‹ Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliures (volume 2)Chapitre 21 sur 137 · Voir Jean de Gouy · texte numérisé non relu

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BISIAUX (Pierre-Joseph). — Bisiaux, dont j’ai déjà parlé (*), était relieur ordinaire de la comtesse du Barry. Il exerça à la fin du xvme siècle et au commencement du xixe.

Il faisait partie de cette assez nombreuse catégorie de relieurs, qui n’étaient maîtres que de nom, et qui travaillaient à une époque de décadence où les traditions du métier et l’art semblaient avoir complètement et pour toujours disparu.

Si nous reparlons aujourd’hui de Bisiaux, c’est que nous avons trouvé une reliure sortant de ses mains, où se révèle un soin qui ne lui était pas habituel.

Cette reliure, d’une extrême richesse extérieure aussi bien qu’intérieure, est fort curieuse, car elle fut exécutée en pleine époque révolutionnaire; elle mérite d’être décrite et mise en lumière.

Elle recouvre un in-folio (0,46 X o,3o), Callimaco greco Italiano ora Publicato P arma H9* 2 C)> couvert en maroquin gros bleu avec bordure de mosaïque rouge, décorée d’une grecque courante, arrêtée dans les angles par une composition de petifs fers et de cornes d’abondance. Le dos est à doubles nerfs très légers et les entre-nerfs garnis de petits fers reçoivent au centre, sur un fond de mosaïque rouge, un ovale composé de deux branches palmées et d’un sabre surmonté du bonnet phrygien. L’intérieur en moire rouge est très soigneusement décoré d’une réunion de dix roulettes à ornements palmés, qui semblent annoncer qu’on emploiera ces motifs sous l’Empire. Au bas du dos, on lit, en chiffres romains, la date de 1792 : et à l’intérieur de la première garde en papier blanc, on voit la signature étiquette ci-jointe.

Je tiens aussi à reproduire ici l’opinion émise par Bisiaux sur le battage des livres, opinion intéressante et juste dans certains détails, mais d’une autorité limitée.

La voici :

Avis sur les avantages de satiner le papier des livres, le tort qu’on lui ferait de le battre, et sur la reliure sans fil, par M. Bisiaux, relieur

J’ai appris, avec le plus grand étonnement, que plusieurs de mes confrères prétendent que la belle invention du satinage du papier ne peut pas suppléer entièrement à l’opération du marteau. En conséquence, dit-on, ils battent, avant de les relier, les livres satinés ; mais, qu’ils les battent ou non, plusieurs font payer le battage; et c’est ce mal ou cette erreur qu’il est important de détruire. Je pose en fait, Messieurs, qu’en reliure le papier satiné est au papier battu ce que la perfection est au grossier essai. Les livres les /dus difficiles à battre qui existent dans la Librairie sont, sans contredit, l’ouvrage de M. de Bujfon sur les oiseaux, grand in-folio, et la description des Ponts et Chaussées par M. Perronet, in-folio, sur papier

2. Manuel hist. et bibliog. de l'Amat. de reliures. Paris, 1887, p. 54.

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