‹ Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliures (volume 2)Chapitre 54 sur 137 · Collection Léon Gruel · texte numérisé non relu

Collection Léon Gruel

3. Manuel histor. et bibliog. de l'Amateur de reliures. Paris, 1887, p. 96.

5. Une plaquette in-3”. Paris, 1897. Extrait du Bulletin du Bibliophile.

ÈVE (Nicolas VVt‘). — Vers i5”3, la maison des Porcelets rue des Carmes, en laquelle demeure la veuve de Nicolas Ève, relieur appartient à Pierre Corbin (')•

M. F. Mazerolle, dans une étude publiée en 1887 dans le Bulletin du bibliophile sur les Relieurs, Miniaturistes et Calligraphes des ordres royaux de Saint-Michel et du Saint- Esprit; donne un extrait de comptes recueillis à la Bibliothèque nationale que je lui emprunte, et d’après lequel on voit que Nicolas Ève serait mort avant 1682. Il est ainsi conçu :

A Noëlle Hecqueville, veufve de Nicolas Esve, luy vivant , rellieur de Sadicte Majesté, la somme de cinquante escus à luy ordonnée par ledict sieur de Cheverny, par ladicte ordonnance dudict XIIIe janvier, pour avoir par elle lavé, réglé et rellié douze livres des Statuts dudict ordre (du Saint Esprit) et soixante paire d’heures du Saint-Esprit, le tout couvert de maroquin orangé, semé de petites langues de feu dorées et aux coings un Saint-Esprit ; les dictes heures argentées sur la tranche et les dicts livres dorez, garnie de leurs fermoirs de ruban orangé et bleu; lesquelles heures et livres ont esté distribuez à tous Messieurs les Cardinaux, Prelatz et Chevalliers dudict ordre.

Cy, par vertu de ladicte ordonnance et quictance de ladicte veufve, signée à la requeste dudict Séguier, le XIIIe janvier, cy rapportée, pour cecy la somme de L escus.

En 1584, la veuve de Nicolas Ève reçoit encore 80 écus soleil pour le lavage, le réglage et la reliure de 60 exemplaires des Statuts de l’ordre du Saint-Esprit et pour 40 paires d’heures du Saint-Esprit Q).

ÈVE (Clovis). — Ph. Renouard (1 * 3 * 5) nous apprend que Clovis Ève dont j’ai parlé dans mon premier travail Q, était marié à Perrette, fille de Thomas Brumen, libraire, et qu’ils eurent deux enfants, l’un, Robert né le 8 mai 1698, et l’autre, Clovis né le 27 août i6o5.

Que, le 26 janvier 1601, le collège de Beauvais donne à bail à Clovis Ève, libraire et relieur ordinaire du Roy, la maison de l’Image Sainte-Catherine au Mont Saint-Hilaire, près le clos Bruneau, au loyer de 53 écus un tiers.

Clovis Ève I prit la succession de Nicolas Ève et de sa veuve Noelle Hecqueville pour la reliure des Statuts de l’ordre du Saint-Esprit et celle des heures du même ordre, commandés par le roi. J’emprunte à M. Mazerolle (:i) la citation suivante qu’il a trouvée à la Bibliothèque nationale :

1 . Ph. Renouard. — Documents sur les Imprimeurs, Libraires, Relieurs, Doreurs de livres, etc., ayant exercé à Paris, ae iqso

à iûoo, p. 96.

Une plaquette in-S*. Paiis, 1897.

3 . Documents sur les Imprimeurs , Libraires et Relieurs ayant exercé à Paris de iq5o à 1600.

1- Manuel histor. et bibliog. de l'Amateur de reliures. Paris, 1887.

5. F. Mazerolle. — Documents sur les Relieurs, Miniaturistes et Calligraphes des ordres royaux de Saint-Michel et du Sainl- Esprit, 1 plaquette in-8% extrait du Bulletin du Bibliophile, 1897.

A Clovis Esve, rellieur de Sa Majesté , la somme de dix-sept escus soleil à luy ordonnée par ledict seigneur chancelier, par la dicte ordonnance dudict 1111e janvier oudict an, pour avoir relié de neuf dix desdicts statut z (du Saint-Esprit) en marroquin orangé, lavez, réglé z et dore z sur tranche, garnis de fermoirs de ruban bleu large, à raison d’un escu pièce, pris ordinaire, et pour en avoir enchâssé six autres dans les vieilles couverthures d’autres statuts qui furent reliiez Vannées M Ve IIII" III, lesquel z ne servirent de rien parce qu’ils furent aussitost corrigez Par Sadicte Majesté, a raison de trante solz pièce, et relié huit paires d’heures dudict ordre, à ladicte raison de trante solz pièce, pour donner tant h Messieurs les Chevalliers nouvellement receuz audict ordre que autres.

Pour cecy, par vertu de ladicte ordonnance et quictance dudict Esve, signée à sa requeste, Habert, notaire et secrétaire du Roy, le XIIIe jour dudict mois de janvier oudit an, cy ladicte somme de XVII escus.

En ! 58" à Clovis Eve, cent unze escuz soleil, assavoir : cent deux escuz pour avoir relié et couvert en maroquin orangé cent deux des statutz dudict ordre, qui ont esté distribuez P $a Majesté qu’à Messieurs les Cardinaulx, Prélats, Chevaliers, Commandeurs et Officiers dudict ordre à raison d’un escu pièce; cinq escuz pour la relieure de dix paires d’heures d’icelluy ordre, qui ont esté délivrées aux nouveaux Chevaliers, dernièrement receuz > a raison de trente sols pièce, et quatre escuz Pour la relieure du livre des Evangiles pour le service dudict ordre.

Au sujet du fils de Clovis Ève, je suis obligé de me séparer de M. Mazerolle qui, s’appuyant sur M. Thoinan, dit que Clovis Eve II, exerça de 1621 à 1 633, comme relieur du roi, puisqu’il lui attribue l’exécution de commandes pour les ordres de Saint-Michel et du Saint-Espnt. Or ce second fils, étant né en iôo5, n’aurait eu en 1621, que seize ans; il était donc bien jeune pour succéder à son père. De plus, la coutume étant que la charge de relieur du Roy fût toujours donnée à vie, le fils de Clovis Eve ne put avoir cette charge qu’après le décès de son père, qui n’eut lieu qu’en 1634 ou i635, d’après le même document.

Il est donc peu vraisemblable que le second fils de Clovis Ève ait relié en 1621 douze paires

d’ Heures en maroquin pour Messieurs les Chevaliers et Commandeurs des ordres de Saint-Michel et du Saint- Esprit.

J’irai même plus loin en n’attribuant pas davantage au second fils de Clovis Ève, la reliure des livres d’Heures du Saint-Esprit que M. Mazerolle affirme avoir été exécutée par celui-ci en 1 633 . Ce qui m’y autorise, c’est que l’auteur de l’ouvrage dans lequel je prends ces documents et que je considère comme très sérieux, nous donne avec des

A PARIS

Aie Jucher jCiUercur-e

.Pl&ce Je ûzsnJn-'m/ .

Page 1