‹ Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliures (volume 2)Chapitre 74 sur 137 · RELIURE EXÉCUTÉE PAR THOMAS KRUGER · texte numérisé non relu

RELIURE EXÉCUTÉE PAR THOMAS KRUGER

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AMMELBER (Georges) ('). — Le nom de cet artiste se trouve gravé avec une armoirie accompagnée d’autres motifs estampés à froid, sur la reliure d’un in-8° : Acta colloquii montis Belligartensis. Tubinge 1594. Au bas de l’armoirie, on lit : Georgius Kammelber. Ce relieur était contemporain de Georges Kirsten, et comme lui d’origine allemande. Dans la décoration de cette reliure, se trouvent encore la lettre H et celles F. H. mêlées aux figures symboliques de l’Espérance, la Foi, la Prudence, la Tempérance, la Charité, et du Crucifiement.

KRUGER (Thomas). — Sur un in-folio (o,35 x 0,235) : Novum Jesn-Christi D. N. testamentum ex bibliotheca regia Lutetia ijfo Q), relié en peau de truie parcheminée estampée à froid, nous trouvons une décoration formée de filets et de plaques, avec le nom de Thomas Kruger. J’en donne ici la reproduction.

Cette composition divise le plat au centre et en hauteur en deux parties. Celle du haut, au premier plat, représente la scène du crucifiement dans un motif architectural mêlé de légendes religieuses en grec et en latin. Au pied de la croix, on voit des caractères hébraïques, et immédiatement au-dessous, le nom de Thomas Kruger.

La scène du bas, dans un encadrement analogue, représente le Christ sortant du tombeau ; au-dessous, une légende en caractères hébraïques prenant deux lignes.

Les angles de ces deux motifs sont ornés d’écussons portant les armes des duchés d’Anhalt- Bernburg et autres.

Le tout encadré d’une large bordure représentant des scènes tirées de l’Écriture sainte.

Le second plat est décoré d’une manière semblable, mais avec deux plaques différentes. Celle du haut, d’une extrême richesse, représente dans un ovale, le Christ en croix; à gauche, on lit sur le fond « Thomas » et à droite « Kruger ». L’encadrement de cet ovale est composé de guirlandes, de figurines et de deux anges dont les bras tiennent le haut de la croix.

La plaque du bas est divisée en quatre compartiments représentant : au 1, Adam et Eve dans le paradis terrestre; au 2, la Résurrection; au 3, Satan recevant des damnés; au 4, le Crucifiement. Le tout encadré comme au premier plat.

Une mention manuscrite apposée sur le titre nous apprend que ce volume a fait partie de la

1 . Salomon Semler. — Histoire de la Gravure en Allemagne. Des formes à l'usage des Relieurs. Leipzick. 1782, in-8”. Collection Léon Gruel.

bibliothèque du collège des Jésuites d’Olmütz; ce qui, avec les armoiries citées plus haut, nous permet de conclure que cette reliure fut exécutée en Allemagne.

A FERTÉ. — J’ ai donné dans mon premier travail (') des renseignements biographiques sur les La Ferté, relieurs du Roi à Paris, au milieu du xviiiu siècle.

Pour compléter la notice de ces deux maîtres, je reproduis ici, dans leur forme et teneur, les brevets par lesquels ils furent munis de cette

charge et faveur.

Voici le brevet de François La Ferté que j’ai trouvé aux Archives nationales (1 2).

Brevet de Relieur du Roy pour le n° La Ferté à Versailles le iy juin iy62.

Aujourd’huy dix-sept juin iy62. Le Roy étant à Versailles ayant égard aux témoignages avantageux qui luy ont été rendus de la probité et capacité du if La Ferté, Ma Relieur à Paris, et voulant le traiter favorablement, Sa Majesté l’a retenu et retient en la charge de l’un de ses relieurs ordinaires vacante par le décès du ne Dubuisson de possesseur d’icelle pour par luy l’avoir et exercer en jouir et en user aux honneurs, autorités, privilèges, franchises, libertés, gages, droits, fruits, profits, revenus et émoluments accoutumés et y appartenant tels et semblables qu’en a joui ou dû jouir led. Dubuisson et ce tant qu’il plaira à Sa Majesté, Laquelle pour assurance de sa volonté, etc.

Voici maintenant celui de son fils, Pierre-Louis qui succéda à son père, comme relieur du

Brevet de Relieur du Roy pour le s. La Ferté fils.

Aujourd’huy S juillet iy6p, Je Roy étant à Versailles, voulant donner au if Pierre-Louis La Ferté, Relieur à Paris, une marque de satisjaction que Sa Majesté ressent des services du nomé La Ferté son père, Relieur de Sa Majesté et voulant le traiter favorablement, Sa Majesté l’a retenu et retient en la charge de l’un de ses relieurs ordinaires, vacante par le deceds dud . La Ferté son père,

1 . Manuel hisl. et bibliog. de l'Amateur de reliures. Paris, 1887, p. 1 17.

2. Registre du Secrétariat d’État de la Maison du Roy, année 1762, 0< n° 106. p. iRO. S. Arch. Nat. Registre du Secrétariat de la Maison du Roy. O' n* 114.

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pour par lui l’avoir et l’exercer en jouir et user aux honneurs, autorités, prérogatives, privilèges, franchises, libertés, gages, droits, fruits, profits, revenus et émoluments accoutumés et y appartenant tels et semblables qu’en a joui ou dû jouir lcd. s. son père, et tant quil nous plaira, et pour assurance de sa volonté, Sa Majesté m’a commandé d’expédier le présent Brevet qu Elle a signé de sa main, et fait contresigner par moy Coner secrétaire d’Etat et de ses commandements et finances.

Je tiens à faire remarquer que malgré ces faveurs, décernées par brevet, les La Ferté n’étaient en reliure que des artisans de second ordre : car je n’ai rencontré d’eux que des travaux très ordinaires, et qui ne peuvent rivaliser avec ceux de Padeloup, de Le Monnier ou de Douceur.

LA GARDETTE (Jean). — De tout temps, la Communauté des Libraires, Imprimeurs et Relieurs se montra rebelle à la réception de membres, qui, venant accroître le nombre des Maîtres de la Corporation, diminuaient par cela même le profit des travaux dont ils prenaient leur part. De tout temps aussi, cette même communauté eut à s’incliner et à subir les arrêts du Lieutenant général rendus contre sa décision : c’est ainsi que (') « le 17 novembre 1693 à Metz, les imprimeurs, libraires et relieurs tiennent assemblée chez le syndic, à l’occasion d’un procès qu’ils ont à soutenir contre Jean La Gardette qui veut se faire recevoir Relieur. — Le 26 février 1694, Jean La Gardette est reçu Relieur en vertu de la sentence de Monsr le Lieutenant général et par arrêt de la Cour de 1694 ». Mais ceux qui réussissaient ainsi grâce à l’autorité supérieure, étaient constamment exposés aux tracasseries de la communauté malgré la décision de laquelle ils avaient été nommés. En effet, « le y novembre i6yj, il y eut une réunion dans laquelle on refusa a Jean La Gardette, Relieur, le droit d’entrer dans la Communauté comme marchand libraire, et il fut décidé de le poursuivre ».

Cependant « le 3 1 mars 1696, Jean La Gardette fut enfin reçu Marchand Libraire ».

L’acte du 2 octobre 1699 par lequel « la Communauté décide que l’on interjettera appel d’un décret du Lieutenant général qui décharge Jean La Gardette de l’amende portée par les statuts, pour avoir manqué à une assemblée, nous montre que ce maître se mettait facilement au-dessus des réglements de la Communauté, mais qu’il avait toujours des ennemis décidés à le combattre, pour le faire rentrer dans le droit commun.

Jean La Gardette fut élu syndic le 6 mai 1708, et adjoint le 4 mai 1709.

1. Tiré De la corporation . les Imprimeurs , Libraires et Relieurs Je la ville de Mets, i vol. in-G\ par .Maurice de Chanteau. Metz, 1867.

LAGORCE (Jean). — M. P. Poyet dans son Essai de Bibliographie limousine ('), dit : « Ce relieur de livres demeurait en 1720, rue du Saint-Esprit ou des Nouveaux-Bancs- Charniers , près la tour Saint-Esprit » .

C’était le fils d’Antoine Jolicceur, d’après M. Maurice Ardant.

LA NOUE (Robert de)(’) (i5oc)-i5io). — - Le collège de Beauvais paie à Robert de La Noue, relieur, pour avoir relié, collé, mis appoint et couvert de cuir de veau, trois livres de la Chapelle 23 s. t.

Id. pour avoir « racoustré et rabillé trois ou quatre cayers au livre des antiphonèr es ». 10 d.

Id. à cause d'avoir racoustré et rabillé trois ou quatre cayers d'un des antiphonères. 12 d. par.

LA SOULLIE (Guillaume de). — Une pièce faisant partie des Archives du baron de Joursanvault (1 2 3) n° 1645, nous indique qu’en 1399, Guillaume de La Soullie reçut 5o s. t. pour avoir relié, recollé et couvert de deux couvertures avecques dix clous de cuivre le messel du chastel de Touques.

LE CAMUS (Guérin). — La décoration reproduite ici, recouvre un petit in-8° : « Sermones de adventu precellètis verbi divini fratris Oliverii Maillardi (4), etc. Parisiis iyo6.

Cette reliure en veau estampé à froid, est ornée au premier plat d’une scène-miniature représentant le crucifiement : le Christ en croix, la Vierge à gauche, saint Jean à droite et Marie- Magdeleine agenouillée au pied de la croix, encadrée d’une bordure de feuilles gothiques, d’oiseaux, d’animaux fantastiques et dans le bas, d’un ruban sur lequel on lit : LE CAMUS.

Le second plat, celui dont je donne la reproduction, nous montre au centre, comme miniature, la scène de la Pentecôte : la Vierge au-dessus de laquelle plane une colombe est entourée des apôtres. Une ornementation, dans le genre de celle du premier plat, encadre ce sujet, et on lit, mêlé dans la composition de cette bordure : GVE-RIN : LE-CA-MUS.

Ce livre a été imprimé par Jehan Petit dont on voit la marque sur le titre.

Je n’ai retrouvé ni dans Lacaille ni dans Lottin, ni dans Claudin, ce nom mentionné comme celui d’un libraire ou d’un imprimeur; mais l’édition parisienne de cet ouvrage, ainsi que la

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