L’Art de la Reliure en France
ADELOUP (Les) et PADELOUP le Jeune. — La famille des Padeloup fut aux xvne et xvme siècles une de celles qui ont eu le plus d’importance comme Libraires, et surtout comme Relieurs. J’emprunte au Catalogue chronologique des Libraires par Lottin (r) les noms suivants :
Antoine Padeloup fut libraire de 1633 à 1679.
Nicolas Padeloup, fils du précédent, exerçait également de 1666 à 1694.
Michel et Philippe Padeloup sont cités comme libraires de 1691 à 1694.
Les Statuts et Réglements de la Communauté des Relieurs de 1750 mentionnent deux Maîtres du nom de Padeloup.
L’un, Philippe Padeloup, fut élu Garde, en compagnie de Pierre Dubuisson, le 12 Mars 1726, et l’autre, son frère cadet, Antoine-Michel, le 23 Juin 1735, avec Pierre-Cyr Léger. Ce dernier Padeloup, qui se faisait appeler le Jeune, fut le grand promoteur de ces magnifiques reliures à dentelles, qui ont si bien caractérisé le xvme siècle; nous y reviendrons tout-à-l’lieure.
J’ai trouvé, en outre, sur la Liste des Maîtres Relieurs et Doreurs de livres en l’Université de Paris, pour l’année 1770 (1 2) :
Un Padeloup, reçu Maître en 1733, dont la veuve demeurait à cette époque rue Saint-Jeande-Beauvais.
Jean Padeloup, reçu Maître le 10 Septembre 1737.
Un Padeloup, reçu Maître en 1744, dont la veuve, en 1770, demeurait rue Chartière.
Lrançois Padeloup, reçu Maître le 31 Octobre 1769.
Antoine-Michel Padeloup avait le titre de Relieur du Roy. Les reliures qu’il signait portaient à l’intérieur une petite étiquette, collée tantôt en haut du verso de la nciuL.'pa^PaMoup jceguuu- du garde, et plus souvent encore au bas du titre de l’ouvrage. Il se faisait s 0 ' b cmrve' Æ p*™ ■
appeler Padeloup le jeune, sans doute pour qu’on ne le confondît pas avec Philippe son frère aîné. Les reliures sorties de ses mains étaient généralement bien faites; les décorations à petits fers qui ornaient ses travaux les plus importants étaient gracieuses et savamment combinées; et les plaques d’une composition si large, qu’il osa le premier inaugurer pour les grands ouvrages de l’Etat, révèlent un esprit hardi et une main habile. Padeloup est pour moi le premier de ces Maîtres qui ont su à cette époque doter leur métier d’un vrai et beau style ; il travailla pour le Comte d’Hoym,