RELIURE EXECUTEE PAR JEHAN HUVIN
HUVIN (Jehan). — Cette notice est destinée à rectifier celle qui a déjà paru, sous le nom de Jehan Haann.
Lors de mon premier travail ('), l’état de la reliure originale que j’avais trouvée à la Bibliothèque Nationale (1 2 3) était tellement défectueux, qu’on pouvait à peine déchiffrer les lettres qui se trouvaient sur la plaque du milieu.
De nouvelles investigations m’ont convaincu qu’il fallait lire Jehan Huvin (libraire-relieur à Rouen), au lieu de Jehan Haann. Je donne ici à nouveau la description de cette reliure, ainsi que son fac-similé.
Elle renferme un petit in-8° Manipulus curatorum. — - Rothomagi. — Le. Bourgeois 1498. Couvert en veau brun, orné d’une composition gothique dont le principal motif, celui du milieu, représente, sous une architecture de même style, une scène à deux personnages : à gauche, l’archange saint Michel terrassant le démon : et, à droite, saint Nicolas en costume d’évêque avec la crosse, bénissant trois petits enfants dans un cuveau, ainsi qu’011 le voit toujours représenté.
Au-desscus de cette miniature, se lit le nom en caractères gothiques de Jehan Huvin. La décoration est pareille des deux côtés.
Édouard Frère, dans son étude sur les livres de liturgie des églises d’Angleterre, imprimés à Rouen dans les xvie et xvif siècles, dit que Jehan Huvin était établi libraire et relieur à Rouen de 1490 à 1422 et demeurait au portail des libraires, oïl il occupait deux échoppes louées ensemble 10 livres par an.
De i5o8 à 1 5 1 3, les registres de la fabrique de Notre-Dame mentionnent une association entre Jehan Huvin et son fils.
Silvestre Q donne la marque de Jehan Huvin comme celle d’un libraire, dont il fait remonter l’exercice de i5oô à 1 5 1 1. Elle est intéressante et se compose ainsi : au centre, un écu contenant le chiffre I.H, relié par une sorte de nœud qu’on appelle souvent nœud d’amour, est supporté par deux hommes, l’un jeune, l’autre vieux. Derrière et au-dessus d’eux, se trouve la mort tenant dans chaque main une flèche dont elle les menace. Le fond de ce sujet est parsemé de pensées, d’ancolies et de pavots; enfin tout en bas, sur une banderolle, on lit en caractères gothiques le nom de Jehan Huvin.
1. Manuel hist. et bibliog. de ï Amat. de reliures. Paris, 1887.