‹ Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliuresChapitre 32 sur 173 · RELIURE EXECUTEE PAR CLEMENT ALYANDRE · texte numérisé non relu

RELIURE EXECUTEE PAR CLEMENT ALYANDRE

ayant été renouvelé, il fut décidé qu’on continuerait à faire des Alloués : c’est-à-dire qu’il était permis à tous Maîtres Relieurs-Doreurs de prendre tels sujets qu’ils voudraient, pour devenir ouvriers et travailler avec eux, pourvu qu’ils sussent lire et écrire. Ces ouvriers étaient formés pour aider les compagnons; mais sous aucun prétexte, ils ne pouvaient parvenir à la Maîtrise.

ALY ANDRE (Clément). — Ce relieur exerçait en Allemagne, au commencement du xvic siècle. Je donne ici 1 a fac-similé d’une reliure faite par lui pour le Duc de Clèves, sur un volume in-8° : La Pragmatique Sanction, Paris, J. Petit & Philippe Pigouchet, ijio ( 1 ). Le recto se compose d’un encadrement formé de petites miniatures représentant des Abbés et des Armoiries, parmi lesquelles figurent celles de France et de Clèves; l’effigie de Saint Maurice en costume d’abbé, en train d’opérer une résurrection, occupe le centre du panneau. Au verso, qui est celui de la planche ci-jointe, on retrouve un encadrement semblable, mais composé cette fois de Guerriers et des mêmes Armoiries. Au centre est placé un Chevalier armé, portant sur la poitrine et sur le bouclier les Armes de Clèves; on distingue dans le bas, à droite de la miniature du milieu, ce monogramme qui + est celui du relieur Clément Alyandre, dont le nom se trouve en entier sur le côté droit, entre la lance et le filet d’encadrement de ce sujet. Au-dessous du Chevalier, est inscrite une Invocation à Saint Maurice. Ce dernier faisait partie de la légion desThébains, dont il était un des chefs les plus courageux; il fut mis à mort comme chrétien, lui et ses compagnons, en l’an 286 de notre ère, pour avoir refusé de sacrifier aux faux Dieux, sur l’ordre de l’empereur Maximien.

AMOCHE (Henry). — Fournier (2) cite ce relieur fils du libraire du même nom, mort en 1694. Il se trouve sur la liste des Maîtres relieurs et doreurs qui doivent payer la Confrérie de Saint-Jean-l’Évangéliste, érigée en l’église des RR. PP. Mathurins, en 1718.

ANGELIERS (les). — Ainsi que je l’ai dit dans la première partie de cet ouvrage, au Moyen-âge, les Imprimeurs et les Libraires avaient chez eux des ateliers de reliure. Le plus souvent, lorsqu’un livre venait d’être imprimé, les exemplaires passaient en bloc dans ces ateliers et en sortaient habillés d’une manière uniforme, avec la marque distinctive de la maison. Ce genre de reliure 11’était pas artistique, mais pouvait constituer ce que de nos jours nous appellerions Reliure commerciale; c’est-à-dire celle qui était nécessaire, pour effectuer le débit des ouvrages, qui ne se vendaient jamais autrement que reliés.

1. Ce volume a été reproduit à Cologne en 1865 par M. Lempertz dans son: Bilder-Hefte ^ ur Geschichle des Bùcherhandels.

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