Blacohière.

24 Avril 1.582. — Contrat de mariage de François le Heudier, libraire et relieur, rue Saint-Jean-de-Latran, à la Rose-Rouge, avec Anne Thioust. Le 4 février i588, il est qualifié doreur de livres, dans le contrat de mariage de Jean Va, relieur, en compagnie de son ami, Martin Avrillot, doreur de fers.

31 Mai i582. — Jean Réal, relieur, rue du Mont-Saint-Hilaire.

2 Janvier 1 583 . — Antoine Le Riche, libraire et relieur.

29 Juin 1.583. — Nicolas Desfossez, libraire et relieur, est témoin dans un mariage.

3 Février i58q. — Contrat de mariage de Jean Tuffé, libraire et relieur, rue des Sept-Voyes, à la Croix- Blanche, avec Marie Parache, fille de François Parache, doreur de livres, rue Judas, et de Jeanne Bonnet. Témoins : Pierre Planté, libraire et relieur, rue Saint -Jean-dc-Beauvais, et Nicolas Desfossf.z, libraire et relieur, rue Saint- Jean-de-Latran.

9 Février 1684. — Jean Corberan, relieur de livres, rue Frémentel, est témoin au contrat de mariage de Catherine Testu avec Balthazar de Maupin.

i3 Avril 158g. — Guillaume Nyon, doreur de livres, rue des Carmes, et Marc Nyon, même profession, rue des Coppeaulx, font donation de 21 écus deux tiers à Jeanne Du Loquin, nourrice des enfants de Guillaume.

18 Avril 1584. — Contrat de mariage d’ANTOiNE Moreau, libraire et relieur, rue des Sept-Voyes, avec Marguerite Loutrel. Témoin : François Parache, doreur de livres.

18 Avril 1584. — Jean Loutrel, libraire et relieur, rue des Sept-Voyes, beau-père d’Antoine Moreau.

3o Octobre 1584. — Jean Chappelain, marchand papetier. Pour ung livre couvert de cuyr vert 40 sols.

27 Septembre i585. — Etienne Du Hamel, libraire et relieur, et Jeanne Drouyn, sa femme, demeurant rue du Puys-d’ Arras, ou des Murs, au Dauphin, achètent la maison du Cœur-de-Jésus, même rue, pour 16 écus deux tiers d’or soleil, de rente.

4 Octobre i585. — Estienne Tasset, libraire et relieur, est témoin au mariage de Estienne de La Croix avec Jeanne Richer.

24 Décembre i585. — Michel Gadoulleau, libraire et relieur au mont Saint-Hilaire, prend à bail pour 9 ans, au loyer de 33 écus et un tiers, la maison de la Corne-de-Cerf, dans laquelle il habite déjà, rue du Mont-Saint- Hilaire.

En iôpi, il avait été taxé 40 sols au don de Sooooo livres.

i586. — Guillaume Le Breton, libraire et relieur, paye la taxe d’ouverture de boutique et, le 21 juin 1694, il prend à bail pour 9 ans, à dater de la Saint-Jean-Baptiste prochaine, au loyer de 20 écus soleil, la maison des Trois-Couronnes rue Saint-Jean-de-Latran, appartenant à la Commanderie.

i586. — Jérôme de Courbes, libraire, imprimeur et relieur, paye la taxe d’ouverture de boutique. Il fut maître de la Confrérie de Saint-Jean l’Évangéliste de 1608 à 1610, en même temps que Robert Fouet, libraire et relieur.

i3 Octobre 1590. — Antoine Roussel, libraire et relieur.

10 Août 1091. — Contrat de mariage de Simon de Sommaville, relieur et doreur de livres (et libraire), rue des Sept-Voyes, à l’enseigne de la Croix-Blanche, avec Jeanne de Varennes, veuve de Philippe Lande, cordonnier, rue Saint-Jean-de-Latran, à l’image Saint-Benoît, fille de feu Michel de Varennes, relieur, et de Jeanne Bunel. Témoins : André Eschart, relieur et libraire, et Louise Nicot, sa femme; Olivier de Varennes, libraire, frère de la future. Dot : 3oo écus soleil.

21 Juin 1094. — Guillaume Breton, relieur.

l3 Novembre 1594. — Simon Yon, libraire et relieur à Saint-Germaiu-des-Près, rue du Gindre.

i3 Novembre 1594. — Louis Patoureau, libraire et relieur.

1596- 1600. — Jacques Le Bouc, libraire et relieur, paye la taxe d’ouverture de boutique de 1597 à 1598. — Lucas Bruneau paye la taxe d’ouverture de boutique.

8 Mars 1597. — Adam Mugnier, maître doreur sur cuirs, est témoin au contrat de mariage de Jean Gesslin, libraire à Lyon, avec Mathurine Le Trop, veuve de Georges de Robet (Drobet) (').

1097-1598. — Jean de La Haye, libraire et doreur, paye la taxe d’ouverture de boutique.

1597- 1598. — François Du Metz ou Mas paye la taxe d’ouverture de boutique. Le 2 mai 1607, il est établi libraire et relieur rue Saint-Jacques.

24 Avril 1598. — Pierre Triboullet, libraire et relieur, rue Traversine, et sa femme vendent à Jean

Petit, maître parcheminier rue Saint-Jacques, la maison de la Corne-de-Daim, rue Traversine.

1. Voir Manuel hist. et tildiog. de l’Amateur de reliures, 1. 1. Paris, 1827.

17 Octobre 1,598. — Feu Jacques Louytte, libraire relieur, rue des Sept-Voyes. Sa veuve, née Jeanne Martinière, se remarie avec Toussaint Pillehoste, marchand libraire, rue du Mont-Saint-Hilaire.

1698. — Claude Du Hamel, libraire et relieur, paye la taxe d’ouverture de boutique.

1.598-1600. — Charles Chastelain, libraire et relieur, paye la taxe d’ouverture de boutique.

5 Février 1601. — Le collège de Fortet donne à bail à Antoine Mirault, relieur et libraire, la maison de l’image Saint-Pierre, rue des Sept-Voyes.

12 Décembre 1601. — Jean Cocqueret, libraire et relieur, rue des Poirées, et Geneviève Bailleur, sa femme, se font donation mutuelle.

3 Août 1604. — Contrat de mariage de Catherine Foucques, veuve de Noël Davergne ou Dauvergne, relieur (et libraire), demeurant rue Saint-Jean-de-Latran, avec Pierre Diotant, relieur, rue Saint-Jacques, vis-à-vis le collège de Marmoutiers. Témoins : Jonathan Provencel, Denys Dappe, François Michon, Pierre Boucquet, tous libraires et relieurs.

3 Août 1604. — François Michon, libraire et relieur, fut témoin au contrat de mariage de la veuve de Noël Dauvergne, relieur et libraire, avec Pierre Diotant, relieur.

9 Août i6o5. — Jean Chrestien, maître doreur de livres, rue d’Écosse, au Petit-Poirier, reçoit au nom de l'église Saint-Hilaire, dont il est marguillier, donation d’une rente de 9 1. t.

7 Octobre 1606. — Geoffroy Le Cordier, libraire relieur, rue Saint-Jean-de-Latran, marie sa fille Jacqueline avec Pierre Guillemet, praticien au Palais.

18 Janvier 1609. — Contrat de mariage de Pierre Picques, relieur, rue Saint-Jacques, dans la maison de François Du Mas, libraire et relieur, avec Geneviève Aubry, servante dudit Du Mas.

18 Juin 1612. — Jean Trouvain, relieur de livres, depuis 1594.

RELIEURS PRIVILÉGIÉS. — Dep uis la publication de mon premier travail, j’ai recueilli une assez grande quantité de Brevets de relieurs du Roi, pour qu’il me semble nécessaire de compléter ici le passage relatif aux relieurs privilégiés. Le lecteur se rendra ainsi mieux compte des faveurs attachées à ce genre de distinction.

Le privilège était le droit que le Roi accordait à des particuliers d’être reçus maîtres dans les corps et communautés, sans y avoir fait d’apprentissage, et sans être astreints à faire un chefd’œuvre. Cette création de marchands privilégiés eut lieu en vertu d’un édit du roi Louis XII, et fut successivement confirmée par lettres patentes de tous les souverains, jusqu’à la Révolution.

Les privilèges étaient donnés par les Rois et même par quelques Princes du sang, dans certaines occasions, telles que les joyeux avènements, les mariages, les entrées, les naissances et baptêmes de Dauphin ou de premier Prince du sang. Ceux qui voulaient être pourvus de ces privilèges étaient tenus défaire expérience, conformément à V arrêt du Conseil d’Etat du S juin 1672, en présence de notre Procureur de la Prévôté de notre Hôtel et du Syndic de leur communauté Çj . Aucun

i. Lettres patentes portant confirmation des marchands et artisans privilégiez suivant la Cour, sous]la charge du Prévost de l'Hotel et grand Prévost de France du 29 octobre 1725. — Collection Léon Gruel.

corps ni communauté n’était à l’abri de cet abus. Ces sortes de maîtres élus d’office, sans apprentissage et sans la production d’un chef-d’œuvre, étaient appelés privilégiés ou Maîtres de lettres, pour les distinguer des Maîtres chefs-d’œuvriers (‘).

Ces privilégiés recevaient du Roy des lettres patentes, qu’ils étaient obligés de faire enregistrer au greffe du Châtelet; ils étaient sujets aux visites en certains cas et n’avaient aucun droit à la jurande, ni aux fonctions honorifiques ou autres de leur communauté.

Ils avaient le droit d’exercer leur métier dans tous les lieux où la Cour se trouvait, sous la protection, justice et visite du Grand Prévôt de l’Hôtel.

Voici quelques exemples de ces faveurs :

Henri IV, par un édit en date du i5 juillet 1 593, créa « En faveur de Madame (f), sœur unique de Sa Majesté, à cause de son titre de sœur unique, et de ses ioyeuses entrées faictes ou à faire és villes et lieux de cedict Royaume Q) », deux maîtres de chaque métier jurés dans toutes les villes jurées de ce Royaume. Louis XIV voulant traiter favorablement le sieur Maréchal du Plessis-Praslin en considération de ses services, lui a fait don de deux privilèges en chacun des corps, Arts et Métiers, déclarés dans le Brevet (f) en date du 20 janvier i6y8, au nombre de y y, et deux de tous les autres, tels qu’ils puissent être, de tous lesdits corps, Arts et Métiers, non compris dans le présent, tant d’ancienne que de nouvelle création, pour être établis tant dans la ville que dans chacun des faubourgs de Paris, lesquels prendront Lettres du dit sieur Maréchal du Plessis-Praslin et se retireront ensuite vers le Prévôt de l’Hôtel de Sa Majesté pour être enregistrés ainsi que les autres marchands privilégiés suivant la Cour.

Les marchands et artisans privilégiés suivant la Cour avaient été établis par les rois à l’effet de procurer l’abondance des vivres, marchandises, denrées et autres commodités nécessaires à leur Cour et suite; il leur avait été accordé divers droits, privilèges, immunités et exemptions pour leur faciliter les moyens d’y satisfaire chacun dans leur état.

Je terminerai mes citations en renvoyant le lecteur au Brevet de relieur de la Chambre du Roy, qui fut accordé au sieur Vente le 20 décembre 1753, par les quatre premiers gentilshommes de cette Chambre et que nous avons publié dans la première partie de cet ouvrage ('). Cet intrigant sans scrupule ne s’en tint pas à ce seul privilège; car cinq ans plus tard, il se fit octroyer un second Brevet, lui donnant à lui seul le droit de vendre exclusivement à tous autres, des pièces de théâtre aux comédies française et italienne. Voici ce document (1 2 3 4 5 6) :

1. Savary. — Dictionnaire universel du Commerce, t. III, p. ioo-)-ioo5.

2. Catherine, sœur du Roy, épouse du comte de Bar, fils de Charles, duc de Lorraine.

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