EXÉCUTÉE PAR BRADEL LE JEUNE AN IV
genre de reliures issues de la Révolution une étude assez approfondie, qui fait voir la décadence dans laquelle le métier était tombé.
Depuis, il m’est arrivé des documents nouveaux qui méritent d’être signalés, pour leurs particularités intéressantes.
Voici d’abord le fac-similé du dos d’un livre de prières (').
Cette reliure en est la représentation typique : et j’y crois voir une idée précise. Elle a dû être faite pour un patriote très pur. Les plats, privés de tout ornement, sont d’un aspect sévère; le dos, au contraire, est richement décoré avec des petits fers et des emblèmes révolutionnaires, tels que les tables de la loi, le faisceau des licteurs et le bonnet phrygien.
La planche A reproduit une petite reliure, exécutée par Bradel, qui renferme un in-32 : Constitution française imprimée par Crapelet en l’an IV.
La couverture en maroquin vert olive est décorée d’une vignette en or formant encadrement, avec un sabre et un bonnet phrygien dans les angles, comme fleuron.
Le premier plat reçoit au milieu une peinture sur vélin, de forme triangulaire, préservée par une feuille de mica, encadrée d’un petit jonc plat, en bronze doré incrusté dans le maroquin.
Cette peinture représente l’œil de la vigilance. Au second plat, se trouve un cartouche d’égale grandeur et de même forme, composé d’un sabre et d’un bonnet phrygien en mosaïque rouge, placés au-dessus de ces mots : République française; le tout doré sur fond de maroquin blanc.
Ce qui donne un intérêt [particulier à ce petit bibelot révolutionnaire, c’est que la reliure est signée; car sur la garde du premier plat, se trouve l’étiquette de Bradel, reproduite ici.
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. Eueologe ou livre d’église à l’usage de Paris.[ Paris, 1780. Collection Léon Gruel.
La planche B représente un petit cartonnage en simple papier jaune, mais curieux a cause de ses encadrements successifs de filets, aux couleurs républicaines. Au centre, est placée en capitales d’imprimerie, cette inscription : Unité. Indivisibilité de la République. Liberté. Égalité. Fraternité ou la mort.
Il renferme le Calendrier des Républicains français pour 179s, et le vrai Liégeois de Mlre Mat. Laensberg (').
Je donne encore une petite vignette, fac-similé exact d’une reliure en maroquin rouge ornée
au centre d’un fer gravé représentant le serment prêté sur l’Autel de la Paix, lors de la fête de la Fédération, le 14 juillet 1790.
L’Autel de la Paix est formé d’un piédestal avec un cœur surmonté d’une pique, au haut de laquelle sont attachés un bonnet phrygien une couronne de lauriers et un petit drapeau sur lequel on lit : Vive la liberté. Il est accosté à droite et à gauche par un garde suisse, un garde îran-
et un bourgeois tendant leurs bras vers le centre, pour prêter serment.
Cette reliure renferme des Étrennes intéressantes DES QUATRE PARTIES DU MONDE, ET DES TROUPES DE FRANCE,
l’an III de la République (’1 2).
Je ne passerai pas sous silence, cet usage enfanté par la Révolution, qui consistait, sous la Terreur, a détériorer les reliures empreintes d’armoiries, pour substituer à ces dernières des çaise, un garde national emblèmes patriotiques
ou révolutionnaires; et, en priant le lecteur de vouloir bien se reporter à mon premier travail et a son supplément (3), je donnerai ici deux exemples de ce genre de vandalisme.
C’est plutôt sur les ex-libris que sur les reliures que cette particularité a pu être constatée. Mais nous l’avons aussi rencontrée sur le plat extérieur des reliures : et nombre de personnages nobles, en proie à une inquiétude entretenue par la délation, qui était alors considérée comme une