RELIURE EXECUTEE DANS L'ATELIER DE MADELEINE B OURSETTE
femme de Christophe Sy, Heur de livres, à la Souche, de Saint-Landry. (Arcli. Nat. L 670, n° 1, f° 3 v°.)
BOURSETTE (Madeleine). — J’ai eu maintes fois occasion de citer le nom de Madeleine Boursette, libraire-relieur à Paris, de 1 55 1 à 1 556. Elle était veuve de François Régnault, dont elle continua les affaires.
Je donne ici une reliure sortant de ses mains : elle recouvre un gros in-8°, Bible de Robert Étienne 1646 ('), couverte en veau. Elle est ornée de filets à froid et en or, avec légende religieuse, et marquée au centre d’un petit ovale renfermant l’éléphant et la tour adoptés comme marque par François Régnault.
Le chiffre F. r., qui se trouvait habituellement dans un petit cartouche placé sur le dos de l’éléphant, a été supprimé.
y mai 1 S40. — Titre nouvel passé par Madeleine Boursette, veuve de François Régnault, libraire, pour le Cens dû à la ville par la maison ou pend pour enseigne Le Lefant autrefois le Barillet, dont elle est défenderesse et propriétaire, en vertu d’un bail à rente du 17 juillet 1522, passé par Guillaume Roullant papetier et libraire, pour 120 l. t. raçhetables par y 600 1. t. décapitai (* 2).
BOYET (Luc- Antoine). — J’ai eu occasion de parler, dans la première partie de cet ouvrage (3), de Luc- Antoine Boyet; mais son importance fut telle aux xvn° et xvmü siècles, qu’il est indispensable de compléter ce que j’ai dit de lui.
Luc-Antoine Boyet fut un des maîtres qui occupèrent le plus longtemps la charge de relieur du Roy. Le Brevet qui fut expédié en sa faveur le 20 novembre 1698, l’installa dans cette charge, qu’il conserva pendant l’espace de trente-cinq ans. S’il ne fut pas, et rien ne le prouve, un des plus fins artisans de son temps, il fut au moins le plus considérable; car c’est à lui que furent confiés, en grande partie, les travaux de reliures pour le Roi et les services publics. On retrouve aussi plus spécialement des marques de son talent sur les livres provenant de la bibliothèque de Mme la Marquise de Chamillard ; de celles de Colbert, de la Reynie, de Phelypeaux de la Vrillière, de Maurepas, du comte d’Hoym; et ces livres sont aujourd’hui pour nous des joyaux précieux.
Boyet, s’il n’en fut pas l’inventeur, employa plus que personne, pour la décoration de ses
1 Collection Léon Gruel.
Ph. Renouard. — Documents sur les Imprimeurs , Libraires et Relieurs qui ont exercé à Paris de i^So à 1600.
3. Manuel hist. et bibliog. de V Amateur de reliures, pages 60, 61.
reliures, ce genre de petits fers tant à la mode au xvnc siècle, dont le dessin, au lieu d’être formé de lignes ou de rinceaux en filets, est rendu par de petits points placés les uns à côté des autres, et qui ont pris le nom de fers au pointillé.
Ce que nous savons de ce maître était jusqu’ici assez vague : voici cependant un brevet qui va jeter un peu plus de jour sur une des personnalités les plus marquantes de l’art de la reliure.
Aujourd’huy 2 y novembre J 6 y S, le Roy estant à Versailles , bien informé de la capacité et expérience de Luc-Antoine Boyet, relieur à Paris et de sa fidélité et affection au service de Sa Majesté. Elle Va retenu et retient en V Estât et charge de l'un de ses relieurs de livres, vacante par le déceds de Claude Le Mire ('), dernier possesseur d'icelle, pour en jouir aux honneurs, fonctions, prérogatives, privilèges et autres avantages qui y appartiennent tels et semblables qu'en a jouy ou deub jouir led. Le Mire, et ce tant qu'il plaira a Sa Majesté, laquelle m'a à cet effet commandé d'expédier and. Boyf.t le prt. brevet qu'elle a signé de sa main et fait contresigner par moi,... etc. (’).
Boyet mourut en 1733, ainsi que le montre le Brevet de relieur du Roi expédié, le 23 août de la même année, en faveur du sieur Padeloup ('), qui lui succéda dans cette charge.
J’ai trouvé aux archives de la Seine le testament (') mutuel de Luc-Antoine Boyet, relieur .ordinaire du Roy, et d’Elisabeth Cochon sa femme de luy autant que besoin serait autorisée à l’effet que suit demeurant à Paris rue des Sept Voyes parroisse Saint Estienne du Mont reçu par Billeheu, notTe à Paris, le 2 y février iyi y et codicile ensuite a été extrait ce qui suit.
Lesd. Testateurs donnent et lèguent à Estienne Boyet, leur fils unique, la part et portion qui pourra luy appartenir dans chacune de leurs successions,... etc.
Une mention portée en marge indique que la dame Boyet mourut en 1722.
BOYSSE (Jacques). — M. P. Poyet, dans son Essai de Bibliographie Limousine (1 2 3 4 5), dit que ce relieur figure, en iSoq, dans des documents conservés aux archives du département.
BRADEL (Marin). — J’ai dit que la famille des Bradel était une de celles qui avaient fourni le plus de relieurs; nous voyons dans Ph. Renouard(6) que Marin Bradel était libraire-