‹ Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliures (volume 2)Chapitre 89 sur 137 · Collection Léon Gruel · texte numérisé non relu

Collection Léon Gruel

lettre de bout de l’an ci-dessous, qu’il avait le titre de relieur et doreur de livres ordinaire de la Bibliothèque du Roy, des maisons royales et du clergé de France. Si le nom de Guillaume Mercier ne nous a pas été transmis comme celui d’un chef d’école, ce même document nous le montre pourtant comme un personnage notable, dans les Sociétés religieuses dont il faisait partie. Membre de la Confrérie de Saint-Jean l’Évangéliste, érigée en l’église de R. R. P. P. Mathurins, de celle de la Sainte-Vierge, érigée en l’Église Saint-Hilaire-du-Mont, il était, à sa mort, doyen des Marguilliers de sa paroisse.

Il eut plusieurs enfants, dont un fils, Pierre-Pascal Mercier, reçu maître en 1 768, qui reprit la suite de ses affaires rue du Mont-Saint-Hilaire. Il maria deux de ses filles à des maîtres relieurs : l’une à Nicolas- Alexis Ducastin, garde de la communauté en 1 747, et l’autre à Antoine Cosmant, garde en 1759, qui prenait le titre de relieur de M. le Duc de Bourgogne.

Voici la lettre dont il est parlé plus haut :

Vous êtes priés de la part de Messieurs les Administrateurs en charge de la Confrairie de la Très Sainte Vierge, érigée en l’église Paroissiale de Saint-Hilaire-du-Mont, de leur faire l’honneur d’assister au service du Bout de l’an qu’ils feront célébrer, lundi 2 y janvier 1764, à neuf heures du matin pour le repos de l’âme de Monsieur Guillaume Mercier, Maître Relieur et Doreur de livres ordinaire de la Bibliothèque du Roi, maisons Royales et du Clergé de France, ancien Garde de sa Communauté et Doyen de Messieurs les Marguilliers de ladite Paroisse.

Vous êtes aussi priés de la part de Messieurs les Administrateurs en charge de la Confrairie de Saint- Jean l’Évangéliste, de la Communauté des Maîtres Relieurs et Doreurs, en l’Université de Paris, de leur faire l’honneur d’assister au service qu’ils feront célébrer, le même jour, à dix heures du matin, dans ladite Paroisse, pour le repos de l’âme dudit défunt.

Et aux messes qui se diront le même jour au Maître autel et aux Chapelles du Saint-Sacrement et de la Sainte-Vierge, depuis S heures du matin jusqu’à midi.

Messieurs et Dames s’y trouveront s’il leur plaît. (Un De profundis.)

De la part de Madame sa Veuve, de Messieurs Mercier ses fils, de Messieurs Ducastin et Cosmant ses gendres, et de Mademoiselle sa fille (').

MICHALET. — Ce relieur est mentionné dans l’Almanach de la ville de Lyon 1760, comme demeurant rue Ferrandière (voir Cabot fils).

1 . Bibl. Nat. Cabinet des titres. — Pièces originales. Mercier, 1930-44410, n“ 22.

MONNIER (Dame Anne Nativel, veuve du sieur Charles). — Le Charles Monnier, cité dans le testament (') de cette dame, pourrait bien être le même que Charles Henri Le Monnier, dit le Jeune, dont j’ai déjà entretenu le lecteur (4). Car, ainsi que je l’ai dit, il écrivait son nom de différentes façons. Ses reliures signées en dorure portaient le nom de Monnier seul; tandis que, sur ses étiquettes imprimées, on lisait « Le Monnier ». En tout cas, la pièce en question datée du 14 juillet 1778, qui est le testament de sa veuve, nous prouve qu’à cette époque ce maître était décédé.

MON VOISIN (Antoine-Joseph). — Un testament, déposé chez Me Paulmier notaire, le 14 mars 1786, nous apprend qu’ANTOiNE-JosEPH Monvoisin était un ancien maître relieur.

Nous avons, en effet, retrouvé sur la liste des maîtres relieurs et doreurs de l’Université de Paris, liste dressée par Pierre-Alexis-Michel Bradel pour l’année 1772, qu’il fut reçu maître en 1726 et élu garde en 1748. En 1772, il demeurait rue Saint-Jean-de-Beauvais (1 2 3).

Par les legs qui sont mentionnés dans ce testament, on voit qu’il jouissait d’une certaine fortune, puisque les dons qu’il fait à diverses personnes montent à la somme de 6000 livres. Parmi les légataires figurent : Antoine-Joseph Lemonnier, pour 3ooo livres ; Antoine-Joseph De Rome, pour 1000 livres et sa femme, née Catherine-Jeanne Delatte, pour pareille somme de 1000 livres. Il institue pour sa légataire universelle la demoiselle Anne- Antoinette De Rome, fille dudit De Rome, mentionné plus haut.

AZARETH, a Bruxelles (Reliure exécutée dans le couvent de). — Je possède un volume in-8° : Sermones parati de tempore et de sanctis , orné sur le titre de la marque de Pierre Régnault, et recouvert d’une reliure en veau estampé à froid, exécutée dans le couvent de Nazareth, à Bruxelles, en 1 5 1 2 . Les plats sont décorés d’énormes filets à froid, gras et maigres, divisant la surface en trois compartiments. Le centre, où se voit une scène représentant l’Annonciation,

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