Idem. — idem
ABOT (Fils). — La ville de Lyon a toujours occupé la seconde place après Paris, pour ce qui concerne la reliure; et elle a produit, au xvic siècle, des décorations à entrelacs mosaïqués, d’une grande richesse.
C’est le souvenir de cette ancienne splendeur qui me fait mentionner ici le nom de Cabot fils, établi relieur, rue Mercière. Je le trouve indiqué dans
l’almanach de la ville de Lyon, pour 1760.
CARON (Pierre). — J’emprunte à M. Paul Bergmans, l’érudit secrétaire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Gand, ce que l’on sait de ce relieur de nom français, qui exerçait à Gand, au commencement du xvic siècle.
Un spécimen de son travail est conservé à la bibliothèque de la Ville et de l’Université de Gand. Il est exécuté en veau brun estampé à froid et recouvre un petit in-8° : Rupert us. De voluntate et omnipotentia Dei; imprimé à Nuremberg, chez Jean Pctreius, en 1524. Il provient du couvent des Augustins de Termonde.
Dans un encadrement de filets est placée l’Annonciation. Elle est accompagnée d’un écusson en losange répété en haut et en bas, qui porte un lion entouré du nom : Petrus Caron, entrecoupé de quatre fleurs de lys.
Voici quelques documents recueillis par M. A. von Werveke, conservateur des musées archéologiques et extraits des Archives de la Chambre des Comptes.
Archives du Royaume à Bruxelles, Chambre des Comptes, n° 21896; Compte du Receveur des Exploits du Conseil de Flandre, du Ie1' août i52q au 3 juillet 1 525 :
Folio 52 verso. A Pierre Caron, aussi librarier en Jadicle ville ( de Garnit), pour avoir loyé et renouvelle de cuier trois vieulx registres estons péril d’aller en perte et ruine, par tauxe et quictance iiij Ib iiij s. parisis.
Registre 21 897, du Ier août 1 5 25 au 3l juillet 1 5 26 :
Folio 67. A Pierre Caron, pour avoir livré samblable registre (nng gratuit registre de volume de iroie) pour enregistrer les sentences prononchie % ceste année en ladicte court. . . . viij Ib parisis etc.
Folio 67 verso. A luij pour avoir loyé ou fijn d’aulcuns viel ç registres, ungne main de pappier volume de troic ensemble pour ledict pappier x s. par.
A lui), pour avoir renouvelle des couvertures de cuier, et reloié deux registres de ladite court de l’année xinp et xc. . iiij lh. xvj r.
La reliure, dont il est question plus haut, est donc bien d’origine flamande, malgré le nom très français de l’artiste qui l’a exécutée.
CÉSAR (Pierre de). — (Petrus Cesaris). — (Pieter de Keysère). — J’ai déjà parlé de ce relieur en 1887 ('), m’appuyant sur le remarquable ouvrage de M. A. Claudin ("), et aussi sur les recherches si savantes publiées par M. Bergmans, dans l’Inventaire Archéologique de Gand Je donne ici quelques documents supplémentaires intéressants.
M. A. Claudin nous dit que Pierre César (second du nom), était d’une famille originaire d’Allemagne. Le premier qui porta le prénom de Pierre, était le fondateur du second atelier typographique établi à Paris, qu’il exploita avec Jean Stoll en 1474. Il était né à Schwebus, aujourd’hui petite ville de la province de Brandebourg, sur la frontière de la Silésie. En 1478, il demeurait rue Saint-Jacques; et le 18 octobre 1487 : il prenait par bail à vie moyennant un loyer annuel de 12 livres parisis, une maison, courcelle et petit jardin derrière en la grant rue Sainct-J acques . . . où pend pour enseigne le Chevalier au Cygne, tenant d’une part à l’ostel du Gril, d’autre part à l’oslel du Treteau. Il vécut jusqu’en 1 jO).
Chevillier, dit de son côté, que Pierre de Keysère appartenait à la famille d’ARNAUD de Keysère, imprimeur à Audenarde et à Gand au xv" siècle; que son vrai nom était Wacener, et que celui de César n’était qu’un surnom, ainsi que le montre cette suscription : Discretus vir Magister Petrus Wagener dictas Cesaris. Cette dernière origine paraît être celle qu’il conviendrait d’attribuer au Pierre de Keysère, qui se trouve à la Bibliothèque de cette ville. (Rés. 789).
Le plat de la reliure, en veau brun estampé, recouvre un opuscule de Saint Jean Chrysostôme publié à Anvers en i536. Le sujet est le même des deux côtés : il représente la Pucelle de Gand; au fond, une petite vue des clochers de la ville.
Au bas, se trouve la signature Petrus Cesaris. Comme entourage, une devise latine en caractères gothiques.
CHAMOT. — Pendant la seconde moitié du xvme siècle, plusieurs artistes de ce nom exercèrent la reliure.
1 . Manuel histor. et bibliog. de l'Amateur de reliures. Paris, p. 65.
Histoire de l'Imprimerie en France aux xv* et xvi" siècles, t. I. Paris, Imprimerie Nationale, 1900.
5 Catalogue descriptif et illustre des Monuments, Œuvres d’art et documents anterieurs à i83o, publié par la Société d histoire
et d’archéologie de Gand.
Louis Chamot fut reçu maître (') le io avril 1760, et Charles Chamot, rue Saint-Jacques, fut également reçu maître (1 2) le i5 février 1762.
J’ai eu la bonne fortune de trouver un recueil de comptes de reliures, exécutées de 1763 à 1 781 par un nommé Chamot, pour les Archives.
Ces reliures étaient commandées par M. de Senac, qui en était chargé par M. Letronne garde-général des Archives du Royaume.
Je ne sais si ce relieur était un de ceux mentionnés plus haut, car malheureusement aucun prénom n’accompagne la signature apposée au bas de chacun de ses reçus.
La plupart des reliures décrites sur ces comptes sont couvertes en parchemin vert ou en veau brun : celles en maroquin rouge sont beaucoup plus rares, surtout dans les dernières années.
A titre de curiosité, je reproduis ici une lettre de M. de Senac réclamant ses reliures et la réponse de Chamot qui a tout l’air d’être depuis un certain temps créancier de l’État, et de ne vouloir faire une livraison à M. de Senac qu’après paiement de ce qui lui est dû.
Ce relieur, en 1779, demeurait en face le collège Cambrai à Paris.
CHENU (Louis). — Louis Chenu était maître relieur-doreur de livres, établi à Paris, rue Chartière, paroisse Saint-Hilaire. Il était ancien garde de sa communauté lorsqu’il déposa son testament (r>), le 14 mai 1765, chez Maître Miller, notaire à Paris; ce testament ne contient aucun nom intéressant.
Le fac-similé de dentelle, reproduit ici, est celui d’une reliure faite par Chenu. On remarquera qu’il a signé son oeuvre, en mettant son nom en dorure, au milieu des petits fers de la décoration. Cette décoration n’est pas finement composée; le fond de la reliure est solidement établi, mais sans goût; elle recouvre
1 . Liste des Maitres Relieurs et Doreurs de livres de la Ville de Paris, dressée par Pierre Alexis Michel Bradel. Idem.
S. Arch. de la Seine. Reg\ 240.
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