RELIURE EXÉCUTÉE PAR COURTEYAL
Reliure en or basané aux Armes de Michel Le Tellier (xviie siècle)
Paris. — lmp. R. Engelmanx.
in-8°, L’Europe illustre, par Dreux du Radier, portraits gravés par Odieuvre, Paris, 1775 (').
CUIR DORÉ (Reliures en). — C’est la première fois que je rencontre une reliure en cuir doré (vulgairement appelé or basané), dont l’ornementation correspond exactement au format d’un volume.
Toutes les reliures de ce genre que j’ai vues jusqu’ici étaient recouvertes avec un débris de cuir pris dans une tenture quelconque.
Dans un carré occupant le centre, se trouvent les armoiries de Le Tellier, entourées des colliers des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, et surmontées d’une couronne de marquis. Au-dessous, est placée la première partie de la devise : Singulis adsum.
Au milieu de la partie supérieure du plat, formant champ, on voit un soleil, emblème de Louis XIV, placé dans un semis d’étoiles et accompagné de deux anges.
La partie inférieure est occupée par le reste de la devise : Ubiq.ue levamen.
Les deux côtés sont décorés d’étoiles et de lézards, motifs dont sont composées les armoiries. Le tout exécuté en relief.
Cette reliure a été faite pour le père de François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois et de Courtanvault, Michel Le Tellier, chancelier de France, secrétaire d’État au département de la guerre, né à Paris le 19 avril iôo3, mort le 3o octobre 1 685.
Il portait d’azur à trois lézards d’argent, posés en pal; au chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles d’or.
Les quatre mots de la devise inscrite sur ce livre peuvent se traduire ainsi : A chacun je suis partout assistance.
Ce procédé de fabrication nous vient de l’Italie qui le tenait elle-même de l’Orient.
La façon dont on obtenait ce cuir doré mérite d’être mentionnée. Le cuir était d’abord recouvert d’une feuille d’argent ou d’étain, sur laquelle on estampait les ornements à reproduire; l’on passait sur l’ensemble une couche de solution safranée qui, prenant le ton d’or, recevait une transparence métallique de la matière sur laquelle elle était posée.
Si nous en croyons M. de La Quérière (1 2), on fabriquait ce cuir, au xvf et au xviie siècle, un peu partout, principalement à Lyon et à Avignon.
L’usage de cet or basané remonte assez haut puisque le même auteur nous dit que les jésuites