‹ Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliuresChapitre 142 sur 173 · RELIURE VENITIENNE PEINTE · texte numérisé non relu

RELIURE VENITIENNE PEINTE

les coins sont découpés en creux, fortement estampés, puis dorés et peints de diverses couleurs.

On fabriquait encore d’une manière courante, à cette époque, des reliures du même caractère que celle-ci; car Venise subissait toujours l’influence des rapports qu’elle avait eus, à différentes époques, avec Constantinople; mais la reliure dont je donne ici le spécimen peut être considérée, tant pour le contenu que pour la décoration, comme une œuvre exceptionnelle.

Reliures en Vernis sans odeur. — Vers la fin du xvme siècle, il existait à Paris une fabrique de Reliures en Vernis sans odeur , autrement dit: Vernis Martin , qui s’était établie, ainsi que l’in-

dique l’étiquette ci-contre :

Quai de la Mégisserie, près du Grand Châtelet, démoli en 1802. Cette étiquette est collée à l’intérieur d’un volume in -8° : Processional de l’Eglise de Sens , iypi (I). — Si je n’ai pas reproduit cette reliure, c’est que le mauvais goût de son ornementation

se ressent par trop de l’époque troublée de la Révolution, et que j’espérais toujours trouver un spécimen plus artistique.

Malgré cela, elle est des plus intéressantes au point de vue technique. La peau qui doit être de veau, est fortement enduite d’une laque ou vernis épais rouge clair, avec orne-

ments peints en or et en argent; elle ne laisse apercevoir aucune trace de grain; les plats, le dos, les bords, les bordures ne sont que vernis et ressemblent assez à des parties de meubles. Une remarque curieuse à faire, c’est que malgré ce vernis les mors cui en sont couverts fonctionnent aussi bien que s’ils n’en avaient pas.

Il ne m’a pas été possible de retrouver le nom du fabricant ou du relieur; est-ce Martin luimême qui, sous Louis XV a produit de si jolis objets, tels que : boîtes, tabatières, meubles, éventails, etc., ou est-ce un de ses nombreux imitateurs? Quoiqu’il en soit, celui qui a entrepris ce genre de reliure, attachait une certaine importance à sa fabrication, puisque pour l’exploiter, il avait un Brevet. Ce Brevet est relaté non seulement sur l’étiquette que je donne, mais encore sur les deux premiers feuillets du livre, à l’aide d’un timbre sec.

RENOUF. — Renouf était relieur de la Chambre des Comptes de Caen en 1424, alors que cette ville était sous la domination anglaise. J’ai retrouvé un ancien Compte de Reliures

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