‹ Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliuresChapitre 145 sur 173 · EXECUTEE A G M Û I\1 D EN · texte numérisé non relu

EXECUTEE A G M Û I\1 D EN

caractères gothiques dont voici la transcription: ora pro nobis bta Barbara ut digni efficiamur promissionibz theodric’ ricardi. Cette légende n’est autre chose que le répons (arrangé) d’un verset employé souvent à la fin des prières liturgiques. Cette reliure est certainement française.

RICHENBACH (Jean). — Le spécimen que je donne ici, peut être considéré comme une curiosité rare; cette reliure est la plus ancienne signée et datée que l’on connaisse.

Il existe bien à la Bibliothèque Nationale, où a été prise celle dont nous nous occupons, une reliure faite par le vicaire Henri Cremer en 1455 (j), mais il n’en reste que le travail intérieur qui n’a aucun intérêt, et dont il n’y aurait pas lieu de parler sans la souscription manuscrite qu’on voit à la dernière page.

Dire si Jean Richenbach était moine, libraire ou seulement Liéeur, serait fort difficile; Fournier, dans son Art de la Reliure en France, dit: « le chapelain Jean Richenbach de Geislingen en Souabe « reliait lui-même ses livres, les gaufrait et les semait de clous de cuivre. »

La reliure qui recouvre les Lettres de Saint Jérôme (1 2 3 4), est, sans qu’on puisse en douter, du style allemand, et de celles qui étaient le plus généralement faites par des moines. Malheureusement, le temps l’a fortement détériorée, et il ne reste plus d’original que le travail intérieur, la peau de truie gauffrée des deux plats et les coins et milieux cabochons en cuivre ciselé. Le dos et les bords ont complètement disparu et l’on voit qu’un collectionneur sans goût a fait à la fin du xviie siècle remonter les deux plats et la garniture sur un dos et des bords de maroquin rouge lisse, décorés sans raison de petits fers qui font un triste contraste avec les motifs gaufrés de la reliure primitive.

Les deux plats de cette reliure sont ornés chacun d’une composition de fers differente mêlée d’inscriptions, ce qui était assez en usage à cette époque. Mais je crois qu’ici une raison spéciale a guidé l’estampeur qui avait à charger chacun des deux plateaux de manière inégale. Sur le premier côté, on lit en grands caractères gothiques: hieronimi eusebii sophronii epistolare vatis

OMNIUM DISERTISSIMI. LIBER PERTINET MAGISTRO IACOBO RECTORI SCOLARUM IN GMIND (3). Et de

l’autre côté se trouve seulement la mention de l’artiste avec la date : per me iohannem richenbach capellanum in gyslingen (4) illigatus est anno domini 1469. Le milieu et les coins en cuivre ciselé sont d’une jolie composition et finement gravés. — Ce volume fut acquis en 1792 au prix de 1199 livres 19 sous, à la vente du Cardinal de Loménie.

1. Bibliothèque Nationale. — Exposition de la salle Mazarine. Imprimés nos 41 et 42. — Voir : Cremer.

2. Bibliothèque Nationale. — Exposition de la salle Mazarine. Imprimés n° 486.

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