‹ Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliures (volume 2)Chapitre 93 sur 137 · Collection Léon Gruel · texte numérisé non relu

Collection Léon Gruel

Paris. — lmp. R. Engelmànn.

à Philippe Padeloup, élève au collège royal Louis le Grand, tenu alors par les Jésuites. Je donne ici le fac-similé du palmarès qui se trouve sur la garde.

La reliure est celle qui servait couramment pour les livres de prix, couverte en basane parsemée de fleurs de

lis, avec les armes de France.

M. Herluison, dans ses recherches sur les imprimeurs et libraires d’Orléans, du xive siècle (*) jusquhà nos jours, donne l’acte suivant :

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Le sept janvier mil sept cent cinquante-six ,

M. Nicolas Padeloup, relieur de S. A.

S. Mgr le Duc d'Orléans, décédé le y du même mois, après avoir reçu le sacrement de l’extrême onction seulement, la maladie ne nous ayant pas permis d' administrer les autres sacrements, son corps a esté inhumé au cimetière commun de cette ville, par nous, curé soussigné, en présence de M. André Haton et M. Nicolas Meusnier qui ont signé avec nous ( registres de la paroisse Saint-Pierre ( Lentinj .

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J’ai aussi trouvé dans les mémoires historiques et authentiques sur la Bastille (’2) que le nommé Jean-Baptiste Padeloup, relieur et colporteur de livres, demeurant à Paris, rue Saint- Jean-de-Beauvais, fut mis à la Bastille le 28 juin 1767, pour avoir vendu des livres contre la religion. Il y fut enfermé sur les démarches de sa mère, femme très dévote qui était fort mécontente de sa conduite. Il avait alors près de vingt-trois ans et resta détenu pendant cinq années;

t. Un vol. in-8\ Orléans, 1868.

2. La Bastille dévoilée , 3 vol. in-8". Londres et Paris, 1789.

après quoi, n’étant pas en état de servir dans les colonies, conséquence inévitable d’une telle condamnation, il fut contraint de s’éloigner de Paris.

Les documents ci-dessus, pris à différentes sources, sont simplement donnés à titre de renseignements sur la famille des Padeloup.

PAILLE (Reliures en marqueterie de). — A la fin du xvnf siècle, on a vu surgir nombre de conceptions plus originales les unes que les autres, appliquées à la reliure des livres, et plus spécialement à celle des almanachs, des étrennes utiles, des chansonniers, enfin à tout ce qu’on était convenu d’appeler à l’époque les petits usages.

Le travail technique laissait souvent beaucoup à désirer. Du reste, ainsi que l’indique le règlement du 7 septembre 1686, art. 1 3, il n’était pas soumis à la vérification et à l’approbation des syndics. Le baron Pichon qui s’était beaucoup occupé de reliures et qui possédait une certaine quantité de jolis almanachs en peau découpée, en broderie, avec des motifs gracieux ou des armoiries peintes sous mica, avait donné à ce genre de reliures le nom de belle camelote du xviii° siècle. Toutes celles que l’on retrouve sont en effet mal reliées et déguisent à peine, sous un aspect élégant, les défauts ou les lacunes volontaires du travail intérieur.

La planche ci-jointe de grandeur originale est la reproduction d’un volume in-32 : Nouvelles étrennes spirituelles. Paris, 1778 ('). Il est couvert en maroquin rouge, avec le dos orné à petits fers et décoré d’une mosaïque de paille, représentant au premier plat une branche d’œillets, et au second trois boutons de roses.

PAYNE (Roger). — Le Bookbinder de Londres a publié le 25 août 1887 une notice biographique de Roger Payne qui, malgré sa mauvaise conduite, avait acquis en Angleterre, à la fin du XVIIIe siècle, une grande célébrité. C’est à cette publication que j’emprunte les renseignements suivants :

Roger Payne, d’après une inscription gravée au bas d’un portrait exécuté par les soins de son bienfaiteur, M. Thomas Payne, naquit à Windsor en 1739, et mourut à Londres le 20 novembre 1797. Il apprit l’art de relier sous la direction de M. Pope, libraire à Eton-Collège ; il travailla ensuite pour le libraire Thomas Osborne à Londres, et se plaça enfin chez M. Thomas Payne, libraire, dont on vient de parler, qui l’établit vers 1766-1770, près de Leicester Square. Ce fut surtout à cette époque que sa renommée fut grande; il était reconnu par les amateurs-bibliophiles comme le premier doreur de son temps.

j . Collection Leon Gruel.

Lvdovicvs- PerczlAbbas

IN*BENEDICTN' PEYRNV*

Mais ses habitudes d’intempérance le conduisirent à une fin lamentable. Il s’associa avec un certain Richard Wier aussi débauché que lui, avec lequel il ne s’accorda pas longtemps.

En dernier lieu, il travailla chez M. Mackinlay : mais il avait, paraît-il, considérablement perdu de son talent. Ses excès continuels et la maladie le tinrent jusqu’à sa mort dans une

le nom en entier :

Bexedict Peir, et des écussons au chiffre B. P., accompagnant deux crosses d’abbé posées en sautoir.

Les autres motifs sont des roses mystiques et des fleurettes.

Cet ouvrage, d’après Hain, aurait été imprimé avec les caractères de Vindelin de Spire et aurait vu le jour, entre 1476 et 1480. Nous pouvons donc en faire remonter la reliure à la même époque.

Au bas du second feuillet, et à la fin du dernier, on lit en écriture

gothique : Benedicten Peyren Baldessar abeas et fr. Joanes. Ces mots tiennent ici lieu de

profonde misère, qui eût encore été plus affreuse, si son ami M. Thomas Payne ne fût venu à son secours lui assurant une petite rente, pendant ses huit dernières années.

PEIR ( Bénédict). — Je trouve de Bénédict Peir une reliure recouvrant un petit in-40 : EpistoJare Francisci Phileifi (y. /. n. à .) (’), couverte en veau rose estampé à froid, à l’aide de fers composés. On remarque, parmi ces fers, des banderolles, sur lesquelles se trouve

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